C. Règles et usages pour l'inhumation : defn
Après l'ablution, on frotte de camphre quelques ' parties du corps et on le revêt d'une chemise mortuaire, qui doit être sans aucun ornement, tissue de coton et de couleur blanche. Une prière est récitée sur le corps du défunt, qu'on transporte ensuite au lieu de l'inhumation. En sortant de la maison mortuaire et dans le trajet au lieu d'inhumation, nul ne doit marcher en avant du cadavre. Tous ceux qui l'accompagnent doivent se tenir derrière ou de côté. Tout musulman qui rencontre le convoi est tenu de réciter mentalement une prière pour le repos du défunt. Les musulmans dévots regardent comme un devoir, quand ils rencontrent un convoi funèbre, de le suivre, ne fûtce que pendant quelques instants, parce que Mahomet le prophète, avait coutume de le faire. Avant de descendre le corps dans la fosse, les porteurs doivent s'arrêter trois fois dans l'espace de huit pas à compter de cette fosse, et au moment de l'y descendre, ils doivent encore une fois le soulever en l'air.
La fosse doit avoir une profondeur égale au moins à la stature du fossoyeur, pour éviter qu'elle ne soir souillée et que le corps ne soit déshonoré par les animaux de proie.
Il faut que le sol dans lequel on enterre un musulman soit dans le domaine public ou la propriété légitime d'un particulier dont l'autorisation préalable au creusement de la fosse est nécessaire. Le corps est placé dans la tombe sur le côté droit, la face tournée vers le Kebleh. Dès qu'il a été descendu, on en retire la chemise mortuaire et Ton dégage la face et la tête de la toile qui les entoure. Finalement, on récite une dernière prière sur le défunt et la fosse est immédiatement comblée. Après l'enterrement, il est d'usage de visiter les parents du défunt pour leur porter des consolations. Pendant les trois jours qui suivent, ils
sont nourris par leurs amis, et il serait indécent de se réunir chez eux pour manger ou s'y réjouir d'une manière quelconque.
§ 8. Choses pures et impures.
Il y a onze choses purifiantes mûtehhirot :
1) L'eau, qui se dit en persan : ôb et en arabe moe. L'eau est le moyen de purification par excellence. Elle est, ou bien pure, comme l'eau de mer, de rivière, de source, de pluie, de puits, d'étang ou de marais, ou bien mélangée, c'est-à-dire unie à des liquides odoriférants, au jus des fleurs et des fruits, etc
L'eau pure est courante obe djori ou stagnante obe istodeh.
2) La terre zemin qui sert à la purification teyemmûn.
3) Le soleil aftob, qui purifie par ses rayons les lieux impurs, et sèche par sa chaleur les ordures, par exemple, sur les vêtements et sur la terre.
4) Le feu, alesch. Il purifie un objet en le métamorphosant. Ainsi est réputé purifié tout ce qui est réduit en charbons ou en cendres.
5) La transformation : istiholeh. Quand un objet impur est transformé par l'intermédiaire d'une chose pure, il est purifié. Par exemple, lorsqu'un chien tombé dans un lac salé, y est pétrifié, il est purifié.
6) Le changement de lieu, intikal. Quoique, par exemple, le sang soit une chose impure, néanmoins l'insecte qui en a sucé ne devient pas pour cela impur.
7) La modification survenue dans les qualités d'une chose : inkilob, par exemple, le vin qui est chose impure, est purifié dès que la fermentation Ta changé en vinaigre.
8) La réduction : neks, par exemple, le vin qui, par ébullition, est changé en épais jus de raisin.
9) L'affiliation à l'islamisme purifie le mécréant.
10) L'invisibilité zewolëein, comme lorsqu'une chose impure disparaît d'elle-même, de sorte que l'œil ne peut plus l'apercevoir.
11) Le frottement, mesh be tohir, quand une impureté disparaît sous le frottement d ? une chose pure.
Au contraire, les objets suivants sont tenus pour impurs et produisant l'impureté nedjosot :
1) et 2) Beul m ghayet, tous les excréments, excepté ceux
des insectes, des oiseaux et de tous les animaux dont la chair est permise comme nourriture.
3) Chun, le sang de tout animal, excepté celui dès insectes et celui qui se trouve dans la chair et les os des animaux dont on peut se nourrir.
4) Jfait, le sperme répandu.
5) Seg, le chien, mais non celui de mer.
6) Chuk, le porc.
7) Kofir, tout infidèle, sans distinguer s'il est ou non sujet musulman, s'il exécute ou non des pratiques d'une autre religion quelconque.
Les ehli kilob, c'est-à-dire ceux qui admettent des pratiques religieuses, comme les juifs et les chrétiens, sont considérés par quelques théologiens musulmans, non pas comme impurs, pas même comme mécréants : kofir, mais comme simplement égarés.
8) Buxeh, toute liqueur enivrante, comme Teau-de-vie, la bière, l'hydromel. Il n'en est pas de même des matières solides enivrantes, telles que l'opium, la graine de pavot.
9) Sherob, le vin, c'est-à-dire le jus liquide du raisin.
10) Murdor, le cadavre de tout homme et de tout animal.
§ 9. Enfin, appartiennent encore à ce chapitre les règles sur la purification des choses dont une partie seulement est devenue impure, par exemple, quand un corps impur est tombé dans un vase contenant une substance pure, ou bien quand un animal impur s'est abreuvé dans un récipient, ou quand les vêtements ont été tachés en quelques endroits. Dans les deux premiers cas, quand la substance contenue dans le vase est solide, il faut en enlever la partie qui a reçu le contact de l'objet impur; quand cette substance est liquide, elle devient impure pour la totalité. Dans ce dernier cas, il faut nettoyer le vase, d'abord avec de la terre, puis deux fois avec de l'eau. Dans le troisième cas, ce n'est pas seulement la place salie qui doit être arrosée d'eau, lavée et frottée, mais encore toutes les parties environnantes, qu'il faut frotter avec les mains et asperger ensuite avec de l'eau.
hk PRIÈRE.