I. De se purifier, tehoret
II. D'éloigner toute chose impure : izolet nedjosot; L'observation de ces deux points est absolument prescrite ;
le moindre manquement rend la prière inutile, botil, ou même contraire à la loi, herom.
Il a été question ci-dessus du tehoret : le izoleî nedjosot s'entend de la suppression de toute impureté par des moyens de purification ou l'éloignement des objets impurs dont il a été parlé au § 8 du chapitre précédent, mûtehhirot.
III. De se couvrir pendant la prière des vêtements nécessaires utr'euret. Pour les hommes, il suffit que, pendant la
prière, ils se couvrent les parties sexuelles {'euret). Mais les femmes doivent être complètement habillées, et ne peuvent laisser à découvert que la figure, les mains et les pieds jusqu'aux chevilles.
Le vêtement doit avoir les qualités suivantes :
1) Être la propriété légitime de celui qui va prier;
2) Exempt de toute impureté;
3) Non composé de peaux ni de poils d'animaux réputés impurs;
4) Ne pas être de soie pure ; enfin,
5) Sans aucune ornementation particulière.
11 n'est pas non plus permis de porter pendant la prière des parures d'ar, d'argent ou de pierreries.
IV. Les prières, quant au temps où elles ont lieu , toakte nemaz, sont quotidiennes jeumiyeh ou extraordinaires gheireh u
Quant aux prières quotidiennes qui sont au nombre de cinq, on distingue deux périodes, ado et hezo. La récitation des prières dans la première période de la journée est très-estimée comme exécution exacte des règles écrites. C'est pour cela que cette première période s'appelle fezilet, la préférence , la sublimité.
La deuxième période s'appelle wàkte ochir* La récitation des prières dans cette période est aussi méritoire que celle de la période ado, quand c'est contre sa volonté, à cause de ses occupations ou par des empêchements physiques que le fidèle a été empêché de prier dans la première période.
Les cinq prières quotidiennes sont :
1) Nemaz zùher, la prière de midi;
2) Nemaz '«r, la prière au coucher du soleil, avant qu'il ait complètement disparu ;
3) Nemaz megkrib, après le coucher du soleil, depuis le crépuscule jusqu'au milieu de la nuit;
4) Nemaz 'i$cho, peu avant et pendant minuit ;
5) Nemaz subh, avant et pendant le lever du soleil. Outre ces prières, il y a encore les suivantes :
1) Nemaz djum'e, la prière du vendredi.
Cette prière se récite le vendredi à midi, dans une réunion de plusieurs croyants, djemo'et, dans la mosquée principale de
» Cette exposition est faite surtout en conformité de la doctrine sebiiste.
LA PRIÈRE. f)3
chaque ville mesdjede djum'e, par un prêtre appelé imam djum'e ou pischnemaz. La fonction de ce prêtre consiste à commencer les prières le vendredi devant les fidèles réunis dans la mosquée et qui les achèvent ensuite eux-mêmes.
Le choix de Yimam djum'e appartient à la plus haute autorité spirituelle, Yimam qui réunit la puissance temporelle à la spirituelle, et à défaut d'iman, au sultan, c'est-à-dire au souverain du pays, ou à une personne par lui déléguée. D'après le livre du Kadi Chan\ le sultan doit être musulman et de bonnes mœurs; d'après d'autres auteurs, la nomination de Yimam djum'e appartient toujours au sultan, quand même il ne serait pas de la religion musulmane. S'il est impossible d'obtenir la nomination de l'imam djum'e par le sultan, le peuple [djemo'el) le nomme à son gré, et la prière du vendredi est alors légale, quand même cette élection de l'imam djum'e ou pischnemaz ne serait pas ensuite ratifiée par le sultan.
L'imam djum'e doit être majeur, jouissant de toutes ses facultés intellectuelles, de naissance libre, mâle et capable de réciter exactement et nettement les prières prescrites. Les avis sont partagés sur le point de savoir s'il doit être adil, de bonnes mœurs ; l'opinion mérite cependant la préférence .d'après laquelle Yimam djum'e doit être d'une piété particulière et d'une conduite irréprochable. Chez les schiites, ces conditions sont impérieusement requises de la part de Yiman djum'e. Cependant la nomination par le sultan d'un sujet indigne à cette fonction, dès qu'il ne s'agit que de réciter la prière du vendredi, impose à tout musulman l'obligation de le reconnaître comme imam djum'e, et d'admettre la légalité parfaite des prières ainsi récitées. (Voy. le livre Djome ur-rumuz de Abu Henife, au chapitre de la prière. — Voy. aussi le livre Jchtelofot ub-erb'e, p. 54.
2) Nemaz 'Eidein, les prières des deux jours de fêtes, la Pâque 9 eide ruho en arabe, en persan 'eide kurban, qui tombe au dixième jour du mois dziihedjeh, et le jour immédiatement après les jeûnes du ramazan, 'ride fitr, qui est le premier jour du mois schcwwal ;
3) Nemaz ayot, les prières dans les catastrophes, par exemple, en cas de tremblements de terre, d'ouragan, d'avalanches, pendant la tempête, etc. ;
4) Nemaz emwot, ou djenozeh, prières à réciter sur le mort, au lieu de son inhumation ejt avant de l'enterrer;
5) Nemaz tewof, prières pendant les pèlerinages;
6) Nemaz nedzer, prières pour l'obtention des vœux, — les prières pour obtenir aide et assistance, etc. ;
V. Les lieux pour la prière, mtkone nemaz, doivent être, suivant leur nature, purs et autorisés par la loi. A tous autres doivent être préférés les lieux spécialement affectés à la prière, comme les mosquées, ou les lieux qui ne sont la propriété de personne, comme le désert ou la campagne non cultivée. Il n'est pas permis de prier sur une propriété privée, sans le consentement du propriétaire.
Le lieu où la prière se fera doit être pur, et surtout la place que le front touchera par prosternation *. Il faut avoir soin que le front ne touche que la terre ou des objets spécialement consacrés.
Les hommes et les fçmmes peuvent prier en commun : néanmoins les femmes doivent être séparées des hommes , et se tenir derrière ceux-ci. 11 est défendu, pendant la prière, de regarder une femme; cela dissipe les pensées, trouble le recueillement et rend la prière inefficace.
Il y a des restrictions à observer dans le choix des lieux destinés à la prière :
1) Il est défendu de prier là où il y a des morts enterrés, à moins que la place où le front touche la terre soit au moins à dix pas du tombeau. Cependant chez les i m ami tes, de la secte des schiites, il est permis de prier au tombeau des imams, sauf à prendre garde de tourner le dos au tombeau.
2) Celui qui veut prier sur un chemin public doit placer devant lui un objet quelconque qui empêche les passants de le troubler dans sa prière
3) Il est défendu de prier dans une écurie ou dans un lieu destiné à abriter les animaux; de même que
4) Dans les lieux où Ton se réunit pour boire et manger, se livrer au plaisir du vin; dans les lieux où se conserve le vin, et en général dans les lieux où se passent des choses défendues.
5) Enfin la prière n'est pas permise pendant les mouvements
* Cette place s'appelle en persan mehellpischoni.
» En Algérie, j'ai souvent vu les Arabes faisant leurs prières et leur pantomime religieuse sur les routes ou dans les sentiers ombragés, et plus ou moins cachés derrière leur chameau ou leur cheval, auxquels ils repliaient une jambe sous le poitrail au moyen d'une corde. {Note du traducteur.)