PARTIE DOGMATIQUE DE LA RELIGION
vrais et légitimes conducteurs des peuples, au spirituel comme au temporel. L'usurpation du kalifat, après la mort d'Ali, par les races de Umeiyeh et d'Abbasi, enleva aux fils d'Ali (Hanan et Hussein) et à leur descendance, la puissance politique et la succession temporelle, mais non le droit d'iraan sous le rapport spirituel, droits qui se sont transmis de père en fils jusqu'au douzième et dernier Iman, Mahomet Mebdi, qui a disparu d'icibas pour reparaître au jour du jugement dernier. Les schiites croient fermement encore que PIman Mehdi, qu'ils appellent SahSbe Zemon (dominateur des mondes) est présent invisible dans toutes les réunions de musulmans schiites.
Les sunnites, qui honorent dans les descendants d'Ali la race du prophète, ne les reconnaissent pas comme Imans sous le rapport religieux, parce que l'Iman devait être élu par un dje~ mo'et ou assemblée du peuple, ainsi que cela se fit pour Abubekr, Omar et Othman.
Observation. Vous trouverez des détails sur l'Imamet et sur les actes des Imans dans le livre Djelo ul-'ôjun de Mahomet Bakir Medjlisi, dans le livre Hùsniyeh et dans le livre des dis* eussions de Juahanno. — Voy. Chardin, VII; Reinaud, I, p. 366, 381 ; Sale : Observ. hist. et crit. sur le mahométisme.
§ 7. Les écrits théologiques musulmans traitent dans un chapitre spécial des attributs de Dieu, Sefote Allah.
Ils les divisent en positifs : sefote thubutiyeh, et négatifs : sefote selbiyeh. Parmi les premiers, on comprend ceux qui appartiennent à l'Être-Suprême d'une manière exclusive et inaltérable; parmi les seconds, ceux qu'il ne faut pas lui attribuer, même par la pensée, parce qu'ils sont incompatibles avec sa puissance, sa grandeur, sa gloire et sa justice.
Aux attributs positifs appartiennent l'unité de Dieu, son infinité, son éternité, sa toute-puissance, etc.
Aux attributs négatifs au contraire : que Dieu n'est pas susceptible d'éprouver une sensation physique : qu'on ne peut le mesurer ni dans le temps ni dans l'espace; — qu'on ne peut limiter d'aucune manière sa force et sa puissance; qu'il est immuable, etc. — Chardin, VI, p. 194, 208, énumère avec précision tous les attributs de Dieu. Voy. aussi Reinaud, II, p. 16, 24.
Observation. Les mutazalites (voy. ci-dessus la note t du § 3)
ont pensé qu'une division des attributs de Dieu était incompatible avec la doctrine de l'unité de Dieu. Ils regardaient la divinité comme l'ensemble de la sagesse, de la puissance, die la bonté, de la justice, etc., tandis que les hommes de l'Écriture regardaient ces attributs comme existant en dehors de Dieu. Voy. Weil, Geschichte der Kalifen, II, p. 262. tfaarbriickers schahrastaniy I, p. 41 et suiv.