II. Le consulat
Sous le règne d'Auguste et pendant la première moitié du règne de Tibère on rencontre assez fréquemment des consulats d'une année (2). Mais, déjà à cette époque, et surtout depuis la seconde moitié du règne de Tibère, l'année est généralement divisée en parties parfois inégales, qui s'appelèrent plus tard nundinia (3), entre deux ou plusieurs collèges de consuls (4). Jusqu'à la mort de Néron, les nundinia étaient en majeure partie de six mois (5). Après cette époque, la durée du consulat est tantôt de quatre, tantôt de deux mois (ô) ; au troisième siècle, la durée bimestre devint la règle (7). Exceptionnellement on trouve aussi des consulats de trois (s) et même d un mois (9).
Les consuls des premiers mois de Tannée sont consules or* dinarii, les autres collèges de la même année, consules suffecti (10).
Les faisceaux alternent de mois en mois (u).
Aussi longtemps que le consulat fut semestriel, les élections consulaires semblent avoir eu lieu au mois de mars pour les consules suffecti, et au mois d'octobre pour les consuls ordi-
(1) Becker-Marquardt, II, 3, 235-245, Lange, I, 741-743. Walter, § 282. Madvig, I, 377-379. Mispoulet, I, 250-251. Brambach, De consulatus rom. mutata inde a Caesaris temporibus ratione. Bonn, 1864. Stobbe, Pour servir au chapitre des consules suffécti sous V Empire (en ail.), dans le Philologus, XXXI, 263-295. J. Klein, Fasti consulares inde a Caesaris nece usque ad imperium Diocletiani. Leipzig, 1881.
(2) Cela résulte des Fastes de cette époque.
(3) Lampr., AL Sev., 28. 43. Vop., Tac., 9.
(4) Mommsen. II, 79-83. G. Hbnzen, De nundinis consularibus aetatis imperatoriae, dans YEph. ep.9 1, 187-199.
(5) Voyez les fastes des années 754-759, 761-765, dans le C. /., I, p. 548, 549, et dans YEph. ep., III, p. U. Cf. Suet., Ner.t 15.
(6) Mommsen, II, 82, nM 2-3. — (7) Dio Cass., XLIII, 46.
(8) En 101. Hbnzen, 1. 1.
(9) Momm8bn, II, 83, n* 2. Cf. Dion. Cass., LXXII, 12. Lampr., Comm.9 6.
(10) Dio Cass., XLIII, 46, XLVIII, 35. Cf. Senbg., de ira, III, 31. Suet., Oalb., 6, Vit., 2, Dom., 2. Lampr., Al. Sev., 28, 43, Vop., Tac., 9. — Cf. Mommsen, dans YEph. ep., I, 136-137,
(11) Gell., II, 15 § 4-8. Cf. Fragm. Vat., § 197.
naires(i). Depuis que la durée du consulat eut encore été abrégée, la désignation des consuls ordinaires avait lieu, comme antérieurement, vers le mois d'octobre, et celle de tous les autres collèges de Tannée se faisait en une seule fois au commencement de Tannée (2).
Exceptionnellement la désignation à la dignité consulaire se faisait une ou plusieurs années d'avance (s).
Le consulat reste sous l'Empire la plus haute dignité parmi les magistratures ordinaires. Les consuls, comme présidents du sénat, qui partageait avec l'empereur le pouvoir souverain, étaient en dignité en quelque sorte les égaux de Tempereur(4).
Mais, en fait, les attributions du consulat sont singulièrement amoindries. L'administration de l'Empire a passé de leurs mains à celles de l'empereur, dont ils dépendent d'ailleurs complètement.
La présidence du sénat est leur fonction principale (s).
Ils obtiennent en outre, en dehors de la juridiction volontaire, qui leur a toujours appartenu (a), une certaine juridiction contentieuse :
a) Par délégation du sénat (7), Tinstance d'appel, concurremment avec Tempereur, des causes civiles jugées à Rome, en Italie et dans les provinces sénatoriales (s) ;
b) Par délégation impériale, depuis Claude, la juridiction des causes importantes de fidéicommis à Rome (9), et, jusqu'à Marc-Aurèle, la tutoris datio extra ordinem (10) .
Ils sont chargés de l'organisation de plusieurs ludi publiai (11), institués au commencement de l'Empire, entre autres des jeux anniversaires de la bataille d'Actium, au 2 (12), et de la nais-
(1) Mommsen, I, 569, n" 1-2, 4. — (2) Mommsen, I, 570. n* 1. (3V Mommsen, I, 567-568. — (4) Mommsen, II, 83-84.
(5) Ovid., Pont., IV, 5, 21. Tac, Ann.; IV, 9, etc.
(6) Dig., I, 10, 1. — Mommsen, II, 95, n" 2-3.
(7) Cf. Tac, Ann., XIV, 28. Suet., Ner., 17. Vop., Prob., 13. — Mommsen, II, 99, n« 4.
(8) Mommsen, II, 98-101,
(9) Suet., Claud., 23. Quintil., Inst; or., III, 6 § 70. Ulp., XXV, 12, Cf. Instit.i II, 23 g 1.
(10) Suet., Claud., 23. Capit., Marc: Aur., 10. InttiL. I, 20 g 3.
(11) Mommsen, II, 129-130. — (12) D10 Cass., LIX, 20. C. /., I, p. 401.
sance d'Auguste, au 23 septembre (î). Plus tard s'établit la coutume que les consuls donnent des ludi circenses à l'occasion de leur entrée en charge (2), et, le jour môme de leur entrée en fonctions, ils se rendent au Capitole en tenue de triomphateurs, escortés du cortège triomphal {processus consitlarisj (3). La gestion du consulat était une condition requise pour l'admissibilité à un certain nombre de fonctions impériales élevées, entre autres à la praefectura urbis, la cura aquarum, la cura riparum et alvei Tiberis, la dignité de legatus Aug. pr. pr. dans les provinces impériales importantes (4).