Pater patrise
Le surnom de pare?u patrie avait été décerné au dictateur
vinces et réciproquement. L'unique monument qui donne ce titre à Trajan, le diplôme du 8 septembre 116 'C. I. L. III. p. 870: dans linscription de Trajan, C. I. L. III, 4n8, c'est Lazius qui a interpolé le mot proconsul) se place à l'époque de la guerre des Parthes. Dans les années 121 (pierre terminale du Pomerium, C. I. L. VI, 1233), 124 (diplôme militaire C. I. L. Ill, p. 813"; VIII, 10333 = 10363) et 132 (inscriptions provinciales C. /. L. III, 5733. .5734), dans lesquelles Hadrien est ainsi appelé, il était absent d'Italie. Les inscriptions de Verus [C. I. L. II, 1946. 111, 493. 1373) et de Marc Aurèle (C. /. L. III, 1430. VIII, 2276), munies de ce titre, sont aussi conformes à la règle. Les inscriptions de la capitale de Sévère sur lesquelles il est appelé proconsul se placent dans les années 200 [C. I. L. VI, 1028), 201 (C. /. L. VI, 1029. 1030), 202 (C. /. L. VI, 896) dans lesquelles il était en Orient; pour l'an 203, nous en avons une avec procos. (C. /. L. VI, 1033. arc du Forum,, et une sans ce titre (C. /. L. VI, 1034); il manque sur une autre de l'an 204 C. /. L. VI, 1033). Le retour de Sévère doit donc être placé en l'an 203, et les monnaies de 202, qui célèbrent son adventus (Eckhel, 7, 180) sont anticipées. Si Caracalla est appelé proconsul dans les actes des Arvales de 213 et de 214 et dans le diplôme du 7 janvier 216, ces dates se placent à l'époque de son séjour en Ra?tie et plus tard en Orient; comme il a été absent de Rome pendant presque toute la durée de son règne, le proconsulat est à peu près permanent sur ses monnaies. Elagabalus porte le titre de proconsul en juin 218 'actes des Arvales), mais non le 7 janvier 221 (diplôme, Eph. ep. II, 464 = C. I. L. 111. suppl. p. 1997); Alexandre ne le porte pas le 7 janvier 230rdiplôme C. I.L. III, p. 893), mais en 231 (actes des Arvales, p. ccxvii); Gordien le portait le 7 janvier 243 (diplôme, C. I. L. III, p. 894 ; toutes choses qui concordent avec ce que l'on sait par ailleurs des séjours de ces empereurs.
(1) Dion, p. 38, note 3, atteste que la règle ancienne était encore en vigueur sous Alexandre Sévère. Si sur les diplômes des deux Philippcs du 28 décembre 247 et du 7 janvier 248 {C. I. L. 111. p. 896. 897), le père porte seul le titre de proconsul, ce n'est qu'une autre confirmation de la règle ; car le père était probablement alors absent de Rome, tandis que le fils y était 'Eph. ep. H, 463).
(2) A partir de là il figure sur les monnaies, Eckhel, 8, 339.
César peu avant sa mort (1); Auguste prit de même, le 5 février 752, sur la prière du sénat et du peuple, le titre de pater patriœ (2). En vertu de ce précédent ce devint la règle d'offrir le même honneur aux empereurs quelque temps après leur arrivée au pouvoir (3). La première offre en a été fréquemment repoussée, par exemple par Néron (4), Yespasien (5), Hadrien (6) et probablement encore par beaucoup d'autres (7), en sorte que certains empereurs dont le règne a
(1) Il y a des monnaies de la dernière année de sa vie avec Csesar parens ■patriae (Cohen, Cossutia, 2. Sepiillia, 10). Tite-Live, Ep. 116 et d'autres te.Ktes. Druniann, 3, 662. — La République ne connaît pas ce titre. Le nom de ■parens patriae donné à Cicéron dans quelques discours des membres de son parti (Cicéron, In Pis. 3, 6: Plutarque, Cic. 23) est naturellement quelque chose de tout différent et n"a été réuni au titre impérial postérieur que par les rhéteurs du temps suivant (Pline, //. n. 1, 30, 117; Appien, B. c. 2, 1; Juvénal, 8, 244).
{2)Mon. Ancyr. 6, 24 : Tertium dec[i]muni consulatu[m cum gereham, senatus et equ]ester ordo populusq[tie] Rotnanus universus [appellavit me patrem p]atnse. Cf. les calendriers, C. /. L. I, p. 386 = éd. 2, p. 309 ; Ovide Fast. 2, 119 etss. ; Suétone, Aurj. 58; Dion, 53, 10. La dénomination a souvent été employée dès avant cette résolution, dit Dion et confirment les inscriptions (C. /. L. Il, 2107, de Tan 748. XII, 136, de la même époque). Cet honneur se rattache certainement encore à Romulus que les citoyens fêtèrent après sa mort comme deiim deo natum regem parentemque urbis RomanaB (Tite-Live, 1, 16, 3; cf. 5, 49, 7). Cf. p. 32, note 1.
(3) Appien, B. c. 2, 7 : Kaî ooxsï Tiatv t,S£ f, £j:pT,ji(a... Trsp'.eXôsïv s; twv vûv aÙTOxpaTÔpwv to'jç »a'.vO|X£vou; àÇio'Jî • ouSè yàp TotcrSè xatTisp o'ja'. jîaatAcûffiv e-jOùî àx' àp/T,; ï\x7. xat; 3Xki'.^ srcwvjjxia'.î, àX)>à aùv /pôvw ij.ÔAi; t,Ô£ w; svceX^jî étcI [icvînToi; 6t, [xapTupia ^r^'i'X^zxx'.. Il s'agit là, en première ligne, d'Hadrien.
(4) Suétone, }ser. 8 : Tantum patris patriae nomine recusato propter aetatem. 11 ne porte pas encore le titre sur le diplôme du 2 juillet 60 (C. I. L. III. p. 1109); mais les monnaies le montrent plus tôt (Eckhel, 6, 262).
(5) Suétone, Vesp. 12 : Patris patriae appellationem [non\ nisi sero recepit. Il ne le porte pas sur le diplôme du 7 mars 70, ni davantage sur les plus anciennes de ses monnaies (Pick, dans la Zeitschr . f. Numismatik de Sallet), mais il le porte sur celui du 3 avril 71. —Sur Titus, cf. Borghesi, 0pp. 6, 16.
(6) Appien, B. c. 2, 7 (note 3). Vita Hadriani, 6 : Patris patriae nomen délation sibi statiin, et iteriim postea, distulit rpiod hoc nomen Augiistus sero meruisset. Orose, 7, 13 : Idem quoqite continuo pater patriae in senatti ultra morem majorum appellatiir (il n'est pas fait menlion là du refus). La fixation de l'acceptation à la 11*' année d'Hadrien dans Eusèbe est d'accord avec les monnaies (Eckhel, 6, 315 et ss.) et avec les propres diplômes de l'empereur, qui ne contiennent pas ce titre en 127 et le contiennent depuis 129. Pourtant il se rencontre plus dune fois par anticipation chez Hadrien comme chez Auguste (C. /. L. III, p. 1111).
(7) Claude prit ce titre le 6/12 janvier 42 (actes des Arvales, chez Ilenzen p. 68; Dion, 60, 3; Borghesi, 0pp. 5, 192); pareillement, peu de temps après