‹ Le drôle de corps; comédie en un acte et en prose. Représentée pour la premìere fois a Paris sur le Théâtre du Panorama, le 3 août 1822Chapitre 4 sur 29 · SCÈNE IIL ASPASIE, NANETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL ASPASIE, NANETTE

NANETTE

Eh bien , mamsellc , tous les beaux discours de M. Pernet , votre oncle , nç vous ont pas rendue plus gaie que ça ?

k peine, lui avez-vous répondu un mot, faut convenir que si vot futur vous reproche queuq' défaut , ça ne sera pas celai de trop parier...

ASP ASIE.

Et, que veox-tu que je te dise... je vais me marier ; eh bien, voilà tout.

MANETTE

Voilà tout ! ah ! je voudrais bien être à votre place.

ASP ASIE.

Eh bien , épouse M. Pivoine.

NANETTii.

Plaignez-vous donc; vous n'avez pas d'fortune et vou« trouvez un homme qui vous en apporte.

ASPASIE

Un homme... quel homme î

NANETTE

Quel homme! à la bonne heure s'il était tortu, bossu ou bancale ; mais M. Pivoine est droit comme un tournesol ; sans être jeune , il n'est pas trop vieux ; vingt ans d'plus quVous , c'est cemmc'si vous étiez du même âge.

Mais sa figure^ sa toomare , son esprit ?

NAXETIE.

Eh mam' selle ! six mille livres de rentes valent b'en mieux que tout ça, dT esprit , dTesprit, est ce avec d l'esprit qu'voos aurez une bonne maison , une bonne table, et dbons amis?

ASPASIE

Tais toi , tu es folle.

NANETTE

C'est ça , folle . je gage qae queu'q gentil damoiseau vous a monté ainsi la tête.

ASPASIE

C'est très-possible.

NAVETTE

Nos jeunes gens de Mont-Rouge , ne sont pourtant pas assez mirliflors pour vous ; il vous en faut de plus huppés. ASPASIE sortant , comme si elle ai'oit un secret et (pt'elle ne voulût rien dire.

Tu voudrais bien savoir mon secret... adieu, Nanette. Elle rentre dans la maison.

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