SCÈNE IIL ASPASIE, NANETTE
NANETTE
Eh bien , mamsellc , tous les beaux discours de M. Pernet , votre oncle , nç vous ont pas rendue plus gaie que ça ?
k peine, lui avez-vous répondu un mot, faut convenir que si vot futur vous reproche queuq' défaut , ça ne sera pas celai de trop parier...
ASP ASIE.
Et, que veox-tu que je te dise... je vais me marier ; eh bien, voilà tout.
MANETTE
Voilà tout ! ah ! je voudrais bien être à votre place.
ASP ASIE.
Eh bien , épouse M. Pivoine.
NANETTii.
Plaignez-vous donc; vous n'avez pas d'fortune et vou« trouvez un homme qui vous en apporte.
ASPASIE
Un homme... quel homme î
NANETTE
Quel homme! à la bonne heure s'il était tortu, bossu ou bancale ; mais M. Pivoine est droit comme un tournesol ; sans être jeune , il n'est pas trop vieux ; vingt ans d'plus quVous , c'est cemmc'si vous étiez du même âge.
Mais sa figure^ sa toomare , son esprit ?
NAXETIE.
Eh mam' selle ! six mille livres de rentes valent b'en mieux que tout ça, dT esprit , dTesprit, est ce avec d l'esprit qu'voos aurez une bonne maison , une bonne table, et dbons amis?
ASPASIE
Tais toi , tu es folle.
NANETTE
C'est ça , folle . je gage qae queu'q gentil damoiseau vous a monté ainsi la tête.
ASPASIE
C'est très-possible.
NAVETTE
Nos jeunes gens de Mont-Rouge , ne sont pourtant pas assez mirliflors pour vous ; il vous en faut de plus huppés. ASPASIE sortant , comme si elle ai'oit un secret et (pt'elle ne voulût rien dire.
Tu voudrais bien savoir mon secret... adieu, Nanette. Elle rentre dans la maison.