LOUIS-PHILIPPE
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La mort du duc d'Orléans, qui avait excité en France une émotion si douloureuse, devait être ressentie plus profondément encore en Algérie. Aussi, à peine la nouvelle de cet événement s'y futelle répandue, que la population et l'armée manifestèrent spontanément le vœu de voir s'élever sur la principale place d'Alger, par voie de souscription, un monument à la mémoire du prince qui leur était également cher. Des dispositions furent immédiatement prises pour la réalisation de cette grande et noble pensée. Un arrêté ministériel du 8 novembre 1842 admit à concourir à la souscription les autres corps de l'armée, et notamment ceux qui avaient fait la guerre en Afrique. Il institua en même temps une commission supérieure à Paris pour centraliser les souscriptions réalisées tant en France qu'en Algérie, faire dresser la liste générale des souscripteurs, et veiller enfin au recouvrement et à l'emploi des fonds. Cette commission était composée de MM. le ïnaréchal comte Valée, président ;
Les lieutenants-généraux baron Athalin,
Baudran, Baron Berthezène, Comte d'ERLON, Baron Voirol, Baron Rapatel, Comte Schramm; L'intendant militaire, Melcion d'Arc ; Secrétaire, M. Martineau des Chenets, auditeur au conseil d'État.
Le monument devait consister en une statue équestre en bronze.
Cette statue, due au talent de M. Maroclietti, arriva à Alger le 3 septembre. L'inauguration n'en devait avoir lieu que le 28 octobre suivant, jour anniversaire du passage des Bibans.
Une foule immense, accourue de tous les points de l'Algérie, remplit de bonne heure, ce jour-là, la place du Gouvernement. Les fenêtres des maisons qui l'entourent, toutes les terrasses qui la dominent, la Jénina, la grande Mosquée, étaient jonchées de spectateurs. Tous les chefs militaires, toute la magistrature, toutes les administrations, tous les corps constitués, tous les services publics étaient représentés à cette cérémonie.
A deux heures la statue était entourée de tous les dépositaires des pouvoirs civils et militaires, et de l'élite de la population. A trois heures un quart elle fut découverte aux acclamations de la foule et au son de la musique militaire.
Deux discours furent prononcés, l'un par M. le lieutenant-général DE Bar, l'autre par M. le comte Gdyot, directeur de l'intérieur.
La milice et la troupe défilèrent ensuite devant la statue, sous le commandement de M. le colonel Marengo.
Des salves d'artillerie de terre et de mer se firent entendre au moment de l'inauguration, et durèrent jusqu'au moment du défilé.