‹ Le duc de Normandie et sa cour (912-1204)Chapitre 36 sur 45 · H. F. XIII · texte numérisé non relu

H. F. XIII

susi, s'exprime ainsi : « Et ensuite^ le Roi fit semondrepar « ses lettres les comtes et les barons de Normandie de se <( trouver à Argentan le jour de la fête de Saint-Denis avec « armes et chevaux, prêts à le suivre pour son service ». De la juxtaposition immédiate dans le texte des deux événements, séance de la Cour, semonce aux barons, il paraît évident que le second de ces faits découla du premier et que la convocation de l'armée ne fut faite qu'en exécution d'une décision prise au sein de l'Assemblée qui venait de se tenir.

Il est possible de dégager une idée d'ensemble des observations d'ordre différent contenues dans le présent chapitre.

Le Duc devait veiller à la conservation des lois et des coutumes qui régissaient le peuple normand. Il ne pouvait, d'autre part, exiger de ses vassaux le service militaire en dehors des limites du Duché. Les mesures portant addition ou modification à la législation préexistante et la convocation des barons pour une expédition en pays étranger constituaient des actes, qui excédaient le pouvoir du Duc et qu'il ne pouvait accomplir sans violer le contrat féodal existant entre lui et ses vassaux. Il devait donc de toute nécessité à propos de ces actes, prendre au préalable et requérir le consentement des hommes qui étaient placés dans sa dépendance immédiate, et qui auraient pu juridiquement s'opposer à l'accomplissement des mesures prises ou des entreprises qui auraient été tentées sans leur assentiment.

' Ibid., 174.

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