‹ Le duc de ReichstadtChapitre 40 sur 50 · LE BARON D’OBENAUS · texte numérisé non relu

LE BARON D’OBENAUS

Le baron Joseph d'Obenaus , conseiller de régence impériale et royale de Basse- Autriche et gouverneur de S. A. M*' le duc de Reichstadt , naquit à Time , ville libre royale de Hongrie; il fut élevé , dès l’âge de cinq ans , à Vienne , où

il reçut l’instruction dans les etudes allemandes, latines , pliilosopliiques et juridiques , fut revêtu du gi-ade de docteuien droit et en politique, incorporé à la faculté des jurisconsultes, où il suppléa, en 1807 , le professeur des sciences politiques de l’université de Vienne.

Par inclination , de même que par sa situation , Obenaiis se voua de bonne heure à l’enseignement, et c’est ainsi que, pendant ses études , il eut part à l’éducation de Henri de Hess, colonel et maréchal-général de logis des troupes autrichiennes en Italie , en répétant avec lui depuis la première classe latine jusqu’à la seconde année du droit. En 1802 , il dirigea les études privées du jeune comte Eugène Wrbna ( fils du grand chambellan de Sa Majesté ) 3 l’an i 8 o 4 et 5 , avec le jeune comte François de Taaffe , de la philosophie théorique et pratique 3 et, l’an i 8 o 5 et 6, des études privées des sciences politiques et du droit privé autrichien avec le jeune comte Charles Pachta , conseiller du gouvernement actuel à Milan.

Âu commencement de l’année 1806, Obenaus se chargea del’éducation du jeune comte Louis de Taaffe, second président actuel de la suprême justice , et , à la fin de l’an 1 807 , on l’appela à la cour impériale comme gouverneur de S. A. I. l’archiduc François-Charles.

Pour seconder le développement intellectuel et moral de son auguste élève , Obenaus se chargea lui-même , pendant le cours de l’éducation , de plusieurs leçons , savoir :

De la grammaire et du style allemands 3 De la géographie dans toute son étendue 3 De l’histoire universelle et de l’histoire des Etats d’Autriche jusqu’en i 8 i 5 3

De la philosophie théorique et pratique 3 Du droit de la nature , du droit public et du droit des gens 3

De la seconde partie de la loi pénale civile 3 Des sciences politiques , c’est-à-dire de l’économie nationale , des finances et de la police 3

De la statistique dans toute son étendue.

NOTES

Simultanément avec cette éducation, par l’ordre de S. M. l’empereur , il donna aussi des leçons à LL. AA. II.

L’archiduchesse Léopoldine , plus tard impératrice du Brésil ;

L’archiduchesse Clémentine, actuellement princesse de Salerne ,

Et l’archiduchesse Caroline , plus tard princesse de Saxe.

Il leur enseigna la géographie et la statistique depuis l’an 1807 jusqu’en 1819.

‘ D enseigna à S. A. I. le prince héréditaire , aujourd’hui roi de Hongrie, la géographie et la statistique dans toute leur étendue, et l’histoire universelle de même que l’histoire des États d'Autriche jusqu’à la seconde restauration des Bourbons en 18 1 5 .

En récompense de ses services , particulièrement à l’égard de l’archiduc François-Charles, l’empereur accorda au gouverneur Obenaus , en 1818, le grade et le traitement de conseiller de régence de Basse-Autriche , et après qu’il eut achevé l’éducation de l’archiduc François-Charles , au mois de septembre 1824, il le décora de la croix de chevalier de l’ordre de Saint-Étienne , et l’adjoignit comme conseiller de régence surnuméraire, avec un supplément personnel de a, 5 oo fr. par an , au gouvernement de Basse-Autriche.

Au mois de janvier i 8 a 5 , l’empereur le choisit pour gouverneur du duc de Beichstadt , en lui réservant cependant le grade et le rang de conseiller de régence , avec l’ordre exprès d’instmire le duc dans l’histoire , particulièrement dans celle de l^lapoléon , et de cultiver soigneusement avec lui toutes les sciences requises pour un officier d’un rang supérieur.

Le duc de Beichstadt étant déjà parvenu au mois de janvier i 8 a 5 , d’après le plan d’instruction , jusqu'à la première classe des humanités , Obenaus continua son éducation en lui faisant suivre ,

Les deux classes des humanités ;

La philologie latine , en parcourant avec lui les fables de Phèdre, quelques odes et VArs poelica, d’Horace j le Bellum

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galUcum , huit livres de J. César; de moribus Germanorum, de Tacite; XAnabasis {Retraite des dix mille'), de Xénophon; le premier discours in Catilinam , de Amicitiâ et de Officiis, trois livres de Cicéron ;

L’histoire universelle et l’histoire des Etats d’Autriche jusqu'à la troisième expidsion des Bourbons au mois de JUILLET i85o;

La philosophie théorique et pratique ;

Le droit de la nature , le droit public et le droit des gens;

La loi pénale civile et militaibe ( abticles de guebre ) ;

Les sciences politiques ;

La statistique dans toute son étendue.

Les examens multipliés de ces cours se suivirent en présence de LL. MM. l’empereur et l’impératrice, de Marie- Louise, des archiducs Ferdinand , François-Charles, et de l’archiduchesse Sophie , à la satisfaction générale.

En récompense de ses services, la duchesse de Parme conféra au gouverneur Obenaus , en 1826 , la croix de chevalier, et en i83o, celle de commandeur de l’ordre de Constantinien Saint-Georges. L’an 1827 , Obenaus reçut, en sa qualité de chevalier de l’ordre de Saint-£tieune , le baronat de l’Autriche.

Au mois de juin i83i , l’on considéra l’éducation du duc de Rcichstadt comme achevée ; le duc entra comme lieutenant-colonel dans le régiment d’Ignace Giulay , et Obenaus rentra dans le rang de conseiller de régence qui lui était réservé.

C’est de cette façon qu’Obenaus fut comblé de la distinction, vraiment rare , d’instruire six membres de l’auguste famille impériale, pendant près de vingt-quatre années (depuis 1807 jusqu’à i85i ), en plus de matériaux que six professeurs , employés régulièrement aux lycées et aux universités , ne sont obligés d’exposer , et , en enseignant pendant vingt-quatre années sans vacances , jamais moins de douze , quinze heures par semaine , pendant quelques années même vingt , vingt-quatre heures par semaine , donnant ainsi plus de leçons à la cour impériale que tout professeur

NOTES

iVune universitt: iinpëriale-royale n’est obligé de donner en quarante ans.

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