‹ Le duc de RichelieuChapitre 12 sur 23 · SUR QUELQUES CHANGEMENTS A APPORTER AU TARIF · texte numérisé non relu

SUR QUELQUES CHANGEMENTS A APPORTER AU TARIF

Le tarif ne fixe dans la mer Noire que deux villes, où l'on puisse apporter par mer des marchandises, Caffa et Odessa. La ville de Kozlovv, qui sans jouir des avantages qui ont été accordés aux deux villes, citées plus haut, s'était élevée à un assez grand degré de prospérité, se trouve par là condamnée à mort; cependant elle était exclusivement en possession de fournir le sel aux Asiatiques à cause des lacs salés qui l'entourent; elle exportait aussi les nombreux produits des cantons qui l'avoisinent, dont la population augmente chaque jour; si les étrangers ne peuvent rien y apporter, ils n'y viendront plus et nos exportations diminueront d'autant. Je supplie qu'on laisse à Kozlow les choses sur l'ancien pied.

J'ai prié également qu'on permît l'entrée des olives dont nos Grecs se nourrissent exclusivement dans les carêmes; celles de France sont permises, et celles de la Grèce défendues. J'ignore quel en peut être le motif; il en est de même de quelques étoffes destinées uniquement à l'habillement des Tartares; on ne peut établir de fabriques de ces étoffes, cela n'en vaudrait pas la peine, et ces peuples ne sauraient comment se vêtir.

Le même tarif défend l'introduction du bois et du charbon, la Moldavie en fournissait à Odessa, et au pays d'alentour. Cette prohibition nous jette dans le plus grand embarras, puisque nous n'avons pas de quoi suppléer au manque d'articles si nécessaires.

L'introduction du sel est chargée d'un droit de 50 k. par poud. Le printemps dernier, quand nous étions menacés de manquer de sel en Crimée, nous avons engagé les habitants à en préparer aux lacs de Bessarabie, ce qu'ils ont fait dans l'espérance de l'introduire sans payer de droits, mais n'ayant pu le transporter avant la publication du tarif, ils se trouvent ruinés s'ils doivent payer ce droit. J'ai solhcité une exception pour ceux (lui ont exploité le sel l'année dernière.

3" SUR LES PRIVILÈGES A ACCORDER, OU PLUTÔT A CONSERVER, AUX VILLES DE KERTCH

ET DE JÉNIKALÉ.

Les Grecs, qui habitent les villes de Kertch et de Jéiiikalé, ont été attirés de l'archipel sous la promesse de privilèges et de franchises dont ils ont joui jusqu'à présent. Maintenant on exige d'eux des impôts, comme des anciens habitants, pour le droit de naviguer et de faire le commerce par mer. Ils demandent de rester en possession de leurs privilèges, et offrent en revanche d'entretenir à leur frais le passage du Bosphore, de transporter les troupes, l'artiUerie, sur leurs barques. Ils m'ont donné souvent des preuves de leur zèle, et c'est à eux que je dois le succès de l'expédition que j'ai faite cet hiver, puisqu'ils m'ont transporté 5 bataillons en huit jours, ce qui aurait été impossible sans eux; d'ailleurs l'entretien d'un passage aux frais de la couronne serait beaucoup plus cher, que le produit des impôts qu'on retirerait d'eux.

4° SUR l'organisation des postes.

L'étendue de la Nouvelle Russie, le nombre de routes qui la traversent et surtout le voisinage de l'armée nécessitent une très-grande activité dans les postes et un nombre de chevaux très-considérable. Cet impôt, vu la faible population de ces provinces, est énorme et monte jusqu'à un rouble par tête, tandis que dans les provinces voisines, il ne va qu'à 15 et 20 k. Malgré cela tous nos maîtres de poste sont ruinés et au prochain bail cette noBEHnocTL montera à 2 r. par tête. J'ai proposé que les gouvernements voisins concourussent à l'entretien des postes dans la Nouvelle Russie, et qu'en attendant, vu le prix énorme de l'avoine et la fréquence du passage, le prix des chevaux fût élevé de 2 k. à 4 dans les gouvernements de Kherson et de Tauride.

5 SUR L ABOLITION DE L IMPOT CONNU SONS LE NOM DE nOJi;EHHHa JlEHbrH.

Les terres non habitées dans la Nouvelle Russie sont chargées d'un impôt territorial, par un abus qui jusqu'à présent n'avait pas été redressé; lorsque les propriétaires y avaient transporté des paysans, l'impôt sur la terre subsistait, quoique les paysans payassent l'obrock. J'ai réclamé l'abolition de cet impôt pour les terres qui auraient été peuplées suivant la loi.

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