‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscritsChapitre 103 sur 164 · MADAME DU DEFFAND LIT LES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

MADAME DU DEFFAND LIT LES MÉMOIRES

nier volume, que je ne Ëûs qu'achever, m'a causé des plaisirs infinis, il vous mettroit hors de vous. Je ne saurois faire des projets pour l'avenir, mais cependant je veux me persuader qu'il n'est pas impossible que vous les lisiez un jour; ils sont actuellement à Chanteloup, ils en reviendront peut-être. »

Walpole cependant ne les connut pas^ il n^eut pas ces a plaisirs indicibles j>j ces (c plaisirs infinis »^ et le « hors de lui » si joliment annoncé lui fut ravi par une aventure qui nous est demeurée inconnue. Le 1 2 juin 1 77 1 j en effet , l'aimable femme lui écrivait :

« Vous trouverez les Mémoires de Saint-Simon ; Tabbé me mande qu'il en a fait le paquet et qu'ils partiront à la première occasion : me voilà un peu rassurée sur votre ennui. »

Mais le mercredi 25 septembre ^ voici deux mots qui donnent à penser^ sans rien nous apprendre de ce que nous voudrions savoir. Il est évident qu'entre la lettre du 12 juin et celle du 25 septembre^ il y en a eu une autre qui devait tout dire :

ibi AVENTURE D'UNE COPIE.

« Je ne veux point tarder à vous donner du plaisir; l'affaire de l'armure est en très-bon train , mais après l'aventure des Mémoires de M. de Saint-Simon, je n'ose plus compter que sur ce que je tiens. »

Qu' c tait-il advenu ? M . le duc d' Aiguillon^ arrivé aux Affaires Étrangères (i), avaitil fait saisir la copie des Mémoires partie de Chant eloup pour Paris? Ce n'est guère présumable^ car^ à ce compte ^ il y aurait eu bien d'autres papiers d'État à faire saisir à Chanteioup ou sur le chemin de Chanteloup. Le paquet fait et annoncé par l'abbé de Barthélémy (car c'était de lui qu'il s'agissait dans la lettre de Madame du Detfand) s était-il égaré sur les routes de Touraine à l'Ile-de-France? Tout simplement, au moment de le mander^ voulut-on le garder à Chanteioup pour l'agrément indicible et l'occupation admirable qu'une

(i) Le i)i:c DE CffoisKUL, disgracie le 24 décembre 1770, remit les Allaires l'^trangères au duc de la Willière, qui les administra par intérim jusqu'en juin 1771. Le duc d'Ai- L'L"iLi.c\N l'ut alors déclaré Ministre Secrétaire d'iitat; il conserva les AlVaires Étrangères jusqu'à l'avènement de Louis XVI (mai 1774).

Page 1