‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscritsChapitre 139 sur 164 · MÉMOIRES SUR DIFFÉRENTS SUJETS · texte numérisé non relu

MÉMOIRES SUR DIFFÉRENTS SUJETS

aurait à faire le choix de « Mémoires sur différents sujets » . Le duc de Saint-Simon était aussi de ceux qui ^ avides de s'occuper^ sans cesse échauffés par le mouvement et l'abondance d'idées qu'ils croient incomparables pour le bien de l'État, pour la chose publique, pour la grandeur du Prince, estimeraient qu'ils manqueraient au devoir de leur naissance et à la qualité de leur esprit, s'ils ne traitaient, au fond de leur cabinet, quelques questions de premier ordre. L'inventaire de ses manuscrits ne marque pas moins de sept volumes de w Mémoires sur différents su-jets » , écrits de la main de « Monseigneur » , ainsi que le dit le sieur Laudier, celui qui avait soin de ses livres. Peutêtre même toute son œuvre politique se trouve-t-elle réunie dans ces sept volumes, et comme il doit en exister aux Affaires Étrangères une table des matières fort développée, on pourrait aisément se rendre compte de la nature des sujets, si M. le Ministre voulait bien inviter Messieurs de la direction des Archives à lui en faire un rapport qu'il rendrait public. Il y a lieu de penser aussi qu'au Dépôt

LA CASSETTE DU DAUPHIN. SSy

des Archives du ministère se rencontreraient ces fameuses Notes et Instructions que Saint-Simon avait fournies au Dauphin^ tout à rinsu du Roi. La cassette qui les contenait^ présentée à Sa Majesté pour qu'elle procédât en personne à l'ouverture, fut la cause d'une violente émotion et d'une redoutable crainte pour le conseiller secret. Le doute sur ces divers Mémoires n'est pas permis après le récit extraordinaire qu'a fait l'auteur, au lendemain de la mort du Dauphin, en 17 12, dans le fragment intitulé : « Cassette du Dauphin qui me met en grand péril » , et qui, s'il n'était si long, serait tout à citer. Nous nous limiterons au passage qui atteste l'existence de ces écrits :

« Il y avoit dans la cassette du Dauphin des Mémoires qu'il m 'avoit demandés. Je les a vois faits en toute confiance, lui les avoit gardés de même. J'y étois donc parfaitement reconnoissable. Il y en avoit même un fort long de ma main , qui seul eût suffi pour me perdre sans espérance de retour auprès du Roi. On n'imagine point de pareilles catastrophes. Le Roi connoissoit mon écriture ; il ne connaissoit pas de même ma façon de penser, mais il s'en doutoit à peu près. J'y avois

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