LA MARÉCHALE DE MONTMORENCY
Qui, dans la famille, pouvait-il désigner plus judicieusement que la Maréchale, femme de beaucoup de sagesse, de tact et de bon jugement , qualités qui lui avaient valu d'être nommée tutrice des enfants de feu son fils, Guy de Montmorency-Laval, et de feu sa belle-fille, née de Meaupou? On ne saurait avoir de doute, à tous égards, malgré l'absence de preuves absolues ( i ), de la transmission des droits de TÉvêque de Metz à sa sœur pour la possession des papiers du feu Duc,
(i) Nous nous sommes appliqué à rechercher des documents tels que lettres particulières, informations de famille, sur ce sujet. Dans Tespoir où nous étions que rEvêque de Metz avait laissé quelques papiers, nous nous étions adressé au chef des Archives Départementales à Metz, M. Edouard Sauer. II a eu Tobligcance de nous répondre parle renseignement suivant, en date du i6 août 1873 :
« Il y a quelques années j il n'y avait parmi les Titres et Papiers du fonds de VÉvêché de Met^ déposes dans les A rchives Départementales f aucun document sur la famille de A/, de Saint-Simon ; mais fai retiré, vers 1867 , ^^^ ^^ chives de la Cour impériale de Met\ (A rchives de l'ancien Parlement de Met^) un certain nombre d'Actes concernant la succession de cet Évéque. Je n'ai vu dans aucun document la mention du testament qui aurait été fait par Mgr de Saint-Simon. «
Nous avons acquis, en effet, depuis, la preuve que TEvêquc de Metz n'avait pas laissé de testament; et cela, d'après le détail de la levée des scelles en l'hôtel qu'il avait occupé à Paris, dont nous parlons ci-après.
CONVENTIONS PROBABLES. 2o5
puisque ce fut avec la maréchale de Montmorency^ couvrant la comtesse de Valentinois^ sa petite -fille et unique héritière^ que M. le duc de Choiseul traita.
A quel propos^ pour quel motif? S'il en eût été autrement^ Madame la maréchale de Montmorency aurait-elle ainsi apparu soudainement dans cette affaire du legs fait à feu TÉvéque son frère? Il est à supposer que la négociation souterraine de la transmission des Manuscrits et Papiers de Saint-Simon aux Affaires étrangères avait dû se traiter du vivant même de TEvêque avec M. de Choiseul^ peutêtre dès les premiers temps que le Roi l'eut déclaré Ministre Secrétaire d'État. A défaut de cette négociation même, il n'est pas permis de douter qu'il ait délégué la mission de confiance qu'il avait reçue par le testament du duc de Saint- Simon, à la Maréchale sa sœur^ soit par une déclaration sous seing privée soit par une lettre explicite. Cette déclaration^ cette lettre^ ce document^ doivent exister encore^ en quelques archives de famille ou en quelque dépôt de papiers où ils demeurent sans doute bien oubliés. Il nous
2o6 DOCUMENTS DE L'ÉVÊQUE DE METZ.
sera permis de présumer qu'ils devaient appartenir aux cotes 567 ou 268 de l'Inventaire des titres qui furent trouvés^ après la mort de TÉvêque de Metz , dans rhôtel de la rue Saint-Dominique qu'il avait loué à vie aux Religieux Jacobins et qu'il avait occupé^ pendant ses fréquents voyages et séjours à Paris^ depuis l'année 1740. A la requête de la maréchale de Montmorency et de la comtesse de Besse de la Richardie, sa sœur^ toutes deux héritières^ le scellé avait été apposé le 26 mars 1760^ dans l'hôtel de la rue Saint-Dominique^ par M* Le vie ^ commissaire au Châtelet^ et l'inventaire avait été commencé par M* Boulard, notaire. Or, parmi les titres mentionnés, nous avons rencontré ceux-ci, sous les deux cotes ainsi désignées :
« Item, Une liasse de six pièces qui sont renseignemens au sujet du legs fait à mondit seigneur Evêque de Met\ par M, le duc de Saint- Simon de ses Manuscrits, desquelles à la réquisition des Parties il n'a été fait autre description , mais lesdittes pièces ont été cottées et paraphées par première et dernière , pour le tout deux cent soixante-sept.