M. DE MARMONTEL
goût et par inclination; aussi réussissait-il mieux à écrire le roman de Bélisaire que V Histoire de la Régence. Il lui faut toutefois rendre cette justice^ qu'il a été le plus sérieux et le plus actif chercheur parmi ses confrères en études historiques^ et qu'avant de se mettre à l'œuvre il tenta^ avec succès d'ailleurs^ les plus honorables et les plus intelligentes démarches pour approcher des sources nouvelles et sûres ^ propres à fortifier son récit. Les grands seigneurs l'accueillirent avec un bon vouloir qui devrait être pour tous leurs descendants un perpétuel exemple. Il est une page de ses propres Mémoires qu'il a consacrée à cette époque de sa vie , et dans laquelle il mentionne le prêt qui lui avait . été fait du manuscrit des Mémoires. Elle cadrera fort bien ici :
« Dans ce temps-là , mes occupations se partageoient entre l'Histoire et T Encyclopédie. Je m'étois fait un point d'honneur et de délicatesse de remplir dignement mes fonctions d'historiographe, en rédigeant avec soin des Mémoires pour les historiens à venir. Je m'adressai aux personnages les plus considérables de ce temps-là, pour tirer de leurs cabinets des instructions rela-