‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inédits (volume 2)Chapitre 118 sur 156 · ÉDITION « LAURENT · texte numérisé non relu

ÉDITION « LAURENT

rhonneur de déclarer que ses Mémoires ayant été écrits sans ordre chronologique ^ les faits rapportés sans ordre de temps et selon que le caprice de son souvenir les lui présentait , il avait cru devoir adopter une marche différente ^ il ajoutait que Texécution^ à la vérité^ d'un soin pareil, lui avait offert des difficultés rares, etc. Comme on le voit Jusqu'alors rien n'avait manqué à ce grand homme et à ce magnifique esprit pour être trompé, travesti, et même déshabillé.

A Tépoque où cette édition nouvelle paraissait, dix ans devaient nous séparer encore du moment où T éclat soudain de la lumière la plus brillante ferait enfin justice à Tœuvre du peintre, du moraliste et de rhistorien, et où toutes les précédentes productions fallacieuses et mensongères seraient confondues par l'admirable et magique vérité. Pour en dire le fait par le menu, il faut introduire ici, ou plutôt près du roi Louis XVIII, M. le général marquis de Saint-Simon.

En 18 19, Henri-Jean- Victor de Rou-

2(j6 LE GÉNÉRAL DE SAINT-SIMON.

vroy^ marquis de Saint-Simon ^ avait trente-sept ans. Il était bien petit-cousin du Duc et Pair^ l'auteur des Mémoires, et à peine, devant un aréopage, aurait-il pu beaucoup prétendre à se dire seul habile à hériter, le Duc ayant eu sa branche éteinte en la personne de madame de Valentinois, qui avait fait la duchesse de Fitz-James sa légataire universelle.

Mais alors ces choses étaient passées depuis longtemps, et le plus clair en cette rencontre, c'est que le marquis était de Saint-Simon, et que, général, il avait bien servi le Roi dans le commandement des deux départements de la Manche et du Loiret. Il l'avait d'ailleurs suivi ou rejoint à Gand, dans un temps qui pour Sa Majesté n'avait été précisément ni celui du bonheur, ni celui du succès. En un mot, Louis XVIII n'avait que de bons souvenirs à l'égard du marquis de Saint-Simon, lorsqu'en 1819 M. le général vint à l'audience de Sa Majesté, un dimanche, à l'issue de sa chapelle. C'était peu de temps avant que le Roi l'eût déclaré Ministre plénipotentiaire pour le Brésil.

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