‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inédits (volume 2)Chapitre 120 sur 156 · ÉDITIONS SUCCESSIVES · texte numérisé non relu

ÉDITIONS SUCCESSIVES

vingt volumes in-octavo ^ désormais épuisée^ l'a rendue possesseur du Manuscrit original, dont, par Torgane aussi lettré que piquant de M. le Bibliothécaire Gallien, le lecteur a vu la description dans le cours de la lettre jointe à notre préface, a Mémoires de Sainct- Simon », y est-il dit au titre, qui est celui de Fauteur, et rien de plus. Voilà pour T historique de cette partie

in-8». Paris, L. Hachette et O*. Cette même édition a été tirée à cent exemplaires numérotes sur grand papier, qui ont été promptemcnt épuisés.

En i856 : Mémoires de Salvt-Simon précédés d'une notice sur l'autjur, par Emile de La Bédollicre. 20 volumes in-8*. Paris, G. Barba. Même année: Mémoires de Saint- Simon. (Nouvelle édition conforme au manuscrit original, collationnée avec soin sur l'édition Sautelet, avec une nouvelle table alphabétique des matières , rédigée avec le plus grand soin, par M. Bourgogne. 5 volumes in-4« avec 612 gravures. Paris, G. Barba. {Les deux éditions ont donné lieu, en i856 et 1857, à l'extraordinaire procès que nous avons rappelé diverses fois dans le cours de ce chapitre, et elles ont été saisies par suite de l'arrct rendu en Cour Impériale de Paris. Voir la Ga:^ette des Tribunaux du mois de juin i836 et des mois de janvier et février 1857.

En i 864-1 865: Mémoires de Sai.nt-Simon. Édition en i3 volumes in- 12. Paris, L. Hachette et O:

En 1873 : Mémoires du Duc de Saint-Simon publiés par MM. Chcrucl et Adolphe Régnier tils, et collationnés de nouveau pour cette édition en 20 volumes sur le manuscrit autographe, avec une notice de M. Sainte-Beuve. (Tomes I à VIII, in-12, publiés jusqu'à ce jour, l^i décembre 1873). Paris, L. Hachette etC'*.

3i8 AUTRES a MANUSCRITS ».

des œuvres du duc de Saint-Simon.

L'épisode en a été long. Mais^ parmi tous ceux qui sont amis déclarés des belleslettres et des études de l'histoire^ en serat-il un qui aura pu voir sans peine ou sans surprise l'incroyable espace de temps, les fatigues, les intrigues, les marches, les contre-marches qu'il a fallu subir, traverser ou faire pour arriver au but ! Voyons maintenant ce qu'il advint à propos des autres Manuscrits, et pour cela, tournons-nous encore vers le Dépôt des Affaires Étrangères.

Le manuscrit seul des Mémoires avait été remis à M. le général marquis de Saint-Simon, Pair de France. Savait-il ce qu'il lui restait encore à désirer et à recevoir, si comme il l'a dit, et en particulier et en public , le Roi Louis XVIII lui avait assuré la restitution ou la donation (peu importe le vocable) de la totalité des manuscrits de l'ancien Conseiller de Régence? Lui seul pourrait répondre et donner à cet égard des éclaircissements. S'il ignorait la quantité précise des articles qui formaient le recueil contenu dans les

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cinq caisses reçues par Le Dran^ sur la présentation de V Ordre du Roi du 21 décembre 1760^ il ne pouvait ignorer qu'à la suite des Onze Portefeuilles des Mémoires, il y avait aussi ceux contenant les a Pièces annexées y>, puisque Saint- Simon en parle en divers et nombreux endroits de son œuvre. Ces mots « Voyei les Pièces y> , tant de fois tracés de la main de l'auteur^ n'avaient pu échapper à sa qualité d'éditeur dont il avait pris le titre. Avait-il connaissance que le Portefeuille des Tables dressées par Saint- Simon lui-même existait aussi? Peut-on admettre encore qu'après i83o il n'avait pas été mis au fait de l'existence des Correspondances personnelles du duc de Saint-Simon avec les gens d'état^ de lettres et de qualité^ indiquées avec une précision incontestable par l'historien Lemontey^ dans sa préface de V Histoire de la Régence? Les relations qu'il dut nécessairement avoir avec les lettrés pour les éditions successives qui ont paru chez Renduel^ Delloye^ Garnier^ et en dernier lieu chez Hachette^ n'avaient pu manquer de l'en informer. A-t-il tenté de

nouvelles démarches? Ce que Ton peut affirmer, c'est que sous le règne de l'empereur Napoléon III, qui Tavait fait entrer au Sénat dès la formation, M. de Saint- Simon parla souvent de l'intention où il était de demander à l'Empereur de faire honneur à la lettre de change du Roi. D'aucuns qui l'approchaient nous ont témoigné de cette déclaration. M. de Saint-Simon est mort le 19 mars i865, sans avoir, sans doute, mené à fin ces utiles démarches et ces tentatives qu'il avait annoncées. Il faut d'autant plus le regretter que personne n'ignore combien Napoléon III était de nature et d'esprit accessibles à la libéralité et à la justice dans les difficultés et dans les circonstances de cette sorte. Le goût si éprouvé qu'il avait de l'étude de l'histoire lui aurait aisément permis de comprendre que le succès de la demande de M. de Saint-Simon aurait nécessairement amené et complété la divulgation des œuvres de l'auteur des Mémoires, et il était homme, malgré toutes les notes qui seraient parties non pas directement du cabinet de son Ministre, mais indirectement et par façon

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de souterrains, du bureau de la direction des Archives du Ministère, à passer outre et à estimer que le mouvement de libéralité du Roi pouvait être suivi par l'Empereur (i). Quoi qu'il en ait été.

(i) Quelque parti que Ton soit prêt à servir, à quelque opinion politique qu*on appartienne, c'est une justice qu'il faudra toujours rendre à Napoléon III. Il était essentiellement libéral et avait le sens le plus pratique qui se puisse rencontrer chez un souverain pour le perfectionnement des vieux rouages. Dans la sphère des choses dont je fois ma seule occupation , il me serait difficile de dire combien je suis souvent porté à honorer son nom. C'est à son impulsion particulière que nous devons d'avoir le C^fa/o^e des Imprimés de la Bibliothèque Nationale et celui des J/anuscrits si utilement entrepris, catalogues propres au service journalier de tous les savants, érudits, curieux et lecteurs. Que ne dirai-je d'ailleurs de lui à ce propos, quand j'ai sous les yeux les sept volumes grand in-8", de Lettres, Instructions et Mémoires de Colbert, publiés par ses ordres sur la proposition d'un ministre aussi judicieux que capable d'initiative : M. P. Magne. Quand trouverons-nous un ministre des AfBaiires Étrangères qui à propos de la mémoire des plus illustres de ses prédécesseurs dans l'ancienne diplomatie française, écrira au chef de l'État ce que M. Magne écrivait à l'Empereur le 1 1 août iSSq, lui proposant la publication des Lettres, Instructions et Mémoires de Colbert :

« Une pareille publication. Sire, faite sous les auspices' de Votre Majesté, ne serait pas seulement un juste hommage à l'Administration française dans la personne d*un de ses plus illustres représentants; elle aurait aussi, au double point de vue historique et administratif, une utilité incontestable. Elle ne pourrait enfin qu'honorer le Gouver* nement qui l'aurait ordonnée, »

Sans nos malheurs, habilement secondé et surtout utilement et véridiquement renseigné, il n'eût été réforme dans cette sphère si belle des études littéraires, que l'Empereur

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après la restitution des manuscrits des Mémoires y il est démontré par l'inventaire que le Dépôt des Affaires Étrangères détenait encore prisonniers d'État^ en fait d'oeuvres propres ou de papiers personnels d'un intérêt plus ou moins grand pour l'histoire des règnes de Louis XIV et Louis XV j les articles suivants :

Mémoires sur les Ducs et Pairs. Trois volumes in-folio.

Des Pairies de France, d'Angleterre , et des Grands d'Espagne. Un volume in-folio.

Duchés et Comtés-Pairies. Un volume in-folio.

Les Notes et Réflexions écrites sur des feuillets joints aux trente-sept volumes in-folio des Mémoires de Dangeau.

Les Officiers de la Couronne. Un Portefeuille de neuf cahiers.

ne se fût plu à demander, et au besoin à im(x>ser à des ministres à vues rétrospectives ou par trop faciles à trouver toujours bons les ordinaires propos de tel ou tel chef de division ou de direction, généralement inspiré à une source unique, fort douce d'ailleurs et commode, celle derhabitude, revéché à toute réforme, si heureuse qu'elle pourrait être pour le service public.

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