‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inédits (volume 2)Chapitre 52 sur 156 · CABINETS DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

CABINETS DE TRAVAIL

d'Orléans Régent^ encadrés dans la boiserie; puis celui à^feu Madame la Duchesse de Saint-Simon, peint en ovale; un bureau de bois de placage à quatorze tiroirs avec son dessus de maroquin noir; xine petite table à écrire de bois de merisier garnie de ses encrier ^ poudrier et porte-éponges de cuivre; deux autres petites tables à écrire garnies de leurs tiroirs; une petite table à livres; quarante-sept tables généalogiques de différentes grandeurs; quatre fauteuils ^ deux chaises^ quatre tabourets de moquette cramoisie; une grande estampe représentant Louis Trei{e; deux bras de cheminée avec branches de cuivre; un trumeau de cheminée de 48 pouces de haut sur 44 de large encadré dans la boiserie.

L'Inventaire porte ensuite ces mots^ aussi caractéristiques que curieux lorsqu'on se rappelle quelles flagellations a données au Cardinal Dubois la plume de Fauteur des immortels Mémoires :

« Dans une petite chambre à côté servant de garde-robbe, chaise percée à dossier de velours cramoisi^ et un tableau

en estampe sous verre blanc représentant le Cardinal Dubois / ( i ) »

Dans une chambre à coucher ensuite ^ le portrait de Louis Trei{e sur toile ^ et onze tableaux qui sont des Portraits de famille.

Dans une pièce que précédait une vaste antichambre, un billard de douze pieds de

(i) Je veux croire que le duc de Saint-Simon aura donné une aussi étrange place à Timage gravée du Cardinal Dubois, le même jour qu'il a tracé l'extraordinaire esquisse du Premier Ministre dans Tun des derniers chapitres des Mémoires,

o Son esprit étoit fort ordinaire, son savoir des plus communs, sa capacité nulle, son extérieur d'un furet, mais de cuistre, son débit désagréable, par articles, toujours incertain, sa fausseté écrite sur son front, ses mœurs trop sans aucune mesure pour pouvoir être cachées; des fougues qui pouvoient passer pour des accès de folie, sa tête incapable de contenir plus d'une affaire à la fois, et lui d'y en mettre ni d'en suivre aucune que pour son intérêt personnel; rien de sacré, nulle sorte de liaison respectée, mépris déclaré de foi, de parole, d'honneur, de probité, de vérité; grande estime et pratique continuelle de se faire un jeu de toutes ces choses; voluptueux autant qu'ambitieux; voulant tout en tout genre, se comptant lui seul pour tout, et tout ce qui n'étoit point lui pour rien, et regardant comme la dernière démence de penser et d'agir autrement. Avec cela, doux, bas, louangeur, admirateur, prenant toutes sortes de personnages, et souvent contradictoires, pour arriver aux différents buts qu'il se proposoit, et néanmoins trèspeu capable de séduire. »

On conçoit qu'après avoir écrit en de tels termes ce qu'il pensait de M. le Cardinal Dubois, M. le duc de Saint- Simon ait trouvé l'effigie de Son Éminence fort propre à mettre au cabinet.

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