‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inédits (volume 2)Chapitre 88 sur 156 · CONJECTURES ET ARGUMENTS · texte numérisé non relu

CONJECTURES ET ARGUMENTS

qu'en mars 1722^ ses Lettres au Régent à cette époque^ et les Pièces, Mémoires et Lettres se rapportant aux séances du Conseil de Régence , dont le Duc et Pair avait fait partie.

Se vouloir emparer^ dans cette circonstance et cette aventure^ d'aucun autre portefeuille^ et de ceux qui contenaient les cahiers des Mémoires, et de tant d'autres qui n'avaient rien de commun avec l'objet ordinaire de la raison d'État ; faire plus encore^ vouloir se rendre maître d'une série de manuscrits qui n'étaient même pas œuvres propres du feu Duc, mais de volumes dont la matière remontait à des temps éloignés ou ne contenait que des choses fort indifférentes au service de M. de Choiseul, qu'était-ce à dire, qu'était-ce à penser?

Et pourquoi, d'ailleurs, si telle eût été la vraie raison, le gouvernement du Roi aurait-il attendu que six années se fussent écoulées , depuis la mort du duc de Saint- Simon, pour mander en l'hôtel où il était décédé le porteur de V Ordre de Sa Majesté? Dans ces circonstances, était-il d'usage de faire tant de façons et de montrer

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tant de réserve ? Sous ce même règne^ lorsque moururent M. le maréchal comte de Saxe^ la comtesse d'Anhalt-Zerbst, qui tous deux avaient correspondu avec le Roi et les Ministres; M. d'AUion, qui avait servi les Affaires Étrangères en Russie; M. le maréchal de Belle-Isle^ M. le maréchal de Lautrec, et enfin le comte de Chavigny^ qui avaient été ambassadeurs en divers pays /attendit-on six ans pour la présentation et l'exécution d'un Ordre du i?o/? Jamais semblable délai ne s'était vu. Tels auraient pu être bien légitimement exprimés les raisonnements^ les arguments des parties intéressées à rencontre de ce procédé ministériel^ s'il eût été possible de raisonner et d'argumenter à l'endroit d'un papier du Roi contenant son Ordre, c'est-à-dire l'expression de la volonté de Tun de ses Secrétaires d'État ayant lagriffe pour la signer. Et si nous entrons en ces considérations et appréciations minutieuses et par ticulières 3 c'est pour qu'aucun détail de l'historique vraiment singulier de ces papiers 3 mystérieux pour la plupart aujourd'hui encore, ne soit négligé dans cet écrit, tout entier consacré à leur sort.

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