‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inédits (volume 2)Chapitre 95 sur 156 · LES ARCHIVES A VERSAILLES · texte numérisé non relu

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célèbres. L'une des salles reçut le nom spécial de Cabinet des Manuscrits ; cette désignation était assez impropre^ en ce sens que tous les documents recueillis et conservés au Dépôt des Affaires Etrangères sont principalement et généralement des manuscrits, c'est-à-dire des dépêches^ des relations ^ des mémoires sur diverses négociations^ des traités^ rangés à leur date sous la rubrique de l'Etat ou du Pays que ces écrits concernent. Bref^ la salle dite des Manuscrits était destinée à en contenir de toutes sortes indistinctement^ et représentant des écrits dont on pourrait dire^ pour les caractériser^ qu'ils sont (( hors série ». Parmi eux^ dans cette salle ^ furent classés les Manuscrits du feu duc de Saint-Simon.

M. Durand (de Diedstroff ) avait succédé à M. Le Dran en qualité de Chef ou Garde du Dépôts et il en inaugura l'ouverture à Versailles en 1763. Mais M. Sémonin^ qui était en sous - ordre ^ remplitj à vrai dire^ les fonctions de chef d'emploi j avec l'assistance éprouvée du sieur Poisson, car les qualités diplomatiques de M. Durand l'avaient assez

25o MADAME DU DEFFAND LIT LES MÉMOIRES.

signalé au choix du ministre Secrétaire d'État pour qu'il le chargeât de missions plus ou moins prolongées au dehors, à la Cour de Londres , à la Cour de Vienne , à la Cour de Russie.

Cependant M. le duc de Choiseul avait fait faire une copie probablement complète des fameux Mémoires de Saint-Simon. Il en avait eu le temps fort aisément, ayant été le maître dans la place pendant plus de dix ans. Il en faut prendre à témoin l'adorable du Deffand, lorsqu'à la fin de novembre 1 770 elle écrit à Walpole :

« De plus, nous faisons une lecture Taprès-dînée, les Mémoires de M. de Saint-Simon, où il m'est impossible de ne vous pas regretter : vous auriez des plaisirs indicibles (i). »

Et le 9 janvier 1 77 1 ^ la même au même :

« Je suis désespérée de ne pouvoir pas vous faire lire les Mémoires de Saint-Simon : le der-

(i) Correspondance complète de Madame la marquise Du Deffand avec sa famille et ses amis (i 739-1780), publiée pour la première fois sans suppressions, avec une Introduction et des Notes, par M. de Lescure (deux volumes in-8»). Paris, H. Pion, 1869.

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