LEMONTEY ET LA RÉGENCE
eut peut-être que la mémoire de M. le prince de Cellamare^ qui sous la Régence, et bien qu'ambassadeur, s'était mis à conspirer contre M. le Régent, qui en fût un peu meurtrie. Pour ce fait, le trop curieux Lemontey Pavait pris à partie ; il avait répandu sur ses méfaits diplomatiques quelques lumières nouvelles, avec l'aide de M. le duc de Saint-Simon et les révélations des papiers des Affaires Étrangères (i).
En 1818, parut une édition nouvelle
(i) Malgré cela, l'Espagne ne nous a pas déclaré la guerre ! Il n*y a pas même eu échange de notes ! Je dis cela pour répondre à Tavance aux arguments de gens d'ailleurs excellents, mais bien timorés , qui estiment que les communications de Papiers d'État sont plus grosses de périls que d*enseignements. S'il en était ainsi, le Gouvernement anglais serait dans un étrange péril , lui qui , se mettant en dehors des préjugés communs, a déclaré et rendu publics tous les documents des Af&ires Étrangères, de quelque nature qu'ils fussent jusqu'à l'année z 783, et les a fait porter aux Archives publiques, où ils s'accumulent en copies , de tous les coins du monde, pour l'utilité de l'histoire et pour y être publiés sous forme d'excellents sommaires. Il m'est facile d'en parler avec connaissance de cause et sûreté d'information, puisque, depuis l'année 1869, j'ai cet honneur très-grand de servir la maison pour la partie de l'Histoire de France qui s'étend de la date de 1509 a celle de 171 5. Profitons d'ailleurs de cette circonstance pour annoncer un prochain écrit : « Les Archives Royales d'Angleterre sous l'administration du Maître des Rôles, et du service qu'elles rendent à l'Histoire nationale. »
294 ÉDITION a LAURENT ».
des Mémoires du Duc. Elle ne le cédait en rien aux précédentes pour le faux^ le décousu, et la prétention à une diction meilleure j non moins qu'à une chronologie perfectionnée. Le titre fut celui-ci : Mémoires du duc de Saint-Simon; nouvelle édition mise dans un meilleur ordre et accompagnée de notes critiques et historiques par M. F. Laurent. Le piquant est que l'éditeur ne s'était proposé rien moins que ceci, selon son aveu aussi franc qu'ingénu :
« L*éditeur se propose aussi de ranger les différents chapitres de ces Mémoires en meilleur ordre : il y ajoutera des notes critiques, soit pour éclaircir les passages qui auront besoin de l'être, soit pour servir de correctif aux erreurs de fait et de jugement dont le duc de Saint-Simon n'est pas toujours exempt. »
M. Laurent, il faut l'avouer, montrait bien de la bonté pour la mémoire du Duc et Pair, en ne redoutant pas de prendre une peine aussi grande, et Tombre du magnifique historien et peintre incomparable a dû lui vouloir une étrange reconnaissance. Le nouvel éditeur lui faisait aussi