‹ Le duc de Saint-Simon, son cabinet et l'historique de ses manuscrits d'après des documents authentiques et entièrement inéditsChapitre 71 sur 159 · DÉCLARATIONS DU SECRÉTAIRE · texte numérisé non relu

DÉCLARATIONS DU SECRÉTAIRE

pondre ce qu*il sçait sur les interpellations qu'on a à luy faire ;

Que ce qui est à sa connoissance sur le contenu au dire dudit Maître Boudot, est que tous les Manuscrits de mondit feu S' Duc de S* -Simon, tant personnels c{\i' étrangers, ont été remis et renfermez en sa présence et celle de touttes les Parties intéressées et même de Monsieur F Évéque de Metz, dans les armoires de la salle du Daiz, sur lesquelles les scellez ont été ensuite réapposés;

Qu'il n'a point connu d! autres Manuscrits que deux petits volumes in-quarto, concernant F Abbé et r Abbaye de la Trappe qui étoient et ont dû se trouver au rang des livres de la Bibliothèque, plus quelques cahiers qui avoient été prêtés à Monsieur le Duc de Richelieu et que le comparant a depuis remis à Mons' l'Évéque de Metz, de Tordre de feu Mons. le Duc de S^Simon ;

Qu'à regard de la Table de tous les Manuscrits, il n'en a connu d'autre de la main de Monsieur le Duc de S'-Simonque celle qui étoit jointe à ses ouvrages;

Que c'est tout ce qu'il scait relativement aux* dits Manuscrits;

En conséquence de quoy, et de ce qu'il voit que sa présence n'est plus nécessaire , il requiert qu'il soit pourvu aux frais du voyage et du séjour qu'on luy a fait taire relativement à ce que dessus y et sous la réserve de tous ses droits et ac-> tions, a signé :

E. Laudier. )»

i68 CAHIERS INCONNUS.

Il ressort^ toutefois^ de cette très-importante déclaration du Secrétaire^ de celui dont^ en son testament ^ le duc de Saint-Simon dit : « Le sieur Laudier qui a soin de mes livres, » que M. le maréchal de Richelieu avait eu communication particulière de quelques cahiers des œuvres du Duc, et que ces cahiers avaient été remis à M. FÉvêque de Metz, du vivant de leur auteur, et sur son ordre.

Quels étaient ces cahiers? S'agissait-il de fragments des Mémoires? Était-ce quelque essai de « Mémoires nouveaux »

sous forme de digression, ou formant suite à ceux de la Régence, et que, pour plus de sûreté dans les informations, le duc de Saint-Simon avait communiqués au duc de Richelieu? On peut supposer bien des choses, et par cela n'être aucunement en la vérité. A tous égaras, c'est une question que nous soumettons à la curiosité et à Tesprit de recherche d'autrui. Peut-être les Papiers de Claude de Saint-Simon, Évêque de Metz, pourraient-ils répandre une heureuse lumière sur ce point ténébreux.

PAPIERS DITS DE LA SuCCeSSiOTI ET DES Affaires « DU FEU DUC DE SAINT-SIMON ». — L*EXTRAIT DES VINGT-NEUF PAQUETS PRÉSENTÉS A M. LE LIEUTENANT aVIL. — INDICATION D^UNE CORRESPONDANCE DE LA DUCHESSE DE SAINT-SIMON DEMEURÉE INCONNUE JUSQu'a PRÉ- SENT. — DEUX CENT CINQUANTE-SIXIÈME ET DERNIÈRE VACATION.

Les mois de juillet, août, septembre et octobre furent employés en vacations qui n'eurent d'autre objet que l'arrangement et l'examen des Papiers dits de succession. Peu d'incidents sont à signaler pendant ce laps de temps. Le 3 septembre seulement, il fut fait inventaire de quelques meubles et effets dans une chambre de l'hôtel de Valentinois, au quai Malaquais, et donnant sur la rue des Petits-Augustins ; cette chambre avait été prêtée au feu Duc pour y mettre le surplus de ses meubles. Le 1 3 sep-

lyo DESCRIPTION DE TITRES ET PAPIERS.

tembre, acte fut donné « au comte de Valentinois^ comme mari et maître des actions mobilières et possessoires de ladite dame son épouse^ à présent habile à se dire et porter seule héritière dudit seigneur duc de Saint-Simon, son ayeul, au moyen de la renonciation faite à la succession par ladite dame princesse de Chimay, par acte passé devant Baron, qui en a la minute, et son confrère. Notaires à Paris, le 4 des présents mois et an... (i) »

Le mercredi 29 octobre seulement, fut terminée cette longue opération de Vexamen des Papiers de succession. Ce jour aussi, la description en fut commencée.

Elle se continua jusqu'au mardi 29 janvier de Tannée suivante. Aux journées consacrées à la description de ces papiers, succédèrent celles du récolement. Les vacations arrivèrent ainsi jusqu'à la deux cent cinquante et unième et dernière, le 19 février de Tannée lySô. Nous avons attentivement étudié le champ aride de cette longue partie de l'Inventaire, vou-

(i) Voir Archives nationales, le a Procès- verbal de M* Grimperel déjà cité et la minute de l'Inventaire en TiiTUDE de M* Rouget.

lant y chercher quelques traces de ces papiers domestiques^ estimés aujourd'hui si utiles pour la perfection d'une biographie. Nous n'avons pas eu lieu de regretter cette excursion de curieux en pays étranger^ car nous sommes aujourd'hui sur des traces précieuses^ qui^ nous l'espérons du moins^ aboutissant à d'heureuses rencontres^ nous permettront de jeter une lumière nouvelle sur la vie^ sur les habitudes^ sur le caractère et sur les sentiments de Fauteur des Mémoires.

Parmi les Papiers inventoriés dans cette série particulière^ et que^ tant pour l'histoire de la famille du duc Louis de Saint- Simon que pour la sienne propre, on pourrait consulter avec firuit, nous devons citer les suivants :

« Provisions de Grand Bailly et Gouverneur de Senlis (neuf pièces), i*' mars 1690.

Provisions de la Capitainerie de Pont-Sainte- Maxence (cinq pièces), i*' mars 1690*

La Grosse en parchemin de l'Arrêt du Parlement du i» août i635, qui adjuge audit S' Duc Claude de Saint-Simon la terre de Beaussart et le Vidamé de Chartres.

Lettre d'érection de la Terre de Saint-Simon et dépendances en Duché-Pairie (janvier i635), et Arrest de la réception dudit Qaude au Parlement à la dignité de Duc et Pair.

Aveu et Dénombrement des Terres de Baussar et de la Ferté- Arnaud (20 juillet 1669).

Le Brevet de Sa Majestédu dix-huit janvier 1 68 5 , par lequel le Roy a accordé audit Duc (Claude) de S'- Simon une place à bâtir située à Versailles dans la rue des Coches.

Vingt-quatre pièces qui sont Titres Honorifiques en faveur dudit feu Duc de S*-Simon.

Le Contrat de mariage du Duc Qaude de Saint- Simon avec Henriette de Budos (7 septembre 1644).

Inventaire &it après deceds de Dianne Henriette de Budos, Duchesse de S*-Simon, première femme dudit Claude de S^-Simon.

Le Contrat de mariage dudit S' Claude de S^Simon et de la dame Charlotte de TAubespine.

Pièces qui sont anciens Contrats de mariage, Testaments et autres Titres de la famille de Laubespine et Chasteauneuf.

Procez verbal de vente des meubles dudit sei-

PAPIERS ET TITRES. lyS

gneur Claude de S*-Simon , fait à la requête de ladite dame Charlotte de T Aubépine son épouse , lors de leur séparation de biens.

Foy et Hommage, et Arrestde réception d'icelle à la Chambre des comptes, rendus par Claude, Duc de S^Simon, à cause du fief des Marais de S^Simon.

Les Etats et Mémoires d'affaires domestiques au nombre de huit inventoriés sous la cotte 1 16.

Mémoire intitulé : Inventaire du Titre du Domaine du Roy, à Blaye, dont M. le Duc de Saint- Simon doit compte comme donataire de Sa Majesté.

Procès-verbal de levée et apposition de scellés, après Fabsence du S' de Tassé, secrétaire du Duc Claude de S^-Simon (28 avril 1692).

L'expédition de l'Inventaire fait à Saint-Simon après le décès de la première femme dudit Seigneur Duc de S*-Simon.

Inventaire des meubles de Blaye, Versailles et la Ferté.

L'expédition en parchemin d'un Contrat passé devant Arrouet et son confrère, à Paris, le quatorze septembre mil six cent quatre-vingt-deux, par lequel Dame Éléonore de Vaulvire, Marquise

de Rutfec , a vendu à Dame Charlotte de l' Aubespine de Chasteauneuf, sa fille aînée, épouse de Claude, duc de S'-Simon, la terre, seigneurie et marquisat de Ruffec, situé en Angoumois, avec ses dépendances au long désigné en ladite vente faitte moyennantla somme de cinq cens mil livres.

Arrest rendu au Parlement de Paris, contradictoirement, le 17 août 168 5, qui confirme ladite vente de RufFec.

Le Contrat de vente fait à Claude, duc de Shimon , de la terre et seigneurie de Pitou Aubigny Juvigny, située près de la ville de Ham et du Duché de S*-Simon.

L'Inventaire des Titres et Papiers du Duché de S*-Simon.

Les deux Mémoires intitulés Inventaire des Titres et Papiers des acquisitions £siittes à Blaye.

Le Mémoire des meubles de Paris.

Le Contrat de vente des bois de la Ferté.

La Transaction passée entre le S»' Duc de S^Simon et TÉvêque de Chartres au sujet du vidamé de Chartres.

La Foy et Hommage rendue à M. le Duc de S*-Simon^ comme Seigneur de la Ferté, par

M. Martineau, comme Seigneur de la Fortinière.

Le Registre des Titres et Trésors de k Maison de S^Simon.

Le Registre intitulé : « Journal des principales affaires de la Maison de S*-Simon. )>

Grosse du procès-verbal d'apposition et levée de scellés après le décès de Claude, Duc de S^Simon, par M* Poiret, Commissaire au Châtelet, daté du 4 mars 1693.

Grosse de partie de l'Inventaire fait après le décès de très-haut et très-puissant Seigneur Monseigneur Claude, Duc de S*- Simon, Pair de France, Chevalier des Ordres du Roy, par Le Roy et son confrère, notaires à Paris, du 4 mars mil six cent quatre-vingt-treize, à la requête de très-haute et très-puissante Dame Madame Charlotte de Laubepine de Chateauneuf , Duchesse de S*-Simon , avec lequel elle étoit non commune en biens et créancière de la succession, comme aussy à la requête dud. feu Seigneur Louis, Duc de S^Simon , émancipé d'âge , procédant sous l'auto^rite de Qaude-François Cherier, procureur en la Cour, son curateur aux causes, fils unique dud. Seig. Duc de S*-Simon et son donataire universel entre-vife par contrat passé devant led. Le Roy le jeune et son confrère., notaires à Paris , le deux mars mil six cent quatre-vingt-treize.

Expédition délivrée par M* Chariier, notaire à Paris, le vingt-cinq octobre dernier (lySS), comme successeur aux offices et pratiques de Meny, ci-devant notaire, qui l'étoit dudit M* Le Roy, de la suite dudit Inventaire fait à la requête du fondé de procuration de ladite Dame Duchesse de S*-Simon et dudit Seigneur Duc de S»-Simon fi s, et en la présence du fondé de procuration dudit feu Seigneur Duc de S^Simon.

L'Extrait Baptistaire du Duc Louis de S*- Simon.

La Sentence du Châtelet qui entérine les lettres d'émancipation dud. Louis, Duc de S'-Simon, et nomme ledit Merrier son curateur.

Item. L'expédition en parchemin d'un autre Contrat passé devant ledit Le Roy et son confrère le II nov. 17 19 duement insinué, portant vente par Dame Marguerite-Thérèse Rouillé, Princesse de Poix, Veuve de M»' le Duc de Richelieu, audit feu Seigneur Duc de S*-Simon, d'une pièce de terre contenant 547 toises et 2 tiers de superficie, situé en la rue de l'Université, à prendre depuis l'hôtel de Richelieu jusqu'au coin de la rue de Belléchasse, et autres circonstances et dépendances dudit terrain aux charges et conditions, exprimez audit contrat et autres, moyennant 54,766 livres 1 3 sols 4 deniers payé comptant.

L'expédition en parchemin d'un Contrat passé

devant Le Roy et son confrère, notaires à Paris, le onze octobre mil sept cent dix-neut, duement insinué, portant vente par Monseign' Marie Chevalier, Marquis d*Hautefort, aud. feu Seig' Duc de S*-Simon , d'une grande maison rue Neuve- Saint-Dominique, vis-à-vis le couvent de Belle- Chasse, circonstances et dépendances à la charge de dix livres de rente foncière et moyennant cent mil trois cent quatre-vingt-quinze livres payées comptant. (Neuf pièces.)

L'expédition en parchemin d'un Acte passé devant Le Roy et son confrère, notaires à Paris, le quatre mars mil sept cent vingt , avec les mentions d'insinuations et publications, par lequel Dame Marie-Anne de Laubespine , veuve de Messire Louis de Harlay, Marquis de Breval, Seig' de Chanvallon, de Perigny et autres lieux, a tait donation entre-vifs audit feu S>' Duc de S*-Simon, sur la recherche de l'usufruit à tiire précaire, des terres et seigneuries de Buy en Bourbonnais, de Chanvallon en Bourgogne, entre Joigny et Auxerre, et de Perigny, entre Provins et Pontsur-Seine, etc., etc.

Expédition en parchemin d'un Contrat passé devant Bellanger l'aîné et son confrère, notaires à Paris, le 3o juin lySg, portant vente par led. feu & duc de S^Simon et Mad* la duchesse son épouse^ de luy autorisée, au S' François Messager, maître menuisier, de 17 toises de profondeur sur toute la

face de la rue S'-Dominique et faisant l'encoignure de la rue de Bellechasse sur la longueur depuis Tencoignure de lad. rue de Bellechasse jusqu'au mur du jardin de l'hôtel d'Estrées, avec une grande maison à porte cochère rue S*-Dominique vis-à-vis ledit couvent de Bellechasse, étant dans ledit terrein, le tout à prendre dans les terreins vendus audit feu Seigneur duc de S*-Simon tant par led. feu Seig* marquis d'Hautefort que par Madame la duchesse de Richelieu, ladite vente faite à la charge des mêmes dix livres de rente foncière dont le feu S»' Duc de S^Simon étoit tenu par son contrat d'acquisition envers l'église paroissiale de Vaugirard et outre moyennant le prix et somme de 5 6,000 livres en déduction de laquelle ledit S"^ Messager a payé auxdits Seigneur et Dame de S*-Simon, celle de 4,000 1. et pour les 52,000 1. restantes, il s'est obligé de les payer en acquit dudit S^ et Dame à leurs créanciers déléguez par ledit contrat...

Déclaration faitte au domaine du Roy, passée devant Langlois , notaire à Paris , le 9 juillet i ySg, par Louis, Duc de S*- Simon, par laquelle il déclare qu'il est possesseur et propriétaire d'un hôtel à Versailles construit sur ladite place.

Lettres patentes accordées par le Roy au S»* Duc de S»-Simon en novembre lySi , portant érection des terres, châtellenies de la Ferté-Vidame et Baussar, en titres de Comtés sous le nom

de la Ferté-Vidame , les arrêts d'enregistrement au Parlement et à la Chambre des comptes, etc. (88 pièces).

Vingt-trois Pièces, qui sont Lettres et Dons accordés par Sa Majesté à M" les Ducs de S^Simon, père et fils, du Domaine de Blaye et de la partie de la terre de Vitrezay, et les lettres de renouvellement dudit Don de neuf années en neuf années, etc.

Procez-verbal de mise en possession dudit feu S^ Duc de S*-Simon du Don à luy fait du fief de Saint-Louis de la Rochelle.

L'Érection du fief de Saint-Louis de la Rochelle en comté sous le nom de Rasse.

Vingt-sept pièces, qui sont anciens Contrats de mariage et Actes de la famille de S*-Simon.

Trente-cinq pièces, qui sont Titres Honorifiques.

Expédition d'un Acte passé devant Doyen l'aîné et son confrère, Notaires à Paris, le 4 mai 1728, par lequel ledit feu S^ Duc de S*-Simon a fait donation entre-vifs pour les motifs y exprimez à M. le Marquis de Rullec son second fils, du Comté de Rasse, situé en la ville de la Rochelle, et de toutes ses appartenances et dépendances mouvantes et re-

i8o TITRES ET PAPIERS.

levantes en plein fief, foy et hommage du Roy à cause de son château de la Rochelle, avec réserve la vie durant dudit feu S' Duc de S*-Simon, de l'usufruit dudit Comté, de la réception des foy et hommage des vassaux, de tous proffits de fiefs , droits et revenus casuels et de tous droits honorifiques dudit G)mté de Rasse, ladite donation faite à charge de substitution graduelle et perpétuelle en faveur des mâles dudit S' Marquis de Ruffec et à défaut desdits mâles à ceux de M. le Duc de Ruffec, premier fils dudit S«' Duc de S*-Simon , et encore , à deffaut de la ligne masculine desdits deux enfants, à leur fille aînée et à ses descendants mâles, l'ordre de primogéniture observé... (i).

(i) Ces pièces-ci ont d'autant plus d'intérêt qu'elles sont en quelque sorte les pièces originaires du grand Procès dit « de la Grandesse d'Espagne », qui fut soutenu au Châtelet d'abord, puis au Parlement, en la Grand'Chambre ( 1776 et 1777), entre les héritiers collatéraux du feu Duc de Saint-Simon et la maréchale de Fitz- James. Le nom de l'illustre auteur des Mémoires y fîit souvent rappelé dans les plaidoiries qui y iiirent soutenues par les avocats Hardouin et Treillard. (Voyez à ce sujet la Galette des Tribunaux, tome II (année 1776), page 37, et tome III (année 1777), page 321.) L'érudit M. Ernest Gallien, aujourd'hui Bibliothécaire de la Cour de cassation, a rappelé dans l'un des trèsintéressants articles qu'il a publiés dans la même Ga:(ette des Tribunaux, alors qu'il en était le directeur et rédacteur en chef, que le jour où fut rendu, en la Grand'Chambre de la Cour de Parlement, l'Arrêt dans le Procès de la Grandesse d'Espagne pour le nom de Saint-Simon, fut précisément celui où l'empereur d'Allemagne, Joseph II, frère de la Reine, alors en visite à Paris sous le nom de comte de Falkenstein, et curieux de tout voir, fut introduit en la

TITRES ET PAPIERS. i8i

Cinquante-deux pièces, qui sont Titres Honorifiques et de noblesse.

Cour, durant cette grande et intéressante audience (jeudi, i5 mai 1777).

C'est à cette expédition de l'Acte passé devant Doyen , notaire, en 1728, dont nous rapportons ici l'intitulé, qu'il fiiudrait joindre, pour rendre complets les documents originaux dQ l'afiàire de la Grandesse d'Espagne et du comté de Rasse, l'acte dont j'ai rencontré le signalement en étudiant l'inventaire après décès des biens de la comtesse de Valentinois. « Acte passé devant M* Dutertre, notaire à Paris, 1 75 1 , contenant que si le marquis de RufTec, second fils du Duc de Saint-Simon, décédait sans postérité mâle et femelle, et que Madame de Valentinois, sa petite-fille, appelée par ledit acte du 4 août 1721 à ladite substitution, venoit à mourir sans postérité, ledit comté de Rasse et la Grandesse y jointe seroit recueilli en vertu de la nomination, vocation, donation et substitution qu'il en faisoit pour Claude-Anne, vicomte de Saint-Simon, fils aîné de Louis-Gabriel, marquis de Saint-Simon, et pour ses descendants mâles, l'ordre de primogéniture observé... En cas de déceds dudit Claude-Anne, vicomte de Saint-Simon, sans enfants mâles, et desdits enfants mâles sans postérité mâle, ledit comté et majorât passeroit à Louis-Charles de Saint-Simon, second fils de Louis-Gabriel, marquis de Saint-Simon, et ses enfants mâles, toujours même ordre de primogéniture observé et successivement, chargeant celuy desdits enfants dudit seigneur marquis de Saint-Simon, descendants ou autres, qui recueilleroient ledit comté de Rasse avec le titre de Grand d'Espagne y joint, de payer à l'héritier du sang la valeur du comté de Rasse sur le pied du denier vingt-cinq du produit comme étant Duché-Pairie. »

Ajoutons que le 28 juin 187$ est mort à Paris, rue Vintimille, n* 17, dans sa soixante-quinzième année, un marquis de Saint-Simon (Jules-Hippolyte), marquis de Montbléru, comte de Rasse, Grand d'Espagne de première classe, sans doute héritier du titre en vertu de l'acte passé devant M* Dutertre en 1751. Ce marquis de Saint-Simon a laissé trois fils.

i82 TITRES ET PAPIERS.

Expédition en papier du Testament de Dame Geneviève de Durfort de Lorges, Duchesse de Lauzun, fait à Paris, olographe, le 17 avril lySg, déposé par minute à Bronod, Notaire à Paris, le 19 mai 1740.

Cinquante -sept pièces qui sont Comptes du S* Cormont, Intendant du feu S' Duc de S*-Simon, depuis le I" janvier 17 19 jusqu'au dernier décembre 1725, desquelles à la réquisition des parties il n'a été faitte plus ample description, mais elles ont été cotées, paraphées par première et dernière par ledit Delaleu...

Quatorze pièces, qui sont Comptes rendus par le S' Duquenet, depuis le premier janvier mil sept cent vingt-six jusqu'au dernier décembre mil sept cent trente-neuf, desquelles pièces, etc.

Cinq pièces qui sont Comptes du S' Maubreuil, depuis le premier janvier mil sept cent quatorze jusqu'au dernier décembre mil sept cent dix-huit, desquelles pièces , etc.

Douze pièces, qui sont Comptes dud. S' Auvray, intendant dudit defifunt depuis le l'août mil sept cent trente un jusqu'au dernier septembre mil sept cent quarante-quatre.

Huit pièces qui sont Comptes dudit S' Auvray, depuis le trois juillet mil sept cent quarante

TITRES ET PAPIERS. i83

neuf, jusqu'au douze juillet mil sept cent cinquante-quatre.

Une liasse de neuf pièces dont la première est un Registre couvert de velours à placque d'argent, contenant en langue espagnoUe un décret signé du Roy d'Espagne le 1 8 juillet 1 723 , au sujet de la Grandesse d'Espagne, accordé à M. le Duc de S^Simon et à M. le Marquis de Ruffec, avec faculté à M. le Duc de S^Simon, sa vie durant, de placer cette grandesse par son Testament ou autres actes, sur tels de ses fiefe en France qu'il voudra choisir, avec substitution en faveur du Marquis de RufTec et de ses autres fils ou filles ou des frères et sœurs et descendants d'iceux tel qu'il voudra choisir, ou à leurs deffauts à telles autres personnes ses parentes ou étrangères qu'il voudra choisir.

La seconde est un acte de réception en Espagne de M. le Marquis de Ruffec, du !•' août 1722.

La troisième est un brevet du Roy de France, du 2 avril 1724, qui permet à Mgr le Duc de S^Simon d'accorder la Grandesse.

La quatrième est une donation du 4 mai 1728, par M. le Duc de S'-Simon à M. le Marquis de Ruffec, à la charge de substitution du Comté de Rasse situé en la ville de la Rochelle.

La cinquième sont Lettres patentes de mai 1728, contenant approbation de la substitution du Comté de Rasse, et ordonnance que ceux qui recueilleront ladite substitution soient reconnus grands d'Es-* pagne de première classe.

i84 TITRES ET PAPIERS.

La sixième est un Arrêt du Parlement du 25 février lySo, qui enregistre lesdites Lettres Patentes et ladite donation contenant substitution dudit Comté de Rasse et en ordonne Texécution.

La septième est un Arrêt de la Chambre des Comptes du 20 février lySo, qui enregistre lesdites lettres et ladite donation. »

Un article de la deux cent vingt-neuvième vacation a particulièrement éveillé notre attention ^ et c'est à cet article que nous faisions allusion ^ en parlant de ces traces heureuses sur lesquelles nous pensions étre^ pour atteindre à un résultat qui^ sans doute ^ serait si fécond en notices jusqu'ici demeurées inconnues^ sur la vie du duc de Saint-Simon^ nous voulons parler de la Correspondance de la Duchesse de Saint-Simon avec le Duc, son mari. M. le Lieutenant Civile en examinant les vingt-neuf paquets de papiers qui lui avaient été présentés en son hôtel pour qu'il en ordonnât^ n'avait pas confondu ces Documents de famille avec les Lettres missives, et il ne les avait pas fait joindre aux Manuscrits recueillis et renfermés dans les cinq caisses dont M' Delaleu fut le dépositaire depuis le 2 juillet 1755 . Cette

LETTRES PARTICULIÈRES. i85

distinction^ due à M. le Lieutenant Civile a donné lieu^ dans la rédaction de Tlnventaire ^ à cette mention précieuse :

SUIVENT LES LETTRES CONCERNANT LA FAMILLE ET LES AFFAIRES DE M. LE DUC DE S^SIMON QUI SE SONT TROUVÉES ENFERMEES DANS LES DIFFÉRENTS PACQUETS DONT l'oUVERTURE A ÉTÉ FAITE PAR MONS' LE LIEUTENANT CIVIL LORS DU RÉFÉRÉ A LUV FAIT PAR LEDIT COMMISSAIRE LE 3o JUIN lySS, ET QUE MONS' LE LIEUTENANT CIVIL A ORDONNÉ ÊTRE JOINT AUX AUTRES PAPIERS DE LA SUCCESSION.

Item. Une liasse de cent trente-trois pièces dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse de Saint-Simon, des années 1725, 1726, 1728, 1729, 1731, 1732, 1733, 1734, 1735, 1736, 1737, 1738, 1739 et 1740, et les autres sont lesdites Lettres, desquelles à la réquisition desdites Parties il n'a été faitte plus ample description, mais elles ont été cottées , paraphées , par première et dernière par ledit Baron , et inventoriées sur lesdites première et dernière, pour le tout sous la cotte 234.

Item. Une liasse de soixante et une pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont ces mots : <c Lettres de Madame la Duchesse », qu'on a pu arranger par années, attendu qu'elles n'y sont pas marquées... Cotte 235.

i86 LETTRES PARTICULIÈRES.

Une liasse de sept pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots ; « Lettres de Madame la Duchesse »^ de 1723 , et les autres de 1728. Cotte 236.

Une liasse de trente et une pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse », de 1729. Cotte 237.

Une liasse de vingt-six pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse », de 1730. Cotte 238.

Une liasse de vingt-quatre pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse » , de 1731. Cotte 239.

Une liasse de vingt-quatre pièces , dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse » , de 1732. Cotte 240.

Une liasse de dix-huit pièces , dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse » , de 171 3. Cotte 241.

Une liasse de trente-six pièces , dont la pre-

mière est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la Duchesse » , de 1734. Cotte 242.

Une liasse de huit pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : «Lettres de Madame la Duchesse»^ de 173 5. Cotte 243.

Une liasse de cinquante et une pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de Madame la duchesse » , de 1736. Cotte 244.

Une liasse de quarante-sept pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : <c Lettres de Madame la Duchesse » , de 1737. Cotte 245.

Une liasse de cinquante-deux pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : n Lettres de Madame la Duchesse » , de 1738. Cotte 246.

Une liasse de cinquante pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de M. le Duc et Madame la Duchesse de Ruffèc ». Cotte 247.

Une liasse de quarante-quatre pièces, ^ dont la

i88 LETTRES PARTICULIÈRES.

première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de M, le Marquis et une de Madame la Marquise de Ruffec. » Cotte 248.

Une liasse de vingt et une pièces, dont la première est une epveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de M. le Marquis de Ruffec », de 1734 et lySS. Cotte 249.

Une liasse de dix-huit pièces, dont la première est une enveloppe sur laquelle sont écrits ces mots : « Lettres de M. V abbé de St-Simon, depuis Évêque, Comte deNqyon, Pair de France, ensuite Évêque de Met\, Prince du S. Empire. » Cotte 25o.

Le 19 février lySô fut le dernier jour que les Notaires eurent à consacrer à l'Inventaire^ qu'ils avaient commencé le 1 1 mars lySS. Les biens de Paris et de la Ferté-Vidame étaient inventoriés et prisés^ il est vrai, mais il restait encore les biens, meubles et effets dudit Louis, duc de Saint-Simon, à Blaye, à la Cassine, à Ruffec et à Saint-Simon. Aussi les Parties convinrent- elles, avant de se séparer, qu'elles enverraient incessamment leurs procurations pour, à leur requête, faire

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