‹ Le duc Job, comédie en quatre actes et en proseChapitre 98 sur 103 · ACTE IV, SCENE XII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE XII

J EAN, grave»

Tu sais déjà?...

VALETTE

... Le tcstameiil d'Edouard?... M;ùs tu as l'air tout triste... — Est-ce que tu entrevois quelques dilVicullés?

JEAN

Aucune, mon ami... merci... — mais cette lettre d'Edouard... que M. de Barrai vient de me remettre devant mon oncle de Rieux.,. ces adieux si bons... ces mots inaclievcs...

VALETTE

Ah! oui... je comprends... (lui frappant sur répauie.) Brave garçon!... Enfin! que veux-tu?... C'est encore heureux qu'il ait eu le temps de lester en ta laveur... cequi étaitbien juste, et méfait bien plaisirje t'assure, va!... car, sans l'argent du père! — Ah! ces avares! ils n'ont dans leur vie qu'une heure de générosité : la dernière... mais elle est bonne!

JEAN, à part, serrant sa lettre.

Quel honnne !

Dis-moi, Jean?... Je te demande pardon de te parler en ce mo ment de bien des petites choses; mais il y a urgence, vois-tu... et en affaires, il faut procéder carrément.

JEAN, très- préoccupé.

Tout à loi, mon ami ; mais, fais vite... car j'attends mon oncle.

VALETTE

Bien!... bien! — J'avais osé espérer, non sans quelque raison, que mes relations dans ta famille pourraient avoir une issue... fort honorable et fort précieuse pour moi I Je n'ai pas besoin d'ajouter qu'il s'agit de ta cousine?

JEAN , froidement.

Eh bien, mon cher?

VALETTE

Eh bien... pour être franc, il m'avait semblé voir, il y a un an... (d'un ton badin) qu'elle ue iB déplaisait pas.

JEAN

Hein ?

A'A L E T T E , TiTement.

... Je veux dire que tu avais pour elle un très-grand attachement... et, dame, aujourd'hui, si tu te mets sur les rangs, il ne me reste plus qu'à battre en retraite, n'ayant pas la prétention de lutter contre... un marquis de Carabasl...

JEAN

Merci, d'abord, pour le duc de Rieux.

Une plaisanterie...

JEAN

Pardon , mon cher Valette : alors, tu me mets délicatement en demeure de te dire mes secrets ?

VALETTE

... J'\- ai un intérêt!

JEAN

J'apprécie l'excuse.

VALETTE

Merci...

Il n'y a pas de quoi ! — Je pourrais, toutefois, passer outre ; mais puisque tu daignes, en bon prince, pénétrer sur mes terres, je t'en ferai courtoisement les honneurs : Oui, j'ai pour ma cousine un très-grand attachement; mais rassure-loi... par suite d'incidens dont tu me demanderas peut-être aussi la cause ?...

VALETTE, naïvement.

Non.

JEAN

Merci!... Emma ne sait rien de cet événement... Elle me croit même, ce soir, moins riche encore que ce matin...

VALETTE

Tiens !

Et cela , je te le jure... sur mon nom... do Rieux, pas de marquis de Car...

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