‹ Le duc JobChapitre 18 sur 76 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

MADAME DAVID assise, JEAN.

JEAN, venant à elle et s'asseyant à son cô^é.

Ah ! ma foi, ma tante. Malgré mon vif désir d'embrasser Achille, je VOUS remercie de m'avoir retenu... car j"ai eu à peine, hier, le temps de vous dire bonjour... Grâce à vos damnés visiteurs.

MADAME DAVID

J'en ai été d'autant plus contrariée qu'il me tardait, s'il faut te le dire, d'être seule avec toi pour causer ensemble de raille choses, et particulièrement d'une sotte histoire qu'on est venu me conter récemment, et qui m'a mise dans une colère abominable.

JEAN, souriant..

En colère... vous?

MADAME DAVID

En ce sens que je n'y croyais pas; mais que j'avais besoin de ton retour pour la démentir formellement.

JEAN

Qu'est-ce donc, ma tante?

MADAME DAVID

Imagine-toi qu'on est venu me dire, ces jours derniers, qu'il y a un ou deux mois, tu aurais fait demander à Bouville 40,000 francs

(MouTcment de Jean. - A part.) Hcin ! (Haut, en l'obserTant.) Dont il n'aUFalt

pas connu le remploi...

JEAN

Qui vous a dit cela?

MADAME DAVID

Ça n'est pas vrai, hein?

JEAN

Qui vous l'a dit?

MADAME DAVID, inquiète.

Qu'importe la personne? Ce n'est pas Bouville, je te le jure 1

JEAN

Je le pense.

MADAME DAVID

Mais... est-ce que c'est vrai? Tu te tais.

Ma tante...

MADAME DAVID

Quoi! tu as emprunté 40,000 francs?

JEAN

C'est-à-dire, je me les suis empruntés à moi-même; j'ai écrit à Bouville de me faire argent pour cela de telles valeurs qu'il jugerait convenable; et j'ai reçu en effet de lui, six jours après, les 40 000 fr. que je lui avais demandés.

MADAME DAVID

Mais pourquoi ?

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