‹ Le duché de Slesvig, dans ses rapports historiques avec le Danemark et le Holstein. Esquisse historiqueChapitre 2 sur 2 · TRADUCTION DU DANOIS · texte numérisé non relu

TRADUCTION DU DANOIS

œP£NUAGU£,

c. A. Bëitzel.

PARIS, Jules Renolard.

FfiÉTAGE Ut imm.

La partie de la monarchie danoise, nommée le duché de Sleftvig, n^a nullemeot mwiqué d^historieos, qui en oot traité Thistoire avee nne oertaioe profondeur et dans des ouvrages assez ▼olumioem; DéaDinoins, grâces à Pétendue même de. ces ouvrages, ils ont été moins lus et moins répandus qoe de petits extraits et des précis peu vohnDinenx, écrits dans le dernier temps eo langue allemande, dans Tesprit et conformément aux maximes de la faction germanique. On chercherait en vain dans ceux-ci Timpartialité par laquelle se recommande de prime abord un ouvrage intitulé ^^(3tfd)id^tt llldf JinfUaùft 39er3agtl)um0 ^c^Uetoig otrer Sûbjûtlonïr^tîon ber dltefUn i$it 1)10 auf bie (^tQ^nmatt,^^ puhhé en allemaud en 1839, par M* Win^/mj natif du SIesvig. Cet auteur, dont le livre porte l'empreinte non-seulement du talent et dé profondes connaissances historiques, mais d^un esprit libre de tous préjugés, ne craint pas de déclarer hautement, que personne, qui s'est occupé jusqu'à présent de l'histoire du SIesvig et du Holstein, n'a attaché assez d'importance aux particularités du premier de ces deux pays; maïs que tous au contraire ont traité le SIesvig séparément du Danemark, comme appartenant de tous temps au Holstein. „Mais le SIesvig, dit-il, par „sou origine est un pays danois, a[)portenaot au roy- „aume de Danemark et participant à sa nationalité» ^L'élément danois se manifeste partout, et même dans

9,toat lté qui conoerne les droits publics; il parait donc 9,noD-8eulement juste , mais même nécessaire de traiter

j^l'histoire du SIesvig séparément de celle du Holstein, j^pnisque ce n'est que dans une telle histoire, que ces ^particularitéi nationales et politiques pourront être ex- 5,posées dans leur juste jour'*. C'est probablement à cause de son impartialité, que le livre de M, Wtmpfen n'a pas été très répandu; aussi ^t^il encore trop fort pour ceux qui ne désirent qu'un aperçu de l'histoire du Sles* vig traitant ses divers rapports politiques aux pays voisins, et comprenant surtout l'époque, où les ducs de ilolstein s'efforcent avec plus ou moins de succès de détacher du royaume ce duché originairement danois* Oftrir au public français une exposition des faits chronologiques les plus saillants de l'histoire politique avec leurs compléments nécessaires, voilà le but de ce précis. On y passera sous silence tout ce qui concerne les droits* politiques et sé* rapports avec l'histoire de la civilisation et du droit, avec le sort de la nationalité et de la langue, comme en général toute l'histoire statistique du duché; tout au plus on s'y arrêtera par moment d eu passant.

On conçoit que dans un tel abrégé il ue peut pas être question d'art historique; aussi est-on bien loin de

vouloir, par ce simple récit de faits, servir l'intcrùt d'aucun système politique en particulier* il ne faut donc pas s'en prendre à l'auteur, si les faits historiques, par euxmêmes, montrent jusqu'à l'évidence à combien de maux et de misères de toute espèce ont été sujets le Danemark, aussi bien (}ue les natifs du Siesvig, depuis le Xiil® siècle jusqu'au XV<^, causés en grande partie par les violeooes et les invasions des princes et de la noblesse.

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de Hobteio, presqiie toojoars étaient assistés par les villes hanséatiqnes» Il ne font )>as accuser de partialité

Fauteur, si les simples faits historiques prouvent, que jamais les premiers ducs«de SIesvig proprement dit (de la famille royale danoise) n'ont pris à tâche d'augmenter lenr terri* toire par aucune incorporation de pays d'au delà deFEidcr; nais que ce fut au contraire, avant ce temps-là, toujours le but des Uolsteinois, poursuivi bien énergiquement, d'arracher à eux le SIesvig pour l'incorporer dans la Nordalbingie ^ à laquelle il n'a jamais appartenu, ou pour élargir la frontière du Holstein et de rAiiemague jusqu'au yyKongeaa^\ Encore une fois, il ne faut pas iiupposer h l'auteur de la partialité, si les mêmes faits font voir combien était juste la politique des rois Valdemar (III) Atterdag et Erik de Pomëranie, qui, à une époque plus rapprochée de 400 ans du temps de Punité du Danemark et du Jutland méridional que celle où nous vivons, tâchaient de rompre le lien par lequel le Ilolstein s'ef- ^ forçais d'attacher le duché danois à la domination des comtes de Schauenbourg; et que ce ne fut qu'en faisant violence à la nature et è l'histoire qu'on s'efforçait de faire du SIesvig, sur le papier du moins, un pays germanique; tandis que la nationalité primitive danoise du SIesvig se manifeste dans toute l'histoire du pays d'une manière toute naturelle, bien que maintenant il soit à dcmi-germanisé, grâces à l'innuencc et à la violence postérieures de la part du Holstein*

Aussi l'auteur, en abordant cette question , s'est-il laissé entraîner par le seul sentiment de vérité dont son àme était pénétrée. Nous savons bien que les ténèbres et l'obscurité dont la partialité voudrait bien couvrir hi simple

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vérité, ne parviendront point à la postérité; et quoique la vérité historique soit défigurée et mise h Tombre

pendant quelque temps, il viendra un temps où elle se fera jour dans toute sa clarté* •

U y a cependant des époques, où on ne peut pas laisser exclusivement à la justice future de rendre aux Ms déû^urés et corrompus par la partialité leurs véritablas formes et leur contenu primitif» Dans le moment actuel, oè une foule de juristes et de publidstes allemandi, de journalistes, de savants professeurs et d'avocate tracassiers se chargent d'encombrer toutes les librairies d'Allemagne d'écrits polémiques sur le Slesvig-Uolstein, il n'est plus supportable qu'en Allemagne des historiens mêmes, des auteurs de renom, des prolesseurs d'histoire des Universités, se permettent de troubler et oiéme de défigurer entièrement les rapports noHêtunui et hiuoriques du Slesvig avec le Danemark.

Ce n'est pas ici le lieu de réfuter les premiers. Pour ce qui regarde l'exposition erronée et faussa des rapports de nationalité primitive, et des rapports politi« ques d'un temps postérieur du duché de Slesvig avec le peuple et le gouvernement danois, nous serons toujours prêts à j répondre, ici comme partout ailleurs, avec candeur et sans crainte, tontes les fois que l'occasion se présente.

Les auditoires des Universités, les tribunes des états, les chansons et les journaux ont beau faire retentir sans cesse le même refrain- d'unité et de nationalité allemandes des deux duchés; ils ne sauront jamais imposer silence à la voix de • la vérité et de l'histoire. Ceux qui dans la même acception du mot appellent pays allemands F Alsace et hSIetvig, n'ont nul égard à la vérité. Non-9eulement la population de

l'Alsace est-elle originairement allemande tandis^que celle du Slesvig est d'origiue danoise ; mais aussi l'Alsace n'est*elle iocorporëe dans un antre £tat qne depuis quelque deux cents ans; leSlesvig, auccmtraire, appartient encore de nos jours étroitement à la monarchie danoise; et au moment même où nous écrivons ceci, une majorité des états provinciaux du Slesvig ne trouve d'autre moyen de sortir de cette union politique, qui existe depuis les temps les pins reculés, que de pétitionner Sa ^îajesté danoise que Sa Majesté trouve bon de renoncer à sa sou" rmainêié héréditaire comme duc de Slesvig, et de Céder k la confédération allemande le duché danois.

Il est presque incroyable jusqu à quel point on sait duper en Allemagne tout le monde, quand il s'agit des rdations historiques du duché de Siesvigw' Le croirait-on jamais, que de savants professeurs, M. Hausser h Heidelberg par exemple, voudraient laire accroire au public allemand que le SIesvig, depuis le temps le plus reculé, est un pays allemand!— un pays que lesDanois auraient arraché aux tribus allemandes, qu'ils auraient occupé en ennemis et par des invasions hostiles!

Jfais laissons parler l'histoire elle-même: La partie méridiontUe de la péninsule jutlandaise, appelée de nos jours le duché de Slesvig, à ne regarder que la population primitive^ est pour le moins aussi danoise que la partie sspfHUrioiui/e de ladite péninsule, à la réserve, il est vrai, des districts occupés de temps immémorial par les Frisons. L'idiome dont se sert la population primitive du Siesvig, c'est le dialecte juilandais* cKanots, et la langue dans laquelle cent cinquante mille habitants du Sfosvig septentrional adressent, aujourd'hui même, à TËtre suprême leurs chants dévots et leurs

prières, Vest ta danoise» La langue des Slesvicois in*

struits, en chaire, dans les écoles et au sein de la famille, c'est le danois tout pur, qu'en Holstein on se platt quelquefois à appeler le haut'-danoiê, La langue enGn, dans laquelle sont publiés panni les habitants danois du duché de Slesvig les livres et les journaux, c'est encore la langue danoise. *

D'autre part, si nous disons: „mais cette langue vfest cependant pas la langue dominante dans le duché de Slesvig; elle n'est point celle du gouvernement, des tribunaux, des avocats, ni celle de la majorité des habitants des villes; elle n'est pas non plus la langue de la littérature en Shevig, assez pauvre d'ailleurs, et qne l'on soustrait, à vrai dire, presque entièrement à la partie du duché parlant allemand (dont cependant l'intelligence et la civilisation supérieures devraient être allemandes) pour la transférer en Holstein ou à KieP — nous ne disons que des faits manifestes. Mais comme c'est notre sincère intention de ne répandre que la vérité, sans faire tort à l'histoire du Slesvig, nous sommes tenus de dire, que cet état de choses est à regarder comme un état de contrainte; que les empiétements dont maintenait on entend parler à tout moment, ne sont jangiais venus du côté danois, nnais toujours de la part des Allemands^ Car il ne faut pas se méprendre, ce n'est point l'élément danois qui a empiété sur l'élément germanique, mais tout le contraire est arrivé: puisque dans la double nationalité du Slesvig les Allemands s'efforcent depuis . longtemps de subjuguer la nationalité danoise; aussi y ont-ils réussi, jusqu'à un certain point, à la dégrader et à la déconsidérer en la privant de tons les moyens de. parvenir à une civilisation supérieure.

Mais & présent que le sentiment de la nationalité danoise commence à revivre dans une partie du Slesvig, la faction germanique ne manque pas de crier à ia propagande danoise; comme s'il fallait autre chose pour réveiller le sentiment national dans le coeur de tout Danois en Slesvig, que les avanies et les injustices de toute espèce qu'ils ont souffertes de la part des Allemands; et la sympathie que font voir les Danois hors du duché pour leurs compatriotes du Slesvig, serait-cllo moins le simple effet d'un sentiment de justice général , qu'un devoir sacré?

Loin de nous cependant de vouloir attacher trop d'importance au langage de la passion et de l'esprit de faction dans un temps d'excitation fébrile. Parmi ceux cef»endant que leur haut destin appelle à être les sublrmes tuteurs de la justice historique^ à qui sans doute on a le droit de supposer um profonde vénération pour la vérité dans toute sa simplicité: nous aimerions bien à découvrir de part et d'antre l'hommage sincère de cette même vérité, sans tout esprit de partialité* Mais nous sommes obligés d'avouer que, même ici, on est frappé par des symptômes de préjugés et de partialité, toutes les fois qu'il s'agit de relations historiques et statistiques du Slesvig. C'est ainsi qu'on parle et qu'on écrit sans cesse de langue et de relations de langue en Slesvig, sans jamais se donner la peine d'éclaircir sur ces relations les plusieurs millions d'Allemands instruits qui, cependant, ignorent parfaitement le véritable état des choses. On leur parle au contraire des efTortë du gouvernement danois pour supprimer la nationalité allemande, et pour don^ ner atteinte à la constitution et aux privilèges du duché par des mesures dans 1 esprit danois^ mais on ne leur

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dit -pas, que le gouvernement n'a pas encore commis un seul acte d'hostilité à Tégard de Téléroeot allemand, qu'il n'a pas même fait une seule démarche en sa déHsveur* On ne leur dit pas, que la langue de l'Eglise et de renseignement public de plusieurs milliers d^habitants danois en Slesvig est toujours comme depuis un ou deux siècles la langue ailmandei que le paysan danob en Slesvig est dans la ndces8tté d'apprendre l'allemand pour être en état d'entendre ses juges, ses magistrats, ses avocats, les pasteurs et le receveor de sa paroisse. On ne leur dit pas qu'il ne se trouve pas encore un seul séminaire danois dans tout le SIeKvig, pour former des maîtres d'école danois, et, par conséquent, moins encore de collège danois pour rinstructioo savante; mais qu'un ordre nouvellement émané du roi commande fiu contraire à tous les maîtres d'école de village de la partie septentrionale du Slesvig oà la langue du pays est danoise, d'«nseigner à la jeunesse la langue . allemande, ou en personne ou à l'aide d'un sons-maltre. Or done, on raconte en Allemagne beaucoup de choses qu'il ne faudrait point raconter, parce qu'elles ne sont pas vraies ; et on passe sous silence beaucoup de choses qu'il fondrait cependant dire , mais qui ne plaisent pas. . On croirait à peine qu'un tel blâme pût tomber sur des hommes de science. Néanmoins, nous sommes contraints de nous plaindre à cet égard d'un homme, célèbre d'ailleurs à si juste titre par son érudition et ses profondes connaissances, et dont le nom est connu même en France; c'est M. Falck^ professeur de droit à l'université de Kiel. Nous ne nous arrêterons pas ici sur la tSrconstance assez singulière, que M, Falek^ quoiqu'il ait admis en traduction dans son journal, „staatsbnrgerlicheft Magaiin," tant d'ouvrages danois historiques et aotiquai-

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res, n*a fait nul cas d'ouvrages touchant les relations de langue en Slesvig, qui cependant devraient être pour lui du plus haut intérêt* Dans w nombre ae troave p. ei* le atfvant oomge du célèbre historien, Jf. Wîarlauff, puisé dans des sources authentiques, et qui traite de rhisloire de la langue danoise en Slesvig*^* Mais nous allons citer on exemple beaucoup plus frappant: Un jeune savant danois, M* Allen, publie, en 1840, Phîstoire du Danemark; Fauteur y développe la conviction, que le Slcsvig depuis 1721 est* incorporé à la couronne de Danemark* M, Fûiek trouve le livre digne d'être traduit en allemand, mais avant de le mettre sous les yeux du public allemand, il croit nécessaire de retrancher tous les endroits qui pourraient éclaircir les Allemands sur la manière dont les historiens danois conçoivent les affiiires du SIesvig, et tout cela sans nulle explication ni justification quelconque Telle est la manière dont les savants allemands se permettent de défigurer des ouvrages danois. Ce n'est cependant point à cause de ce fait isolé, que nous alléguons cet exemple, mais pour convaincre tout Français, qui désire de se mettre au fait de la question si vivement débattue, concernant les rapports da SIesvig au royaume de Danemark, que ce n'est point dans les productions seules de la presse allemande, qu'il faut chercher les éléments de son jugement. Car, si un savant respectable de la renommée de Jf. Faidc veut soustraire à la connaissance du lecteur allemand les

*} Cet ouvrage parut en 1819, en même temps que le nTint SIeiyîeqîB Jf. OMun publia nn traité sur ce aiyet.

**) Dana la seconde éditioa de la tradactioB allemaBde, qui Yieit de paraître, Mr. FaMt s'eat efforcé de défendre i'onisiion dont noua noua plaignoaa. ^ous ue croyoni pat que cette défenie roide au cause meUlenre. m

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véritables relations de langue et de politique du SIes* vig, où donc s^attendre à cet esprit d'impartialité et de vérité qui doit caractériser le véritable honnne de lettres ef la vraie science? Certainement, ce n'est pas chez les chefs de parti ou ceux qui se constituent les organes d'un système hostile et destructeur de r£tat, et qui se font remarquer à présent par leurs tentatives de renier et de saper autant que possible toutes les formes constitutives de gouvernement actuelles; moins eocore chez les écrivains allemands qui ne contemplent les événements qu'à la distance , et qui, selon des systèmes arbitraires on conformément* à une image idéelle d'unité de lun^ue et de nationalité allemandes, et dans des intérêts généraux de confédération et de douane, ou bien aussi dans fîntérèt particulier de quelque Etat confédéré allemand, s'efforcent d'exposer d'une manière défigurante les rapports pohtiques d'une puissance indépendante européenne.*

Nous ne nous étonnons plus d'aucune espèce de préjugés, d'aucun paralogisme, d'aucune illusion, qu'on fait accepter au public allemand, depuis que nous avons vu comment de savants historiens traitent de fable l'histoire de leur propre pays, et celle du Danemark et du Siesvig. On raie de riiisloire Texistence millénaire de l'Etat danois dans l'unité des £tats insulaires antérieurs (y compris la Scanie) avec la péninsule jutlandaise jus» qu'à TEider (ou plus tard an Dannevirke); on oublie, cela va sans dire, les guerres des rois danois, d'une époque encore antérieure, avec Cbarlemagne et les autres Carlovingiens, les traités qu'ils ont conclus, dont, avant tout, les annales franques contiennent souvent des renseignements exacts; on passe sous silence l'unité origi-

naire géographique et ethnograpliiqne do Jotland entier; le Jutland nicridioniil , selon eux, est un pays allemand, où les Jutlandais n'ont jamais demeuré*). Pour le Jutland septentrional, occupé en grande partie dès les temps antébîstoriques par les mêmes peuplades, qui de nos jours forment la population danoise de ta moitié du duché de Slesvig, on nous ia laisse cependant* Mais pourquoi donc s'arrêter, dans la germanisation, à la petite rivière de „Kongcaae"? et si une existence de mille ans ne fournit pas à un peuple et à un Etat une garantie assez forte d'existence nationale— pourquoi pas duPalatinat et de Heidelberg faire des conquêtes histmîques encore plus brillantes, etdesrëclamations encore plus étendues? — Nous ne parlerons pas ici, ni de la Lorraine ni de FAIsace* Mais du temps où Gormon le Vieux etHaraldBlaatand (à la dent bleue) étaient rois du Danemark entier, les Francs aUe» mands avaient déjà depuis longtemps envahi une grande portion du royaume gallo-romain qui porte encore de nos jours le nom des conquérants. £t on ne les a jamais chassés de là. On a seulement divisé la France allemande^ et, un siècle plus tard, Gormon le Vieux a réuni le Danemark jusqu'au SU. La péninsule Cimbrique était danoise, avant même que l'empire allemand se lût raffermi de nouveau sous la race saxonne, tafidîs que tout homme qui connaît l'histoire de Danemark sait que nuls Saxons allemands • n'ont jamais été repoussés du Jutland ou du Slesvig, parce que, comme le dit if. Hausser^ ils n'y ont jamais demeuré. Ce sont au contraire les descendants holsteinois des nnciens Saxons, qui plus tard ont fait invasion dans la partie orientale du Jutland méridional danois.

Qu'on lise l'introduction de la brochure „le SIosvi<r-Holstcin par Ludwig Hausser, professeur à l'université de lieidcJberg, 1847^

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Telle est l'origiiie de la langue des habitants^ allemands du SIesvîg; ce n'est nullement, comme le prë»

tend M. Hausser dans son conte fabuleux, une population allemande très-ancienne, qui se serait conservée de« puis le /Hi VI® siècle de notre ère, ^quoique un peu mêlée k présent^*

Ce n'est point ici noire intention de discuter une foule d'assertions positives, mises en avant paries écrifatns de la faction holsteinoise pour déCgurer Thistoire de nos jours et noircir les procédés du jjouvernement danois, dont Pesprit d'humanité et de libéralité est connu depuis plus d'un siècle. C'est ijnsi qu'on l'accuse de toutes sortes de mauvais traitement^ i^uvers les habitants allemands des duchés, de s'efforcer de les pri\er de leur existence nationale, de leur iangue, de leur liberté ecclésiastique, de leurs droits et enfin de leur bien-être. Mais jetons un coup d'oeil sur les procédés du gouvernemènt danois dans le Holstein et le Slesvig, et voyons ce qu'il a fait. Il a aboli les droits de la féodalité; il a fait tomber en désuétude de vieux privilèges exclusifs et aristocratiques qui peu à peu restaient înactifs, pour faire participer le tiers-état aux ressources du pays, et pour délivrer le laboureur du sol de la servitude personnelle. Il n'a pas voulu rappeler à la vie lës états depuis long- • temps surannés, mais il a introduit à l'imitation de la Prusse des états provinciaux consultatiCs; il a conservé aux deux duchés leurs lois, leurs droits politiques, coutumes, administiration communale et une •foule d'institutions dans les districts respectifs, qui étaient différentes chez les Holsteînois, Frisons et Jutlandais méridionaux; il a même fait voir une trop grande indulgence pour les empiétements de la langue allemande,

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qui, grâces à cette indulgence, l'a emporté sur la langue danoise, surtout dans le courant du dernier siècle*

Ce sonl^lè des faits historiques connus de tout Danois, el énonci^s et prouvés depuis quelques années dans des brochures et des journaux dans les parties mêmes du Slesvig ou on parle et où on lit encore le danois* £n effet nous nVvons fMS id besoin de recourir k de longues arj^umentations, puisque Thistoire parle très hautement en outre laveur; aussi la laisseroos^nous parler pour nous dans les pages suivantes* Car, bien que l'histoire se compose d'une infinité de faits isolés, qu'on pourrait changer et déOgurer par des arguties et des raisonnements pointilleux, elle a aussi r fonds de vérités immuables, inébranlables, qui sont, pour «linsi dire, les ciels de voûte de Pédtfiee historique et qui résistent à toute attaque* Olez-lcs, et il n'y aura plus d'histoire. Avant donc d^achever, nous placerons ici quelques-unes de ces véri» fUés ffmdammtaJUi^ de ces clefs de voûte de l'histoire du Slesvig, bien sûrs qu'il sera en vain qu'on s'attaquera à leur validité. Les voici:

1* Le Jutland méridional, nommé plus tard le Slesvig, n'a jamais été du temps historique un pays allemand . ni occupé originairement par aucune tribu allemande*

2* Le Slesvig, dés l'antiquité la plus reculée, a eu des noms de pays et de villages danoit; les fermes et

les églises portent l'empreinte de rarchitecture danoise; enfin la manière de cultiver la terre est parfaitement danoise*

8* De temps immémorial la procédure, les lois et

les coutumes en Slesvig sont danoises, et seul, parmi toutes les parties de la monarchie danoise, il retient

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encore comme loi générale du pays le code de lois rédigé en 1241 par le roi Valdemar, nommé plus géoéralemeot la loi jutlandaise. •

4. La langue indigène duSlesvig du plus ancien temps, comme le prouvent les pierres runiques, trouvées dans le duché, élait la même que celle du reste du DaneroarL £Ue était identique avec le dialecte jutlandaia^ ou du moins un dialecte très peu différent, puisqu'elle a conservé un nombre.remarquable de mots et de formes scandinaviques, qu'à présent on ne rencontre pas ailleurs dans des dialectes danois, soit écrits soit parlés* Aussi les documents et les lois du SIesvig d'un temps postérieur, jusqu'au XIV*, XV® siècles et en partie dans le XVI*, sont-ils tous rédigés en langue danoise^ et jusque dans le milieu du XVIf* siècle on a imprimé des livres danois dans la ville même de Slesvig.

. 5. La population allemande du duché de Slesvig a envahi le pays dans une époque plus avancée, en venant surtout de Holstein, du temps des comtes de Schauenbourg, c^est-à-dire après t300* Ce fut dans les villes, et avant toutes dans celle de Slesvig, que la bourgeoisie se germanisa, et la noblesse imita bientôt son exemple. Elle avait Cait irruption en grand nombre avec les princes de Holsteîn, et bientôt elle s'appropria les terres en s'apparentent à la noblesse du pays, ou bien en la dépossédant* Une partie des classes inlérieufes et, les paysans danob embrassèrent les derniers la langue et les coutumes allemandes; mais la germanisation est toujours allée en croissant jusqu'à nos temps. Jusque dans le XV* siècle on parlait danois dans le district nommé ^^danmk Wald;^^ de même dans l'Anglie à la fin du XVIII*, et la ville de Flensbourg était encore en grande partie danoise dans le milieu du

XVil® siècle, bien que le bas peuple se servit d'un langage corrompu. Atusi, ce que la faction destructive qui voudrait séparer le SIesvîg du Danemark, craint le plus,

c'est la restauration et le développement de la langue populaire danoise dans ce duché. De là le cri si souvent répété de propagande , d^ommadon par laquelle on désigne toute tendance vers le développement de l'élément danois en Slesvig.

6. Le Slesvig a été revendiqué maintes fois par la couronne de Danemark, tantôt comme province de lamônar^ dite tantôt comme ûeî on ^.perimeni*; mais depuis les plus anciens temps de riiistoire, l'Allemagne n'a jamais eu de droit semblable à ce pays* Les plus anciens monuments de riiistoire allemande font de la rivière d'Ëider la frontière du Danemark, et des traités de paix conclus avec les empereurs allemands, qui louchent à l'âge de mille ans, fixent la môme frontière. Toute transaction postérieure, depq^s le 1X« jusqu'au XIX* aiècle, a respecté la vieille frontière, sans jamais révoquer en doute sa vijidité ou croire nécessaire de la confirmer de nouveau» «

7« Les comtes de Schauenbourg, intrus dans le pays par des alliances en ligne féminine avec les ducs danois feudatatres du Jutland méridional, se sont ou emparés du (icf de Slesvig, comme Gérard le Grand, ou bien ils l'ont reçu du roi de Danemark» Les ducs postérieurs de la malson d'Oldenbourg se sont partagé le pays , puis ils lonl devenus vassaux de la couronne danoise, et (juelquefois aussi ils ont forfait leurs fiels; parfois, ils se sont donné eux-mêmes ou ont accepté la souveraineté de Slesvig^ que cependant ils ont perdue après. Mais jama» la couronne danoise, pendant ces changements et ces bouleversements des droits politiques, ne s'est désistée de

ses prétentions au duché de SIesvig, et Thistoire ne fournit pas un seul document par lequel le SIesvig ait jamais été cédé à l'Allemagne on à aucun autre £tat»

8. Le SIesvig, pays danois, faisant partie dè la monarchie danoise, dont la population est originairement danoise, quoique maintenant mêlée d'éléments allemands et frisons, par sa vieille liaison avec le Holstein tout allemand, a fini par adopter un état politique particulier: en voici en somme le développement et la marche historique.

£n 1449 la noblesse danoise avait élu roi Christian 1^. La noblesse de Holstein reconnut en 1460 le même prince successeur de Holstein, à l'eiclusion des agnats; puis elle tomba d'accord avec le roi de l'élire duc de SIesvig et comte de Molstein. Christian 1®% en qualité de suzerain de SIesvig, devint en même temps duc et seigneur de ce pays, qui depuis ce temps-là demeura comme auparavant sous la dépendance de la couronne danoise. D'après la charte de 1460 les^deux pays seraient toujours réunis sans jamais être partagés ou démembrés, sous le même prince qui serait seigneur des duchés, non en sa qualité de roi de Danemark, quoique en même temps roi de Danemark et suzerain de SIesvig. C'est ainsi que déjà le principe de la constitution de 1326 fut détruit, laquelle cependant les Holsteinois avaient fait confirmer à Christian l®'' en 1448. Pour assurer la durée de l'union établie entre les deux duchés, dont Tun était fief de l'Empire allemand, l'autre du royaume de Danemark, et pour raffermir la puissance de l'aristocratie, les classes dominantes (prélats et corps équestre) s'arrogèrent un droit d'élection dans la maison royale et parmi les descendants de Christian l^'*; mais ce droit ne fut jamais reconnu par

PEmpire, H ne s'exerçait qu^en partie et très-imparfaitement par les états; aussi fut^îl au bout d'un siècle et demi aboli tout bonnement par les princes; quoique encore en 1466, par un traité conclu entre la noblesse slesvico-holsteinoise et la danoise, on eût de nouveau raffermi et déBni de part et d'autre le même droit d'élection et l'union entre le royaume et les duchés. Cette loi fondamentale du droit d'ëlection et de Tindividibilité éternelle des deux ^duchés sous la domination d'un prince danois de la dynastie d'Oldenbourg , garantie en 1460, fut abolie et anéantie de la noblesse en 1482, par l'élec-* tion du roi Jean et celle du duc Frédérik, et enOn par la séparation définitive qui s'accomplit en 1490. Depuis ce temps-là, les rois de Danemark gouvernaient l'une moitié de Slesvig, et un duc de la race d'Oldenbourg l'autre : il en était de même pour le Uolstein» Une partie du pouvoir s'exerçait en commun, une autre séparément par. chacun des princes; régime qui portait en soi lé germe de la dissolution intérieure, qui ne tardait pas à se développer. L'union des deux duchés avec le royaume durait toujours juridiquement et extérieurement, mais la constitution et l'unité étaient bouleversées dans le principe, et il perdait pour le Slesvig comme pour le Holstcin toujours plus de sa force et de sa stabihté à chaque changement de roi et à chaque nouvelle division du territoire; car les pays une fois divisés, ils étaient en proie à toutes sortes de vicissitudes causées par les fréquents changements de prince, lesquels sapaient le fondement de la confédération et des droits de 1460, à des divisions de pays toujours renouvelées, à la discorde et au désaccord intérieurs. Telle est en abrégé l'histoire du Slesvig et du Holstein pendant tout le XYli® siècle.

9* C'est ainsi qoe la fréquente division du territoire a changé et bouleversé de plusieurs façons les re*

lations politiques des deux duchés. Cependant, dans la seule réunion des didérentcs principautés sous le même prince, était la possibilité d'un renouvellement de l'ancienne unité de territoire. Mais ce rétablissement de l'ancien ordre de choses devait, selon toute apparence, s'o[)ércr de la part de la ligne royale, et aussi s'cst-il réalisé par elle. Quand enfin, dans le démembrement total du pays, la maison de Gottorp vis-à-vis de la ligne royale semblait vouloir ramener dans le Slesvig les temps des frères Erik et Abel, ou ceux des descendants de ce dernier; quand les princes de la maison de Gottorp se furent faits les alliés fidèles de la politique de Suède, dont le but était l'envahissement et la destruction totale du royaume de Danemark: c'est alors qu'il paraissait clairement, que •tout partage amical et toute communauté de gouvernement des duchés devait désormais cesser entre des princes, où rinimitié politi(|uc é(;ut beaucoup plus forte que les liens de famille les plus proches. Cependant la politique de la Suède, qui imitait celle de la Hanse d*autrefois, ne fut pas moins funeste pour le Slesvi^ et le Holstein que pour les princes mêmes de Gotlorj); et ce fut sans contredit la politique danoise du XVII® et XViil® siècle, qui rendit au SIesvig et au Holstein leur unité et leur totalité -politiques.

Cet heureux changement eut lieu pour le SIesvig, quand le duc de Gottorp, à l'aide des armes suédoises, eut rendu sa partie du duché parfaitement ind^ndante de la couronne danoise. Il s'efforçait de s'ériger en souverain vis-à-vis du roi, en même temps qu'il en- ^ tretenait des alliances secrètes avec ses ennemis et mettait à leur disposition ses places' fortes, tout en se don-

XXUI

nant la mine de prince neutre de Slesvig, et apnt sans cesse à la bou4^e TunioD éterDellê et la commuDauté de gouvernement. Mais on comprît autrement la chose. Car

après rëvénement do Tonning, Frédérik regardait le duc comme son ennemi déclaré. Il occupa sa partie du Slesvig et le retint par droit de conquête. 11 s'établit à l'égard de ce pays des relations asse|^semblables A celles^ par lesquelles sous Christian l*^"" le Slesvig „fut incorporé à la couronne danoise icoronae danicae consoUdatum}, comme le dit Alb« Krans, l'ancien chroniqueur holsteinois. Frédérik IV était déjà par héritage souverain de la paitie royale du Slesvig; ayant alors rassemblé, après ,un démembrement de plus de 200 ans, toutes les parties dispersées, il incorpora le pays entier, en duché indivis, à la couronne dont H avait été détaché par Finjure des lemps. Voilà les faits historiques, voilà le sens de la charte et de Thommage de 1721, et que depuis un siècle on ne s*est jamais avisé de révoquer en doute.

Il est donc incontestable que le Slesvig, à partir de cette époque, est un duclié danois, indissolublement lié à la couronne de Danemark; qu'il n'a jamais été entièrement séparé de k monarchie danoise, ni sous la domination soit d^'Allemagne soit d'aucun autre Etat; il est sûr que les duchés de Slesvig et de Holstein depuis 1460 n'ont jamais fonoé uu £tat particulier dans le système politique de l'Europe; mais, d'autre part, il est aussi incoiitc'stobic , que les rois do Danemark, depuis Frédérik IV jusqu'à Sa Majesté danoise actuelle, n'ont jamais voulu changer arbitrairement ni détruire d'une maniéré violente les institutions particulières du Slesvig et celles du Holstein. On n'a pas respecté scrupuleusement, à la vérité, de vieilles formes, que les états mêmes ou ne soutenaient plus, ou ne pouvaient plus

soutenir, néanmoins on ne les a jamais détruites ou abolies sobitemeot* A mesure que les privilèges do paysyierdaienl dans la réalité leur validité, et que le corps équestre, autrefois si puissant et si impérieux, n'exerçait plus la môme influence qu'auparavant, les classes inférieures gagnaient en liberté et en énergie, dans le même degré que la classe des paysans ^ releva sous l'accroissement général de la prospérité nationale, aidée dans ces progrès par un gouvernement libéral et humain et par des princes éclairés.

Grâces à son manque d'énergie et de stabilité intérieures^ on a laissé mourir petit à petit une constitution née dans le moyen-âge du temps des comtes de Schaucnbourg. Telle est en abrégé l'histoire de la charte de Christian premier donnée en 1460, et que dans le milieu du HW^ siècle on s'efforce de ressusciter. Mais une charte une fois morte et oubliée, quelque pompeuse qu'elle ait pu être d'ailleurs, est peu de chose, quoique déposée dans un cofire vénérable. Il faut qu'elle se développe pendant des générations et des siècles entiers avec une sève et une vigueur toujours renaissantes, pour qu'elle puisse conserver sa force et son influence primitives. Les constitutions — disent les Anglais qui le savent le mieux — ne se fabriquent pas, elles se développent d'une manière organique; et on peut dire des Etats la même chose que de leurs constitutions. Mais ce n'est certainement pas en détruisant l'Etat qu'on le fait accroître; de même, c'est mal soigner la constitution naissante que de détruire ou môme couper entièrement un arbre sain et nouvellement planté, dans la pensée qu'une vieille radne, depuis longtemps desséchée, poussera subitement des ceps nouveaux.

Copenbâgue, mar» 1847.

1. Ués Vépoqae la plus ancienne, où l'eicislence • de la monarchie danoife apparail avec certitude historique, le duché de Slesvig actuel forme une province

de celte monarchie; ou, peut-être dirait-on plutôt que, dans la parlie lu plus reculée de la première période de l'Elat danois, ledit duché forme une partie de la presqu' ile jutlandaise , séparé seulement par la faible lisière naturelle tracée par leKongeaae Ci'iviére royale}. Dana le temps hUimique le plus éloigné, la séparation ne repose sur aucune diversité de tribus entre les habitants des deux parties principales de la presqu' Ile, car ce n'est que dans une période postérieure qii*on les a signalées plus distinctement, par les dénominations de Juiland septentrional et de'jûikmd méndionaV), Mais

1) Encore au XlVe siècle, les ducs de Slcsvij; se donnaient le titre de Duc Juliœ, Dttc de Jutland. On trouve en latin le BOm de Jutland méridional pour le duché de Slesvig, sous le règne d'Erie de Poméninie el dans dcf diplômes danois du XV» siècle.

dans les temps aniéhisloriqiies, notammcnl avant et pendant les émigrations des Saxons en Brelagne et la conquête de ce pays, suivant les traces et indices que nous fournissent tant les traditions et les chroniques que ridiôme» iroU ou quatre tribus vivaient dans la presqn* île jut-> landaise, depuis le Skagen jusqu'à TEider, savoir: U» Danois sepieitirionaux, les Jmllandais, les Angles et les FHsoHs,

Quant à ces rapports antéhistoriques des tribus, on ne peut établir que difTérentes hypothèses, mais le ré-

sultatO historiquement certain, c'est que quand on remonte à l'époque précédant celle où Gormon le Vieux expulsa les roitelets de dislritls, qui aspiraient à l'indépendance dans le Jutland, et subjugua le pays tout entier jusqu'au Sli , on ne trouvera pourtant jamais que les Saxons (la tribu voisine allemande) aient demeuré au nord du Sli. An contraire, il est tout-à-fait clair par d'incontestables témoignages historiques, que (^arlemagnc, apfés avoir subjugué les Saxons, s*anréta à* l'Eider. Les annalistes francs parlent de guerres de Charlemagne avec les Dtmois; il est dit que le théâtre de ces guerres était au sud de l'Eider; et déjà à celte époque, l'Eider est fixé comme l'ancienne limite entre les pays des Danois et ceux des Saxons (l'Allemagne)» 11 est de mémo historiquement certain, que dés l'établissement des villages, ainsi dès les premières traces d'une constitution, division, administration politiques, le Jutland méridional, à été une province danoise, et il est égale^ ment avéré que k langue que parlaient a la même époque les habitants du pays Cmf quelques rares exceptions) était un dialecte danois. Les anciens noms

0 V. JMolbech: Premièra événeneBtf àistoriqief du Danemark do

VIII« et IXe siècle jusqu'à la mort de GormoD le Vienx (1833); et Récits et Tableaux de l'histoire de DancBMllL par le même ratear 1, 1837. p. 7d~79, 166 208 4c

danois des villes, cl les anciennes divisions danoises en districts nous en fournissent dtjà la preuve suffisante.

Nous avons parlé de peu /i'exceptioiis; nous entendons par-là le territoire étroit entre la Trene, le SU et rËidefy où plusieurs andenDes traces historiques el géographiques prouvent l'existence d'une population et d'un régime d'origine saxonne, ainsi que d'un autre langage populaure (le plat aUemand) et d'une autre architecture 0* Bn d'autres termes, la Trene et le SU furent la limite primitive du Jutland, et ce fut pour fortifier et défendre cette limite qu'on avait fait construire le Dannevirke. Mais c'est là une circonstance historique, qui n'exerce aucune influence sur les rapports politiques des époques postérieures. Lors- ^ que Texistence et l'unité de la monarchie danoise n'étaient plus douteuses, à compter du régne de Harald Blaatand, les limites de la monarchie étaient déjà reculées jusqu'à l'Oder; mais, si l'emphre germanique avait encore pu former des prétentions de droit à la domination de ce pays limitrophe, situé entre l'empire germanique et le Danemark, et qui, dans les anciens temps, avait donné lieu à beaucoup de contestations, tout motif d'une pareille prétention devait disparaître à la suite du traité conclu, entre Canut le Grand et l'empereur Conrad II, pour la cession au Danemark du pays situé entre le SU et TEider. 0

Les Frisons C<Uts Frisons du Nord), qui avalent envahi une partie de la côte occidentale du Jutland méridional, ou qui s'y étaient étabUs, n^ont également exercé aucune influence poUtique sur la desUnée future de cette

*) BolfenStape}hulin, page 113. „Sm le plat allemand el sur l'architectnre holitëitui$9 des maisons el des clieininées." Jcuseu, Statistique ecclésiastiqiie du doché de SIesvig. 1. p. 17.

2) Adam. Brem. Uist. ecdet. L. H. c. 93. — Siihin, Hist. d« Danem. III. p. 602. V •

province, ni sur ses rapports avec la monarchie danoise. La première position de ces Frisons du iSord, à Tégard du peuple primitif des Ifrisons, remonle aux temps obscurs, avant qu'on eût acquis la moindre certitude historique; el bien que quelques-uns aient prétendu, qu*il était vraisemblable que les Frisons auraient pu s'établir au nord de TEider, à l'occasion des excursions dans la Grande-Bretagne des Angles et de plusieurs antres tribus jntlandaises 9 ceci ne sera en tous cas qa'oae conjecture, tandis que plusieurs raisons poissantes paraissent indiquer, que rétablissement des Frisons du Nord dans le Jutland méridional remonte à des temps plus reculés. Dés l'époque la plus ancienne, où nous nous trouvons sur un terrain liistoriciue, (oui obscur qu'il est. nous voyons les Frisons du j\ord dans une relation de dépendance vis-à-vis des rois danois ou jutlandais, dont quelques-uns (Valdemar le Restaurateur, encore en 1344) firent valoir, à main armée, la domination danoise sur les juridictions des Frisons situées sur la mer Occidentale. 11 n'est peut-être pas invraisemblable, que ces rapports aient prÎB naissance dans les guerres entre les rois francs et les rois danois Cnotamment sous le règne de Charlema<rne), lesquelles n'eurent lieu qu'au commencement du IX <^ siècle. Toujours est-il de notoriété historique, qu'après ce temps il ne se trouve pas la moindre trace d'une union entre les Frisons au nord de l'Eider et les tribus frisonnes (Frisons de l'Ouest et Frisons de l'Est), qui s'étaient établies vers le midi et l'occident, sur les côtes de la mer du JVord.

II. C'est une opinion souvent répétée dans les temps récents: que le Jutland méridional, quoique soumis à la couronne danoise, fùi regardé, dés la plus haute antiquité, comme, province particulière, ou, suivant une dénomination plus moderne, comme duché particulier; mais ce n'est là qu'un rapport politique d'une époque postérieure qu'on veut transplanter et faire valoir dans

nn temps antérieur. Si les rois fïc Danemark ont établi un Jarl dans le Siesvigr» pour défendre la frontière, formée par le Damwirke^ contre les margraves'- des empereurs allemands dans le Holstein ou prés de TEider, ceci ne regfarde en rien les ducs et les rapports féodaux des temps postérieurs. L'ancienne relation, datant à peu près de la même époque; que l'empereur Conrad 11, à cause des fiançailles de Henri III, son fils, avec Gunhild CCnnéîïonde), fille de Canut le Grand, snpprima le marofraviat allemand sur la frontière danoise, n'est peutêtre pas si invraisemblable que quelques-uns (enlr' • autres Gram) Tont prétendu. Mais, quant à la nature et à la situation de ee margravjat, nous n'en avons aucune certitude historique, et il est bien plus vraisemblable que les margraves des empereurs d'Allemagne ont siégé % Hambourg, ou ailleurs dans la Nordalbingie, que de supposer que ce margraviat ait été transféré jusqu'à la ville de Slesvig. Quant à ce rapport, il ne peut tout au plus èlre question que de la petite contrée du Jutland méridional située entre le Sli et l'Eider, qui, par la conslruction du Dannevirke, fut laissée, du côté danois, en dehors de ce retranchement servant de frontière.

11 n*est pas invraisemblable que cette contrée ait été un district limitrophe, comme on en trouve dans plusieurs endroits Cp- ex. entre l'Angleterre et l'Ecosse); territoire dont ft a été incertain pendant quelque temps, à quel pays il appartenait en propre. Ainsi, cet événement quelque peu incertain, dans le cas oû il a effectivement eu lieu, reste sans aucune imporlance à l'égard du rapport primitif du Jutland méridional avec le Danemark ou avec le Holsfein. Quoi qu'il en soit, celle province originairpmeiil danoise n'a janiais été, au nord du SU ou de la Trene, soumise à l'empereur d'Allemagne, soit avant soit après le régne de Conrad de la dynastie salique.

Dans le premier siècle, après qne le Danemark, sous Gonnon lo Vieux et Harald Blaatand, se fut constitué en société politique ou monarchie, sous le régime d'un seul roi, et avec reconnaissance du droit de succession et de Tordre de succession des descendants de ce roi, nous ne trouYons pas non plus de traces indiquant qne le Jutland méridional» A cause de ses rapports, particuliers, ait eu une constitution différente de celle des autres provinces danoises. Après l'introduction du christianisme et la naissance des villes diocésaines, le Slesvig eut son évèquo et son chapitre, connne les quatre évéchés du Jutland septentrional, et l'ancienne division danoise en Syshr Herreder (districts et juridictions), à côté des noms danois donnés aux villages, est la preuve la plus ancienne et la plus sûre que le Jutland méridional partagea en tout, avec^le reste du Danemark, et la nationalité et l'organisation politique, dés le moment où l'on peut parler d'une organisation politique.

8. Le premier événement historique, par lequel le Jutland méridional, après le fondement de l'Etat danois, apparaît dans des rapports avec le Royaume, diffé- .rents de ceux des autres provinces danoises, c'est que Canut, dit le Saint (1080), nomme son frère cadet Olaus duc (dux) de Slesvig. Toutefois, ceci, ne fait pas supposer avec raison, qu'il se soit établi un rapport de féodalité, qui jnsqu' tdors avait été entié^ment inconnu en Danemark. Le roi a regardé Ohiis comme son Jarl, son gouverneur de province, ou comme étant dans une relation de dépendance pareille à celle qui s'était établie entre les premiers empereurs d'Allemagne et leurs margraves (Custodes limitum), plutôt que comme vassal ou duc féodal. Il dépouilla Olaûs, non-seulement de ses dignités, après que celui-ci se fut rendu suspect de trahison envers son frère; mais il le traita. tout-à-fait en sujet, le fit chai^fer de fers et mettre ei| captivité

en Flandre chez le comte Robert, beau-père de Canut. Olaûs étant monté plus tard C^^^^) sur le trône de Danemark, après la mort de Saint Canut, le Jutland méridional resta province danoise sous son règne et sons celui de ses successeurs , et ne fut^mis dans une autre relation avec le royaume que lorsque le roi Nicolas C^iib') nomma son neveu, Canut Eriksôn CL^wd), duc de Jutland, à la place du Jarl Bilif à Hedeby (Slesvig), qui, dans une expédition qu'avait entreprise le roi contre les Vendes dans la Vagrie, avait manque à sa foi ou négligé ses devoirs. Cette nomination, à laquelle nous ne pouvons non plus attacher que l'idée d'une dignité de Jarl ou de préfecture 0, que le roi conféra à son neveu, attendu qu'un autre aurait à peine osé s'en charger, ne sépara aucunement le Jutland méridional du reste du Danemark, mais cependant elle ne fut pas sans influence sur l'avenir des rapports htotoriques de cette province.

Canut Lavard, défendant avec prudence et valeur les frontières danoises contre les Vendes Obotrites, répondait à leurs brigandages pt à leurs violences en faisant des incursions dans la Vagrie et le Mccklenbourg. Il força également le prince des Vendes Henri, fils de la fille d'un roi de Danemark, et qui avyil certainement quelques droits de son côté dans les guerres qu'il faisait au roi Nicolas, de conclure un traité de paix avec le Danemark. • Son administration intérieure du pays n'était pas moins remarquable par cet esprit d'énergie et de zèle qu'il mettait i rétablir la paix et la sécurité, à poursuivre- et à punir les malfaiteurs et les brigands sans acception de personne, et à veiller à ravanccment

• 0 Saxo le Grammairien dani son flist; de Danemark. LXIII. p. 623, où il parle déjà prcf qae de soo tempi, qu'il a compris avec beancoup de jattesae et d'exactitude, se sert du terme de Fh'Klbctura Sleaviceocia.

du commerce et de Findustrie, à l'époque où Fun et l'antre étaient dans leur première enfance en Danemark. Mais Canut Lavard, qui avait passé sa jeunesse à la cour de Lolhaire, duc de Saxe ot plus tard empereur d'Allemagne, étant entré dans des relations plus intimes avec les pays de$ Vendes, où, à la suite de plusieurs événements postérieurs, il acquit le pouvoir de souverain indépendant et le titre de roi des Obotrites (ii2&)f se montra très -disposé à «^attacher aux autres nations,, à adopter des usages étrangers, des coutumes et des moeurs allemandes. L'histoire rapporte que Canut appela un grand nombre d'artisans allemands à venir s'établir dans la ville de Hedoby ou Slesvig, qu'il avait à sa cour des g-cns do guerre allemands, des trabans, des chanteurs 0 d'autres Allemands, ce qui dans la suite n'a guère été sans influence sur son sort et son assassinat. Ce furent aussi les frères allemands Cmembres de confrérie]), bourgeois de Slesvig, qui vengèrent leur due en aitsassinant le roi Nicolas QiiM). Il est encore dit, qu'il fut le premier à introduire la manière de s'babiUer à la saxonne pu à l'allemande à sa tour, où il aimait ft s'entourer de plus de luxe et d'opulence qu'on n'était habitué à voir en Danemark, même à la cour du roi. ,11 parait donc, qu'à partir du temps de Canut Lavard, on peut compter le premier commencement d'une influence allemande plus récente sur les • habitants du Jutland méridional, sans toutefois qu'on puisse admettre avec raison, ni le constater à l'aide des monuments de l'idiôme, qu'une pareille influence ait,déjà dans le XUp siècle, produit quelque effet sur les rapports^ du langage. Une telle supposition est d'autant moins fondée que, dans le ireiùéme siècle encore, piéme dans le quatorùime, . les lois des villes slesvi-

1) Dans le récit sur sa mort. Saxo a conservé le trait historique, qu'un chanteur saron raccompa«piait à cheval jnaqu'à la forêt de ilarrcsted, où il fui assassiné.

coises ou droits municipaux , rédigées dan.s la langue (ituwisCf ou traduites du latin, font voir que les habitants, niénic dans la partie méridionale du duché, se servaient de la langue danoise, comme langue parlée ei langue écrite.

Ce fîit ainsi qu'en 1284 le duc Valdemar donna à la ville de FlensboMrg un droit municipal écrit en danois^ ou plutôt il- confirma les coutumes recueillies par les magistrats de la ville. Le duc lui-même met ici Flensbour^ au nombre des villes des autres parties de TEtat danois, en se rapportant aux coutumes de ces villes 0- La même année, 1284. il confirma à l;i ville d'Aabenraa .GOpnra") son droit municipal ou Bijskraa, par lequel le Slesvig est reconnu comme une partie du Dauemark, attendu que, dans Tarticle 71, il est question de ,,la coutume de tout le pays^ (le Danemark}, ce qui a été conservé dans la traduction en plat allemand, datant d'une époque bien plus récente^. Le même duc donna, en 1292, à la ville de Haderslev, un droit municipal écrit en danois; en 1295 il donna un supplément à la loi

1) Dana la confirmaUon latine dn droit municipal danois de Flenibourf de 1284, le duc excepte trois articles qu'il refuse de confirmer, et ajoute au premier de ees articles: „Quod eliam excipiliir in Icffibus omnium citilalum terre Dacie.^ L'article relatif

à riioinicide porto, que la pefhc doit être: ,,swo suni in ail Danmai J; l ihi or tronn'^ (ronirm; il est d'usafîi' duiis tout le royaume de Danemark). Voir: Corpus Statuloruin iSlc:$vicens. 11. p. 202-227.

2} Il est dit dans lo texte latin: ^totius Regni consiietudineni" et dans le texte plat allemand: „alse it in allé Denncmareken Wanheil is" (ainsi qu'il est coutume dans tout le Danemark). Si l'on a queNjues-nns de ces droits municipaux slosvicois en latin, et en même temps eu danois ou en plat allemand, ou seulement, en plat allemand, ceci ne proare rien contre l'assertion, qne les contnmes sont orifinaircment danoises et rédifèes en danois. Les teites latins et plat-allemands sont pleins de ▼ieux mots danois qn'on a kissés comme on les a treuTés anus aucnn diangement. (V. Werlaaff, Sur la langue danoise dans le dncbé de tilcsvig. p. 51. 52).

municipale de Flcnsbourg, et le duc Erik, son fils, en donna un autre et plus récent en 1321, également écrit en danois. Ces droits municipaux sont d'autant plus remarquables pour L'histoire des rapports des langues, et pour témoigner que, dans les villes mêmes, le vulgaire du Julland méridional an XID» et aa XlVe siéde, pariait danois, puisque toute la forme de leur langue, et les formations partlculi^^ de plusieurs mots font dairement voir, que la nature du dialeete jutlandais, et nommément de celui du jutlandais méridional, se révèle dans la langue depuis plus de 500 ans, et que les manuscrits de ces lois danoises ont été écrits dans la province méme^').

4. Peu d'années après la mort du duc Canut et du roi Nicolas, son oncle paternel, commencèrent, au grand préjudice du Danemark, de longues guerres civiles an sujet du trône de Danemark, entre les deux princes, Suénon Eriksen CCrrathe) et Canut Magnussen, auxquelles Valdemar, fils de Canut Lavard, prit part, étant pendant longtemps du côté du roi Suénon contre Canut Magnussen , fils du meurtrier de Canut Lavard. Le roi récompensa Valdemar, en le nommant duc de Slesvig, titre qui avait également été conféré à son père C1149> Les choses changèrent de face: Valdemar se rangea du parti de Canut; la guerre, qui durait encore, après avoir été renouvelée à plusieurs reprises, prit une autre tournure; le partage de la monarchie danoise devait vider la querelle < mais Canut fut assassiné à Roeskflde, et Suénon périt à la bataiHe de Grathe-Hede

1) Parmi les manuscrits qui conru iinent p. ex. le texte danoi.<« du druit municipal de la ville de Flonsbourg, le plus ancien (^tlana les arehlTei de le ville de Flenabonrf) est écrit eatre 1295 et ' 1321 , et le langage porte des traces incontestables do dialecte jntlandais, comme on en trouve aassî dans le fameux mannscrit de la loi jatlandalse, datant -i pen près de la même époque. (V. Préface de l'ouvrage de Rosenvinge sur les droits mnnidpanx* p. XLV.)'

cl 157 en octobre). Valdomar devint seul chef du Danemark, et régna alors sur le Slesvig en roi. Au bout de plusieurs années , il nomma son Gis naturel Christophe, gouverneur ou duc de SIesvig Qii67? Suhm Vil. 229); ainsi, il parait que, déjà i celle époque, l'usage allait sanctionner qu'on regardait le JuUand méridional comme une province, qui, par sa situation et le voisinage dangereux du Holstein et des Vendes, était une possession moins- sûre, et avait besoin d'un chef supérieur, gouverneur ou duc. Il est aussi probabU' que les exemples donnés y contribuaient beaucoup, ainsi que l'occasioii qui s'oflrail aux rois de Danemark de pourvoir un successeur au trône, ou de satisfaire quelque prince de la maison royale.

Le roi Yaldemar ne désigna aucun successeur à son filff Christoplie , qui mourut en 1173; mais Canut YI» ayant déjà songé de bonne heure Cii88),»à ce qu'il parait, à son frère Yaldemar, pour le* mettre à la téte des afiliires dans le JuUand méridional, lui conféra le duché, lorsque, à Tftge de 18 ans, il était devenu majeur. Mais le fils du roi avait un rival dangereux dans l'ambilieux Yaldemar, évêque de SIesvig, reconnu fils naturel do Canut V (Magnussôn), et né après l'assassinat du père. L'évèque, mécontent de cette nomination, ou, comme descendant du roi Nicolas, ne voulant pas renoncer à ses prétentions à la succession, au moins d'une partie du royaume, a peut-être espéré pouvoir tirer parti dans l'avenir de la faible santé de Canut YI, ou de ce que celui-ci était sans enfants. Ce roi avait reconnu l'évéqne comme son parent, et l'avait nommé chef du duché, pendant la minorité de Yaldemar. Pendant ce temps les Dithmarses avaient secoué la domination de l'évèque de Brème, et s'étaient mis sous la protection de l'évèque \ aldcmar et de l'Eglise du SIesvig. Le prélat impérieux, hautain et opiniâtre souflVait d'autant moins que le duc Yaldemar lui fût préféré. Il chercha alliance dans le Holstein et gagna la faveur do l'empe-

renr d'Allemagne. Orècei aux ôiroonstciicef , -il M

nommé évéque de Bréinc; alors, il se crut assez fort pour hâter raccomplisscment do ses desseins par la force des armes. Il quitta subitement le Slesvig, se rendit en Norvège pour chercher du secours, et, avec quelques vaisseaux qu'il y avait armés , il revint cooime l'ennemi déclaré du roi.

Alors, il eut même la témérité de prendre le titre de roi (11921)^ et, de concert i|vec le comte de Holatein, Adolphe de Schauenbourg , il menaça le pays d'une guerre sérieuse. Son allié allemand en donna le premier signal, en faisant une incursion au-delà de l'Eider. Il est vrai, que ce ne fut là qu'une espèce de réitération des incursions au-delà des limites de l'Eider qu'avaient souvent faites les Vendes plus tôt; ce ne fut pas non plus la première fois que le Jutland éprouva les suites du voisinage des nouveaux comtes de Holstein, lequel entraîna plus tard de si grands malheurs pour le Danemark, car, déjà dans les contestations entre Suénon Grathe et Canut Magnassen, les Holsteinois avaient pris le parti de ce dernier.

S. Un événement avait amené un changement dans les pays de la Nordalbingie. Hagnus, duc de Saxe, le dernier de la race des Billing, étant mort en 1106, l'empereur Henri V donna le duché de Holslein au comte Lothaire (de Suplingbourg), depuis empereur sous le nom de Lothaire II. Le nouveau duc, à son tour, conféra le Holslein, à titre de iief de la mouvance de Saxe, au comte Adolphe de la maison des Schauenbourg, qui devint le chef de hi famille des comtes de Holslein , laquelle régnait dans ce pays Cà l'exception de la Dithmarsie), jusqu'à ce qu'elle s'éteignit dans la ligne principale à la mort d'Adolphe Yll, en 1459. Ce fut Adolphe III, petit-fils du premier comte Adolphe, qui, pour secourir l'évêque Valdemar, fit une incursion dans le Slesvig; mais l'évêque, plus impérieux que prudent, étant tombé, par ruse, entre les mains du roi de Dane-

mark, U comlo de Holsleiii fui coiifraiiit de repasser FEider au plus vite, et eut de la peine à défendre son propre pays contre les armes victorieuses de Canut VI et du jeune duc Yaldemar. Déjà avant la mort deCanutVl C1202î> la conquête de la Nordalbingie était presque achevée, et* les Dithmarses méoies avaient été obligés

^de se soumettre à la domination danoise.

Pendant 21 ans, Yaldemar le Victorieux avançait dans la carrière brillante de ses conquêtes, lorsque la chasse malheureuse, dans l'île de Lyô, le précipita, en une nuit, le 6 mai 1223, du faîte de la puissance et de la gloire, le plus élevé qu' eût jamais atteint un roi de Danemark depuis le règne de Canut le Grand. Après la paix faite en 1229, il ne lui restait que la ville do Rendsbourg de tous ses pays dans la Nordalijltngie (le Holslein aven la majeure pwtie du Lauenbourg et du Mecklenbourg), que Tempereur Frédéric il, l'an 1214, sans aucune réserve de suzeraineté, avait détachés de

. Tempire germanique pour les céder formellement au

Danemark 0*

Les malheurs de Yaldemar II eurent des suites incalculables pour le Jutland méri^iional, et la démarche du roi , a|>rès la mort de son fils aîné , Yaldemar II (1231), déjà nommé successeur au trône, du vivant de son pére, produisit un effet non moins déplorable pour le Danemark. Le roi avait d'abord conféré le titre de duc de Jutiand à son second fils £ric, qui était encore enfiittt. Après la mort de son fils aîné, il fit sacrer le

^) Le diplôme rimarquablo relatif à la cession, public ù Met/., n'existe plus en Danemark, mais Ton en eonscrve etjcorc uti vidissc authentique, du 5 mai 1304, et uu autre toul-à-fait conforme au premier, du 15 septembre 1304, publié par le comie Gèniril 4e Hobtein el let èvéques Olaûi de Rocskilde et Henri de Reval, contenaDt en même temps ta eonfirmatiom par l'empereur Albert» dn 22 mai 1304, de la cession de Frédéric If. • (Thorkelin, Diplometer. I. 94. Sahm, Histoire de Danemark IX.

second, en 1232, dana la cathédrale de Lmid, nomma

Abel, le troisième de ses fils, duc du Jutland méridional, et donna au quatrième, nommé Cliristophe, le Laaiand et le Falsler: l'un et l'autre indubilahleineiil , suivant la coutume et le régime reconnus dans tout le Nord, comme fiefs indieiduels, et non comme fiefs héréditaireê, qui, en vertu de la première investiture, devaient passer â la postérité du vassal Du vivant de son pére et contre la volontéO àe celui-ci, Abel avait déjà en 1237 épousé Hechtîld CMathade), fille d'Adolphe IV, comte de Holstein. Jaloux, sans doute, de ce que la dignité de son frère aîné était plus élevée que la sienne, il avait voulu déjà de bonne heure fortifier son autorité par cette union, mais elle devint bientôt l'une des sources principales des dissetitioris et des querelles de famille sur h\s relations féodales du duché au royaume, querelles qui* pendant longtemps désolèrent Tintérieur du pays. Eric étant monté sur le trône de DanemailK en 1!241, le duc Abel voulut à peine reconnaître, par le nom, sa situation de vassal vis-à-vis de son frère. H en était déjà à vouloir considérer le Jutland méridional comme une possession n'appartenant fhis, comme les autres provinces, immédiatement à la couronne de Danemark, e n prétendant même qu'il s'en était tout-à-fait détaché. ?Joii-.seulement Abel refusa de remplir le devoir féodal que le roi, son frère, lui imposait, c'est-à-dire, de fournir des troupes levées dans le duché de Slesvig, pour l'expédition qu' Eric avait résolu de faire, pour recouvrer la Nordalbingie, mais il prit même les armes contre son Irére pour défendre les jeunes comtes de Holstein, ses beaux -frères, dont il était le tuteur. Bien 'que ce démêlé entre les frères fût apaisé pour quelque temps par un traité, en vertu duquel Abel renonça à la. tutelle des comtes holsteinois, il se renouvela cependant au bout d*0D an.

1} nQuod patcr moleste tulit, (imens per hoc ruturum Schismainter « fratrcs, quod 4: evenit." S. K. Dan. I. 167. (Chron. £r.^.

ih

Eric ayant exigé que son frère tînt le duché de SIesvig comme fief du roi de Danemark. En attendant, Abel s*y refusa aussi, voulant posséder le Julland méridional comme un bien héréditaire libre. La guerre intestine enire les deux frères s'allumant de nouveau, el se renouvelant bientôt après qu'une trêve eut été conclue, fit naître une suite de scènes déplorables et désastreuses tant pour les pays (pie pour les sujets. Eric avait à lutter, non-seulement contre Abel, dans le Slesvig, mais contre Christophe, dans le Laaland, et contre Canut, son frère utérin, né hors du mariage, que le père avait nommé duc de Blékingie. Le roi vainquit et chassa les deux derniers de leurs possessions. 11 conclut un traité avec Abel, en 1247, mais qui fut rompu de nouveau. Ce ne fut que lorsqu' Eric eut pris le Slesvig, à main armée, et chassé Abel, que celui-ci fut obligé de se soumettre après une longue et forte résistance^ et de prendre h Jutland méridional comme fief dm roi Ci246). Eric, après avoir eu le bonheur de vaincra ses ennemis, et ayant donné des preuves de son cou- *rage et de son énergie pendant la durée de la guerre, avait encore à lutter contre son frère, le pire et le plus dangereux de ses ennemis. Le roi, ayant plus de crédulité que de prudence, se livra lui-même entre les mains de son frère. Etant en marche pour faire une expédition dans le Holstein, il alla loger chez son frère à Slesvig. Abel avait reçu à sa cour plusieurs Danois mécontents du roi Eric, entr' autres un des ennemis les plus acharnés du roi, le chevalier Lave Gudmunsen, dans les mains duquel le duc Abel confia le sort de son frère. Un meurtre perfide termina les jours du roi Eric, le 20 août 1250.

Ce fut par un pareil moyen qu' Abel gagna enfin la couronne danoise CU novembre 1250). Deux ans après, il trouva la mort dans un combat contre les Frisons du Nord (29 juin 1252); mais aucun de ses deux iils ne parvint à lui succéder au trône de Danemark,

ÎH(Mi qu' Aboi (dans la diète de IS'yboiirg 1250; Hvitïckii h 297) eût reçu la promesse des étals, que Valdeniar, son fils aîné, monterait sur le trône après lui. Ce fils; étant à Paris pour y étudier à l'époque oà le roi termina sa carrière, se mit tout de suite en route pour le Danemark après avoir reçu la nouvelle de l'assassinat de son père; nais à Cologne il Ait arrêté par rarchevéque, qui prolmblement voulut tircf^ vengeance du meurtre d'Eric. Les Danois, profitant de cette circonstance, et ne pouvant du reste oublier la part qu* Abel avait prise à l'assassinat du roi, pouvaient avec d'autant plus de facilité passer outre aux prétentions des descendants d'Abel en offrant la couronne à son frère cadet, le duc Cliristophe, bien que celui-ci eilt déjà consei^i à réserver la succession au trône à la race d'Abel.

11 est vrai que les puissants du pays, qui disposaient particulièrement de l'élection du roi, exerçaient un ancien droit, fondé sur l'usage, et qui consistait à élire le roi doÊU et non en dehors de la race royale. Cependant on ne se «conformait pas ici à l'usage onliuaire, de s'en tenir à la ligne et au plus proche héritier du roi défunt; ce qui faisait naître des contestations et des résistances continuelles de la part de la famille royale, descendante d'Abel, qui avait été mise de côté, et une série d'événements, qui, dans les démêlés sur le duché de Slesvig et sur ses rapports avec la couronne, amenèrent, au XlYe siècle, le Danemark bien prés d'une ruine totale.

6. Les comtes holsteinois, usant de leurs titres de parents, et ayant exigé du nouveau roi Christophe I, de conférer à'ftes neveux le duché deSIesvig, comme un pays qui leur revenait par droit de succession après leur père, Christophe répondît à leurs prétentions par la déclaration: que le duché n*ariait jamais été un fief héréditaire , mais que les rois de Danemark, d'une époque antérieure, en avaient fait don, à leur gré, à celui de leurs fils à qui ils jugeaient à propos de l'accorder,

et ^ Itti-néne en disposerait de manière à défendre sa conduite deranl les pays. Dans une guerre,- qni éclÏRta-A ce sujet entre le roi Christophe et les comtes ^e Holstein, dans laquelle les margraves de Brande^ bourg, Jean I et Othon III, prirent le part! des HoU sleinois, le roi était malheureux, et, par le traité conclu avec les comtes (1253), par rcntroniise de princes étrangers, il fut obligé de promoltre do donner l'investiture du duché de Siesvig à Valdemar, fils d'Ahel, dés que celui-ci serait majeur; tandis que la tutelle des fils d*AbeI serait confiée au roi, qui, comme leur oncle et leur plus proche parent paternel, prétendait à son droit do tuteur. Ceci eut lieu A Kolding, en l!fô4, où Valdemar reçut le Jutland méridional comme fief du royaume de Danemark, A condition de servir le roi, comme son suzerain, en temps de guerre, et de fournir des troupes du duché, comme il était d*usage dans les autres provinces danoises. Le duc, comme les autres grands et vassaux du royaume, était tenu de se présenter et de siéger au Danehof ou assemblée des étals, et dos sentences prononcées par la cour provinciale (Landsting) d'Umehoved dans le duché de Slcsvig, on en pouvait appeler à la cour de justice (Raterting) du roi, comme dans les autres parties du royaume de Danemark. Dans les lettres d'investiture il n'était pas expressément dit, si le ilef devait être regardé comme fief héréditaire ou comme ilef Individuel. Le roi Christophe supposa ce detnier (comme tons ses suceesseon sur le trône), suivant l'usage qui s'était établi en Danemark, et, à la mort du duc Vald< inar, en 1258, le roi refusa de nouveau do reconnaître le droit d'Eric, frère cadet, de succéder au duché.

Dès cette époque commence cette longue série de contestations .et de guerres funestes, au sujet du duché de Slesvig, que fes rois de Danemark eurent à soutenir, presque pendant 2UÙ ans, et A peu d'intervalles, contre les descendams d'Abel et dp due Eric, ainsi que contre

los comtes de Holstein, et dont il faut chercher la première cause dans le mariage que contracta Abel dans la Hudflon des comtes de Schauenbourg-Uolstein. Dés lors, la poliUi|tie et les efforts de ces prinees étrangers tendaient constamment , soit pur lenr propre pouvoir» soit par ralliance des antres princes allemands et des vUIes liansdatîfpiesy à d^tocfter miHéremmU le Juikmâ méridional des autres parties de la manardUe damoise; on, du moins, à parvenir à faire reconnaître cette province danoise, comme ayant été conférée à perpétuité, à titre de duché féodal héréditaire, à la famille du roi Abel.

Les comtes de Holstein, grâces aux conquêtes de Canut YI et de Yaldemar II, avaient appris A redouter le voisinage du Danemark; ils ne mampièrent pas non plus de proiter de Toccasion ponr affermir la sécurité de leurs propres pays, en fiiisant du duché de Slestig une espèce de boulevard pour mettre leur pays à couvert de l'Invasion des ennemis. Da voulaient que le duché filt détaché du Danemark, et, pour cette raison, comme ■ous rapprennent plusieurs traits empruntés à Thistoire d*un temps postérieur, ils désiraient autant voir disparaître la chance qu'un duc de Slesvig monterait un jour sur le trône de Danemark, que de voir le duché revenir au royaume.

Le régne de Christophe I vit aussi éclater les contestations désastreuses entre la royauté et la hiérar^ chie du Danemark, lesipieUes, pendant plus de 70 années, contribuèrent puissamment A l'affaiblissenMnt de la monarchie danoise et à amener enfin presque sa ruine totale. Les contestations étaient commencées déjA sous Eric Plogpenning Cdenlw de charrue}, qui, quoique d*nn naturel plus disposé à la piété qu'aux choses temporelles, voulut faire éprouver son autorité au clergé et ne pas reconnaître son indépendance de l'Etat. Christophe trouva dans Jacques Erlandsen, élu archevêque de Lund Cl «^3), au commencement du règne de Chii-

Étophe et contre l« volonté du roi, un défenteor bardi, oonragcux, constant, dea prétendus droits dn pouvoir ecdésiasiique , ne craignant pas de se déclarer onvertemenl contre le roi, de saisir tous les moyens extrêmes pour le combattre avec les armes de l'Eglise, tlonirefi'ct ne pouvait tître que dangereux à cette époque-là. Bien que cet effet ne répondît pas aux vues de l'inflexiMo hiérarque, que l'archevêque eût le chagrin de voir la plupart des évégues danois abandonner sa cause, et que le roi trouvât même un partisan si dévoué dans Nicolas Briandsen, frère de l'ardievéque, que, par celui-ci, il fit saisir le prélat et le diarger de liens: il ne pouvait pourtant pas empédier que des troubles intérieurs, des discordes et des séditions n'éclatassent dans le pays. Le roi Christophe, an mSKen des dangers qui Tentouraienf, en s'apprètant à repousser ses ennemis, fut enlevé par une mort subite, qu'on attribua à du poison, que lui aurait donné un ecclésiasti(iue.

T. Les choses se présentèrent sous un aspect bien plus sombre à Eric, son fils mineur, désigné par avance successeur au trône, mais n'ayant pas encore été couronné. Cependant le jeune roi, alors âgé de 10 ans, eut dans la reine douairière, llarguerite de Poméranie, sa mère, une tutrice qui, quoique femme, recommença le combat, non-seulement contre la biérarcbîe du Danemark et contre l'archevêque, qui en était le dief inflexible et obstiné, mais même contre les comtes de Hol-^ stein, qui ne manquèrent pas de saisir l'occasion favorable de prendre les armes pour le duc Eric de Slesvig:, fils de leur soeur. L'archevêque prit non-seulement le parti de ce dernier, mais s'efforça même de lui procurer le trdnè de Danemark, et engagea, outre plusieurs autres ennemis, le prince de Rugen â se joindre au duc pour faire des invasions dévastatrices dans le Seebind et la Seâlde Ci^V)- Tels furent les premiers fruits sanglanli» que jrecneillit le Danemark de Timmixtion <ies HoUtekêoiê dans les affiures intérieures du royaume et

dan^ cell<^s do la maison royale. Détacher le Slesvig du royaume était déjà devenu le but politique des comtes de Sohaaenbour^, et les ducs, dent ils voulaieiit^ à titre de pareiil§, défendre les dreits^ ne tardér^ii pês â devenir plus dépendants dn Holstein que da Danemûrlu Eric persista dans ses prétentions d*étre investi dm d«clié comme d*un fief héréditairê dans sa famille, mais k reine n'était pas moins constante: elle réussit é firire couronner son fils, en 1260. Elle était même disposée à refuser au duc Eric l'investi turc à vie, parce qu'il avait pris les armes contre son suzerain, de concert avec les ennemis du Danemark.

Le duc reçut de nouveaux secours du Holstein, et comme après une trêve conclue en 1259, il était en possession du Jntland méridional 0» dont il ne vonlot pas recevoir rinvestiture individoeUe» mais exigea qu'elle M hérédi^ taire, la reine rasseidila une armée, passa avec le jeune roi, son fils, dans Tintérieur du pays, ou pour chasser entièrement le duc Eric, ou pour le forcer de se 'soumettre. Tel fut le commencement d*une nouvelle guerre civile, au sujet de la possession d'une province qui, depuis la mort de Valdemar 11, parut destinée à désoler le Danemiirk par des malheurs, des troubles et des querelles de famille. Dans la première rencontre (à Lohede prés de Slesvig}, entre les troupes du roi et celles du duc, la fortune se tourna si décisivement contre la reine, par la trahises ou la lâcheté de deux cheilB danois, que rarmée danoise ne fut pas senlement mise en déroiîte, mais le jc«ne roi el sa mère, qui, dans un village voisin, - attendaient l'issue de la bataille, tombèrent entre les.

0 Selon l'annaliste allemand dont Langebck, d'après Lîndenberg, a emprunté les annales aona le nom de Annales Albimti (S» R- Dm. 1. 811) A. D.12S0, Ericoa, filios Abd rcgis, m dmcnhm redpilur. Le* annales danoisea nous apprennent, que ee ne Ail qn*en 1260 qne le dnc fut mis en possession dn SIesvig; «»n a - des lettres datées de cette année où il se qualifie de Du» /nffo. (Y. finlMn. X. p. m 417. 4IS. 431).

inaiiKS du duc (2H juillet 1261). La reine fui conduite à Hambourg et confiée à la garde de Gocrt, comte de Uoistein («in lionesta cuslo<lia^); le jeune roi Eric fut mis en prison à Norbourg, dans Tile d'Alfi, où il resta Jwqu'en 1263; alors il fut confié à la garde du margrave OOoB de Brandebourg. £n 1264 il fui renda à la Kberté, à condHioa d'épouser Agnès de Brandebourg, ille du frère d'QUion^) (le margrave Jean l); mais le mariage du roi ne ftot célébré qu'en 1273. Une autre condition Ait stipulée pour la mise en liberté du roi et de sa nière, savoir: que lo duc Eric serait investi du duché de Slesvig; l'histoire ne dit rien do la manière dont l'investiture eut lieu. Les événements qui précèdent semblent supposer, que le roi Eric (Glipping) et sa mère, à leur élargissement ont été obligés de renoncer à défendre la nature personnelle du fief sudjtttlandais; mais, des faits postérieura font douter si rkérédité de ce fief a été proclamée d'une manière complète et explicite. Cependant, en tons cas, la dépendance féodale du dndké à l'égard de la couronne danoise, fut aussi reconnue dans cette occasion; mais il s'en fallait encore de beaucoup que la possession du duc n'embrassât tout le pays. Les i'S juridictions fri^ sonnes , qui se trouvaient alors sur la cote occidentale du JullamI méridional, ainsi que les îles de Fehniern, d'Als et d'jErrôe, n'appartenaient pas au duché. Cependant ces dernières Iles continuèrent d'être, pendant longtemps, la pomme de discorde entre le roi de Danemark et les ducs féodaux de Stesvig. Les villes de Ribe H de BenMourg, qui, à cette époque, étaient comprises dans le Jutlaud méridional, appartenaient aussi à la couronne, ainsi que les trois quarts de la oiUs de ifiUssvig, dont seulement un quart appartenait au duc Aussi

Pour ce qui conrcnie srspHicnts (qui sotildcsignésHiffércininciit) T. surtout Suhni. \. p. 519. 20. Il suit avec raiioa Cont. Albcrti Sladcnsis. ed. A. Uoyer. p. 7. 8.

cette ville avait-cllc (comme on le voit par les statuts de la ville de Slcsvig) deux échevins (Byfogeder), l'un royal et l'autre ducal. En outre, le roi ayant dans le duché beaucoup de domaines de la couronne (Konung" Uf)f il lui restait toujours assez de motiis pour se mêler des affaires du Slesvig. Abel, à son tour, avait aussi hérité de son pére des biens en Seeliind, en Fionie et en Langeland, qui, dans la suite, fireni naître betueoup de contestations.

Elles ne tardèrent pas à éclater entre le roi Erie el le duc, son cousin, au sujet des affaires du Slesvig. L'un et l'autre firent des prétentions sur l'île d'Als, et eurent des démêlés sur le bornage prés de Ribe et sur les biens héréditaires du roi et du duc, dans le Jutland méridional. La suite en fut qu'Eric Glipping, en 1271, envahit le duché avec des forces supérieures, et occupa tout le pays jusqu'à l'Ëider, à l'exception de la ville de SlesYÎgy qui ne tonba pas dans les mains du roL Le due ne survécut pas longftemps i ces revers; il mourut en 1272. Sm épouse Margnarite, fille de Jaromar^ prince de lUe de Rugen et ennemi du Danemark, l'avait précédé au tombeau peu de temps auparavant Quelques historiens modernes ont prétendu, qu'elle était fille du comte Gérard I de Holstein, cousin du duc Eric, mais, outre plusieurs raisons qui y répugnent, une affinité trop proche pour ce tcmps-là parle contre cette supposition; aussi a-t-il été prouvé par des investigations critiques &ites plus tard (par Carstens, Oeuvres de TAcad. des seimices T. VI D.), et conibrmé par des témoignages puisés dans d'anciennes annales, que ce fut Marguerite, fille de Jéromar, qu'épousa le duc, à peu prés en 1261. 11 laissa deux fils, Valdemar et Eric; le premier devint ^ le successeur . du pére , le second C^rnommé Lmg^ heen, longue jambe} devint plus tard duc de Lângeland. Ouelqucs-uns donnent au duc un troisième fils, nommé Abel, mais assurément sans raison.* La vieille querelle sur la tutelle, qui avait éclaté après la mort d'Abel,

se renouvela entre Eric Glipping et les comtes de Holstein [ceux-ci étaient: Jean et Adolphe, fils de Jean I; Gérard et Henri, fils de Gérard I]. Une armée fut envoyée, de part et d'autre, dans le Jutland méridional; mais, quoique les Holsteinois parvinssent à s'emparer de la ville de Slesvig, il parait néanmoins que le roi leur à été rapérienr en forces, et bientôt le diiérend te termina par un accommodement » aahrant leqvel le rot obtint la tutelle des fils dn doc Bric» A condition qu'à leur majorité, il leur donnerait rinvealitore dn duché. Bric, comme tuteur, restait en possession paisible de tout le pays, pendant dix ans, et tenait quelquefois sa cour à Slesvig, p. ex. lorsqu'il y célébra, avec beaucoup de solennités, son mariage, en 1273» avec Agnès de Brandebourg.

S. Enfin, après avoir demandé l'avis du sénat danois, le roi fut contraint de céder le Siesvig, à titre de fief, à Valdemar (dans le Siesvig, Valdemar IV), fils du duc Eric Ceci eut lieu A Vordingbourg, en 1283, et à la condition ordinaire: que le duc, comme irassal, s'obligeait A rendre senrice au roi et au royaume de Danemark, toutes les fois qu*on le réclamerait Cependant, A peine eut- Il été mis en possession de son ief, qu'il résolut de faire valoir Ci284) Tancienne ! prétention , savoir: que le Siesvig lui appartiendrait à titre de bien héréditaire, avec le même droit et la même liberté que le roi possédait son royaume. Non content de cela, il alla jusqu'à renouveler une prétention, bien plus grande, qui consistait A demander le droit de succession au trône de Danemark, comme descendant du roi Abel, fils ainé de Valdemar II, et qui en outre, dans une diète A Nybourg, avait reçu la promesse formelle, que ses fils succéderaient an trône. Enfin, il fit encore des prétenlicNis sur nie d^AU, comme une partie du duché de Siesvig, et il ne se contenta pas de négocier seulement avec le roi et le sénat danois, au sujet de ces prétentions, et do présenter à rurchcvcquc de Lund un écrit

contenant de nombreux griefs «mers oestre ErieGlipping, il se proposa même de demander dn secours au roi de ^'orvége, alors en guerre avec le roi de Danemark. Cependant, en passant en Norvège il fui surpris, avec son drost Tyge Abiîdgaard, à Elséneur, et fait prisonnier par le roi, qui les ûl enfermer, tous deux, au château de Sôbourg.

Bien qu'on eût dû supposer que le roi, après la trahison manifeste du duc, en se croyant antoriaé à emprisonner son vassal, ranmit aussi dépoasMé ifai fief, il entama au contraire des négociations avec Vatdemar, qui, pour être remis en liberté, fit un nonvel accommodement avec le roi C31 mars el 30 avril 1286), par rentremise de plusieurs princes allemands. En vertu de cet accord, le duché de Slesvig fut de rechef conféré, comme lief de haubert, à Valdemar, et celui-ci, à son tour, promit fidélité, obéissance, et devoir féodal au roi, révoqua de la manière la plus complote ses prétentions sur Tile d*Als et sur les domaines royaux dans le Sles* vig, qui depuis longtemps avaient donné Heu à des coniestationii, el s'imposa l'obligation solennelle de ne janmis s'engager dans aucun attentai hostile contre le roi, ni de contracter aucune alliance avec ses ennemis ou ceux dn royaume 4tc.

Sric Glipping ne tarda pas à apprendre que le duc n'était guère disposé à remplir les conditions de ce traité; il fut du moins fortement soupçonné de participation ou de complicité dans la conjuration formée par une grande partie de la noblesse danoise, qui comptait dans ses rangs quelques-uns des plus intimes courtisans du roi. Le fruit sanglant de cette conjuration fut Tas» sassinal d'£ric Glipping, à Finderap, prés de Yibourg, le 22 novembre 1286, événement qui mûrissait k destinée * malheureuse qui ne tarda pas à fondre sur le Daneamik avec des coups plus violents.

Dans cet étal de choses, le due Valdemar avait pourtant su tenir une conduite, qui le mettait à l'abri de

toute accusation manifeste d'avoir trempé dans la conjuration ou dans le régicide. Comme le plus proche parent^ il fut même nommé régent et tuteur, pendant la minorité du roi Eric, qui, du vivant de son père, avait été élu et procitiné son successeur; toutefois, Agnès de hnnétèomg, yeuve d*Ëric Glipping éeytât participer à la tiitette. Le doc Valdemar ne tarda pas à prendre dut nwawes, pour que les Iles d'Als, d'iErrde et de Felmem, qui avaient donné lien à des contestations, fttssont annexées au dndté de Slesvig; nais l'ancienne querelle sur ces possessions éclata bientôt, lorsque le roi Eric CMenved) monta sur le trône, après avoir al teint râge de majorité. Le roi fit la prétention ({u'elles appartiendraient au Danemark, en vertu de la transaction conclue sous le règne de son pére. La guerre civile se ralluma. Pour attaquer le Danemark avec des forces réunies, le duc s'allia avec le roi de Norvège et avec les régicides et leur parti, qui aTaient cherché un refîige Norvège. Erio Menved, étant dn reste engagé dans ime longue Intto dangereuse avec le clergé et l'arche- ▼éqne Jens Grand, que le roi avait fait emprisonner et enfermer jfti diâtean de Sdbourg, jugea à propos, après que la flotte du duc eut été battue par la flotte danoise, dans le Gronsund, et que le roi, à la tête d*unc armée, fut entré dans le Jutland, de faire d'abord une convention ou une trêve avec le roi de Norvège, qui fut signée à Hindsgavl en Fionie, le 25 septembre 1295, et par laquelle il fut accordé aux régicides proscrits, de séjoamer provisoirement dans le Danemark. Ensuite une oonnrention fat aussi conclue Oe 3 février 1296} avec le due Valdemar, qui renonça de nouveau à ses prétentions sur les lies d'Als, d'iErrôe et de Fehmern, tandis que .le roi céda au frère cadet Eric (Langbeen), le Langeland en fief, dont il eut depuis le titre de doc.

La convention faite avec le duc Valdemar fut confirmée de nouveau par une alliance, conclue, quelques années plus tard (1302), entre le roi Eric et ses frères

d'une part, et d'autre part entre le duc Valdemar, le duc Eric de Langeland, son frère, les comtes de Hol> stein, et plusieurs princes, leurs alliés. Rien ne prouve plus évidemment que ses dissentions excitées à tout momealf ces plaintes et prétentions de part et d'autre, et ces oonventions el traités oontmuels pour les concilier, qa'iNi ne pouvait guère eompler sur la durée de la concorde ni sur la slaliilité des rations d'amitié entre le roi et ses feudataires ducaux, et que les tndtés de paix conclns A plusieurs reprises ne produisaient pas de grands avantages. Un nouveau traité de paix Ait conclu, en 1306, entre le roi et les deux ducs, par lequel leurs droits féodaux furent déterminés de nouveau 0, dans lequel on jugea convenable d'insérer l'article suivant: que si le duc fut convaincu d'avoir comploté ou entrepris quelque cho»e contre la vie et la lU^erté du roi ou de Christophe, son frère, ou quelque chose qui fût au préjudice des pays du roi, alors les ducs perdraient leurs biens et dignités, et seraient nus incontinent an ban de Téglise. Mais 4 ans après Oe 97 juin 131Q), ce pacte Ait renouvelé par une conventioB, faite à MiddeUart, et deux ans après CidiZ)y ie duo Yaldemar termina ses jours.

Son fils Eric dcnuuida et reçut, immédiatement après la mort du père, Tinvestiture du Jutland méridional, que le roi, étant à cette époque à Warnemunde, pour faire la guerre aux habitants de Rostock, lui conféra solennellement (le 30 juin 1312), en présence de plusieurs princes allemands, aux mêmes conditions qu'avaient signées ses ancêtres. Le roi ne se réserva de tout le duché, que les domaines de la couronne; révéque et

0 n paraU étottiMiil qne Vald^mir ne Mit Iran de senrir le re^ qv'Mi fournissant, à ses propres frais, 50 honitnes armés de harnais, en dehors du duché, tandis que le duc Eric, indépendamment du service ordinaire du Lnngehnd , par lequel il fml probablement entendre celui des fantassins, s'engage à servir le roi on foernÎMant 200 hommes, au delà du BoU.

la noblesse du Slesvig devaient aussi rester en possession intacte de tous leurs biens -fonds. Cependant, à peine Tinvestiturc eut- elle eu lieu, que le duc proféra les anciennes plaintes, et Ton fut réduit à faire on nouvel accommodement. L^année suivante, de nouvelles contestations éclatèrent A cause du Langeland, le due, A ce %b'î1 parait, ayant prétendu avoir des droits sur ce pays, après la mort de son oncle paternel. Un double traité, oondu à Horsens (le 9 aoât 1313), dédda tous les points Nti^eux entre le roi et le doc, mais il fnt de si peu d'efficacilé et de si courle durée, que, pendant l'espace de 4 ans, il fallut quatre nouveaux traités et conventions entre les deux princes (1314, 1315, 1317 et 1318), d'où Ton apprend seulement, que ni les protestations les plus ferles et les documents les plus authentiques, ni les sceaux apposés aux parchemins par les nombreux garants, ne signifiaient rien à cette époque, mais, qu'après tout, il ne s'agissait que d'être le plus puissant pour rer^adiquer et défiNHke ses droits. Eric Menved, après av^ régné 33 ans, non sans énerg^ie, mourut trop tôt pour son pays (13 novembre 1319). Sa mort devint le signal des séditions violentes qu'excitèrent bientôt les grands du pays, ainsi que des guerres avec la maison de Holstein, ans lesquelles le comte Gérard V, prince plein de bravoure et grand homme de guerre, eut occasion d'approcher du but qu'il s'était proposé, savoir: la dissolution ou le démembrement de la monarchie danoise.

O. Eric Menved étant mort sans enfants, on était plus disposé en Danemark à choisir pour son successeur le duc Eric de Slesvig, parent plus éloigné du roi, que le duo Cliristophe, son frère, le roi lui-même ayant supplié les seigneurs, qui entouraient son lit de mort, de se défier de ce dernier. Sa conduite séditieuse, perfide et Iraîlreuse contre son frère, sou caractère et ses vices n'avaient pas non plus prévenu le peuple eu sa faveur. Cependant, à force de promesses flatteuses, en adhérant * à toutes les prétentions du clergé et de lu

noblesse, et en signant la première capitulation, ou acte de sûreté par écrit, qu'aucun roi de Danemark eût jamais donnée, il parvint à être élu et proclamé roi, dans la ville de Vibourg. Ainsi, le duc Eric de Slesvig perdit tout espoir de monter sur le trône de Danemark, doni il n*avait pas été très - éloigné, et qu*il aurait peut-être aeqnis arec plus de focilité, si son parent, Jean 111, conle . de Holstein, ne s'était pas opposé an dne dans cette alfoire, et qu'il ne l'eût pas empêché d'obtenir da secours de rétnmger. Il est imposible de décider, si ce prince a agi par des motifs personnels Cil était le frère ntérin de Christophe II), ou s'il l'a regardé plus dangereux pour le Holstein, que le Jutland méridional, à l'avènement du duc, fût de nouveau uni au Danemark, que s'il était régi par un vassal presque indépendant. Mais les princes de Holstein retrouvèrent bientôt l'occasion de s'ingérer immédiatement dans les affaires du duché de Slesvig, Cinristoplie II, qui s'était tenu tranquille tant què le due Eric était encore en vie, ayant conçu le projet, après la mort de celui-ci C^^ niars 1325), de se mettre A l'instant en possession du duché, conformément à l'assertion énoncée déjà plus tôt: que la tutelle du jeune prince Valdemar Ëriksen était duc au roi, et qu'en conséquence il serait indispensable d'occuper le pays, jusqu'à ce que le prince fût devenu majeur. Les habitants du Slesvig ne doutaient nullement, que ce ne fût l'intention de Christophe de trouver occasion d'elTectuer, par force, l'union qui aurait pu s'établir à l'amiable, ai Eric était devenu roi de Danemark. Le roi rencontra une résistance opiniâtre sous les murs de Gottorp. Pendant le siège de ce château, le comte Gérard V, de la maison de Rendsbourg, à la téte d'une armée forte et nombreuse, traversa FEider, attaqua le roi, qui s'était campé sur le yfle9lehjerg*^ (mont des chevaux), hors de Gottorp, mit ses troupes en fuite après un combat acharné, et délivra ainsi le jeune duc. Dés lors, le comte continua de se charger de la cause du jeune duc.

sans toutefois oublier ses intérêts particuliers, et avec une énergie, qui ne laissait pas d'être bien préjudiciabie au Danemark.

Des ennemis non sioina dangereux s'élevèrent contre Christophe dans le pays même. Il avait hérité, de soa firére et de son pére, le différend de l'Ile de Bomholm avee le hant dergé, et surtout avec Esger Jool, archevêque de Lund; mais cette querelle ftit aplanie feMit par la capitulation, qui accordait an clergé du Danemark rindépendance pour laquelle il avait lutté pendant longtemps, que par la cession de l'île de Bornhohn. Cependant, le mécontentement et l'orgueil toujours croissants de la noblesse déjà très-puissante, devinrent un objet bien plus grave d'inquiétude, et donnèrent le signal d'une insurrection contre le roi, à la téte de laquelle se mirent trois des premiers seigneurs du royaume, le drost LaurilK Jonsen, le marsk Louis Alberlnn, de noblesse allemande, et, plus tard. Canut Porse, que Christophe avait nommé duc de HaUand. Ces traîtres à leur pays firent une alliance, au nom du jeûna duc, avec le comte Geert de Holslein, qui leur céda sur-lechamp deux châteaux forts qu'il possédait en Danemark : Haderslevhuus et Tranekjaîr. Le comte Geert fut nommé général en chef, ou usurpa celte dignité dans la guerre contre le roi, et, en peu de temps, Christophe fut réduit à l'extrémité de déserter le pays et de chercher secours et reiuge auprès de ses vassaux du llecklenbourg.

Le prudent comte Geert et les insurgés en Danemark profitèrent tout de suite de la démarche du roi. Ds déclarèrent le tréne vacant, renoncèrent à l'hommage qu'ils lui avaient juré, lui donnèrent pour successeur le duc Valdemar de Slesvig, à condition qu'il signerait une capitulation (7 juin 1326), qui, encore plus que celle de Christophe, remit l'autorité suprême entre les mains de la noblesse. Le premier usage que fit de son titre le jeune roi prétendant, âgé de 12 ans, fut de

nommer duc de Slesvig, le comte Geert, son tuteur, et de lui céder, à lui et à ses descendants, le duché avec tous les pays, châteaux, villes, îles et privilèges, à tttre de fief de haubert hérédUaire, de façon que la anseraineté et l'autorilé suprême du pays forent senles réservées au roi et à la couronne danoise, cession que les grands du royaune confirmèrent à la diète le jour même.

Le Slesvig liit ainsi, pour la première fois, annexé

à une partie du Holstein, mais seulement par un aote dirigé et exécuté par un parti séditieux, lequel n'avait acquis aucune apparence de légalité, ni par la renonciation formelle du roi expulsé de ses ElaLs, ni par Tassentiment libre et universel du peuple, à l'assemblée électorale du royaume 0; du reste Valde.mar ne parvint jamais à être couronné roi de Danemark.

C'est d*aillw8 à rélection, en 1326, de ce duc mineur, choisi sans aucun droit légitime, répudié bientôt de nouveau, et renonçant à la couronne, qu'on a ré- • férc la signature d'un document aussi récusaUe et aussi suspect que l'acte d'assurance connu sous le nom de Consiitutio Valdemariana, contenu, à ce qu'on prétend, dans une capitulation signée par le duc, ou plutôt par le comte Geert, au nom du roi; acte qu'on disait avoir pour objet: que le duché de Slesvig ne devait jamais être uni & la couronne danoise, de façon qu'un seul et même prince devint maître de tous les deux. Une obligation de cette importance, qui cependant ne se trouve point dans la capitulation originale de Valdemar — la

II est bien rapporté quelque part (Scr.H.D. VI. 523; v.Suhm, XII. p. 127), que les seigneurs danois , de concert avec les comlM êe Holslein, Geert, Jeao et Adolphe, condniairent, depuis, leéso Valdenar, âgé de 13 «lu, du JuHand aux diètei de Sedaod et de Scanie; inais, en tout cas, ceci eitt lieu par la contrainte dn parti séditieux et par la force armée des comtes de Holstein, leurs complices. Il n'est pas probable qu'un pareU kommage ait pu être reconnu valide, même à ce temps-lé.

seule qui existe, et pour laquelle on n'a jamais connu de diplôme qui la contint, pas même en copie, perd beaucoup de sa validité politique 0« Aussi a-t-on TOttln baser celle-ci uniquement sur la reconaaisaDce et la confirmation postérieures de l'expression prédiée do roi Christian I, dans une contre-lettre, du 29 juin 144B, dont l'original existe encore. La prétendue cousHttUiOH (qui, si elle a jamais existé, Ait supprimée, de fait, déjà en 14G0) a du reste été sans aucune influence directe sur les affaires du Slcsvi^, pendant plus de 100 ans après le temps dont il est ici question; en conséquence nous pouvons la passer sous silence.

10. Le mécontentement de l'empire' de Geerl (car ee fut lui qui, après avoir usurpé le titre de régent, régna en Danemark, pendant la minorité de Valdeauur), était à son comble, et se manifesta partout dans les dernières classes du peuple. Une grande partie de la noblesse ne tarda pas à partager la disposition générale. Quelques années après Cl 329), le même parti qui avait chassé le roi Christophe le. rappela an trdne, et le rot fit une convention 0 avec le comte Jeen IV de Holstein, son frère utérin (le Clément) , cousin du comte Gecrt (le Grand) et fds du comte Gérard II-^), qui, en secondes noces, avait épousé la reine A^^nés, veuve d'£ric Glipping. Le duc, ayant déjà auparavant secondé

^ n Crat qiie 1m diauds défenfenrt mêmes de raulheoticilé de la conitilvtioD (p. ex. Faleii, Droit privé, II. 145) conviewieiit «m MMM, qa'il est difficile de deviner, parle passage iaeehérent de la prétendue constitotlon qae Cbrislian I a confirmée, qoel sens doit être donné à ce passafs.

2) L'an 1322 Christophe II Tavail armé chevalier i Vordinghowrf (Snhm. n. 57). Pins tard ils se bronillèrent, Christophe ayant reAisé d'accomplir sa promesse de lui céder Ttle de Febmem.

^) Qucl(|ties-mis prétendent qae Jean le Clément était fils de JeaaIII, de la branche de Holstein-Kiel. Le diplôme de 1816, ebesSnbm, Iliflt. de Danemark. XL p. 295» en prouve la fausseté, v. Faich, Droit privé du SIesv. Udst. L p. 289.

Christophe lors de son éleclion, s'obligea maintenant, en lui fournissant de l'argent et des troupes, à lui &ire reconquérir son royaume, tandis que le roi oédt wa éao Vûe de Feluneni, et lui donna, en gage des sonmei d'argent que le comte Jean avait déjà prêtées an roi on qu'il Tonlait luf avancer, non-seulement le Laaiand, maie le Seeland et la Scanie avec les diâteanx qni en dépendaient (12 novembre 1329). Grâces an secours du comte Jean, Christophe parvint à s'accommoder avec une partie de ses adversaires, même avec le comte Geerl; mais le roi incapable savait tout aussi peu profiler des circonstances que do s'instruire par le malheur. Ce furent ainsi les deux cousins, les comtes Geert et Jean de Holsiein, qui se partagèrent le pouvoir eR Danemark et la possession du pays; il était facile de prévoir que la bonne intelligence entre eux ne pouvait pas être de longue dorée.

Il y avait doue deux rois dans le Danemark, également Impuissants et également dépendants des deux comtes de Schauenbourg-, dont l'un, le comte Geert, avait en son pouvoir: le Julland septentrional et le roi prétendant, le duc Valdemar de Slesvig; l'autre, le comte Jean, était maître de la Scanie, du Soeland et des petites lies qui en dépendent, n'oubliant pas ainsi ses propres int^éts, tandis qu'il faisait semblant de veiller avec empressement à ceux du roi Christophe. Le duc Valdemar de Siesvig, ainsi que Christophe, n'était qu'un instrument dans les mains de son tuteur ambitieux. Le comte Jean cyant engagé celui-ci à une espèce de réconciliation avec Christophe II, dont le fils, le prince Eric, qui avait été désigné roi, ou successeur de son père, fut obligé d'épouser, dans cette occasion, en 1330, Elisabeth de Laumbourg, la duchesse douairière, soeur du comte Geert: il ne fut pas difTicile au comte Jean d'engager Valdemar à renoncer à son litre de roi et à se contenter du Slesvig (février 1330}. Tour que Geert cédât ce duché, le rei Christophe et son fils lui

conféreront, on coniponsation, toute la Fionie, avec Ions les privilèges royaux, en fief héréditaire, à la condition loutefois de le rendre et de l'échanger contre le Slosvîg, dans le cas où le duc Valdemar mourrait sans héritiers.

De cette manière le misérable Christophe tentait de se fixer et de se maintenir dans le royaume, dont il portait le vain titre de roi, et où il lui restait à peine deux ou trois châteaux pour y établir sa demeure. Il aliéna la Fionie, à titre de fief, se laissa prescrire les conditions de l'investiture du Slesvi^ au comte Geert, sans qu'aucun sénat, ni un seul évoque ou chevalier danois ne oonfinnAt ni scellât les lettres d'investiture et de promesses, qui lui avaient été e.\for(|uées ^j.

Cette ombre de roi, alors âgé d'environ 15. ans, que les Holstcinols avaient installé, ne montra pas plus de force de volonté, au sujet de ce changement, qu'il n'en avait eu jusqu'alors. Peu s'en fallut qu'on n'eût eu recours, pour la seconde fois, à Taldemar, réduit, de rechef, au titre de duc, afin de lui faire jouer de nouveau le rdle de roi de Danemark.

11 est difficile de s'imaginer la juste raison pourquoi le comte Geert renonça si vile à la protection de la royauté du duc Vaideiuar, son pupille, et à l'acquisition qui lui était dévolue du duché de Slescig, qu'il échangea contre l'invesliture de la Fionie^ possessi()ii moins sûre, et exposée aux attaques du Jutland et du Seeland; car bien qu'il Mt mis en possession du Jutland septentrional, comme créancier hypothécaire pour la somme de 40,000 marcs, ceci ne compensa pourtant pas sa position de duc féodal de Slesvig. On pourrait, donc admettre avec raison qu'il ait compris, que le comte Jean, son cousin, de concert avec un parti de nobles du Danemark, déjà

0 1^ lettret se Ironvrat imprimées, sur l'erifpiial, dans le Recueil des documenls da Slesvig-Holsteiii-LaneBboiirf, publié par Michelsen, II. p. 75. 77. En exlmits danois clies Rvitfeldt 1. 451, et chea Suhm. XII. 203.

lis du roi prétendant, (qu'il s'était laissé persuader à élire il y avait 4 ans,) ou plutlVt las dn pouvoir qu'avait

usurpé le comte Geert, lui serait trop puissant, si Jean allait se charger de la cause de son frère utérin. Dés Tannée suivante (1331) une nouvelle querelle éclata entre les deux comtes. Le faible Christophe, ayant dû reconnaître dans le comte Geert son ennemi le plus dangereux, et croyant avoir son principal appui dans le comte Jean, voulut secourir celui-ci, et fit une invasion dans le Slesvig pour réunir aux troupes du comte Jean, dans le Holstein, l'armée qu'il avait rassemblée, forte de plus de 800 hommes. Hais, avant que la jonction eût pu s*opérer, le comte Geert, brave et expert dans l'art de la ^erre, s'avance contre le roi avec une armée, dont la force n'excédait pas la moitié de celle du roi; une bataille fut livrée dans la plaine de Kropperhede ou Lohede, entre Rendsbourg et Slesvig (30 novembre 1331), où le roi Christophe fut battu après un couibat acharné, essuya une perte considérable, et Tun de ses fils, le prince Othon, fut fait prisonnier par les Holsteinois. Le roi se sauva à Kiel, où son fils Eric fut conduit par ses domestiques, après avoir eu le malheur de faire une chute de dieval, prés de Dannevirfce. il mourut par suite des blessures qu'il avait reçues dans cette affaire.

Une nouvelle convention (10 janvier 1332) valut au comte Jean de nouveaux avantages. Il reçut entr'autres tout le Langeland avec le château fort de Tranekjapr, que Geert avait cédé; et le droit d'hypothéqué de celui-ci sur le Jutland septentrional, fut haussé de 40.000 à 100,000 marcs d'argent; mais Christophe ne gagna que de nouvelles humiliations par une paix, qui fut plutôt conclue pour les comtes de Holstein et pour leurs intérêts réciproques, que pour ceux du roi et du royaume. L'avilissement de ce dernier était à son comble. Soit par ruse et par force, soit à prix d'argent, les Holsteinois étaient devenus maîtres de presque tout le Danemark, honnis quelques châteaux, et régnaient, en

créanoîefs hypothécaires, siax le pays et le peuple par les oppressions de leurs baillis et de leivrs cheft. Enfin les Scaniens firent éclater leur mécontentement; et, leurs phûntes au comte Jean ayant été inutfles, ils se révoltèrent et tuèrent les Holsteinois par centaines partout où ils en trouvaient, même dans la cathédrale de Lund. L'ôvéque et la noblesse de Scanie, comprenant enfin qu'il était iiijpossiblo de secouer le joug odieux avec leurs propres forces, résolurent (1332) de se souniellre à Magnus Eriksen, roi de Suède et de Norvège; et de lui abandonner la Scanie, la Bléiiingie et le Lister, à la réserve qu'il confirmerait les privilèges du clergé.

Bien que celte démarche, provoquée par les violences et les oppressions des Holsteinois, n'eût été consentie ni par le roi, ni par son sénat, ni par I« peuple danois, elle occasionna néanmoins que le Danemark, déjà au X1V« siècle, faillit perdre ces provinces, qui ne furent recouvrées que 28 ans après, par Yaldeniar le Restaurateur QÂiterdag). Le comte Jean de Holstein, voyant qu'il était plus prudent de prendre de l'argent pour ses hypothèques, que de s'engager dans des luîtes avec le peuple et le roi de Suède, lui vendit, à raison de 34,000 marcs d'argent 0, les faibles prétentions qu'il avait sur la possession de la Scanie. Ce qu'obtint Ibgnus, ne pouvait être équitablement que le même droit hypothécaire qu'avait Jean, et queMagnus acheta mainte-

0 On peut voir, par one lettre de Valdenar le Rettanntear de 1333 {BHtig^ MonumentaScaneoaia 109), que telle fat la loaiBie, moyennnnt laquelle le roi Magniu acheta le droit hypothécaire dn conte Jean sur la Scanie. Cette province fut traitée par Magnus en pays indépendant, ou royaume individuel, vu qu'il prit le titre de „Rex Siiecijr, Gothorum, Scaniœéi Norvcgiœ" (Ilist. de Suhm. XII. 231. 235, 236, 237.), Une lettre remarquable qu'il avait adressée au pape, et la réponse de celui-ci, du 23 janvier 1339, font voir commeal Negnni l'efforçait plus tard, en 1339, de détacher ■ntanl de pays du Danraiark qu'il pourrait, pour les mettre sons sa domination (Snlim. XII. 305).

nant, fl prix d*ar^ont. Le {loi Christophe, obligé de s*y soumettre, ainsi qu*à toutes les autres disgrâces, calamilés et humiliations que la domination des Holsteinois yerstài stur le pays, était réduit à un état si pitoyable, que deux gentilshommes, en mettant le feu i une maison de Sazl^j^pi"ë^> où le roi avait un refuge, le contraignirent impudemment de se constiluer leur prisonnier, et, comme il mourut peu de temps après cette mortification (1333), la plus dure qu'il eût jamais essuyée, le Danemark, depuis longtemps la proie des Holsteinois et liors d'état de résister à leurs attaques, resta sans roi pendant 7 ans. La tentative du prince danois Othon d'expulser, à main armée, le comte Geert du Jutland, eut une issue si foneste, qu'à fut non-seulement battu dans la phiine deTaphede, dans le diocèse de Vibourg (7 octobre 1334), mais fiût prisonnier et depuis tenu en captivité pendant plusieurs années par les Holsteinois, aux châteaux de Segeberg et de Rendsbourg. En attendant, le royaume était partage entre des créanciers hypothécaires étrangers et nationaux, de façon qu'indépendamment des pays cédés au roi Magnus, le comte Jean disposait des îles de Seeiand, Laaland, Falster et Fehmern; le comte Geert, du Jutland septentrional et de la Fionie, la dame norvégienne Ingeborg, veuve du duc Canut Porsc (mort en 1330), du Hall and, des lies de Samsôe, de Môen et du château de Kallundbourg, et le drost Laurits Jonssen, l'un des diefs du parti rebelle, qui attira dans le pays le ducYaldemar et le comte Geert, des lies de Langeland et d'iErrôe.

flfl* n ne régnait pas toujours les mêmes relations d'amitié entre le duc Valdemar de SIesvig et le comte Geert, comme le plus puissant et le plus fort des deux comtes de Holstein, qui, à l'aide de leurs eliefs et des troupes mercenaires, qu'ils avaient mises en garnison dans les châteaux forts du pays, tenaient la plus grande partie dU Danemark sons le joug. Il y eut même une rupture entre les deux princes, si bien qu'on faisait, de part et d'autre^ des prisonniers, qui ne forent relâchés

qu'en 1340. Cependant, en 1339, un accommodement avait été fait à ce sujet entre le coiiile Gecrl et le duc Valdeniar, ce qui fait cîairoment voir, que le dernier restait toujours dans une rclalion de dépciidauce vis-à-vis de son oncle, belliqueux et plus puissant que lui'). Par rinterniédiaire des comtes Albert de Saxe et Gérard de Hoia, le duc fut obligé de faire un accommodemenl Cil février 1340) avec son tnlear, suiviiit lequel le Jutland devait de nouveau changer de maître. Valdemar fut contraint d'engager au comte Geert, moyennant 43,000 marcs d'argent, son duché, avec les châteaux de Ribehiius et de Gottorp, „mtf dem dmsehen Wolde, mit Sleze^ ivich vnde mit Vlendesborch', ainsi que les villes de Tondern, de Torning et de Hadersiev, à condition qu'il aurait en échange des droits d'hypothèque sur le Jullaud sepfeatrional, à Texceplion de la ville de Varde, la moitié de la juridiction de Brusk et le château de Skanderbourg^j. Si le comte comptait par là échanger ses prétendues hypothèques sur cette province, contre des droits de même nature sur le Slesvig, il est pourtant évident, que Geert voulut que son hypothèque fût garantie, parce qu'il avait commencé à s'apercevoir de nouveau, que son empire sur les Jutlandais n'était guère affermi. Le mécontentement de la domination des Holsteinois dans le Jullaud était déjà si grand, que la noblesse et le peuple firent cause commune, et que le pays fut prêt à se révolter au printemps de 1340. Ainsi, ce ne fut certainement pas sans raison que le rusé comte Geert voulut se faire remplacer alors par son neveu dans la possession du Jutland, probablement en le flattant de l'espoir, que maintenant le moment était favorable pour recouvrer la couronne royale danoise.

1) Hisl. de Suhm. Xlll p. 309-311 (V. T. Ml. p. 10-11 j.

^) V. Chriâtiani. II. p. 418—423. l/uri<Titi<il cctto IcUrc romurquabte 80 trouve dans \ca archives du royaume.

Les grands préparatib de Geert, pour asservir la noblesse et les paysans, qui assiégèrent les châteaux et refusèrent de payer tribut aux baillis holsteinois, font voir, que rinsurrcclion dans le Julland élail Irés-sérieusc. Malgré les exagérations de quelques historiens, quant à la force de l'armée allemande, à la téte de laquelle le comte entra dans le Juiland, au printemps, elle a pourtant été assex grande pour ce temps-là, puisque Tune de ses divisions, qne commandait le comte, était composée de 4000 hommes. Il s'étail mis en garnison avec ce détachement dans la ville de Randers, tandis que ses deux fils, Henri et Clans, dhacun avec son armée, parcouraient le pays, le mettant i feu et à sang, pillant les nobles et les paysans, les couvents et les chapitres, selon l'usage des bandes eirréiiées des lansquenets et d'autres troupes mercenaires. Geert, sûr de contraindre les Jutlandais de se soumettre par ses forces holsteinoises, s'était hébergé dans une maison bourgeoise à Randers. La nuit du ir avril 1340, Niels Ëbbesen de Iilôrreriis, gentilhomme Jutlandais, qui, selon l'usage du temps, avait déclaré, par un défi, la guerre à Geert, en raison d'insultes personnelles qu'il avait essuyées, le surprit au milieu de ses gens de guerre et de ses courtisans, et le tua. Cet acte si diversement jugéO devint la première hteiv

1} II est évident, que c'était une criieiic privée que le courn^jeux seigneur jutlandais eut la hardiesse de risquer contre le puissant comte de ilolstcin, et n'était rien moins que re que l'usage du temps, boQ ou nuiuvais, avail consacré parmi les gcntilshommei (on trouve bien plus tard que dea gentilahomnes de Sdmie et de HoUtem portèrent un défi t Christian I). La guerre fut continuée après la mort du eomte Geert, jusqu'à ce que Niels Ebbesen fût défait dans une bataille près de Skanderbourif , le 2 novembre 1342, et elle ne s'éteignit qu'en 1351, par la réparation de 500 marcs lubsk (de Lubeck), que les amis et les héritiers de Niels Ebbesen accordèrent au fils du comte Geert. Si des chroniques holsteinoises qualifient Niels Ebbesen d'assassin et de traître, ce n'câl là qu'une partialité nationale. Lui élever un monument pour

de Taurore pour le salut du Danemark, qui, depuis plus de dix ans, plouiré dans un état déplorable d'abaissement et d'opprobre, avait été déchiré, démembré, et la proie de tyrans étrangers. Ceux-ci avaient eu leur principal appui dans le comte Geert, plein d'énergie, d^ambition et de courage; avec lui périrent les projets orgueilleux des comtes holsteinois de s'approprier le Danemark, comme un butin ou. comme une terre engagée. Os Auront bientôt obligés de se restreindre à entretenir leurs relations avec les ducs du Jutland méridional, qu'ils avaient mis, dès la mort d'Abel, soit par affinité soft par tutelle, sous la dépendance des comtes de IIoLstein, pour se servir du duché comme d'un boulevard contre le Danemark.

Yaldeniar, ûls cadet de Christophe 11, était d'un caractère bien différent de celui de son pére. U avait déjà fait valoir publiquement, pendant son séjour en Allemagne, ses prétentions sur la succession an trône de Danemark, bien qu'Othon, son frère, qui depuis sept ans était retenu en prison par les Holsteinois, fû^ à ce qu'on prétend, l'alné de Valdemar. Déjà avant Texpédition du comte Geert contre les Jutlandais, quelques Danois avaient offert la couronne à Valdemar; il trouva des secours chez l'empereur Louis de Bavière, à la cour duquel il avait vécu pendant quelques années, chez le margrave de Brandebourg et chez plusieurs autres princes allemands. Immédiatement après la mort du comte Geert, un traité préalable fut signé (àSpandau, le 23 avril 1340 j entre ses fils et Valdemar Christophersen, en vertu duquel,

•voir frtppé le comte Geert serait apprécier son mérite non sur le témoignage historique, mais plutôt sur le jugement poétique

de Sander, Ilnlsfeinois de naissance, auteur de la tragédie danoise de Niels Ebbesen (V. Palmlan - Mûller: „L'crcctioii d'un monument, en l'honneur de Nicls Ebbesen, serait-elle convenable? Odenscc 1839. A. II. M. Vclâchow, Sur ^. Ekbcâcu. Journal du peuple. 1839. Nu. 5. 6.).

le dernier s'engageait à épouser la soeur du duc de SIesvig avec une dot de 24,000 marcs d'argent» qui devaient être déduits des 100,000 marcs, moyennant lesquels le Jutland septentrional et la Fîonie avaient été

engagés. Dans une autre assemblée tenue à Lubeck, le 21 mai, le traité fut ratifié par les parties intéressées, et Valdeniar y fut déjà regardé et appelé roi et suzerain du dur. L'alliance, provoquée par des raisons politiques, fut conclue par des fiançailles, le 28 mai, et le mariagQ de Yaldemar avec la malheureuse reine Helvig fut célébré au chftteau de Sônderbourg, vers la féte de la Pentecôte Cau mois de juin> Par là, Yaldemar ne songea qu'à être mis en possession de la couronne et à se faciliter les moyens de recouvrer les pays et châteaux engagés, qu'il fut néanmoins obligé de racheter successivement en épuisant le uple par tes impôts dont il les accabla. Après les hommages rendus à Vihourg (\e 24 juin) et en Seeland (au mois de juillet), il fut reconnu roi de Danemark sans aucun autre acte d'élection. Son frérc Othon, qui ne fut remis en liberté qu'en 1341, renonça C1347}, eu entrant dans l'ordre Teutonique, à son droit de succession au trône nprès la naissance de Christophe^ le premier-né du roi Yaldemar Ci344).

Pendant le long régne de ce roi remarquable, lequel cependant n'a pas été suffisamment éclairé par l'histoire, les relations entre le Danemark et le duché féodal danois de Slesvig, ne furent pas troublées par des scènes hostiles pendant les premières cinq ou six années. Le roi Yaldemar fit au contraire un traité d'alliance à Yeile avec son beau- frère, le 27 mars 1345, lequel fut confirmé par serment de part et d'autre. Conformément à ce traité, le duc mettait, en cas de décès, son épouse, ses enfants et toute sa maison sous la protection du roi, et le choisissait pour tuteur de son fils, en cas qu'il mourût pendant hi minorité de celui-ci.

Les comtes de Holsteîn ne tardèrent pas à faire voir leur mécontentement de ce traité, ainsi que des relations

qui s'étaient établies entre le roi et le doc de SfesTig. L'année, suivante, pendant que le roi était allé faire une

expédition en Estonie, ils engagférent le duc, par une invitation amicale, à se rendre on Fionic. Ils v firent prisonnier leur propre cousin, qui fut renfermé au château de Nybourir. où il resta pendant plus d'un an, jusqu'à ce qu'il eût promis de révoquer le traité conclu avec le roi.^ Alors la bonne intelligence qui naguère avait régné entre le roi Vaidemar et le duc de Slesvig cessa tool d'un conp. Le ducs'étant déclaré de nouveau l'allié du parti holsteinois, la possession de llle de Langeland, avec le château fort de Tranekjsr, devint, entr'autrès, plus d'une fois la source des combats les plus graves, qu'il est inutile de rapporter ici en détail. Le roi mit le siège devant le château de Tranekjaîr (1358), et s'en rendit maître par la force des armes, ainsi que de l'île entière de Langeland; mais les choses n'en restèrent pas là. L'alliance entre le duc et les comtes de Uolstein, qui, en vertu des promesses par écrit du premier, étaient redevenus maîtres de la majeure partie du duché de Slesvig, occasionna des invasions continuelles du roi, et des ravages, funestes surtout aux nés d'Als et de Fehmern Qi^hè). Il nous paraîtrait surprenant, que môme la noblesse du Jviland êeptmfrional, durant ces combats, prit le parti des Holsteinois contre le roi de Danemark, si le règne entier de Vaidemar le Restaurateur ne nous apprenait pas, que les moyens énergiques, mais souvent durs et violents, qu'il employait pour atteindre son but: de réunir à la couronne le pays démembré, vendu et engagé, lui attiraient plus d'une fois des ennemis aussi dangereux parmi les nobles du pays même, que ceux qu'il avait au sud du Kongeaae et de l'Eider. Après avoir essuyé, pendant longtemps, les refus des seigneurs juâandais d'obéir à' ses ordres et de fournir les subsides, dont il avait le

0 livitleU. 1. 491. ChriâUani. il. p. 435. Sulm, MU. iSa.

plus gfrand besoin dans la ficheiise podition oà se troumil

le pays, le roi alla même jusqu'à vouloir les contraindre C1359), par la force des armes, de céder à sa volonlé.

Une diète ayant été convoquée à Kallundbourg , dans l'été (le 1360, non-seulement le duc Valdemar y comparut, mais même -les plénipotentiaires de la noblesse rebelle du Julland septentrional''. Un traité de paix, conclu le 24 mai entre le roi Valdemar et le duc, devint en même temps une espèce de capitulation que signa le roi, par laquelle il confirma les droits de la noblesse et du clergé en Danemark, et s'engagea à tenir un Danebof annuel &c

Après ce traité de paix la tranquillité intérieure fut rétablie pour quelques années, mais Valdemar le Restaurateur eut d'autant plus à foire avec ses ennemis extérieurs; et, quoiqu'il profitât de la fâcheuse situation des choses, ainsi que des discordes entre le roi Magniis et ses adversaires, pour recouvrer les pays danois situés au delà du Sund, s'emparer de l'île de Gotland, et frapper d'un coup mortel la ville de Visby, la plus riche ville commerçante du I<iord: il n'était pourtant pas en état de résister à une ligue, conclue, en janvier 1368, entre le roi de Suéde, Albert de Hecklenbom-g, les villes hanséatiques, les comtes deHolstein et les ducs deMeddenbonrg.O Bien que cette ligue ne visât à rien moins qu'à partager le Danemark entre la Suéde, le Mecklenbourg et le Holstein, plusieurs gentilshommes du Jutland septentrional et duSlesvig y avaient pourtant accédé, ou

I) Puisqa'oB coadm deux traités (V. Hvitfeldt. I p. 542. Gram, Sur rhiit. de Valdemar le Restaurateur , traduction de Ileinze. Traités historiques de la .Société des sciences. II. p. 301 -305. Hist. deSuhm. XIII. 603—604), il est vraisemblable, que les princes de iMecklenboui fr et de liolslein s'en sont réservé l'un, contenant les conditions du partage des prisonniers de guerre et de celui des pays conquis, et où l'on ue rencontre aucun nom de gcutUlioinuie datioU,

peut-être étaient-ils plutôt les premiers autears de la ligue.

Un autre traité, conclu, le 12 mars 1368, entre les comtes de Holstein et les gentilshommes de Jutland, rebelles contre le roi de Danemark, fait voir que Henri, duc de Slesvig, fils de Yaldemar (ie père était déjà mort, en 1364;), était aussi entré dans cette puissante ligne contre le roi Yaldemar, par laquelle ils s'obligeaient à ne faire la paix avec le roi que dn consentement dn duc, et pas ayant d'avoir remis ce dernier en possession de nie de Langfeland.

Par quels niulifs Yaldemar le Restaurateur, en voyant riiiuninencc du dantrer, se détermina à quitter son royaume et à en confier le gouvernement, pendant 4 ans, à un administrateur, le drost Henning Podebusk: ce sont là de ces faits de Thistoire de Yaldemar qu'on a de la peine à s'expliquer encore aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, la prudence et la fortune de Yaldemar, ou les divisions et l'inégalité des Intéréto de ses adversaires, le secondaient puissamment, et les ennemis du Danemark, même pendant l'absence du roi, ne réussirent pas du moins à s'emparer d'une seule de ses provinces, bien que le pays souffrît cruellement des attaques continuelles auxquelles il était en proie. Enfin, Yaldemar fut obligé de se résoudre à confirmer une paix conclue avec les villes hanst'ati(jues (pendant l'absence du roi), par l'administrateur du pays et le sénat danois (^4 niai 13703, ainsi qu'un traité séparé avec les villes de Lubeck, de Rostok et lie Stralsund, en vertu duquel la Scanie leur fut abandonnée pour 15 ans, avec les deux tiers des droite de douane et tous les revenus royaux de ce pays. Par la on parvint du moins à détacher du parti holsteinois, les Lu- . beckois et les villes hanséatiques vendes, qui étaient les ennemis les plus dangereux du Danemark, et à déjouer les projets du roi Albert de Suéde, de se remettre en possession de la Scanie.

Etant rentré dans ses Etats, en 1372, Yaldemar a

sans doute tourne ses vues sur le Slcsvig, comme un fief qui, laissé vacant un jour, par le décès du duc Henri, valétudinaire; et sans héritiers, devait revenir à la couronne danoise. Enlr'autres événements qui y ont trait, il faut nommer ses relations Cl*" janvier 1373} avec la duchesse douairière Richizza, mère de Henri, qui choisit le roi pour son totetur, et mit sons sa protection l'île d'Als, ainsi qae les juridictions du duché de Slesvig, qui appartenaient à son douaire. L'histoire fait voir assex clairement, que la duchesse Richizsa et son fils, dans les dernières années de la vie de celui-ci, ont été gno-nés par Valdemar, et qu'ils se sont attachés au Danemark plus qu'au Ilolstein. Le duc avait même, en

1374, cédé au roi son droit de retrait et sur le château de Gottorp et sur les villes de Slesvig, Ekkernfôrde et Flensbourg, qui étaient engagés aux comtes de Holstcin, moyennant 12,000 marcs. 0 A la mort du duc Henri, en

1375, (avant le 25 septembre) le roi en était venu à pouvoir se mettre en possession de tout le duché, à l'exception des châteaux de Gottorp et de Nyenhuus (ce dernier, situé aux environs de la ville de Flensbourg), qui étaient entre les mains des comtes de Holstein, déjà dés le vivant du duc Henri, et qu'ils refusaient maintenant d'abandonner. '0 Mais avant que le roi Valdemar fût en état de faire des démarches décisives pour revendiquer son droit de recouvrer le fief danois, dont le dernier possesseur, de la descendance d'Abel, venait de

0 Sa lettre sur cet objet, dn 34 juin, a été imprimée daiw les

Oeavres de la Sodété des Sciences. X. 138.

^ nll (Valdemar) avait toot le pays en son pouvoir, i rcsception

de Gottorp et de NyenhiHS, quelesHoIsteloois possédaient A tort."

Ce passage important se trouve dans le fameux témoignage, qne donnèrent à Ribe, le 10 août 1420, l'évéque de Slesvig, tous les évt^qncs et prélats de Jutlaïul, les bourgmestres et les ronseillcrs municipaux des villes <lu Slesvig et du Jutland, aiusi qu'un grand nombre de gentilshommes. (Uvilfddb 1. 682.)

mourir sans héritiers, une mort prématurée termina ses jours au château de Gurre, le 24 octobre 1375, un mois seulement après le duc Henri.

18» Cette mort changea aubilement les aflTaires, tant dans le duché de Slesvîg que dans le Danemark. Les deux lignes de la race masculine de Suénon Estridsen, descendantes d'Abel et de Christophe I, s'éteignirent dans Valdemar le Restaurateur et dans le duc Henri de Slesvig. Peu de mois nprès, les Diniois choisirent pour roi le jeune Olaiis, fils de la fille de Valdemar, désigné par avance successeur au lr(3ne de Norvège. Olaùs étant encore enfant, la régence fut confiée à sa mère Mar* guérite, et à la mort du roi Haquin, son époux, en 1380, elle fut aussi reconnue régente en Norvège. Mais les comtes de Holstein, Henri, Jean et Claus, fils de Geert, ne manquèrent pas de tirer parti de la mort presque simultanée du duc Henri et du roi Valdemar. Bien quMls ne Atssent pas en état de s'emparer, sur-lechamp, de tout le duché de Slesvig, ils élevèrent néanmoins des prétentions sur leurs prétendus droits au pays. Ils voulaient fonder leurs titres sur une investiture, que s'était fait donner le comte Geert, en 132B, du duc Valdemar, son pupille, âgé de 12 ans, portant le nom de roi dans le royaume démembré de Danemark; on, en d'autres termes, sur une investiture que s*était donnée le comte Geert lui-même. Pour la confirmation de celle-ci, Ils n'avaient qu'une lettre d'investiture qu'avait donnée au comte le misérable roi Christophe, en 1330» lorsqu'il voulait se vendre au comte Geert, pour racheter la couronne, quMl portait k la honte et à l'ignominie du royaume et de la dignité royale. Par cette lettre, Christophe ne l'investissait pas seulement de la Fionie, mais lui garantissait, à lui et à ses IuTili(MS, l'investiture du Slesvig, dans le cas où le duc Valdemoi' mourrait sans héritiers,

Les promesses qu'il faisait ainsi, en son propre nom et en celui de son fils, étaient sans validité au

point de vue du droit public, puisque la lettre, loin d*avoir été donnée d'un commun accord avec le aèuA de Danemark, n'était ni confirmée ni scellée par aucun prélaty ni par ancnn gentilhomme danois. De plvf , k oondition qu*avait stipulée Christophe en faisant cette promesse ne s'était pas effectuée^). Le duc Valdemar n*était pas mort sans enfants, et son fils Henri lui succéda. Cependant, malgré le peu de validité de leurs titres, les comtes de Holstein, immédiatement après la mort du duc Henri, se qualifièrent ,,Seigneurs du Julland méridional'^, et ils ne tardèrent pas à devenir dans la réalité ce qu'ils avaient été seulement de nom. „Force manquait pour repousser la violence par la violence."

Déjà sous lo régne de Valdemar le Restaurateur, les Holsteinois, comme nous l'avons dit plus haut, avaient, en quelque façon, su obliger le duc de Slesvig, Yalde* mar, qui n'était que le jouet de l'ambition et do la rapacité du comte Geert et de ses fils, d'évacuer le pays, en lui faisant dégager, à peine de bon coeur, les hypothèques des comtes sur le Jutland septentrional, ainsi que les châteaux qui en dépendaient, et de leur céder, moyennant 32,000 marcs d'argent, à litre de garantie, les châteaux de Torning, Tôndern et Gottorp, et la majeure partie du territoire appartenant à ces châteaux. „Ce fut par des procédés si honteux — dit Carstens, dont l'impartialité

i) Du càté da Danemark, la dame de l'isTaitiliir» fut restreinte seule au duc Vnidemar, pour ce qui concernait le comte Geert; et en cda, môme si l'on veut donner de la validité à l'inveslilnrc de Christophe, on 1330, on pouvait s'appuyer sur les termes formels du document. Ceux-ci se réduisirent à Valdemar et au cas de son décès: „Si Domicellum Valdemarum, Duccm Jucie, absque légitime herede ditcedere eonliogeret, exUinc Noi comilen predietam db heredea snof 4e Dncata Suaderitieie Inphcodare tenenntr * debemot" «... Et pottqaan Mpediclw Cornes A heredes rai post mortem dictl Domlcelli 4e dicte Dncato înpheodati per nos faeriat éxs. Docaments antlieDtîqnee 4n Slesvit-Hobteia. II. p. 76.

ne saiirail éire révoquée en doute qu'une cupidité immodérée profitait de h faiblesse de ce roi pour lui soustraire tout le duché de Slesvig, son patrimoine, é rexception de l'île d'Aïs et d'une médiocre portion du

continent voisin." Valdemar le Restaurateur était par-" venu à dégager, des mains de plusieurs hypothécaires privés, une partie du pays; mais voulant en faire autant des châteaux de Gottorp et de Nyhuus (le comte Claus avait fait bâtir ce dernier pour dominer la ville de Flensbourg ), ses tentatives échouèrent. Après la mort du roi, pendant que Marguerite était obligée de veiller à raffermissement de la succession au Danemark, les comtes, à force d'argent, de ruse et de violence, remettaient successivement en leur puissance la majeure partie du duché. Tel fut le sort, entr'autres, de llle entière d*Als, qu'un gentilhomme, nommé Henning Meinstorp, avait en nantissement du roi Valdemar, et qu'il administrait pour celui-ci ; il la céda aux Holsteinois à prix d'argent. Les comtes se soumirent les juridictions frisonnes, qui, jusqu'alors, n'avaient jamais fait partie du duché de Slesvig, en promettant de renouveler leurs privilèges et leur ancienne constitution. Les comtes de Hoistein, Claus et Adolphe, dépouillèrent même k dudiesse mère Cunégonde, de son douaire, des viUes et châteaux de Haderslev et Tôndern avec les biens fonds adjacents, que lui avait garantis le duc Henri et qu'elle avait possédés, pendant quelques années, après la mort du duc.

14. De cette manière, les Holsteinois se mirent réellement en possession du duché de Slesvig, sans (jue leurs titres eussent acquis plus de validité, et sans que leurs rapports avec ce pays eussent subi aucun changement depuis la mort de Valdemar le Restaurateur, mais aussi, sans que sa fille voulût ni pût s'opposer à leurs usurpations. Les affaires en restèrent li pendant onze ans, sans qu'il fût décidé quel serait le vrai maître et chef du pays. Les pensées et les efforts de Marguerite

tendaient à d'anlres Ans: d*abord, elle 8*attadiait émettre le Danemark et son fils à couvert de ses ennemis, le roi Albert en Suéde, et le duc Albert de Meddenboorg, qni fiiisait des prétentions sur la succession au Dane» mark, pour son petite-fils, né d'Ingebor<r, iille aînée du roi Valdcniar. Ensuite, Mar^aicritr voulait exécuter son dessein de réunir les trois couronnes (iu Nord sur sa léte, ou sur celle du successeur qui lui avait été désigné. Sa politique était plus pacifique que belliqueuse. L'ayant trouvé plus sage, pendant quelques années, d'éviter la guerre avec les Holsteinois plutôt que de la chercher, elle se détermina enfin à se réconcilier et à faire la paix avec le vieux comte Claus, qui était sans enfonts, et à consentir à Tinvestiture du duché de Slesvig, que le roi Olafis conféra, à titre de fief, A Gérard, neveu de ce comte, à Ny bourg, (le 2 juillet 1386)0. Comme il n'avait pas été dit expressément, si l'investiture serait héréditaire ou seulement individuelle, il s'éleva plus lard à ce sujet de lonp^ues contestations, et une guerre désastreuse, sous le régne d'Ëric de Poméranie. Les lettres dMnvestiture manquent non-seulement maintenant, mais elles ont peut-être manqué même en 1424, puisque les Holsteinois, pendant que durait le procès sur Tinvestitore, ne pouvaient et ne voulaient pas les exhiber. Selon toutes les apparences, lln*a pas été expressément question, an sujet de cette Investiture, de l'hérédité du fief, comme il n'en avait pas été question non plus, à l'occasion de l'investiture conférée à la descendance d'Ahel. Au cas contraire, Eric de Poméranic, n'aurait pas pu élever une prétention qui eût été réfutée à l'instant et d'une manière irrécusable. Mais, de même que ce roi, à son tour, se conformait à la coutume ( t à l'usage politiques, reçus dans le Danemark et la Norvège, en ne voubint reconnaître aucun droit de

<) Selon II chronique Inbeckoite de Detmar; V. Sahm, Htet de Denenark. XiV. 100. Selon Ham«rorl, S. R. D. I. 315, 8S Juin.

succession au fief slesyicais, de même les comtes de Holstcin fondaient leur droit de succcssioit an duché, sur l'usage et les droits féodami reçus en Allemagne. A défont de diplôme, les historiens ont dû s*en tenir essentiellemeni anx chroniqnes labeckoîses et aux antorm ébrottt^ttes allemandes, qui exposent tWaire sous un antre point de yne, et ordinairement en faveur des comtes de Holstein.

On ne voit j^uôrc comment, par rinvesiilure de Gérard en 1380, l'oncie et les frères du feudataire ducal seraient entrés dans aucun rapport avec le royaume de DanemarJi. Il est dit que les deux frères de Gérard, aÂisi qne le comte Ciaus, prêtèrent, en 1386, à Nybonrg^ nn serment de fidélité à Olaûs, roi de Danemark; mais qn*ils ne reçurent ni bannières féodales, ni ârmés, ni fiIresOf ^vasï ne prirent-ils Jamais qne le titre de comte de Holstein. La reine Marguerite, ayant fait prêter foi et hommage, en 4396, au fils de sa nièce, le duc Eric de Poméranie, invita tous les comtes de Holstcin à une conférence dans la ville d'Assens, où le roi leur offrit, à tous, le duché de SIcsrig en fief du Dane-* mark, à la charge de rendre au royaume un service féodal déterminé. Maie lee comtes s'y refusèrent, à moins que le roi ne leur garantit la solde pour nn pareil service. Poxtr cette raison, l'urrestiture du duché ne fht pas conférée A tons les cottites de Hobtein; ^^et de cette madère, raiPaire contestée resta indécise' C^.CbrU stîanî IV. p. 20). Les comtes prétendafi>tit une inrestiture entièrement libre, et comme on ne voulait pas la leur accorder, les choses en restèrent là, et ils s'obligèrent personnellement moyennant une solde déterminée à prêter assistance au roi, en temps de guerre, aussitôt que celui-ci l'exigerait. Le vieux comte Claus, qui,

1) Presbyter. Brein. chez Wcstplialen Mon. III. p. 105. Y. Cbriftiaaî IV. p. 7 ; Dahlmann, Uisu de Danemark ill. 88.

piendant 57 ans, après la mort de Geert, son père, avaii été témoin de tant de grands changements dans le Danemark et dans le Slesvig, étant enfin décédé, en 1397, dans on fige très avancé, des contestations s'éleYérenI entre ses trois neveux, Gérard, Albert et Henri. Les deux derniers voulaient se partager entr'enx le Duché de Holstein, prétendant que Gérard pouvait se contenter dm Slesvig; mais celui-ci refbsa de renoncer à sa part de la succession du Holslein. Par la convention conclue entre les frères, le 24 juin (jour de la St. Jean), à Bornhôvcd, par rintcrniédiaire dv la noblesse, le duc Gérard de Slesvig reçut sa part du Holstein, mais les frér( s , qui lui laissaient la libre jouissance du Slesvig pendant l'espace de 9 années, se réservèrent , ce temps réeohi, leurs réclamations d l^ égard du duché; et alors les démêlés devaient se décider à Famiable, et par des arbitres. De cette manière, les rapports douteux et incertains entre le Danemark, le duché de Slesvig comme fief, et les parents du duc dans le Holstein, restèrent pendant quelques années sans aucun résultat définitif; mais sans provoquer des hostilités, tant que Gérard était encore en vie.

15. De même que dans les anciens temps on a beaucoup disputé, les armes à la main, sur la nature du fief slesvicois, de même, dans les temps modernes, on a disputé par écrit de la sagesse ou de l'imprudence politique de Marguerite, en accordant Tinvestiture de 1386. Cependant il ne faut pas perdre de vue, ce que la reine a assurément pris en considération, que la maison de Schauenburg avait la pàssessioH du duché de Slesvig, contestée à la vérité, mais que cette maison avait maintenue du moins pendant plusieurs années, tant par la ruse que par la violence. Un nouveau traité, conclu à Vordingbourg (le 12 juillet 1392) entre la reine et les comtes de Holstein, assura aux contractants la possession intacte de leur pays, et au comte Gérard, celle du duché de Slesvig. Le traité, comme il est dit si souvent, lut conclu à per-

pétnité: il devait être valide pour ^les héritiers et les déseendants.* Dans le diplôme il n'est question ni d'investiture ni de rapports féodaux. Gérard senl, comme

de coutume, reçoit le tilre de duc. Suivant les termes du diplôme il paraîtrait qu'elle lui assurait le duché, non seulement à lui, mais même à sa postérité; mais ce qui n'est nullement clair, c'est que l'héritage devrait s'étendre aux frères. i)

Peu de temps après, le duc Gérard de Slesvig fiit tué Ci404) dans une guerre contre les Dithmarses. Le comte Albert de Holstein, son frère, avait également perdu la vie, l'année précédente, dans le Marêk Cterres basses sur la côte occidentale du Holstein).

Le duc laissa trois fils, dont l'aîné n'avait que sept ans; le cadet n'avait pas encore vu le jour. Ainsi, il ne pouvait pas encore être question d'une nouvelle investiture; en attendant, les circonstances furent trés-favorables pour Marguerite et pour Eric de Poméranie, proclamé son corégent, A la mort de soti frère (1403), le duc Gérard était devenu maître de tout le Holsteia et le Slesvig; Henri, le troisième frère, en sa qualité d'ecclésiastique et évéque d'Osnabruck, fut, selon l'opinion la plus répandue, exclu de l'héritage et de la tutelle des fils du duc Gérard. Avant de marcher contre les Dithmarses, le pére avait choisi pour tuteurs de ses enfants, dans le cas où il périrait dans la guerre, quelques gentilshommes, la plupart Slesvicois, à ce qu'il parait; mais l'évéque ne voulut pas se résigner à cette double

0 Hvitfelilt n'a pai voulu l'admettre. ,,La reme Mergnerite, après la mort de son lib, alloue la principauté mt due Quti et non à iff frères / qui ne se qualifiaient que do Utre de comtes; pour celte raison, l'investiture ne fut que peraonelle conformément «U

droit danois." I. pajç. 591 Suhm au contraire n*a pas douté „qnc par là le Slcsvif^ ne fût reconnu de nouveau par les Danois, comme fief héréditaire. XIV. p. 296. Le diplôme original se trouve imprimé dans le même ouvrage p. 570. S. R. P. VIL 364—65, oA il ae tromre d*npvée an vidifte.

exclosion. Les contestations étaient déjà commencées avant la mort dii frère «!né. Henri déposa sa dignité épiscopalo, et accourut dans le Holslein pour faire valoir son droit de succession, au moins sur une portion du pays. Soit par force, soit par l'influence qu'il exerçait sur le peuple, il parvint à faire triompher ses projets. La duchesse douairière fut obligée, déjà par le traité de Ncumanster, 4 septembre, de céder au comte Henri la majeure partie du Holstein 0» de sorte qu'Elisabeth ftit rédaite, pour elle et son fils» à la possession du daclié.. Dans la position oA elle se tronrait alors, Il était naturel qu'elle s'adressât an Danemark et à la reine Marguerite pour demander protection; de niéme que tout fbisalt supposer, que la reine «vait en vne la possibilité de faire rentrer le Slesvig sous la domination du Danemark. Cependant, ni avant ni après le traité de paix conclu à Vordingbourg, Marguerite ne s*est montrée disposée à user de force, et n'a fait aucune démarche hostile ni violente contre la duchesse et ses enfants. Quant aux véritables vues et projets de la reine nous n'en pouvons ÉTOir que des conjectures. En témoignant partout des égards à Elisabetb, et en captant la bienveillanco des tuteurs slesvicois par des libéralités et des investitures, elle étali parvenue A enginger la ducbesse à lut confier Henri, son fils alné$ Agé de sept ans, qui ftil envoyé, avec sept gentilshommes holsteinois, en DanemaA pour y être élevé comme futur prinee féodal danois. Le comte Henri, à son tour, s'assurent d'Adolphe, le second fils, à qui on avait inculqué de bonne heure de la haine contre les Danois ')> l'envoya en Allemagne pour qu'il

1) Jahn, Histoire de l'Union p. 48. 489 — 90, où cette pièce importante a été imprimée pour la première fois.

2) Des chroniques lioiâleinoises rapportent, que la reiue ilargperite •yut M fréwot A realml d'une panure ptèàmmê ps«r m décorer MB ehapesn, U fea lumielia, et la reine la lai ayaal aHadiéa tur la pohrine, il l'en arracba «bmI et la jeta à terre;

y reçût «on ddneatioii; la mère garda aapréa d'elle Gérard, son fils cadet.

La bonne intelligence entre la duchesse et la reine danoise ne fui guère de longue durée. Elisabeth, plus faible de puissance et de caractère que Marguerite, était gênée d'un côté par le comte Henri de Holstein, son beau-frère, qui s'attachait à défendre le prétendu droit de succession de la maison de Schanenbourg; de Tautre côté, par de puissants et orgueilleux gentilshonones de ^eavig, conme Eric Kmmmedige, Clans Lendiek et antres, qui, an Milien des combats réciproques, Teillaleat plus A leur Intérêt particulier qu'aux besoins dn pays et A ceux des jeunes princes. La reine, ayant prêté des sommes «considérables A la duchesse, avait obtemi droit d'hypothèque sur le château et le fief de Tôndern, ainsi que sur la majeure partie des districts de la Frise septentrionale. La ville de Flensbourg et le seigneur du château de (loltorp avaient été contraintes de rendre hommage au roi Eric, comme chef du pays it tuteur du jeune prince; cependant, le château de Gottorp restait en la possession de la duchesse. Marguerite, au contraire, acquit, par achat >)» d'autres châteaux forts el propriélés du Slesvig, de même qu'en Danemark où elle avait acheté plusieurs terres. Peu A peu, la bonne intelligence, qui avait régné entre la reine et Elisabeth, commençait A se rompre; la méfiance et le soupçon se manifestaient de part et d'autre. Enfin, Elisabeth refusa même de recevoir la visite de la reine et fit revenir son fils aîné de Danemark, où, du reste, l'on ne témoignait aucun désir de le retenir. La mère le mit ensuile sous la tutelle (1409) du comte Henri, son beau-frère, qui, après avoir pourvu largement à ses intérêts particuliers, fit efTectivement voir, que l'ancienne haine de famille contre U Dautauurk ne Tavaift pas abandonné." CDahImann.)

I) Par exemple Gredersby, Svabaleil, Slablie, TrOioborg, SUnkelhorg et Mtm. Hitt. de l'Vaiea par Jahn. p. 49-*S0.

Cependant, on lâchait encore de part et d'autre de régler les affaires par la voie des négociations. Le comte Henri se rendit même, en 1490, en Fionie, où il conclut à HindsgafDl^ le 21 septembre 0? un iraité de paix, au nom de la duchesse et de ses fils, en vertu duquel la Tille de Flensbonrg et le château de Myhuns furent engagés an roi Eric, pour ses prétentions A la somme de 10,000 marcs lobsk. Hais les gentilshommes puissants de Slesvig, qui ne prenaient pins ancnne part A la tutelle de la duchesse, ne faisaient ancnn cas d'un traité de paix conclu entre le roi et le comte Henri. Ils avaient des tracasseries continuelles avec l'évêque Jean Skondelev de Slesvig, et ce prélat, soutenant le parti du Danemark et inem])re du sénat danois, fut surpris à Flensbourg par quelques gentilshommes slesvicois. Ceuxci, par des voies de fait, qui, à ce qu'on croit, étaient connues de la duchesse, le irent prisonnier, le couvrirent de blessures et d'indignes traitements, prirent et brûlèrent quelques-uns de ses châteaux C1410>

Le roi Eric de Danemark, qui jusqu'alors n'avait été que le docile corégent de sa mére adoptive, irrité de ce forfait et d'autres Tiolences que se permettaient les seigneurs de Slesvig, commmça de fiiireTaloir son autorité et sa propre volonté en s'ingérant à main armée dans les affaires du Slesvig, qui annonçaient autant de troubles et de guerres qu'autrefois. Le roi regardait la duchesse comme complice des voies de fait qui avaient été commises; et celle-ci, en vertu de la paix de llindsgavl, à la fête de la Pentecôte, en 1410, ayant demandé à dégager ki ville de Flensbourg, le roi refusa d'y adhérer, et fit de grands préparatifs pour un« nouvelle guerre. Une alliance conclue entre le Danemark et la libre Ditfamarsie, C13 juillet 1409), était asses remarquable en soi, et non sans importance politique; toute-

Die Mathœi Ev. elApostoli (Jahn. p. 492—494). La paix fut confirmée plus tard, le 9 octobre (même auteur, p. 54).

fois, elle n*eat d'autres suites» qae celle que la DUhmarsic ne prit aiievne part à la guerre* La première entreprise d'Eric» fat ime expédition, dans Tété de 14100» contre les Iles d*Als et d'iBrrôe. On avait disputé depuis longtemps, si ces fies appartenaient au royaume ou au duché de Stesvig. Ici commencent déjà les revers qui, dans la suite, distinguaient son régne. Dans l'ile d'Als, \v château de Norbourg^ tomba en son pouvoir, (le 2t août}, mais, ce fut envain qu'il essaya de prendre Sonderbourg, après avoir mis le siège devant celte ville. Son expédition dans Tîle d'Als fut moins remarquable par des faits d'armes que par la décapitation, août}^» d'Abraham Broderscn, célèbre et paissant seigneur sué* dois, de laquelle il est souvent question dans l'histoire, et qu'on a de la peine à expliquer. Une invasion que le roi fit faire en même temps dans les districts firisons, eut une issue encore plus malheureuse. L'armée, en se retirant avec beaucoup de bestiaux et un énorme butin qu'on avait fait dans les Marsk, fut surprise et défaite par les Frisons, de concert avec les Holsteinois, qui étaient venus é leur secours.

La reine Marguerite, voyant à regret la guerre se ntllumer, faisait son possible pour l'élouffer. Des princes allemands cherchaient par leur entremise à rétablir la paix; un accommodement provisoire fut fait le même automne 06 septembre et 20 novembre}; et ensuite on convint d'un armistice, qui fut conclu, au printemps suivant (24 mars 1411), à Kolding, pour cinq ans. Co terme passé, douze juges choisis de part et d'autre

1) Et non rn 1-J()9, cominc il est dit dans plusieurs hisluiici» danuisc:> (V. Jahn. p. 55. note 3}.

2} Cet évéDement Mt aiwi rmuarptabUy paire que la cé vérité Ml^|aBte doBi iiMil Eric de Poméranio (cependant non nn« observer tontes lei formes juridiques), i l'égard d*uo n^ntilhomme suédois de haute naissance et Jouissant d'un grand crédit, est pour ainsi dire le seul acte de cette nature qu'on connaisse pendant toute lu durée de son régne.

s'assembleraient à Nyboiir^, pour prononcer sur tous les objets en contestation, mais conformément aux lois danoises. Toutefois, si ces juges ae pouvaient s'accorder^ il» choisiraient an arbitre pour cbaqne partie intéressée, et celui pour lequel ces deux se pronoBceraient d'un commun accord, aurait gagné sa cause* Mais, s'il était impossible de s'arranger par cette voie, tontes les pièces relatives à la contestaUon seraient envoyées à Sigismon4 II, élu, peu de temps avant, roi des Romains, qui finale-* ment déciderait ralTairc. Cependant, cet accommodemenl confirmé par des engagements par écrit, signes des deux parties 27 mars) ne mit pas un terme aux hostili-

tés; la paix fat rompue de nouveau. Les Holsteinois surprirent Flensl)ouig, s'emparèrent de la ville, qui fut frappée d'une contribution de 40,000 marcs, pour ne pas être mise à sac. La guerre dura jusqu'à Tannée suivante, et ce pe Ait que. le 3 octobre 1412 qu'un nouvel accom* modemeni fut arrêté par l'arbitrage du duc Ulric de Mecklênbourg CQvitfddt, p. 641D. Au lieu d'attendre quatre années encore, on voulut déjà à la $U Jean, en 1413, que l'affaire fût décidée de la manière dont on était convenu. Marguerite s'était rendue en personne à Slesvig pour négocier la paix, lorsqu'une maladie contagieuse enleva subitement cette reine courageuse, dans le port de Flensbourg, à bord du navire qui devait la ramener à Copenhague (le 29 octobre 1412).

m* Après la mort de Marguerite, Bnc de Poméranie. persistait à poursuivre avec une fermeté inflexible, ou, comme diraient ses adversaires et ses censeurs, aveo une opiniâtreté invincible, la seule idée de son régne qui lui appartint en propre, savoir: de faire revenir le ducbé de Slesvig au royaume de Danemark. A cette idée se joignait naturellement le dessein de résister à la puissance et à l'ascendant politiques qu'avalent acquis les villes hanséaliqucs, et notamment Lubeck, ainsi que plusieurs villes sur les côtes de la Baltique, en s'emparant de tout le commerce du l^iord. Le gouvernement

maUMurevx de ce roi, son défaut de capacité militaire, son manque de iK>lilique, son irrénoUtion et sa pmdlla* nimité dans les moments décisifs, ont ravalé son caractère de souverain. Il est d*autant plus difficile de le rtebililer, que ses ennemis, qui avaient la victoire de leur cdté, ont presque seuls raconté son histoire. Ainsi, il ne servirait à rien de chercber et de mettre en relief quelques points lumineux de son régne et de ses entreprises poliliqu( s. La guerre que fit un roi des trois royaumes du Nord, pendant vingt ans (do 1415 à 1435), au sujet du duché de Slesvig, avec les comtes de Holstein, les villes hanséaliques et les princes de TAliemagne septentrionale, était non-seulement funeste anx pnissance/s belligérantes, mais révélait une Aiiblesse politique dans la grande confédération du Nord qui, en quelque manière, faisait pendant avec la situation contemporaine de l'empire germanique, et finit par devenir une cause principale de la chute ignominieuse et de la déposition du roi Eric. En Danemark même, on n'a pas voulu le compter pour un mérite, qu'Eric, prince étranger, Allemand de naissance, sacrifia trois couronnes, pour arracher le pays danois de Slesvig des mains des comtes de Schaucnbourg. Eric, voulant maintenir dans la maison de Poméranie la succession au trône de Danemaric, Toligarchic de ce pays Ccar c'était le sénat et quelques ISlimiUes puissantes, plutôt que la noblesse entière, qui disposaient de tout> lui fit éprouver autant de résistance qne ses ennemis extérieurs. Nulle part il ne trouvait cette forte et vigoureuse assistance dont il avait besoin, et lui-même n'avait ni la prudence et la capacité nécessaires pour diriger les partis, ni la présence d'esprit et la force intellectuelle de se défendre contre eux. Une persévérance presque invincible, une ténacité et une opiniâtreté personnelles, qui ne s'étaient laissé comprimer ni par les malheurs ni par les humiliations, et qui, jusqu'à l'extrcmité, avaient refusé de plier à Tascendaat de s^s ennemis, tels sont les traits distinctife du

caraclère d'Eric, qui se révolent aussi (Imis la guerre contre les Holsteinois, mais qui n'aboutissaient qu'à des mortifieatioiis toujours croissantes.

Peu de jour» se passèrent après la mort de Marguerite, et les flammes de la pierre et de la discorde embrasèrent de nouveau le Slesvig. Les Holsteinois firent une irrupHon dans lUe d'Als, et accablèrent l'évôque de Slesvig de toutes espèces de violences et de mauvais traitenieiiLs. Cependant, le rendea-vous dont on était convenu, au mois d'octobre 1412, et oû l'affaire devait être définitivement jugée, eut en effet lieu à Nybaurg, vers la fin de juillet 1413. Le roi Eric y avait convoqué un grand Danehof, et une cour ioodale, dont on n'avait pas encore vu la pareille en Danemark. Hormis les prélats danois et un évéquc de Suède et de Norvège, il se composait de quatre ducs allemands, savoir: deux de Poméranie, le duc Ulric de Mccklenbourg,et le duc Jean de Lauenbourg, ainsi que d'un grand nombre de dievaliers, bourgmestres et sénateurs. Le roi lui-même, comparut devant ce tribunal d'une part, comme demandeur; et de l'autre, pour la duchesse Cqui s'était brouillée de rechef avec son beau-frère), le duo Henri de Lihwbourg, qu'elle avait choisi pour tuteur de ses fils. Celm-ci demanda l'investiture du duché de Slesvig pour ses pupilles, mais le roi, sans avoir égard à la paixdeVordingbourg, de 1392, qui, bien qu'elle ne statuât nen relativement à l'investiture, en assurait toutefois la possession aux descendants, refusa la demande, prétendant que le fief était tombé en déshérence, puisque la reine Marguerite, sa mère, l'avaH offert, en 1396, au duc Gérard, et que celui-ci avait refusé de le recevoir. Conformément aux mesmres prises antérieurement, douze chevaliers, six de chaque côté, devaient être nommôi arbitres pour prononcer la sentence définitive. Le roi fit comparaître les siens, mais le duc refusa au commencement de se conformer à la clause qui avait été Stipulée. Enfin, a choisit six chevaliers, mais le roi les récusa.

parce qu'ils n'étaient indigènes ni dans le Danemark ni dans le duché; 1<' duc Henri, à son tour, refusa même de reconnaître la faculté des arbitres de prononcer la sentence. Il exigea qu'ils donnasfient leur avis debout, en leur qualité de négociateurs, et qu'ils ne prononjçassent pas de jugement en restant assis Cad admicabiliter tractandnm stando, sed non judicialiler sedendo). Le roi protesta, ced étant absolnment contraire A la convention ooncloe précédemment, A laquelle U était disposé A se soumettre, mais voulant aussi qu'elle Mt maintenue. Eric, se levant alors de son siège royal, et tenant A la main les lettres données antérieurement, offrit de se conformer à la sentence qui serait prononcée, et, restant debout, il demanda au Daiiehof, s'il pouvait faire plus qu'il n'avait fait pour remplir ses devoirs envers TElat? Tous les assistants ayant d'un commun accord fait une réponse négative, le roi insista sur la prétention, que le duc Henri de Brunswidc, la duchesse douairière avec ses fils et son conseil de nobles, ainsi que tontes les parties intéressées dans l'affaire, chacun, enfin, qui eût en sa puissance des biens dans le duché féodal danois de Slesvîg, fût dté au présent Danehof. L*évéque Pierre de Roesktlde, en sa qualité de chancelier, ajourna les par* lies dans le délai de trois jours. Bogislas, duc dePoméranie, et les trois autres ducs allemands, somniérent eux-mêmes les assistants de se présenter au jour fixé. Le roi Eric parut \v 29 juillet, dans la grande salle des diètes du château de JMybourg, mais aucun des assignés de la partie adverse, bien que le duc de Lunebourg fût le seul qui eût quitté la ville.

£e roi exposa lui-même en détail tous ses griefs contre hi duchesse douairière, contre ses conseillers de te noblesse du Slesvig et contre le duc Henri de Lunebourg, comme tuteur illégitime des enfants du duc Gérard. 11 énuméra tous les actes de violence qu'avaient commis les conseillers et les protecteurs de la duchesse, contre les hommes du roi et contre l'évéquc; il fit observer,

eo

qu*aucune des conditions stipulées dans les difTérentes transactions n'avait été remplie du côté de la duchesse; mais que tout n'avait été que ^feinte et mauvaise foi", et que le roi et la reine Margueri-tc avaient été chargés d'une somme de 200,000 marcs lubsk pour les ùnâs de lu guerre. Il conclut à ce que le duché de ^lesvîg, auquel le roi comme descendunt, pfur sa mère, de Yaldemar le Reslaurateur» prétendait même avoir droit de aaccession, dans le cas où Ton ne reconnaîtrait pas ces titres, fût adjugé a la couronne danoise comme un fief iamb4 em déêhérMce; puisque les possesseurs actuels de ce duché non-seulement n^avaient sollicité ni obtenu aucune investiture, mais avaient refusé le service imposé au fief, et même pris les armes contre leur suzerain. La sentence fut prononcée en faveur du roi, comme la duchesse et son tuteur l'avaient bien prévu. Le chancelier du royaume, du consentement de l'assemblée entière, déclara, conformément aux lois danoises (notamment en vertu d*un article de la loi, dite la nouvelle loi de See* land» relatif au délit de félonie. contre le rofiaimné)^ que la duchesse et ses fils étaient déchus de Unis les droits au duché de Slesvig, «si toutefois Us en avaient^, et que le duché retournerait, conformément aux lois danoises et au droit féodal, à son véritabie suzerain et au royaume de Danemark ; enfin, 4a partie perdante serait tenue d'indemniser le roi et le royaume des pertes et dommages qu'ils avaient essuyés.

17. Cette sentence rigoureuse ne manqua pas de produire son effet sur la duchesse. Elle trouva bon d'essayer encore d'adoucir le roi, et chargea le comte Henri, son iUs aîné, alors âgé de 16 ans, de se présenter en personne au roi, pour le supplier de lui donner rinvestiture du duché en offrant de lui rendre le service de vassal Jamais Cdit un historien modéré et impartial) le roi n'aurait pu trouver une meilleure oecasion pour terminer, avec dignité et générosité, un difiérend si

nuisible au pays, qae c«lle qui 6'oflHt mainténanlO;

mais, par lé, les choses auraient-elles pris une meilleure tournure qu'auparavant? Ou, ia demande de Henri a-t-clle visé à autre chose qu'à ce qu'on avait postulé déjà à plusieurs reprises, c'est-à-dire que le fief fût assure, à tilre de fief héréditaire, à la postérité du duc Gérard? Le roi déclara qu'il n'accéderait à la demande de Henri qu'à condition d*étre mis en possession, sans réserve, du duché entier avec ses villes etchàteatix; tt qu'ensuite le Jeune comte se soumettrait à attendre ee que le roi, dane sa grâce royale, jugerait à propos de lui accorder. On n'avait pu s'attendre A une autre réponse; car Eric, quelque ftdble qu'il fût, avait au moins une volonté ferme et absolue, dans une seule chose, savoir: que le SIes* vig retournât à la couronne de Danemark, ou que, du moins, ce duché ne redevînt plus un ficf héréditaire, et encore moins qu'il restât, comme tel, dans la puissance des comtes de Schauenbouro^. La sentence avait été prononcée en sa faveur, mais, malgré tous ses efforts, il Ail impossible A Eric de la mettre à exécution, bien que les circonstances n'aient jamais pain hii avoir été plus favorables.

Le due Henri deLunebourg retourna dans ses Etats, après s^étre fidt donner, en compensation de ses peines et de ses frais, lè droit d'kypoûiéque de 40,000 marcs sur les châteaux de Gottorp, Plôen et 2 antres châteaux du Hoistein. On pourrait supposer, que ce fût dans le but de les assurer; mais on raconte que, pour avoir de* l'argent, ï\ avait même voulu offrir les châteaux au roi Eric. Le comte Henri de Hoistein se chargea de nouveau de la tutelle de ses neveux, mais il était devenu valétudinaire. Le Hoistein avait pour ennemis, à l'ouest, les Dithmitfses; au sud, le duc Eric de Lauenbourg. Le roi fit des armements considérables, entra dans le duché, en

i) GlirittMBi, Hîst. de Sicsvig. Hoistein. lY. p. 79. (v. Jahn, Hlit. de llMefr, p. 62).

1415, et ne trouva de résistance qu'à Slesvîgf, où les jeunes fîls d'Ëiisabeth avaient concentré toutes leurs forces. Leur courage et leur constance nous intéressent bien plus que les efforts immenses du roi, ses campagnes lentes, ses sacrifices perdus, ses négociations et procès infructueux. Le chftteau de Gottorp était dans les mains des princes ; et ce ftit là l'écneil contre lequel les entreprises du roi, pour la conquête du pays, devaient toujours échouer. Ô On trouvera aisément cette longue guerre inexplicable et presque merveilleuse, si l'on s'imagine uniquement Eric comme maître de la Scandinavie, et ses adversaires comme comtes de Holstoin. Mais, tandis que la Suéde et la Norvège devaient être étrangères et indifférentes à une guerre qui se faisait au sujet d*un duché danois, et que les secours qu' Eric devait attendre de ces deux royaumes étaient trés-&ibles et peu sûrs, les Holsteinois, de leur côté, pouvaient s'appuyer sur des amis puissants et naturels: Lubeck, qui était i lui seul une puissance entière et indomptable, Hambourg et les villes banséatiques sur les côtes de la Baltique, tantôt alliées avec le Lunebourg, tantôt avec plusieurs autres princes allemands.

Ces ennemis furent bien dangereux dans la guerre par mer et par terre; mais, ce qui était quelquefois plus dangereux encore, c'étaient les médiations et les négociations des villes hanséatiques, qui ordinairement furent faites précisément lorsque le roi avait l'avantage •de son côté, et furent rompues, lorsque ses ennemis avaient repris des forces. Il en fut ainsi déjà en 1417, le roi ayant enfin pris la ville de Slesvig (sans le château de Gottorp). U se laissa iieicilement persuader à conclure une trêve, par h médiation des villes hanséatiques, leur abandoimant la ville de Slesvig, à titre de

1) Observations sur les fortifications de Slesvig et sur leur force, V. Jahn. p. 63. 64. Des recherches et des renscig^nemeiitt plut exacts sur les localités ne seraient pas hors de pro|M>f.

gage, ainsi quo le château de Tonder au duc Henri, jusqu'au traité définitif qu'on était convenu de conclure raanée suivante (1418) à la Jean. Maû le terme étant Yono, le duc refiisa de se soumettre â la décision des médiateurs, qui parvenaient même à faire prolonger la trêve de deux ans. On n'était pas trop scrupuleux de part et d'autre à se conformer aux dispositions de la trêve, et les villes hanséatiques l'étaient encore moins, à Tégard de la remise du ^u^c qui leur avait été confié. L'évéque ayant été contraint, déjà depuis longtemps, d'abandonner son siège épiscopal de Slcsvig, les Holsteinois assaillirent et dévastèrent ses derniers châteaux. Le roi ayant exposé ses griefs aux villes hanséatiques, eut pour toute réponse, que, bien qu'elles eussent négocié la trêve, elles n'en avaient pas garanti le maintien. Le duc recouvrir non seulement le château de Tônder, mats même Slesvîg. JLe roi appela ceci de la perfidie, et nous ne pouvons pas le contredire*', c'est ce que DaUmann lui-même est obligé d'avouer.

La guerre que fit Eric pendant 20 ans, au sujet du duché de Slesvig, ne nous présente qu'une série des mêmes scènes ou à peu près semblables, qu'il serait inutile d'exposer ici avec leurs détails fastidieux^, d'autant plus que le récit de ces scènes de «guerre appartiennent plutôt à l'histoire de Danemark en général, qu'à celle de Slesvig en particulier. D'ailleurs, les sources contemporaines sont insuffisantes pour éclairer les causes essentielles et immédiates d'une si longue chaîne de revers, de fautes, «d'efforts impuissants, de projets militaires mal conçus ou abandonnés mal à propos. Si

1) Jahn a traité la déplorable histoire militaire d'Eric de Poméranie, avec tous ses épisodes politiques et incidents compliqués, d'une naalère mim détcHlée, el en ftmniiMint de BouTesax renseignemeata. (Hisk de l'Union p. 63—110.) Da k lmmm l'a écrite éTuptéê Mm * Chriitiui, aree pins d'intérêt et de déteik que planenn utree parties de l'hlstoira (Hlat. de DnnemariL. lU. p. 07—140).

l'histoire nous fournil suffisamment l'occasion de regarder Eric comme un souverain incapable sur le trône des rois du Nord, et de lui ^ispvter le talent militaire et les capacités ée capMallltf, nous sommes pourtant Migés de supposer en même temps, qu'il loi ail absolument manqué de sages conseillers et de chefs habiles dans l'art de la guerre, ou qtt'il n'ait point voulu s'en smir. Certes, ce n'était pas une démarche si fanpolitiqne et si inexcusable que quelques-ans Ton! prétendu, lorsque Eric de Poméranie faisait valoir ses droits, non-seulement dans le Danehof de son propre royaume, mais qu'il tâchait de donner plus d'authenticilé à la sentence prononcée, au moyen de la confirmation impériale (i4 juin 1415). Ceci était d'autant moins surprenant, que son adversaire, comme comte de Holstein, était prince de l'Empire, et qu'il faisait plus de mal au Danemark par Tassistance des princes et des TiHes de l'Allemagne tpm par ses propres forces. D'aMeuM, les deux partiau Cp*r la transaction signée A Holding, èn 141i> étaient ci«-> tenues de soumettre ralihhre A Tarbitrage déiniDf de rEmpereur. Le roi du Nord ne soumit pas sa cause A la décision de son supérieur; il avait, ainsi qoe le duc Henri, choisi spontanément l'empereur Sigismond pour arbitre^). Ceci est surtout applicable à la grande plai-

Min, p. 65, note 2. a, avec raison, envisafé la ifUMmu de ce point de tup. „L'Emperenr était un arbitre choisi spontanément par les parties intéressées, et )a souveraineté du roi n'i-n souifrail pas plus que s'il avait soumis le différend à la déci^on du duc de Meckicnbourg, de Claus Lembek, d'Eric Krummedigc'*. Certes, il n'en est pas ainsi de la confirmation de la sentence pro- MMée par le DaatM de Nyhoiiiii, 1410, qu'Eric «rait aelieitée et ^'il oblini de l'eraperear Si||;iâiiioiid, ea 1414; e'eal- eaUe-d ^e (Matiani a eue ea vae et qu'il bMaie CnD^MBui» frcie KOnigskrone'* [la coaroane royale toidoora likre de Danetbarkj 1780 p. 146)^ Noes faisons observer en peifaiit, qae „récril politique'* qu'invoque Jahn à l'endroil préctié, el qiii ae trouve dans le nouveau MaKaaia danois, t. VI*» n'y a pas été

doiric qui, en dernier lieu, fut hilc dovaiil le tribunal de rEinpereur (1423—1424), et qui mérite d'être traitée plus au long, parce que le grand nombre d*actes et de iémoigOMges^ qae le roi fît déposer pendant la durée du procès, contribue à éclairer les rapports politiques du SIesTÎg A cette époque, et à nous faire voir comment ces rapports furent considérés alors dans le pays même.

18w L'empereur Sigismond, qui était toujours en bonne intelligence avec Eric de Poméranie , choisit (vers la fin de l'année 1422) Henri Rumpold de Glog^au, duo de Silésie, de concert avec Jean Scliec^l, évèque de Lubeck, pour médiateurs dans la longue lutte féodale entre le roi et Henri de Schauenbourg. Le duc de Silésie partit pour Flensi)ourg. Là, il sut gagner le roi et le duc, et parvint à établir des relations plus amicales entr'eox* U' réussit à persuader (et deux partit» de reconnaître l'Empereur pour artiitre, et de lui remettre, sans réserve, la décision finale de l'affaire (\% 1 janvier 1423)0* brave et respectable duc de Silésie aurait sans doute été revêtu du plein pouvoir de l'Empereur, et peut-être aurait-il pu donner à l'afiaire une issue plus heureuse et plus pacifique, si une maladie épidéinique ne l'eût pas enlevé à Flensbourg, au milieu des négociations O* L'affaire fut tirée en longueur pendant

inpriiiié, probibl«nait par It raiion qae l« mori a surpris l'aiitenr au nHieu de wtt trayanx.

1) y. les lettres de compromis données par le duc Henri Rumpold et les deui parties, datées de Flensbourg, „in die circamdsionii domtai^ Q^U janvier) 1423 (S. R. D. TIL 390—383). Cela prouve qu'il est arrivé en Danemark dans l'anlomne de 1422.

3) Clironique do Hcrman Corner, chez Eccard. script, p. 1255. Les négociations, suivant la date des actes relatifs au procès des duchés, Qut dA être continuées en 1423. (l«a première plainte do roi Eric est datée de Flensbourg, le 4 janvier 1423. La réponse des princes de Holsteio-Gottorp, le 13 janvier i423. La plainte des comtes est datée deFlensbourg, le 5janvier 1423. La réplique du roi, Uuderslev, le 17 janvier 1423, S. R. D. VU. p. 272.

le cours de raniiée, ot ce ne fui que le H février 1424 0 que Sigismond choisit doux Italiens, Louis de Cataneis de Vérone, docteur en droit, du conseil de l'Empereur, comme commissaire, et Antoine de Pise, comme notaire. L'Emperemr donna à ceux-ci le plein pouvoir de faire les enquêtes nécessaires en Danemark, et de prendre avis des déclarations et des moyens de droit des d^ix parties. A cet effet, ces commissaires se rendirent aussi A Flensbourg, oA le roi et le duc firent comparaître leurs plénipotentiaires; Tun et l'autre portèrent leurs plaintes et reconventions, et produisirent des témoignages pour corroborer et prouver leurs litres. Le litige se réduisit à deux points capitaux: 1) si le duché de SIesvig était encore une partie du royaume de Danemark, ou s'il en avait été détaché; 2) si, en général, le duc avait des droits sur le duché de SIesvig, on s'il était autorisé à faire des prétentions sur la possession du pays A titre de fief. La première assertion du roi Eric était celle-ci: le SIesvig est une partie de la menarehie danoiee*) et n'en a jamais été détaché, ni sauê^ trait à la souveraineté du roi de Danemark. Unité de langage, unité nationale et unité politique, tels sont les liens qui unissent le Jutiand méridional au reste du

276. 293. 303). Toutefois, la date de la mort du duc de Silésie est dotttenae; il existe nn vide remarqnalile dans les actes ponr le reste de rannée 1423. Les- actes datés, relatift ao procès, ne sont pns non pins complètenient recaeUlis dans Ref^esta danica (I* P* 390. 391). Les 4 pièces précitées de 1423 y manquent tont-à-fait.

0 S. R. D. Vn. 264—266.

'^') roninie limites du Slestig, au Sud, sont indiqués: les fleuves Ëider et Lewiflgsauc, ainsi qne le rempart extérienr de Daneverk (ncnm fossato Demterh oiteriori'* ) $. R. D. VII. p. 406. ^Onicqnid in ea (Jncia anstrall) sitam est citra fossatum Dmetoerk nltêrins, qnod vocatnr in vn1|^tis eomm Sud/tréaumerk, qaia est sitnm prope civitnteiii Rendsborg, ubi a parte regai juê émi^ eum, et ab alia parte Ju$ Bohimie.'* VU. p. 411.

Danemark. Les arguments qu'il fit produire à Tappui de son assertion, devaient prouver: 1} Que, dans le Jntland méridional, dans Tile d'Als et dans le district de Dânisehioaid, on parle la même langue que dans le reste du Danemark; le» Frison» ont seuls une lu 111^11 à euxO- 2) Que les mêmes lois sont en vigueur (hms le Jutland méridional que dans le Jiitland sejitriiliional, et que les villes, chapitres et couve iils ont reçu des pi iviléges des rois de Danemark (VII. p. 32;î— 33i). 3) Que des cours de première instance du Jutland méridijjual, on en appelle à la cour de justice siégeant ù Vibourg ou au tribunal du roi dans le Danemark (Yll. p. 402). 4) Que personne n'a jamais été en possession du Jutland méridional sans l'assentiment du roi de Danemark et sans celui de son conseil, et que, lorsque les rois conféraient le pays A un duc, ce ne fut que de la * manière dont ils donnaient un château ou un fîof du royaume à quelqu'un de leurs chevaliers ou courtisans, en récompense de la fuh'lité de leurs services. Cette faculté était due aux rois; mais ils n'avaient le pouvoir de donner aucune autre investiture, suivant le droit féodal usité ailleurs, qu'on ne connaît pas eu Danemark et qui n'y est pas en vigueur^.

*) nQuUt omnet terre contente in Jàeia aastraU m i$uuki Ali9 ^ Siha damea habent mmmi ^ idtm ydioma, utnntar cisdeoi lefi-

bus, qiio db quibus utitiir Jucia rt rehqua pars Dncic" &c. (L'évoque Jean de Roeskilde) S. R. D. Yll. p«g. 404 „Le«rîliaa

d' stittiitis repiintiir. quibus cctcriDani, âf eodemydiomate utiintiir, excepta Frisia, que aliqnantulum variatur ydioniate." (Le |Mi'\ôt Jeau dclîôrgluni) p. 409. v, p. 400. (,,fVisia est pars icgniDacic**) p. 413. „IIabent dircrsas legvs; tainen oninia ipsoruiii pririlegia a re^bns Dacle." p. 419. (Frisia . . . ioquitur comfhm danicum) p. 414. 433. 424. Ac.

2) „Neino aliquot fcuduin habeal concodcre in regiio Darie . . . quia ibi nullumjusfeudale est.** Le roi peut prouver cela par les tcinoigiiagcs dea éTéqucs, chapitres, abbés, chevaliers, bourgmestrea et aénatenra, ainsi que par la loi écrite dn pays; „ct habent talc proprium jui» quod fiUa tuccedii m htttdUaU putri ocfiie Ame

Le roi prétendit ensuite, 4pi'aacun des comtes de la maison de Scliaoenboiirg-Holsleiny en général , ni, en conséquence, le comte Henri «qui porte le titre de duc^, n*a et n'a jamais eu de droit féodal sur le JuUand mé-> ridional; il appuya son assertion sur les raisons suiyantes: 1) Que les comtes de Holstcin, après la mort de Henri, dernier duc danois, de la descendance d'Abel, s'étaient intrus, sans droits ni titres, dans le duché, et s'en étaient empares par force. 2) Que l'investiture donnée, en 1386, au comte Gérard, n'était qu'individuelle, puisque le droit féodal héréditaire impérial et saxon n'a jamais été en vigueur dans le Danemark. 3) Qu'une sentence de la diète danoise ou du danehof de Nybourg avait, déjà en 1413, déclaré le comte Henri déchu de ses droits au duché, parce qu'il avait refusé non-seulement de recevoir le fief qui lui avait été offért, et manqué au service féodal obligatoire, mais parce qu'il s'était rendu coupable du crime de félonie contre son suzerain.

Le roi fil confirmer les chefs précités de son assertion, en exhibant les privilèges et droits que des rois de Danemark, ses prédécesseurs, avaient alloués à plusieurs villes et couvents du duché; ainsi que par la déposition faite avec serment devant le commissaire impérial 0» de quatre ecclésiastiques, cinq gentilshommes et deux sénateurs de Flensbourg et de Ribe, ainsi que des avocats du roi; enfin, par des témoins irrécusables qui, devant le commissaire, suivant toutes les formes judiciaires des interrogatoires, déposèrent par serment tout ce qu'ils savaient des rapports entre le Slesvig et le royaume de Danemark. Ces 27 tén)oins étaient, outre l'archevêque

rieui /iltuf , ^ fiUus patrie non indiget ipMm heradiintem in fendnm ncceplaro** *c. S. R. Dan. VIL p. 295. v. p. 237. % V. p. 401. 403. 406. 408. 4fcc.

^Testes, qui wm cum dictis Proeuraioribus juraoet-unt super capitnlis predietifl.*^ S. R. D. VII. p. 338 (ou iU aoni énnmirés). Ainsi c'était nne espèce de «conjaraloreB'*.

de Lnnd-et les quatre évéqaes de Roeskilde, Odensée, Yibourgf et Ribo, le prévôt de Bôr^lum, i'abbé du couvent de Ry, 5 autres ecclésiastiques de Ribe, Haderslev, Roeskilde et Lund, 5 chevaliers et autres gentilshommes de (liiTérenles provinces, et 2 bourgmestres de Ribe et de flensbourg^).

Le duc, à son tour, prétendit que le duché de Slesvigy avec les iles d*Als, d*i£rrôe dire.» écaii to^ourê été un pays séparé du Danemark (il met même, dans un endroit, l*tte de Langeland an nombre de ses pays héréditaires), en alléguant pour raison essentielle, que le duelié avait des armes particulières: les deux lions bleu d*azur, en champ d*or Ois avaient été empruntés aux armes danoises). A l'appui de cette assertion, contraire à tous les faits historiques, il n*avait d'autre ténjoignage, que celui qui, suivant un formulaire en plat allemand, conforme sur tous les points, avait été donné en un même jour (le 21 mai 1424 r, par les magistrats de douie rilles de Holstem^ et de deux en dehors du duché CWinzen et Ultzen), savoir: que le duché de Slesvig «autrement dit le Jutkmdf^ Canders géheten îo JvUkmde) a toujours '^} été une principauté (seigneurie) et dueké particuUert Ce» stmderiek hersehop nnd Hertiekdom), et Test encore, comme d'autres seignenries circonvoisines^); que ce doché,

0 s. R. D. VII. p. 317. QiinioiTc dépositioM de ces témoins, mises séparément par écrit, dilfércntcs d'expressions et en partie de teneur, se trouvent parmi les pièces relatives au procès. Vit. p. 401 — 426. Il est assez clair qu'cllfs ont clé faites librcnicnl cl individiicllcnioiit, mais sur les menus questions, et, par celle raison, quoique conformer en géuéral, non sans quelques Ic^àve* variations particulières.

?3 wDe temps immémorial'' CnUuod in Allemannia bassa, prope regnum Daeie, per lantum tempus, cuius inirii, seu contiarii memoria hominuni non cxistit") sont les termes de la lettre testimoniale latine (la seule qui existe) du magistrat de IVinscn, du diocèse de Verden. T. Vît p. 372.

3) „Alzo van andcrcn tlerschoppcn darumme iani( bcicgiicn.*^

avec les îles d'Als et d'^rrôc et les juridictions frisonnes, avaionl été dans la possession paisible du duc et de ses frères, ainsi que dans celle de leur père et de leurs ancêtres, jusqu'à ce (pie le roi Eric leur fit la guerre; et que ledit duché s'étend de Levmgsaue jusqu'à Koldinghuus, où commence le royaume de Danemark*). Mais le duc n*avait pas même de témoignages à produire des villes sudjatlandaises de Slesvig, E^temfôrde, Tôndem et S&nderbourg^ bien ipie ceUes-ci, étant an pouvoir du duc, n'eussent pu déposer en faveur du roi.

Quant au second point principal de l'assertion du roi, le duc objecta: que le SIesvig, avec les antres territoires et îles, était son pays héréditaire , s'appuyant en cela sur les raisons ordinaires des comtes de Holstein : 1) Que le conile Geert avait été investi, en 1330, du duché de SIesvig (niais seulement dans le cas où le ducValdemar décéderait sans fils), par un roi de Danemark, Valdemar (son pupille), „en compensation des nombreux services rendus au roi, à TËtat et à ses habitants*' (propter innnmera bénéficia sibi, dicto regno et eiusdem regni personis impensa: VII. p. 341). 2) Que le comte Gérard, père do duc, avait également été investi du duché, en 1386 (mais nulle lettre d'investiture ne pouvait être produite, et le roi récusa Thérédité du ûef). 3) Que des arbitres, dans une conférence prés de Femersund (le 26 et 27 mai 1421), avaient adjugé le SIesvig au duc et à ses frères , comme leur patrimoine ; mais ce jugement avait été prononcé par les juges de Tune des parties, %ans que la partie adverse s*y fût conformée (Yll. p. 273. 301}, et, partant, sans validité. Il faut que l'argumentation du duc nous paraisse encore la plus faible, de même qu'on en jugeait alors; et Ton était également de cet avis, lorsque, après plusieurs

t) „Dat suluo Ilertocliduni ^cyt nu van dcr IcuiiigesowciivnDd ciidei syk vor donc Slotc to Koldinglic, dar dat Rike to Dcnnemarl&en ttiighcyt." T. Vil. p. 373. (v. p. 374—381).

sollicitations et assignations inutiles faites an duc, de la part du coiiunissaire impérial, TalTairc fut enfin SOUnUse à rarbitragc de rEinpcreur.

Sur ces entrefaites, Eric avait quitté le Daneuiarlc, et s'était rendu chez l'euiperour Sigisuioud, en passant d'abord par Cracovie, comme l'on en était convenu (où il se trouva le 15 et le 20 mai ensuite à Bude,

où l'idée lui vint de faire un voyage à Jérusalem ^ par Venise. Ayant éprouvé pendant longtemps les subterfuges du duc Henri, sans avoir pu le décider à comparaître ni à envoyer un mandataire, afin que Taffaire fat définitivement jugée, le commissaire impérial quitta FIcnsbourtr, le 13 mai, et revint à Bude, le 21 juin. En attendant, le duc avait convoqué une diète dans la ville de Bornhôved, où elle se tenait d'ordinaire, afin de protester contre les procédés du docteur en droit Louis, cl en appeler à l'Empereur et aux électeurs de l'Empire. Toutefois, il jugea à propos d'envoyer ses défenses à Bnde, par un chanoine versé dans la science du droit et des lois, nommé Albert von dem Brake, et de le suivre immédiatement Le 21 juin, le duc y fut présent awee son avocat Nicolas Sachow, prévôt de Téglise cathédrale de Slesvig; et de la part du roi, Eric Ernmmedige, grand-maître du royaume. L'avocat du duc demanda d'abord que l'affaire fût ajournée, et, comme on refusait d'y accéder, il protesta, mais inutilement, La sentence de l'Empereur fut prononcée le 28 juin. Il déclara „comme l'arbitre choisi des deux parties", sur ravis des prélats, chevaliers, docteurs et jurisconsultes, que «tout le Jutland méridional, avec Slesvig, Goltorp et autres villes, Dânisch-Wald, Als et la province de Frise, avec tous les droits et dépendances, a appartenu

0 II n'élait pas prévient à Biidc, lorsque la sentence Tut rendue (comme Jahn l'a prclendii): „rumquc illustrissimus Doininns Rc^c Dacie absens esset*" (le 27 juin). S. K. D. VIL p. 38». Oahlmann. \\\. p. 112.

et appartient an roi et au royaiinu; de Danemark, et que les comtes Henri, Adolph et Gérard, n avaient ni n'avaient eu aucun droit féodal sur le duché. Du reste, le droit fui réseryé aux deux parties, à l*égard des nombreux griefs réciproques d'une autre nature, qui avaient été exposés an commissaire impérial pendant son séjour à Flen^ourg.

Les plaintes da roi avaient pour objet de demander en indemnité, à. partir dn régfne de Christophe, des sommes immenses, qu'il était évident que personne ne pouvait acquitter. Mais il demandait en outre à être indenuiisé des pertes et dommages que lui et ses hommes avaient essuyés dans le duché, par des ruptures de paix, ^;t pendant la durée des trêves. On a également des plaintes conformes, faites par le duc, où sont indiqués les noms des personnes lésées, et l'évaluation de la perte. Malgré les rapports détaillés, qui nous font connaître: que des hommes avaient été pris on Inès, que des chevaux et des bestiaux avalent été volés sur les grandes routes on enlevés avec violence, que des fermes et des malsons avaient été ruinées on totalement pillées etc., nous n*avons cependant que quelques traits des souffrances du pays et du peuple pendant la durée de toutes ces guerres désastreuses.

10. Si étrange et si extraordinaire que puisse nous paraître, sous plusieurs rapports, le procès au sujet du Slesvig, à juger d'après les innombrables pièces et actes y relatifs, ceux-ci font néanmoins preuve d*une recherche exacte, faite sur le lien, de tout ce qui a rapport à l'affhire, ainsi que des titres et des preuves juridiques des deux parties. Des témoignages avaient été donnés veitalement et par écrit, et aucune des formes judiciaires usitées alors dans les jugements par arbitres, n'avait été violée. Le procès n'est pas non plus un événement suranné et indifférant, attendu (ju'il fait voir, entre les prétentions des IIoLsleinois sur uu pays détaché du Danemark, et les efforts des Danois pour le recouvrer, les

mêmes contrastes qui plus d'une fois se sont renouvelés dans riiistoire. Aussi, la sentence impériale est d'une valeur historique bien plus importante ipi'on ne veut ordinairement y ajouter. Qu'un empereur et un tribunal de (^Empire, dans le cas présent, et dans un litige féodal, voulussent Juger d'après les us et coutumes du DatÊemarks sans égard aux coutumes et au droit allemands relatife é l'hérédité des fiefs, ce fut là plus qu on ne pouvait allendre, et donne d'autant plus de poids au jugement prononcé en faveur du roi et de ses droits. Mais si Eric a cru que la sentence impériale dût effrayer ses ennemis, ou produire de l'effet sans aucun pouvoir d'exécution, certes, il ne s'est pas abusé moins dans ce calcul que dans la plupart de ses entreprises.

A peine la sentence avait-elle été prononcée, que le comte Henri, sans tenir aucun compte de ses engagements relatifs à sa soumission à l'arbitrage impérial, comme sentence définitive, en appela au tribunal du pape, et envoya à Rome le prévôt de l'église cathédrale de Slesvig. On est fondé à croire, que son appellation ne reposait que sur de trés-faibles preuves judiciaires, car il l'a motivait parliculiérenicnt en déclarant: que la sentence avait frappé les trois frères, avant qu'aucun d'eux eût atteint la 25^ année, et que la vocation du pape était de protéger les orphelins et les pupilles. Martin V ne s'opposant aucunement à ce qu'on soumit an saint siège, dans une affaire temporelle, une sentence ou arbitrage de l'Empereur, choisit un cardinal (Antoine d*Aquileia) pour son commissaire. Celui-ci fit faire des assignations (mars 1425), et l'évéque Olafts d'Aarhuus, mandataire du roi, était déjà en route pour Rome, lorsque Sigisniond, indigné de la désobéissance et de l'obstination des comtes de Holstein, fit dislriijurr non-seulement des Ictlres sévères aux princes ^e l'Allemag^ne, afin de les engager à lui prêter leur assistance pour punir les comtes, s'ils ne se conformaient pas à la décision impériale, mais il écrivit même an pape dans un ton

sérieux et menaçant. Celui-ci jugea à propos de se retirer do raffaire, de se contenter de prêcher la concorde et d'inviter l'archevêque de Brème, la ville de Lubeck, et plusieurs autres villes de l'Allemagne septentrionale, à récrier le différend par leur entreniMe^).

£ric de Poméranie revint en Danemark, an prin* temps de 1425, «enrichi de deux parchemins impérianx*, dont Tan lui accordait entr'autres un droit qu'il n*ayait pas eu besoin de se foire donner par l'Empereur, c'està-dire celui de conférer des diplâmei de noblesse, fl fut probablement le premier roi, qui en délivrât dans le Danemark; „car", dit Dahimann avec raison, „Eric, toute sa vie durant, n'atteignait jamais à un plus haut point de vue qu'à celui d'un prince de Poméranie'^. L'affaire n'étant pas avancée en 1426 d'un pas plus loin qu'il y avait 3 ou 4 ans, le roi s'aperçut enfin que, si la sentence de Temperenr Sigismond devait être mise à exécution, ce serait par la force des armes. Eric fil des armements plus considérables que jamais, et la guerre commença comme de coutume, par le siège de la ville de SIesvig et du château de Crottorp. Au bout de quelques mois il fut obligé de lever le siège avec autant de honte que de perle. Les Holsteinois^ fortifiés par de nouvelles alliances avec les villes hanséaliques de l'AUeniagne septentrionale et de la Basse-Saxe-), commencèrent alors une guerre ofl'ensive (1427> La flottille de ces villes saccagèrent les lies danoises de Bornholm,

Les lettres du pape adressées à l'archevêque et mx villes susdites, ainsi 4|ae celles an roi Eric et avx contes de HolsteMi, se Iroavent dans S. R. VIL 453—455.

t) Une ligue condae le 87 septembre 1427 Cîonr de St. Cosmi et Damiani) contre le roi Eric, entre les ducs Henri, Adolphe et Gérard, et les villes de JaA^A, Bamkimrg, jMHAmwg, Wimmmt, StmUuHd et Rotfok, est imprimée dans Recueil de Poméranie, publié par T. II. Gadcbnsch IV. vol. p. 21-^24 (manque dans Regcsta Dan. 1. p. 400).

Laaland, Falstcr^) et Môen; les revers se succédèrent pendant plusieurs années consécutives, et causèrent de grands ravages dans le pays. Le duc Henri ayant trouvé la mort par sa propre imprudence, au siège de Flenfibour^ (4 mai 1427), Eric fui débarrasse d*un ennemi plein de bravoure, de courage et de mérite; maisrinfortitne et rhumiliatîon n*en furent pas moins le sort qui hd était resenré, pendant les quatre années que durait la guerre encore.

Les Holsteinois s'étant emparés de Flensbourg et ensuite des deux châteaux de la ville, il ne restait au roi dans le Slesvig, que la ville de Iladerslev. Les Ilanséates, (pii faisaient seulement la guerre en marchands, trouvèrent enfin qu'elle avait duré assez longtemps, et que, malgré les perles et les ravages que souffrait le Danemark, ils perdaient au fond plus qu'ils ne gagnaient, tant que la Baltique n'offrait plus aucune sécurité à la navigation. Les Holsteinois, de leur côté, ayant affermi leur pouvoir dans le SIesvig, et comprenant bien qu'on ne vivait plus du temps de Christophe II et de Gecôrt le Grand, se déterminèrent également à accepter les offres de paix; le comte Adolphe s*humiliait même jusqu'à offrir, comme vassal du roi, de lui demander pardon, à genoux, de la guiMTo qu'il avait faite. Une trêve (1431) fut C1432) prolungcc de 5 ans; des troubles et des soulèvements en Suéde (1434) précipitèrent la paix avec les villes hanséatiques (juillet 1435)^). £Ue leur valut de grands avantages commerciaux, par la diminution des

1) Geyioiy qu'on Ironve chn Herauiiitt Corner « doit êtro Qtiaàr dans rtle de Ktbier (terra GetsOr, ches EriCM Olai, p. 197) que DaUnann n'a pas connu. IlL p. 137. Note 3.

2) La paix entre le roi Eric et les Yilles deLubeck, Hambourg, Lnneboury et Wismar (Straisund et Rostok avaient déji fait la pais plus tôt), fut conclue i Vordingbourg, le dimanche après la St. marguerite (le 13—19 juillet) on 1435. Imprimée à GadehuMchy Rpcucil (le Pomcranic. I. p. 37—40. (manque dans Regesta Dan. 1. p. 412). '

droits du Sund, et des conditions plus favorables que celles qu'Eric ne leur avait offerles en 1430. En même temps, (Vording-bourg^, le 15 juillet 1435} la paix fut conclue entr(^ le roi et le comte Adolphe — paix qui, quoiqu'elle mit fin à la guerre, n*en étouffa pourtant pas la première cause, et ne fit pas non plus atteindre à Eric de Poméranie le but pour lequel il avait prodigué, pondant un si grand espace de temps, le sang et le trésor de ses trois royaumes^ c'est-à-dire, la réunion du Slesvig au Danemark; mais, d*nn antre côté, elle ne donna au dernier comte de Scliiuicnbourg que la possession à vie du pays contesté depuis si long^temps. Il devait garder à vie ce qu'il possédait déjà du Slesvig-, ainsi que les îles d'Als, de Fehniern et la Frise septentrionale, et ses héritiers en auraient la jouissance pendant deux ans après sa mort. Mais, de même que, dans la lettre de paix, il n'est qualifié que du titre de ^comte*, de même il n'y est pas question d'une investiture ni d'une possession féodale du Slesvig. Le roi garda Haderslev, iErrôe et la moitié des Iles de Fôhr et de SyU. Quant aux affaires qui étaient ou pouvaient être regardées comme indécises entre les deux parties, elles devaient être ajournées, pour se t(Tininer à l'amiable par des négociations et des conventions dans un avenir incertain. Comment cet avenir serait-il devenu si Eric avait occupé le trône de Danemark jusqu'à la fin de ses jours? — Pour le Slesvig, il serait difficilement devenu meilleur et plus favorable, que pendant les vingt années où ce pays fut obligé de porter la peine de la désunion des princes.

M* Depuis longtemps,* l'incapacité du duc de Poméranie de régner sur les trois royaumes du Nord, avait été de toute évidence. „Du moment ot il avait perdu

la reine Marguerite, il était nuilheureux dans toutes ses entreprises^ (Hvitfeldt). En Suéde sa chute lut préparée et mûrie; en Danemark sa destinée se consomma, alors que la sédition des paysans du Seeland et du Jutland,

en butte à toutes espèces d'oppressions et de louriiients, avait fait acoroitre le mécontentement de la noblesse. Le roi ne semble pas avoir été insensible aux souffrances et aux vexations des paysans, exercées par des seigneurs hautains et audacieux; il fût même accusé de foire seulement semblant d'exhorter les paysans à Tobéissance, tandis qu'il contribuait à les exdter contre les seigneurs ^j. La noblesse du Jutland, qui courait le plus de (laii|^crs, prenait ses niesur(\s pour s'assurer, en cas de besoin, de l'ussistance du comte Adolphe de SlesvifT, et s'adressa à Christophe, neveu d'Eric, duc do Bavière et comte palatin du Haut-Palatinat. Après qu'elle eut renoncé, le 24 juin, à la foi et à l'obéissance jurées à Eric, le duc Christophe fut accueilli (juin 1439^, à Lubeclc, par des émissaires du sénat danois, et reçut depuis l'hommage à Vibourg, le 10 (9) avril 1440, comme roi de Danemark. Eric, au lieu de défendre ses couronnes et cherdier du secours en Norvège, où l'on était disposé à lui garder, autant que possible, la fidélité jurée, s'était retiré dans THe de Gotland. Il ne fut donc plus question de lui, puisqu'il renonça à toute résistance et chercha seulement à se maintenir dans l'île de Gothind. Christophe obtint aussi la couronne de Suéde Tau mois de septembre 1441) d'une manière extrêmement facile, et la Norvég^e se soumit alors sans aucune difûcultè.

Dés lors, c'en était fait de la longue lutte d'JSric de Poméranie pour réunir de nouveau le Slesvig au Danemark. Le sénat, dans la première conférence à Lubeck de Christophe et d'Adolphe, avait déjà promis à ce dernier, de lui conférer Hadersiev et iErrÔe, qu'Eric de Poméranie s'était réservés C2 juillet 1439). Ce ne

„Lc roi Eric avait quelquefois envoyé son meua^r anx séditieux (en Judand), comme 11 l'éerit, pour apaiser les paysans; mais quelques-uns pensaient, que c'était plutôt pour les exciter". Hvitf. L p. 803. V. les griefs du sénat danois contre le roi Bric. Hvitf. I. 823 (V. p. 806. 827.).

fut pas cnvain qu'Adolphe s*était tenu tranquille, pendant que la noblesse danoise préparait la déchéance du roi; ou peut-être avait-il même promis d*y coopérer, Christophe de Bavière, qui, de son petit palatinat ou d'une partie de ce pays héréditaire, fut appelé au trône royal de son onde maternel, trouva qu'il valait bien la peine d'ajouter la couronne de Suéde et de Norvégre à celle de Danemark, mais d'un antre côté, il ne se soucia guère d'examiner les titres du comte Adolplio à la couronne ducale. Trois semaines après avoir reçu l'iiommagc à Vibourg, Christophe conféra au comte l'invesliturc du duché de Slesvig en fief héréditaire. Cet acte eut lieu à Holding (\c 30 avril 1440) avec beaucoup de solennité, suivant l'usage allemand. Le sénat danois consentit et confirma l'investiture par une lettre partîcoliére. Adolphe avait enfin obtenu ce qui avait coûté tant de luttes à lui et à sa famille, mais il ne laissait point d'héritier du fief héréditaire. Le sort avait voulu que le duc fttt le dernier de le maison des comtes de Schanenbourg, qui, presque pendant 200 ans, avait constamment travaillé à rafTaihlissement et à la perte du Danemark.

La mort subKe de Christophe de Bavière à Ilelsingbourg (6 janvier 1448}, sans laisser de successeur au trône, ouvrit' un libre champ au choix du sénat, entre un roi descendant d'une famille noble du pays, ou d'une dynastie de princes étrangers. Quant au premier de ces choix, il ne trouva pas l'approbation de la grande majorité des nobles, qui ne voulaient pas se soumettre à un de leurs égaux. Le Danemark n'avait ni un Sture, ni un Gustave Vasa. On song-ca alors au duc féodal danois, probableiiuMit parce qu'on espérait ol)lenir, sans coup férir, ce qu'Eric de Poméranie n'avait pu eflfectuer par vingt années de guerre, de procès et de négociations, c'est-à-dire: la réunion du Slesvig au Danemark; ou peut-être espérait-on déjà alors, en déférant la couronne au comte de Holstein, de réunir ce pays à

la monarchie 0* Mais le duc Arlolplio, n'ayaiit pins aucune chance d'avoir dos héritiers, préféra le SIesvig et le Holstein à celle de porter trois couronnes royales, dont une lui fut ofTerfo sur-le-champ. Cependant, peutêtre aurait-il montré uioitiâ de résignation, s*il n'eût pas eu un neveu y qui depuis ses premières années lui était aussi cher, que s'il avait été son propre fils. Le comte Christian d'Oldenbourg , que le duc proposa à sa place, semblait posséder lont^ les qualités qu*on pouvait désirer dans un jeune prince, qui devait fonder une nouvelle dynastie, et, en outre, celle de descendre d*nnc, fille d*Eric Glippingf. 11 jura la capitulation que lui présvuiix le sénat, reçut Thoniniage comme roi de Danemark, à Vibour^r, le 28 septembre 1448, et épousa, le 28 octobre 1449, la jeune reine douairière Dorothée de Brandebourg.

Déjà plus tôt, sous Christophe de Bavière, le duc Adolphe, ayant désiré voir le comte Christian désigné pour son successeur, avait engagé la noblesse du 5/e#vig à lui rendre hommage en cette qualité; mais seulement une partie de la noblesse du Holstein avait été disposée à accéder à la demande d'Adolphe parce qu'il y avait en Allemagne une ligne collatérale de la famille des comtes do Schauenbourjr, qui possédait également une partie du Holstein, savoir le Pinneberg. Depuis, — racontent des chroniques lubeckoiscs — comme il était question de choisir Christian pour roi de Danemark, il fut obligé, à la demande de son oncle maternel, é ce qu'on dit, (mms le duc était certainement loin dy prendre part} de renoncer et au Slewig et au Holstem pour lui et «es héritiers; et, afin de rendre la promesse d'autant plus obligatoire, il confirma (}e 28 juin 1448}

1} ^Seendcs oc dci hedcn, at FOrslcndommcl och del Greffueskab llolsien liunde forcnia incd Higet/* Hvidlfoldt, II. p. 8-48.

2} ('hroniqnc de Dctmar, par Grauioff. II. p. 119; la seule source de ce luit (v. Dakiraann» ll'tsU de Danemark 111. p. 201).

la eoiMftltilMMi susmentionnée de Valdtmar^ on Tade d'assurance de 1326, qui statuait: que le duché et le royaume n'auraient jamais un seul et même souverain. 11 est clair que Tobligation qu'on imposait ainsi au comte

Christian, était plutôt une condition stipulée parles Holstcinois, qui proiitaicnt des circonstances du moment, qu'un effet de la politique du duc Adolphe; il est également clair, que dans cette occasion, on n'a pas particulièrement eu en vue le maii^en des droits et des prétentions du Hoistein* Le duc aimait trop son neveu pour le priver d'aucun pays dont il eût ia chance de se rendre maître 0* Ainsi il se fit donner C^n 1455) par (Tristan I la confirmation de l'investiture héréditaire du duché de Slesvig quUl avait reçue, en 1440, du rot Christophe, voulant évidemment par là contribuer à empêcher ou à atténuer la validité de l'acle d'assurance donné par Christian, en 1448. Si le duché, en 1455, fut conféré a Adolphe en fief héréditaire du royaume de Danemark, il fallait, à défaut d'héritiers naturels, qu'il retournât au royaume ou qu'il échût à Christian 1 comme le plus prodie héritier collatéral des ducs, sans que ses obligations personnelles, contractées précédemment envers les états généraux du Slesvig et du Hoistein, pussent être -prises en considération. Si le Slesvig était un fief héréditaire de la couronne danoise, le plus proche héritier ou le feudataire ne pouvait pas renoncer, pour lui et le royaume, au droit qu'il avait confirmé comme roi.

Dans les temps récents on a beaucoup écrit sur le diplôme et sur l'acte, par lequel il devait être confirmé. On a douté de l'authenticité de la lettre, attendu

1) Dablmann est du même avis, bien qu'il en fasse une autre appli~

cation. Il paraît qu'Adolphe lui-mtîme, cédant dans la suite à son penchant pour l'agrandisscmont du pouvoir de son neveu, a éfialcnicnl changé d'avis à l'éirard de ses pays ht rtditaires. Voulant tout remcUrc entre les mains de Christian, il laissait tout indécis d:c. Uist. de Danemark. III. p. 203.

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qu'elle n'a jamais paru nulle part, et que personne n'a jamais connu de sa teneur que les mots jpréfÀtéB «pi'oa faisait confirmer à Christian On ne Murait disoomrenir que le prooédé qu'on avait suivi, en eonfirmunt un document politique d'une si haute importance, sans le reproduire en entier dans le nouvel acte d'assurance, ne Ait aussi singulier qu'extraordinaire. Ce qui est encore plus remarquable, c'est qu'un document aussi important pour uppuyer la prétention dvs comtes de Holstein au Slcsvig, n'ail jiunais été invoqué pendant plus de cent ans (pas nuMue dans le procès avec Eric de Poniérunie), et qu'il n'ail pas produit le moindre efifet, après avoir été signé, en 1326,

0 n ett noioire, qu'entr 'autres on a Irouvé une raison dcssoupçont tiur la prétendue eonstitutiOB de Veldemar, on 0arn lenew dee eMdile nots, ea oe ^ Chriilian I (conne on le tait ègalenwBl de son s^onr à Home) ne «vaH pm lelafan, et, eneontéqnence, rommc il est dit dans la confirmation de 1448, «se fil expliquer la significalion des termes." Mais, précisément ces nota, ajontéa exprès, devraient plutôt constater l'existence du document d'une date «ntéiinur. Un ji^rand nombre de prinres et de seigneurs du moyen âge n'ciitrudaicnl guère mieux le latin que le comte Christiiin d'OIdj uijourj;, et pour la signature des diplômes ils étaient obligés de se fier à leurs chanceliers ecclésiastiques, à leoff ceateinefti ou i d'autres fonctionnaires affidés. Certes, Cbrialiaa n*a paa nuinqué d'un pareil personnage, pour se fiUie expliquer le puMage en qneition, et on poumit bien admettre qu'il l'ait fait précisément parce que la aignatnre de l'article lui a paru miapccle. — D'aillenra, il y a d'autrea droonstanecs qui pourraient rendre encore plus doirteuse l'authenticité de la constitution. La clause confirmée par Christian I, on tout l'acte d'assurance de 1326, ne se trouve énoncée ni dans la lettre d'investiture r« lnlivc au Slesvig , que le comte Gérard se fit donner en 1326, ni diins le document par lequel le sénat sanctionnait l'investiture. Ce qui n'est pas moins singulier, c'est que Corn. Scepper, du temps de Christian II, et le roi lui-mémc ont ignoré l'exiatenee d'un pareil acte d'aMurance eoninné par Christian I. HvitMdt et d'autrea anclena hittoriena koUitMê n'en font pa» non plui menHon (v. le BroM féodal danoii, deK.Aaclier, Oenvrca jnridiqnea. II!. 427.)

jusqu'à son apparition soudaine, au moment où le comte d'Oldenbourg allait monter sur le trône de Danemark, el que la noblesse du Holstein ciiit trouver, dans ce document et dans Taven du oomte Christian, la confirmation de leur prétention: que le duché de Slesvig» à la mort d'Adolphe, ne retournerait pas au Danemark, mais que le comte serait tenu de renoncer ou A la couronne royale ou au duché. Quoi quil en soît, il nVn est pas moins avéré el authentique, que Christian a reconnu et signé, pour lui et ses héritiers, ladite clause relative à la séparation des duchés du royaume, et que rengagement fut annulé et la clause abrogée du consentement volontaire des contractants, seulement douze ans après avoir été signée. Ce qu'en général on n'a pas pris en considération, c'est que rengagement personnel que contracta le comte Christian d'Oldenbourg Oe 28 juin 1448), avant quHl fûÈ proeUmé roi de Bouemark, était sans validité juridique, puisqu'il ne pouvait aliéner aucun pays ni aucun droit d'un royaume dont il ne portait pas la couronne; et qu'il n'en avait pas même la faculté après avoir été élu roi, sans l'assentiment des états généraux 0-

1} Estrup „Siir TinditMliibilité do Slnvig et du Holslein**, Copenhague 1832. p. 10» 11. 13* L'anlenr fail voir (jp. 13. 14.} comment la confirmatioii, dooséo par CkriatiaD I, «a mois do jnin 14tô, mx étati généraux du Slesvîg et du Uolstein, était con- Irairé à une clause de la capitulation danoîie, qu'il Tut obligé de aigncr à Haderslev, le l' septembre (Nouveau Magasin danois II. p. 127), avant qu'il pût être proclamé roi. A ce sujet le professeur Michelsen a f;«it observer: qu'il laiit distin^cr entre une partie d'Etat (eine Slaatsterritorium) et un bien -fonds privé „«»em Privât grundstûche'*^ par lequel il entend ce que la capitulation appelle „Rigens Sloît, Lan eUêr ReiiU^ (cbàteavx, icfo on rentes dn royaume), que lerol n*n paa le droit d'aUéner. Maie c'est là nnedistinctionqninepentptsétreapplifnéolci. H y a nne loi fondamentale dont 0 est sonvent question dans le droit publie danois dn moyen âge, savoir: que les rois deDanemaili n'étaient pas en droit d'aliéner ni d'inféoder aucune partie du royaume.

M. Cependant» les éTénements suivants étaient tds, qa*Û ne fiit pins question de la légalité ni de l'illég»tité de la confirmation de Christian I du prétendu ^cte d'assaranee de Valdemai^. Adolpbe VIII, le dernier comte de la maison de Scliauenbourg^ en Holstein, depuis le 30 avril 1440 investi du duché do Slesvig à litre de fief héréditaire 0, mourut le 4 décembre 1459. Le comte Olhon de Schauenbourg, parent de la ligne holsteinoise de celte maison, prétendait, non sans raison, à la succession au Uolstein. li fondait en outre ses droits sur un pacte conclu en 1390, entre les deux i%nes, en vertu duquel le droit de succession serait réciproque, même pour des pays et fiefe acquis après la eondusion du paete^. Le comte Othon, en s'appuyant sur ces titres, voulait même étendre ses {nrétentions jusque sur le duché de Slesvig. Mais il n'était pas le seul prétendant Les trois frères de Christian I, comtes

«oU petite soit grande, de mamàre à Ven tq^arer, et que le succMsear d'an roi pomit rémiir A la cooronoe les pays que aoa prèdèceneur avait aliénés sans en avoir eu le droll (v. S.R.D. VII. p. 408. 404. fte. 413. 420.). Nous pouvons trouver entr^ autres dans l'investiture donnée par Eric Henved, en 1311, an due Henri de Mecklenbonrg, de la >-iIIe de Rostock et du pays adjacent, un exemple d'une investiture durant la vie dusuêermim, légale sur tous les points, suivant le droit public.

1) On a raison d'appeler celto investiture du Slesvlf , In fremièn

dont riicréditc est incontestable; aucun historien ni publiciate danois n'a J^amais élevé des doutes àcesujct; tandis que l'investiture même donnée par Marguerite, en 1386, ne fut jamais reconnue hcrcdifairc par son successeur, et celle enfin (ju'Eric donna, en 1435, était restreinte, comme noua l'avons vu plus haut, à la vie du fcudataire.

îji Ledipidme a été imprimé pour la l^fois, surToriginal, dansl'histoire de l'Union de Jahn p. 548—50. Chrisliani (IV. 366— 6.s), Ir nîuil la lettre seulement d'nne copie incomplète, n'en a pas connu In clause la plus impoiiaiile, relative au pacte de succession. (Biatoire moderne duSIesvig-Iiolslciu pendant le règne de la maison d'Oldenbourg. I. p. 17.}.

d'Oldenbourg, prétendaient au moins le droit de ce partager rhéritage du Holstein, miqael ils aTaienl éridennment des titres moins valables que ceux dn comte de Schanenboerg. Enfin, Christian I, en sa qnaKté de roi de Danemark, prétendait an duché de SIesvig, en fief ' tombé en déthérenee au royaume de Danemark. U pen-> sait que ses droits étaient (ruulant plus incontestables, maintenant que le feu duc no laissait aucune postérité. Si Ton voulait au contraire étendre la succession féodale à la ligne féminine, il serait précisément le plus proche héritier, comme fils aîné de la soeur du duc Adolphe. Ainsi, les rapports du roi avec le dmehé de Slesviff étaient bien difiiérents de cevx avec le comté de Helsfetn, comme fief de l'Emparé. Qnant an Holstein, il était obligé de foire valoir ses titres auprès de TEmpe-reur et du corps équestre du pays, comme l'ordre représentatif le plus important et le phiâ pidssant dv Hoîstein, dans le cas où il réussirait à s'arranger avec la maison de Schauenbourg, qui ne voulait pas abandonner, sans compensation, ses prétentions légitimes au droit de succession.

Ces prétentions avaient d'autant plus de poids, qu'il y eut parmi la noblesse dn Holstein nn parti du côté des Schauenbourg pins disposé à se soumettre à un prince indépendant de l'Allemagne, qu'à rendre hommage é un roi de Danemark, comme duc de Slesvig. Mais un autre parti plus puissant ne voulait pas que les liens qui depuis si longtemps avaient uni le Holstein au Slesvig, fussent rompus. Dans le duché, c'étaient, en grande partie, des familles de noblesse holsieinoise, qui disposaient du pays et décidaient de son sort; déjà depuis longtemps le Slesvig avait été réduit à une position dépendante du Holstein. C'étaient les princes de ce pays qui, avant et après le temps du comte Geert le Grand , faisaient mouvoir les ressorts de la politique des ducs de Slesvig; et tandis que ceux-ci

étaient seuleintnl de nom les feudalaircs du roi de Danemark, ils étaient à regarder pendant longtemps cunmic de véritables vassaux holsleinois. Le pays était traité de la même manière maintenant, et son sort se décidait plutôt dans Tintérét da Holstein et de la noblesse holflteiiioifie, qne par la volonté individuelle des habitants 4k Slesvig. Chrislian 1 n*était pas fâché d'acquérir ptaaievn paya encore pour la monarchie du Nord, el il arait un sénat en Danemark, parmi les membres duquel il y aTait difficilement un seul dont toute la politique ne se réduisît à supposer, qu'on tronverait le meilU ur abri contre de nouvelles brouilleries sur le Slesvig, si le roi régnait aussi sur le Holsiein. A coup sûr, il a été question de profil(T dos circonstances pour annexer, par des liens indissolubles, le Slesvig au Danemark, en réunissant le fief à la couronne, puisqu'il est évident que la noblesse du Holstein redoutait «n pareil retour^. Mais Christian I y renonça, dés qttll ent la chance d'acquérir le Holstein. La noblesse de ce pays ent une conférence i JVsvsNMsfer, le 20 janvier 1460, mais l'aiTaire resta indécise^. Dans le dnché,

i') f,Ok sprak de koiiing dat hertichdom an van leenwar wegben,

unde sede, al trere he neen eme darto, so wcret doch eme vor~ tallaiy tcenle id fjhinge ran lene: und weii dav neen redit ri ve te wcre, so A ilct up don Iccnhcrn. Aldus wart grot twcdiacht mank der nianacop uiidc dcn guden ludeii in dcnie hertichdoin, aSUe ok in der grcveschop" &c. Chroniqne de D«taiar, publiée par Grantoff. II. p. 22t.

Dahliiiaiin, III. p. 205, appelle la coiifcrencc à Neumunster une diète sUsvig'-hohInHoise („die Stânde beider Lande*', les étala dea deux pays). La preuve eonteane dans les sources qu'il a eonsuliées n'en parait guère satisAlsante. Il cite la relation de Tratiiger (WestplialeD, Mon. III. 1358), mais il n'y est question que du corps équestre des deux psys, le Holstein et lu Stormario. Dans la continuation de la chronique dcDctmar (GrautofT II. 221) il est dit: „Dc gudcn lûde uth dénie lande to Uolsten'* Cnoblcsse du pays de Uobtein); et, dan« la suite, ndeUoltten**

la majeure partie de la noblesse était pour Christian. Une conférence eut lieu, plus lard, à Rendsbourg (le 11 février), où les Holsteinois, de concert avec quelques membres du conseil du roi (de Holsten myt des koniges Rade), déterminèrent les futurs rapports politiques des deux pays. Des ambassadeurs des villes de Lubeck et de Hambourg avaient été assignés, et s'étaient présentés; mais les Holsteinois évitèrent tonte diseussion avec le comte Gérard, frère dn roi, et avec les eon* seillers danois. On convint avec le comte de Sdumenbourg d'une nouYelle assemblée, mais celle-ci n*eut lien que le 11 mai, après que l'hommage eut été rendu à Ribc depuis longtemps. Le comte Othon de Lubeck fit connaître ses prétentions, comme le plus proche héritier du Holstein, mais les plénipotentiaires de la noblesse du Holstein lui firent la réponse catégorique: „quc le roi Cliristian et ses frères étaient plus proches héritiers que le comte, pvisqiÊ^iU étaient les /iU de la soatr du fm due Adolphe, et que dan» le pays dee Saletei^ nois la ligne féminine est aueei kahile à eue^ eéder que la ligne maeculine^'); quant an pacte

figurent partout comme les personnages principaux, bien qn'il soit ajoute dans un endroit: „quc la majeure partie de la noblesse du duché voulut (à Neumungler?) avol»' le roi Clirislian". Albert Krantz, qui était à peu près contemporain (Saxuuia L. XI. c. 37}, et que Dahlmann ne cite pa«, a ce passage remarquable: ^Tum frœêrta B«hmt9nm tni fecere ariritrii quem velleDt dAiinum, elegemntqne regem Daniv,. ut fierat Cornes IfolMiûa .... Perventt ergo Comitatna ad regem; Duealut matm lune Conma» cottsolidalur, quod diu a regibos per multoa laborea qnvaitom. Sed filii rc^ts eundem Ducatum pâtre moriente, denuo corona separatum, iota- «e, ut Holaatiam, diviscrunt."

0 »To dîasen reden antwerden de Holaten, dal fcanyngh ChrialierD unde aine broder van erftales weghen negcr weren wan he, vente §e fiwm tmefeiégitder hertigem Aine, de wretorven woêp unde de spillesyde mochte erven in ereme lande so wol, aise de sipcrtsyde." C'est le chroniqueur contemporain lubeckois, (|4ii a coutiiiué la chronique de Detinar, pour les

relatif à la succession, il ne lui donnait pas non plus de drotis, vu que le conseil du pojfs ne l* avait pas sancHonHé'^. C^ente de rad 4ê9 Umieê kadde dai uicki Mecei mée hûvuibordêi).

La oonférence défimlive devait avoir lieu è Aièiv le prenier dinanche du oaréne. Chriatiaii 1 a*y rendit, afin He aietlre le sceau public à ee qui avait déjà ôté décidé et accordé par les résolutions prises aux assemblées du ilolsteÎR. On n'eut aucun égard de part et (l'autre aux rapports féodaux, à Tunion du Slescig au Danemark, ni à colle du Holstein à l'Alleinag^ne. Christian { renonça à sou droit de succession et à cohii de ses frères, et abandonna les droits du Danemark i»ur le duché, en fief tombé en déshérence. La noblesse du Holstein, qui venait d*ininner les titres des comtes de Scbnuenbourg et de reconnaître las droU$ de sncMtsImi des neveux du duc Adolphe, s*arrofea alon un droit d'élection qui ne lui avait jamais appartenu, et qu'elle exerça sans la participation des citoyens et des paysans. Ce furent aussi les Holsteinois qui décidèrent de tout dans la ville de Ilibc; mais l'évèque de Slesvig^ était au luoins d'accord sur l'élection, et ce fut lui qui, de riiôtt'l de ville de Ribe, annonça au peuple: ,.que le conseil de Holstein, pour la prospérité du pays, avait

•nnéet de 1401 à 1482 — snivant le jngoment de DMiuum, Jftdbdfc», Faiek el pliuieiiri hutoriens iMltteinow, une de« eoiurces les plu sArei et aotbeaiiqurs de l'hialoire de HoUtein,

el Dahlmann « eouollée el citée eu toute on noion — qni fournit cette pièce remnrquahle pour le droit piiblir du llulstein (EdiU de (jrautoiï II. 224^. Falck a cepeiidaiil oublié de citer ce passa}]^, si important pour jeter de la clîirlé sur le droit de succession el l'ordre de succession du IlolsU in, lorsqu'il s'exprime fur cet objet en ces termes : „qu'il iic peut plus être duuteex qu'aprè* Textinciion de la li^rne mescaline, la ligne fémiaine ne iranienne na irAne^ (Droil privé dm Steivig^Holatehi. II. 1600 New v«yone ici qne let Holsleineis, avivent le droil de encces.sion de leur peys, préfèrent mémo aux agnels frfna éiot- Rnés, les cognais pins prooiies de la lige dea princes delenrpaya.

proclamé duc de SIesvig et comte do Hokstein leur seigneur, le roi Christian de DanomarkO-

Le comte Olhon de Schauenbourg donna un libre cours à son ressentiment („Aldus mllen dar vêler quader morde underlank**) à la conférence de Lubeck, mais il fut néanmoins obligé de reconnaître qoe ses droits étaient trop faibles auprès àu pouvoir des seigneurs du Holslein. * U se contenta enfin des 43,500 florins^ dn Rhin qu'on Ini offrit, moyennant lesqsels il . renonça à son ^oit ée SQccession. Le roi rénssit également à engager ses frères à Tendre leurs prétentions sur la snoeession mx deux pays, mais depuis, il en coûta assez cher aux seigneurs holsteinois que le comte Gérard d'Oldenbourg, le frère turbulent et belliqueux de Christian I, eut sujet de se plaindre du mauvais payement 11 ne fut pas non plus le seul des créanciers du roi dont la^ créance datât de l'acquisition du Slesvig et du Holstetn. Quelques gentilshommes holsteinois vendirent même leurs svATrages pour l'élection du roi, quelques-nns moyennant de l'argent comptant el des créances »de cinq miHe, six mille florins et plus*; d'autres en se Ihisant promettre des donations viagères de châteaux et de^ do^

^) „D«t de Rad ta» Hulam^ nmme des beslen wifleo ères lande* luidden |{:lickoreo Tor enen herloghtii to Sietuffk unde enen gre-

Ven to Iiolstcn eren gnedigen lierren koninii^rt isticrn vnn dennemurken.** (chronique de Lnl)ccli) (iiauloff II. p. 22'^. 11 n'y est non plus rytiestion que des Holsteinois. Dalilmann, III. p. 207, ajoute de son propre chef: „Der Kath der Scbieswig-liolsteiuer^ (le conseil des Slcivig- Holsteinois^.

2) Pour ce qui a rapport à la grandtur de la somme» aux ternies et

aux Irllros de quittance pour le payement, v. surtout les rensei^^nenients rritiques chez Chrisliani: le Slesvig- Uolsiein soua la maison d Oldenbourg I. p. 28— 30.

3) V. la relation des contestations et des combats da comte Gérard avec son frère, dans ,JlisL de Danemark sous les rois deTUnion, de la maison d Oldenbourg." par Aloibecli i. CAo\-<ie historique VI. p. 196-215}.

niaines de la couronne, qu'ils avaient en gage ou en

administration 0-

Cependant, on ne se contenta pm émargent, La noblesse du Holstein et du Slesvig, profitant du désir du roi de réunir les deux pays A sa monarchie du Mord, poAr y introdnîre ma gouMmmeni électifs qai josqa'alom y ayait été inconnu, veillait en même temps au maintien de ses privilèges. En elioisissant, à la diète de Ribe, en 1460, le roi de Danemark pour dnc de Slesrig et comte de Holstein et de Stormarie, la noblesse avait en effet annulé la promesse donnée, en 1448, par Christian I, pour lui et ses héritiers , conformément à laquelle il s'engageait à maintenir la prétendue constitution de 1326, qui statuait que „le Jutland méridional ne serait jamais réuni ni annexé au royaume et à la couronne de Danemark, de manière à les soumettre tous deux A la doua* nation d'un seul mettre^; cependant, elle se fit donner la capitulation Importante CÂitée * de Ribe, le 5 mars d4^), par laquelle la réunion au Danemark devait être Mtendue et restreinte, de sorte que Christian I fut éhi et proclamé seigneur desdits paysO, non en sa qualité de roi de Danemark, mais ^uniquement par la bienveillance des habitants pour sa personne". Cette capitulation assurait aux descendants de Christian 1 la succession au

1} Le chroniqueur de i.ubeck qui raconte ceci, est aussi indigné de »r« varice des llolsteiiioifl", quede„rartifice{Lo5/»ei//^ desDanois*. i,Wente de konyngh unde syn rad koftcn se amme myt gbelde, undemytgare, unde mit menni^rleye lofte, wente he lavede en, de up den aloleD wcren, se sdioldeo de slote bchoMea de tyd # eresleTendes/" Defmar: Chronique, publiécparGratUofT II. p.223.

(v. p. 916)* Au fait, Christian I fui la dupe des Holstcinois, bien que ceux-ci aient peut-être en trop 4e coafiaBce ttt roi pour ce qui a rapport aux affaires d'argent.

2) „Vorbeii, hebben ok vos annamet vnd buldigel vor eren Herea, iriebt alee enem koninge toDenneniaflieii, nen dae ereme Heren desser vorjEreschreticn lande.** (Fririlégea do corpff équestre du «iesvig-Holstein. 1797. no. 9. p. 42 et 44.)

Slesvig et au Holstcin, en statuant: que le successeur au trône serait choisi parmi les fils du roi, ou, ù défaut de fils, parmi les autres membres de sa famille; mais, d*un autre côté, le roi reconnaissait la séparation à perpéUiité entre le Danemark et le duché de Slesvig, et rannexion du docbé an Holsleiii, fottdée «ht ^'iiimmi Vet Maiê éeê deux pojfê pour Véledim d'un $auoeram en eemmun; sans Umtefois Uàn cesser par là les rapports féodaux du dudié avec le DaneinarkO* Le roi confinua Tanneacion par la dause suivante: »qu*il s'allacberait de tout son pouvoir à maintenir la paix dans l'intérieur dos pays, et que l'un et l'autre resteraient indivis à perpétuilc." 0- Conformément à une clause additionnelle d'une date postérieure (Kiel, le 5 avril de la même année}, le roi ajouta de nouvelles promesses à celles avaient été faites dans la capitulation. II s'obligeait à ne conférer aucun fief ecclésiastique ni temporel à d'autres qu'aux nationaux des pays; le droet de Slesvig» le maréelnl de Holstein et d'autres bauts fonctionnaires de k cour, devaient également être indigènes. Le roi ne pouvait fiiire la guerre sans le conseil et l'assentimenl du sénat et du peuple (sunder rad vnd vulbord vnser Reden vnde gemene manschupp der land); une diète d(^vait être tenue pour chaque pays en particulier, prés • de Bornhôvcd et au thing d'IJrnehoved. Ce fut ainsi que Christian I se mit en possession du Slesvig, et que ce pays eut un maître en commun avec le Danemark, mais seulement dans une union indirecte; l'annexion du Slesvig au Holstein restait toujours directe^ puisque les états des deux pays, soumis aux mêmes conditions,

^) Le souverain qm serait élu à l'avenir, „de gchal sinelchne eschcn vnd pnlfanjrcn von sinen lenherren, dar se af to lehno pan, vnd don abc sik vanrechteborU" (Privilèges du corps éi^uestre, p-44.)

S) „Dc58e vorbcn land lauen wy na aile rnscrDm vorai9fe holden an gudeine vredc, vnd dat se bliucn ewich UNMUDMHle VBfedelt.** (Privilège! da corpi éqaMtrc» p. 51.)

choisiraient en commun un prince parmi les descendants du roi régnant en Danemark.

On a demandé si cette capitalation oa icie d'assorance de Christian I étail valide par rapport an duché? Cdle qu'il donna à la noblesse d« Holstein, en 1448, était sans yalidité sons le même rapport, stiîvant tous les principes du droit public H ne pouvait pas ratifier une danse relattre à la séparation du duché danois du royaume, avant qu'il fût monté sur le trône de Danemark, Il en étail tout autrement de la capitulation signée à Ribe, en 1460. Christian I signa colle-ci nonseulement comme roi, mais même à la connaissance de son sénat, ou, si Ton veut, de son consentement, bien que des doutes subsistent à ce sujet depuis deux cent cinquante ansO> Christian I, en signant le présent acte d'assurance, agissait du moins contre sa capitulation danoise (Ibdersley, 1 septembre 1448), par laquelle, suivant l'ancien usage, il s'engageait à n^aliéner d» roymme mÊCm fief ni Mteau. Il est vrai qu'il gardait le Jutland méridional, à titre de souverain ou de duc, mais, d'un autre côté, il rompit l'union directe entre ce duché et le royaume. „Mais'', dit un historien danois moderne, „quand même le sénat danois aurait effectivement adhéré à cet acte, ce consentement est pourtant à regarder comme nul^ puisqu'il était question d'affaires qui, conformément au droit public danois du temps, demandaient l'assentiment du peuple ou celui de

IFvitfeldt a fait obsorvor avec beaucoup de sagocito , «qu'il est étonnant que la noblesse du Slosvitr eût la liberté de se choisir un maître à elle, puisque la principauté de SIesvig était un fief du royaume, ce dont les seigneurs holstcinois sont convenus en tenant ledit duché en fief du royaume." H. p. 888. En troi- ■ièmeliea, ajoaio-t-il, le sénat du royaume de Danemark (on plnt6C nne pnrtîe dnaénat}, en •oHItnt ceiacte, n'a pas consenti à oe «pie la noUesse dn Sleavig eût la liberté de se choisb vm malire, mais elle a seulement témoi|fné| arec le roi, que l'allkire B*est passée ainsi.

la diète'). Un fait remarquable, qui se passa 34 ans après, sert à corroborer cette opinion. Frédéric, fils de Christian l, ayant en 14î)0 demandé au roi Jean, son frère, d'unir en liels, les îles de Laaland, Ffilsler et Môen aux châteaux et villes qui en dépendaient, le roi el le sénat lui répondirent: „que c'était là une affaire qai touchait WÊX. int^éts du royaume entier, et qu'ea conséquence aucune réponse ne pouvait être &ite que du CMâeiUmeHt d$ tous les kabiUmU du royaume/^ Une diète Ait convoquée a Kallundbourg, composée de tout le sénat du royaume, évéques, prélats drc, quatre gentilshommes de chaque diocèse , un bourgmestre et un sénateur de chaque ville, et les mandataires des paysans. Ceux-ci déclarèrent d'un commun accord: ^qu'ils ne pouvaient satisfaire à leur serment en consentant au partage du royaume entre plusieurs seigneurs." (31 mai 1490 0' ^Comme on ne demanda pas Tayis de la diète danoise'* — ajoute Eslrup ~ „dans les négociations (jm sujet du Slesvig}, de 1448, 1459 et 14d0, rtutedeiâÛÙ esl à re^der comme nul dame «es poÀilt enemUeis, étani en contradiction avec la loi fondamentale et leu coutumes du royaume deDanemark, et avec les engagements contractés par les rois.^ — D'aUleurs, de même que déjà Christian I, dans plusieurs occasions, contrevenait à l'acte d'assurance de 1460, de même l'histoire fait voir par la suite, „conmjent il fut rompu dans plusieurs points essentiels, jusqu'à ce qu'il ne restât guère qu'une ombre des privilèges qui avaient été accordés 3>

0 Eâlnip: SvrriaiiiMolnbililé dn SIesvig et du Holstein eu vertu de facto d'ftfanrtnce de 1400. Copenhague 1832. p. 15.

^) Ilvitfcidt. II. i>. 1009.

L'exemption des droits de douane, accordée aux biens nobles cl OH clcrgc du Ilolstcin, étail au fond le seul reste de ces privilèges qui fût ciuore en viffurui , jus<|u'}i ce; ((u'elle fût annulée par la loi des douanes du 1< nuii 1838, et achetée a la noblesse ailMft qu'à la proviuce de Ditbuiarsie.

Les éHtt forent oblifi^és de renoncer an droit de succession qu'ils s*élaienl arrogé. Le Slesvig détint un pays héréditaire amnt que le Danemark devînt un royaume héréditaire, et les rois de Danemark avaient^ comme souverain de leur portion du Slesvig, les mains plus libres, que dans le Danemark proprement dit, avant la révolutîMi poUtifae de 1660.'' 0

I) Esfrup: Sur l'indissoliiliililc du Slosvi^ et du Ilolslrin. p. i7. 18. Il fait observer entr'autres, que l'acrojnmodeinent de 1579, conelu à Odenséc, est eoiitraire au droit d'élection stipulé en 1460. Le profeMCiir Micfaclsen (Archives de l'hist. politique et ccclé«ias- IHm. U. Ira limiiol. 1835w p. 249—54) « Toola réAtterroplaiim d'Eftrnp, ptr J'iuioB cobcIm, le 30 mai 1466» enlre le lénal danois et les plénipotentiairet de la noblesse du Slesvig -Holstein, laquelle annula'Jl'acte de 1460, en statnant: qu'un congrès électoral déciderait, en cas «fue Christian \nwià.% pUuimr» /lit, H tm choitirmt en commun «n de ceux-ci pour souverain, ou nn prince particulièrement pour le Dniieniark et les duchés. (V. l'hist. de i'Uuiun par Jahn. p. 561. et p. 342. 345. 347). En effet, elle fait voir que toutes les constitutions de ce temps ne reposaient que sur des bases peu solides, puisqu'on pouv.iit, déjà au bout de 6 ans, changer ce qu'on avait contracté solenocllement; nais Christian I, qui confirmait égatement la nonvélle miion éleelonile poroe qnil n'avait qu'M* ils en 1466 et n'eut point d'enfhnts dans l'espace de 10 ans, ayant réeUement laissé deic s» fils A sa Biort, en 1481, l'union de 1466 ne servait après tout qn*à accélérer le partage des deux duchés ^ ce qui ne répondait guère à ce qu'on avnit -nouIu obtenir par l'acte d'assurance de Cliristian l, de 1460. Mais cette union fait êîjalemenl voir que ce qu'on appelle actuellement „les étals'* des duchés y étaient, comme dans le Danemark, seulement composés du sénat, en d'autres termes, d'une oligarchie de seigneurs puissants, qui ne s'inquiétaient guère des coutumes et du droit public des pays, dès que cda ne leur convenait pas , et n'était pas i leur propre avantage. D'afllews, le professeur Miehelsen passe sons sflence, dans cette ooeasioa, l'acte de 1460 de la diète danoise (ou du sénat), cité par Estrup. Il aurait bien valu la peine d'en foire mention, attendu qu'il proure qu'il y avait des cas, où le sénat ^'avait pas la hardiesse d'agir tout-à-fait de sa propre autorité; et dans cette catégorie se trouvaient précisément des hontmages, des coDcessions ou des distributions de fiefs.

M» Le règne de Christian I dans les duchés (le Holstein ne fut toulofois érigé en duché qu'en 1474) malgré tous les privilèges et protestations, était déjà moins liiiiilé et plus arbitraire qu'on n'aurait dû le présumer; quelquefois le roi traitait même la BobkM avec une rigueur qui nous frappe d'étonnemeol. U puissance de la noblesse semblait rompue, depuis qu'elle avait, en quelque manière, obtenu ce qui lui avait eodté tant de luttes. En général, la puissance et ractivité politiques de cet ordre dépérissaient ou se réduisaient à des formes plus oligarchiques, à mesure que le consefl du souverain dans les duchés acquérait plus d'autorité et d'influence. La noblesse s'en apercevait quelquefois, et cherchait par difFéreiits moyens à assurer ses prérogatives, entr'autres par une association remarqoaUo formée par 140 gentilshomnîes prés de la ville de Kid, le 2 mai 1469, à laquelle accédèrent, pUis tard, les Lnbeckois et même les Dithmarses. Chaque gentilhomme po». vait, d'après les statuts de cette union, requérir l'assistance des autres nobles, lorsqu'il croyait avoir reçu quelque sujet de plaintes. Cependant, selon toutes les apparences, elle n'a pas amené de suites importantes, particulièrement parce que CbnsUan la désapprouva, et y opposa, pour ainsi dire, une albance défensive, conclue avec les villes de Lubeck et de Hambourg (10 octobre 1469^. D'ailleurs comme plusieurs autres événements qui se sont passée dans les duchés sous le règne de ce roi, cette uiioa concerne plutôt le Holstein, dont les affaires intéHeuree conservaient, sous plusieurs rapports, des intérêts parti, culiers et séparés de ceux du Slesvig. Mais, la politique maladroite d'une période suivante ne tarda pas à faire voir, que ni Christian I, comme roi, ni le Dane- Bwrk, m les duchés mêmes, n'avaient guère gagné en fermeté et sûreté politiques par le droit d'élection qn avait acquis en commun l'aristocratie du Holstein et du Slesvig. n se fit également voir qu on n'avait ^re rien obtenu en unissant les deux pays, à ce qu'on

Djgjtized by Coogl

croyait, piyr des liens plus étroits et indissolubles, tandis que, dans le fond, on avait anéanti Tindépcndance du Holstein, comme principauté allemande, en TuniMant à «ne ancienne partie du Danemark, laquelle cependant, après la domination turbulente des princes de Schanen-bonrg dans le Slesvig, était à cette époque moins germanisée, qne ce pays ne Test devenu successivement an XVIe et au XVIIe siècle.

On peut dire, que la métamorphose on la transition de l'élément national danois dans le SIesvig à l'élément allemand, a suivi à peu près la transition de l'idiome aux lois et aux actes publics. Du temps de Marguerite et d'Eric de Poniéranie, jusque vers 1420, on trouve encore des lettres et des privilèges royaux en langue donotse; des diplômes privés^ contrats et donations, un phis tard CHaderslev 1420—36); des . statuts de confircxies C^tr'autres, ceux de la confrérie de St. Canut à Flensbourg) furent également rédigés en danois à la même époque. Mais, i partir de la paix de Yordingbourg, de 1435, qui mit un terme aux luttes d'Eric de Poméranie avec le Holstein sur la possession du SIesvig, comme fief de la couronne de Danemark — pendant les années de repos du duc Adolphe, et sous le régne de Christian I, la langue danoise disparut promptement des lettres et actes publics 0- Non-seulement les comtes de Schauenbourg, au XlVe et au XVe siècle, mais encore les rois de Danemark, Christian I et Frédérik 1, publièrent en plat allemand toutes les lettres et ordonnances relatives au SIesvig; quelques lettres en kmgue daMi$9 des rois Jean et Christian II he sont q[ue des exceptions. D'un antre côté, nous trouvons beaucoup de contrats, actes et d'autres documents juridiques, rédigés en danois, dans la partie septentrionale du duché, jusqu'à la juridiction de Tônder, bien avant dans le

0 Werlanff, Hisl. de la lanf^ue danoite dam le dadié de SIefvig. CépeaiMfae 1619. p. 68-6&

XVIe siècle, et même au delà de la moitié d% ce siècle* Au contraire, dans les villes méridioaales du SlesTig, le plat Qllciand a déji été employé ans aeica publics daafl la premiôre moitié da XV^siède, on an peu ph» tdtO* L'administration du Hototein, des prinoea atteauinda feodatairea, des baillis et antres fonctionnaires, jugèrent i propos de foire traduire en allemand les anciennes lois et coutumes du Jutland méridional, rédigées dans la langue du pays. Ainsi, le droit municipal de la ville d'Aahenraa, fut traduit au commencement du XVc siècle, et celui de Slesvig, à peu près vers la moitié du même siècle. En 1431, une traduction fut faite, en plat allemand, des statuts de la ville de Flensbourg (de 12483, suivant Tordre du conseil, pour les ducs Adolphe et Gérard^ La hi JutlandaêÊê de Valdemar II, eneore en vigueur dans le Slesvig, fut tradnite, apparemme^ après la moitié du même siècle, et fut imprimée poui^ première fMa en plat aOemand, en 1486, sons le règne du roi Jean* Ainsi, déjà au XVe siècle, la langue du pays avait disparu de la vie publique et des tribunaux, de façon que la loi du pays fut publiée pour la première fois non en original, mais en traduction, et non dans l'idiome du pays, mais dans celui des Holsteinois. — Non-seulement rhistoire de Tidième, mais Texpérience de nos jours nous apprennent: que la situation où se trouvaient len choses alors était peu naturelle, qu'elle était importée du dehùrê et due à une inilneaee et à une volonté étrangères. A Flensbourg, cette ancienne ville, déjà si considérable et importante au XJQ^ siède, et oà rîdiôme danois s'était encore conservé comme langue vulgaire, il fallut traduire en allemand, en 1431, le droit municipal de cette ville pour les comtes de Holstein, qui régnaient sur le pays; et, depuis longtemps, le haut

iy p. ex. dam dei statula de confréries de Flensbonig, et dtm le

emlMfr* oriaiaal de cette ville (1436). Werluff. p. 63. ^ Weslpluilen.HoB.IV.p.1897. Werieet.8lefelsdeeHdMiiefp.63.

allemand y est devenu la lang-iic dont on se sert communément dans la conversation. Cependant, après que la langue allemande a été employée à Flensbourg dans les affaires adraim'stratives pendant 400 ans, on entend tons les jours la langue danoise dans la bouche des crienrs des mes, et il n'est pas rare de Tentendre parler dans plusieurs maisons bourgeois. Tant la vie d'un idiôme peut être longue et durable.

Une autre influence germam$anie due au Holstein, c'était le changement des noms danois des villes du duché. Elle appartient aux liiits l^'S plus remarquables de l'histoire de la lang^ue du Slesviîr; mais si importante que soit cette matière, nous ne pouvons pas l'approfondir ici; il faut nous borner à Tindiquer en orénéral. Dans le cadastre du roi Yaldemar (à peu pré# de 1231}, tous les noms de districis et de juridictions sont purement danois; on y trouve également beaucoup de noms de villages danois 0% Cependant, les éléments danois- Scandinaves dans beaucoup de noms de villes du Slesvig^ s'altéraient peu à peu par le plat-allemand que parlaient les habitants qui étaient venus s'établir dans le pays, de façon que ces noms sont quelquefois tout-à-fait méconnaissables. Mais l'emploi Iréquent et l'eAlension des nonjs de villages (knois nous fournissent néanmoins la preuve historique la plus claire et la plus incontestable du caractère danois de la tribu sudjutlandaise, ainsi ^uc des limites assignées a cette tribu, savoir: à l'ouest: les juridictions frisonnes, an sud: le SU et la TreneO*

1} Eu voici quelques exemples: Bancilhstjsal, Ellœmsysœl, Is/ailicBsysœl, Mathtrël^tmrêt, Grmmmkmrety liafnslhoipharet, yErddâkmrH (aiûonrdiiiii AmuUherreé) ée. Void det aonM de villa^: Agiharp, Atêief, BrawUhorp, ^i^lvie,RiifiMkgMr, Rwte^ top (ai^oord'hni RmàtofO *c.

2) Déjà Adam de Brime dil (dani un endroit où il a, sans doute, en vue la Iribn et l'idième): iJhmi, quos Jvthae appeUant, uaque

ad Sliam habitant*' Dans an antre endroit, où il parle de

tonte l'étendue dn Danemark, il dit: Mfîanc Daniam a nostris

En vérité, sovrent il est difleîle de les connaître sons

leur travestissement, p. ex. ^Apenrade* poin* Aaben-^ raa; ,,Boldcrslcbon'^ pour Balderslev; rGravcnsteen" pour Graasteen Cqu'on trouve encore chez Dankn crtlO ; ^Jordkirk'' pour Jordkiœr, ou plutôt Iliortki pour A'ia?r-Herred; „Schlux-Harde" pour jS/oAe*-Herred; „Smôl^ ^omx Smaabôl; «Schnabeck^ pwu Snogebek; ^Mohrkirken" pour MoorHœr; «Nybel" pour NyhôU; «Rabenkirchen^ poiurJtaenJb'cn'; «Yollerwiek^ pour Aé^Iswiki ^Wittkiel^ pour HmdkUde^ «ccO- Cependant, le changement des noDi| de villages que le temps a amené dans tonte la partie danoise du Slesvig, n*est pas si

Noidalbinfriî? (lumen Eydora dirimit." De situ Daniœ cl. Slestig était puur ainsi dire la ville frontière entre les Saxons (ou Angles) et les Ju//an(iai5 danois, et entre i'idiômc des deux peuplades. AngUa vêtus sita est intcr Saxones & Giotos, habens oppidum capitale, quod termone SasBonieo Stesuuie nnncupaliir.*' Ethâwerd, Chron. Lib. I. SaéUe, Script. Angl. Lond. 1596. f. 474. b. (Y.Ootaeii: Sur la Langue daooiae dam leSleavig. p. 65.) Il ■'an ast pas motna »ûr Cmalgré laa doulM d'0iitxettàceaigel»p.83-85)| que, même dans la ville de Slesvig^ dans un temps ancien, lorsqu'elle reçut son nom danois deAecItféy, la langue danoise a été introduite et répandue du moins simultanément avec le bassaxon. Autrement il serait impossible d'expliquer le grand nombre de dénominations et de mots danois et Scandinaves, qu'on ^ Uouvc dans les anciens privilèges, contrats, témoignages juridiques, et antres documents.

1} Dans un sens tout contraire, la lann^tie allemande dont on se sert dans le 31csvig, tant dans la conversation que dans les actes et documents juridiques, est devenue barbare par le mélange d'un grand nombre de mots danois nsitès avec peu ou point demodification. On entend et on lit» p. ex.: Ahuihiiui en danois „Afl8egt* (jiftanlAcftl, on nn terme analogue); AUwttz ^Afkald*; iitis- (fMtti ^UdSyttar**; BaitrUigz ^ndel«g«; Dmg^ DÎÊtgmmdet ffThing»TliingsvidjM|^r</6ucA: „Jordbog"; Errf^wl: ,,Jordcgods'' ; fytte»: „flytte" ^PlfsteAm); Ki-ubschûlie: „Krybeskyttc'' ; Looszettel: „I>odscddel"; Magschiftung : „Mageskifle"; Sandnutnn: ,,Saudemand'* ; Scliifferlag: „Skipperlag" ; Schosimah „Skudsinaah; Stevenbrief: „St(evnebrev**; Uebeririften: ,Ovcrdrev" dcc.

grand qu'on pourrait le supposer de quelques cas p«r«

ticiiliers; dans l'Angli*' inêiiio , presque tons les noms sont encore danois. La difTérence entre le langage et les tribus se révèle au contraire tout de suile dans les noms des villes au sud du Sli et chez les Frisons.

II y a cependant une observation plus générale à faire dans l'histoire de notre idiôme, qui ne peut pas être passée sous silence dans cette occasion. De même que le Slesvig a été germanisé par les Holsteinois, et que la nationalité danoise a été restreinte et comprimée, le pays dépouillé de son-earactére individuel et de son mi nom, et le peuple de son ancien nom de irihu jutlandais y sans toutefois que le langage primitif jullaiulais-danois ait pu être accablé ni expulsé chez une grande partie du peuple slesvicois, de même le dialecte bas-saxon (plat-allemand) a exercé la plus grande influence sur Vidiôme danois. En effet, cette influence se fait voir précisément après la moitié du XIIIc siècle. Selon toutes les apparences, elle a résulté des longues relations belliqueuses ou pacifiques, qui s'étaient établies entre l'Allemagne septentrionale et le Danemark, au XIII«, XlVe et XV« siècle, ainn que de l'ascendant ^e la langue des Bas -Allemands devait nécessairement exercer sur le développement de l'idiome danois. De là vient la ressemblance frappante entre un si grand nombre de formes grammaticales et de mots danois et has-saxons; et cette influence antcrieure de l'allemand sur notre langue écrite, appartient également *à l'histoire du Slesvig O'iwflucnce du haut- allemand date d'une époque postérieure; c^est au XVUle siècle qu'elle se fait surtout valoir, et elle s'est conservée Jusqu'à nos jours). Ce fut dans cette partie du Danemark, où se mêlaient tranquillement les différentes tribus pendant le cours des siècles, que les princes de Holstein firent naître ces usurpations et ces démembrements politiques, par lesquels les Bas-Allemands réussirent à détacher la moitié méridionale du Jutland, et à amener la séparation presque réelle, entre les

deux tribtu du Juâand méridioiitl et do Jntland fle|k-

tentrional.

Ces efforts, tendant à établir un nouveau rapport politique entre le duclié do Slesvig et le comté de Holstein, étaient une suite de l'élection do Christian I comme souverain des deux pays. Peut-être dans le cours des temps, ces efforts auraient-ils pu amener d'autres résultats et n'auraieiit-ils pas isolé le duché du royaume, de la manière dont cela eut lieu plus tard, si les rapports avec le royaume étaient restés comme ils Tétaient sous le premier roi et duc d'Oldenbourg. Mais à la mort de Christian I, la situation politique de l'Etat ne tarda pas à subir des changements notables. De nouvelles brouilleries entre les frères et les fils des rois firent naître des complications dans les duchés , qui portèrent nonseulement atteinte à l'unité de l'Klat , exposèrent le Danemark à de nouveaux périls de la part des Lubeckois et de la Hanse, ses anciens ennemis, mais immolèrent la population du Slesvig aux dissentîoiis des princes et à leurs intérêts opposés.

M. Christian mourut le 21 mai 1481. 11 laissa outre son fils aîné Jean, qui avait été élu son successeur au trône C145C), un fds cadet Fréclérik, né 18 ans après son frère , après que ses parents avaient atteint un âge assez avancé. Il devint probablement par cette raison le favori de sa mère. A la mort de son père, il n'avait que 8 ans. Christian I, sans doute, ne s'étant pas attendu en 1466 à la naissance d'un second fils,* avait confirmé la nouvelle résolution relative à l'élection, ou en était peut-être lui-même l'auteur. Il fut décidé, que les duchés seraient tenus d'élire le fils du roi de Danemark, s'il n'en laissait 911*1111 $eiU, mais s'il y en avait phuieurSf le choix serait libre. C'est ce qui était arrivé. La reine douairière Dorothée, qui avait joui d'une grande autorité du vivant de son époux, aurait bien voulu, à ce qu'on croit, engager Christian I â as-

gurer à son fils cadet la succession aux duchés 0- Ce- * pendant le roi ne fit aecane démarche publique à ce sujet; il n'était pas non plus dans son caractère de démembrer ni de séparer aucune partie de ses pays. Après la mort de Qristian, Dorothée entama des négociations avec les députés de la noblesse du Holstein, au sujet de l'élection de son fils cadet, qu'elle avait fait conduire à Gottorp pour qu'il y roçilt son éducation, ou du moins pour qu'il se fit connaîtra de bonne heure (le la noblesse et du peuple 0- On ne s'opposait pas précisément à cette élection, mais on le jugeait nécessaire de s'assurer du consentement du prince qui avait été désigné pour successeur au trône de Danemark. La reine renouvela ces négociations avec zèle, à Rendsbourg, au commencement de Tan 1482, puis, an mois de mars, à une diète tenue â Kiel. Le duc Jean ayant enfin reçu Thommage à hi diète de Kallondbourg, le 5 mai 1482, elle voulait encore essayer ce qu'elle pouvait obtenir de son lils^ en lui proposant: ou de céder la Norvège et de garder les duchés, ou d'abandonner ceux-ci, indivis, à son frère; ou de pnrtao^cr avec lui et la Norvège et les duchés. Le roi Jean n'accéda à aucune des trois propositions. La reine, ne pouvant déterminer son fils à accomplir ses désirs, se rendit, à l'insu du roi, avec le prince FVédérik, à Kiel oA les états du duché tenaient une diète. Le roi accourut avec son sénat, protesta contre un choix , que les états seraient peut-

^} Il était question d'une dispusilion de Christian I, qui ne pouvait «voir de suites, puisqu'elle n'avait pas été Faite par écrit. (Ilvil* feldl Vn. p. 963.) V. Cliriittani (qui y ajoute foi) L p. 126. 318.

2) V. la relation oonteniporainc imprimée dans l'ouvrage do Chrisliani (llist. modcriio. I. p, 534). II ne paraît pas, d'après cette relation, que Icduc Fri dcrik, comme quiiqucs-uns le prétendent, ait été élevé, depuis son enfance , dans le duché et à Goltoi'p. n esl dil cillenrs, qu'il a passé ses premières années sons la sorvetUance de sa mère au château de Kallundhour;, que Dorothée aimait à habiter.

•être disposés à faire toinbor uniquement sur son frère, en prétendant que les deux duchés étaient des pays héréditaires, et qu'on n'était pas en droit de Texclure entièrement de cet héritage 0- Les états, au contraire, en s'appuyant sur l'acte d'assurance de ChrislianI, pré* tendaient le maintien du droit d'élection qu'ils s'étaient arrogé. Enfin, Dorothée, étant convaincue qae le roi ne céderait à ses prières ni à ses réclamations, eut la prudence de recourir au moyen extrême, c'est-à-dire, de proposer aux états des duchés, en reconnaissant leurs droits, de choisir ses deux fils. Les états y accédèrent ')- Ainsi, ils violèrent déjà une condition de l'acte d'assurance de 1460, et de l'union de 1466, suivant laquelle serait élu l'un des fils du roi, s'il y en avait plusieurs. Le roi Jean, à son tour, adhéra également à la proposition de Dorothée. Déjà Hvitfeldt a été d'avis que, par là, le roi et le sénat avaient commis une faute politique. ,11 entra en commun avec son frère dans la succession et le partage du duché de Sf^vlg, ^til étaU un fUf du roymme (je. ne parle pas du Holstein et de la Stormarie)** Hvitfeldt pense apparemment que le roi, comme suzerain, aurait pu unir à la couronne.

1} Le roi Jean ne faisait que r^lérer les prétentions de son père. Dans le même diplôme rcmarqual)le de 1460, où Christian I certifie avoir été choisi, par la bienveillance personnelle des états, pour seigneur du Slesvi^ et du ITolstcin, il appelle, lui et ses deux frères „van bord wcgcn de negeste ente to densuluen landeii" C„par droit do naissance les plus proches héritiers desdits pays**}; en d'autres termes: Christian fut obligé de renoncer à son droit de succession légitime, etdeselaisser choisir, parce que la noUesse le voulut ainsi. Mais lorsqu'il s'agissait d'exclure de l'héritage les agnats de la maison de Schauenhenrg, on n'hésitait pas à alléguer, comme cause principale, le droit de snccessioii des cognats plus proches du testateur.

2} „Ponr que" — ajoute Hvitliddt à son récit. II. p. 963 — „sirun ne se comportait pas comme ils le voulaient, ils pussent compter

sur l'autre".

3) Ce sont là les termes dont s'est servi Hvitfeldt, IL p. 964.

le duché danois vt ûviler ainsi la ratilicalion do Tacle d'assurance de Christian conformément auquel le Slesvig et le Holsiein resteraient indivis^}. En même temps le roi aurait peut-être pu engager les Holsteinois à lui donner leurs suflfhiges; mais ^lea Holsteinois étaient trop .fins dans cette occasion^ (Hvitfeldt). Peutéb>e le roi a-t-il pensé que dés brouiUeries et des difficultés pourraient s'élever, si les Holsteinois s'avisaient de choisir le dhc Frédérik seul; et que du reste le terme était encore éloigné, où son frère aurait atteint l'âge de majorité. Ainsi, contre la loi fondamentale des capitulations de 14(î0, les deux fils de Christian I reçurent l'hommage comme ducs de Slesvig et de Ilolslcin, le 12 décembre 1482. Le roi confirma, pour lui et sou frère mineur, les privilèges alloués par son père, et le gouvernement des deux pays resta entre ses mains, pendant la minorité du duc Frédérik.

L'année suivante Frédérik fut envoyé A Cologne, pour qu'il y suivit un cours d'études régulier. Peut-être a-t-on eu l'intention de le faire entrer dans les ordres sacrés, et ensuite, en lui donnant un riche siège épiscopal de l'Allemagne, l'engager à renoncer à la portion qui Ini revenait des duchés. On ne tarda pas à acheter un canonicat pour lui; mais on ne connaissait guère Frédérik, si l'on a compté qu'il ferait un pareil sacrifice, n regardait son frère, qui était son ainé de 18 ans, moins comme son proche parent, que comme un étranger qui l'avait dépossédé de la meilleure portion de sa succession. La jalousie que portait Frédérik à son frère ne l'abandonna jamais: les fruits en furent encore plus ' amers pour son neveu que pour le roi Jean.

Peu d'années se passèrent, et le duc, cédant à coup sûr non-seulement à sa propre impulsion, revint inopi-

0 Texte du privilôp^e: „dat se bliuen cwicb loMmon vngêdell^ el non: vngeschedem (^qu'ils restent à perpétuité indms*' et non: inséparableâ).

nénicnt do Colog^ne, déjà en 14^S5^ à ce qu'il paraît, à l'âge de 14 ansO- Cinq an^ plus tard, étant parvenu à sa majorité après avoir accompli sa 18<' année, U rédama sa part des duchés. Ce que l'élection des deux frères avait annoncé, allait se consommer. Après toutes ies lattes et les tentatives de la noblesse ponr réunir, par toutes espèces de moyens, les dnchés àe Slesvig et de Holstein en nn tout indissoluble, ces pays furent partagés entre deux princes, de façon <|tae chacun d'eux en reçut sa part. Par lé les gentilshommes, les véritables propriétaires et seigneurs du pays (car, en effet, la noblesse ne regardait le souverain que comme un suzerain ou chef supérieur), renversèrent leur propre ouvrage, et mirent les deux duchés à la merci d'une nouvelle série de complications, de troubles, de différends féodaux, de partages multipliés, de ruptures, enfin, d'hostilités et de guerres entre des princes issi» de la même fiunille.

M* La troisième période de la contestation sur le duché de Slesvig, entre le Danemark et le Holstein, date du régne de Frédérik I. Mais elle n'avait plus le même caractère que sous les ducs danois de la famille d'Abel, ou sous les comtes de Schauenbourg. Cependant, de même que cette période commence par une dispute entre frères de la maison royale danoise, de même le premier partage principal, sous le roi Jean, renouvela, sous une autre forme, la faute politique de Valdemar II. Quoiqu'un événement fortuit mît fin à ce partage pour quelque temps, il fit néanmoins naître un système de division également préjudiciable et contraire A la nature des deux duchés; car, à mesure que ce système s'appliquait à encore plus de princes possédant des lots de terres, les pays, surtout le Slesvig, furent entièrement parcelés, au XV1I<^ siècle, parmi de petits

1) V. Hvîtfcldt. I. p. 1230. ariftiani: HiM. dtê Reii d'OMenlKHiiv. L p. 144. note 38.

ducs, doal les principautés féodales finirent par devenir de si peu d'importance, que les propriétaires furent souvent réduits à les abandonner et à les aliéner pour cause de dettes. Ces partag^es, et l'établissement de ce grand nombre de maisons et do lia^nes particulières dans la famille princière, conlribuèrent essentiollomenl à rompre l'unité du duché de Slesviff, et à afl)iil)lir son indépendance et sa nationalité politiques 0- Le Slesvig, comme province particulière et comme partie de la presqu'île jutlandaise, disparut pour ainsi dire de la géographie politique; et même la dénomination moderne de „duché de Sleteig^f qui avait été substituée à celle de duché de Jutkmd ou de Jutland méridional^ dut le céder à un nouveau nom, qui ne reposait sur aucune base histori«iue ni politique. De deux duchés individuels, le Holstein et fe Slesvig, on en fil un troisième qui n'a jamais existé, savoir: le duché de Slesrig-Holstein, dénomination que peut-être Holvaderus Cpremière moitié du XV lie siècle) a été un des premiers à introduire. On finit par faire usage de dénonn'nations qui — comme le fait observer Outzen — pouvaient faire croire à des étrangers mal informés à cet égard, que certaines principautés holstemoises étaient situées dans le Slesvig, p. ex. Holstein-Gottorp, Holstein-Gludisbourg drc.^: «Par là% ajoute ce zélé patriote slesvicois, nom de Slesvig est presque tombé «en oubli partout, et celui de ffolstein est* devenu d*un usage si général, qu'en Allemagne les Slesvîcois passent pour Holstoinois." — Il en est même ainsi chez nos frères dans la patrie commune. A Copenhague on dirait presque qu'on n'a jamais entendu parler d'un pays nommé le Slesvig, comme s'il ne formait qu'une partie du Holsteiu: „/e Eolstein danois*^

0 WerUoif; Lanf^c danoise dam le Sletvifr, p. 70.

8) DelTadenu rapporte même, que le duché de Slesvig de nos jours e«t nommé le Bat^Hohl^, Sylva dironol. Mi, pi 31.

ou comme si nous n'étions pas Danois, mais Holstei— nois, aussi pour ce qui a rapport à la langue 0*

De celte manière, l'histoire du Sleseig, ainsi qae rindépendance politique de ce pays , sVffacc plus que jamais, oa se perd dans celle du Holstein, dés le régne de Christian I, et, surtout, après le partage sons Frédérik L Hais même la' nouvelle unité politique, qui avait commencé sous le dernier comte et duc de Schanenbour^, et semblait devoir s'affermir par Tunion sous Clirisliaii I, lut dissoute et rompue par le système de partage. Les rapports historiques de ce duché se confondent entièrement avec ceux du Holslein, ou se perdent dans une minutieuse histoire particulière de quelques lignes princières , dont les possessions étaient situées dans le duché de Slesvig. Dans la suite, nous ne pourrons qu'effleurer les traits principaux et les événements qui, dans Thistoire commune des duchés, ont essentiellement exercé de l'influence sur ht destinée et la situation du Slesvig.

Sans prendre en aucune considération la coutume féodale qui rendait le duché de Slesvig indivisible sous un seul et même possesseur, laquelle fut reconnue encore valable lors de l'investiture sous Marguerite, en 1386; et sans avoir égard à la confirmation qui en fut faite de Christian I, par son acte d'assurance de 1460, USUmg et le UoUtein furent partagée en iA90, entre le

1) Outzcn: Hist. de laLanf^e danoise dans le Slesvig. 1819, p. 139. 140. l^nand inenic il paraîtrait que ccl auteur, inspiré de tant de zèle pour riiistoire, lalauf^ue et les antiquilés desa patrie, va trop loin dans queNjucs-uru-s de ses expressions, on trouvera néanmoins, en examinant les cliuscs de plus près, qu'en gcucial il a raison. A Copenhague c'est A peine que l'on connaît, et que l'on emploie ^e terne dciyslesvicois*. On parle de capitaines de navire AoIsfcmoM , de farine et de beurre AoIsfeMois , de harei^ WstsMois Ac, quand même le capitaine ert de Fleosbonrg ou d'Aiiglie, la farine de Snnderit on d'Eidentedt, les barengs du Sli» fte.

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roi Jean et le duc Frédérik. Le premier reçut du duché de Slesvig les bailliag^es de Fleitsbourg, Aabcnraa, Sônderboiûrg et Norbourg dans llie d'Als, Rendsboarg, Nordstrand et Rykloster; le duc Frédérik, au contraire, Gottorp, Eckemforde, Tônder, Haderslev, Stapelholm , Eiderstedt, Lygumkloster ftc. Ainsi les bailliages, les domaines de la couronne et les villes, ne furent pas pnrtag-és suivant leur situation géographitiue, ni suivant la nationalité des habitants; on les partagea à titre de biens-fonds privés, d'après l'évaluation des revenus que percevrait le souverain à qui ils écherraient. Dés lors, les deux parts des duchés furent appelées, des noms des deux châteaux principaux, la part de Segeberg et la part de Qottorp, Afin de garder une apparence d'unité là où Ton fit réellement naître un démembrement politique, en donnant aux pays deux frères pour maîtres, dont Tun devait être, en Slesvig, le vassal de son frère, en Holstein, celui de Tempercur d'Allemagne, on décida: que la noblesse et le clergé tiendraient leurs possessions en fiefs des deux princes, ou, en général, qu'ils leur prêteraient obéissance, également à Tun et à l'autre. Les impôts que la noblesse consentirait à la diète, seraient partagés en deux portions égales, ainsi que la dette publique, et la diète même serait dorénavant commune aux deux ducbés. L'ancienne prétention des comte^ de Holstein au droit de souveraineté sur la libre Dithmarsie .fût également mise en commun, et par cette raison, le roi Jean, en prenant part à la funeste expédition de la Dithmarsie, en 1500, fut obligé de satisfaire la cupidité de son frère cl la liainc de la noblesse orgueilleuse du Holstein contre les paysans indépendants des Marsk , qui , pendant des siècles, avaient mieux su veiller au maintien de leur liberté, que les rois de Danemark n'avaient su défendre le Jutland méridional. Bien qu'en Dithmarsie l'audace des ckevaliers holsteinois fût punie par des paysans sans armures, sans cavalerie couverte de cuirasses, et

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sans chefs agfuerris, les perles des Danois furent pourtant encore plus considérables. La défaite de Hemmingstedt coatribua, en grande partie, à déposséder Jean de la couronne de Suède, et irrita plus qu*elle n'adoucit l'humeur jalouse, tracassiére et exigeante du duc Frédérik à Tégard de son frère alnè.

Frèdèrik, bien qu'il eût choisi loi-même sa part du Slesvig et du Holatein, ne fàt pas moins mécontent de la portion qu'il ayait reçue. II éleva de nouvelles prétentions tantôt sur la Norvège, tantôt sur différentes parties du Danemark. Le roi Jean, ayant eu la faiblesse une fois de demander des secours à son frère pour étouffer une insurrection en Norvège, et de lui offrir, en compensation, la moitié de ce royaume Qib02^ qu*il lui avait refusée à plusieurs repHses, le duc enchérit sur ses prétentions, et des dissenlions et des guerres ayant éclaté entre lo roi et les Lubeckois Ci509-~12), le duc fut plus disposé à s'attacher à ces derniers qu'à son frère. Le roi dut sè contenter de faire un accord avec Frédérik, que les duchés resteraient entiérenfent en dehors du combat; et, en effet, ceux-ci avaient sujet d'en être plus reconnaissants au duc que de rexpéditioii contre les Dilhmarses.

Telle fut l'origine de la position lioslile que prit le duc Frédérik vis-à-vis de son neveu, lorsque celui-ci monta sur le trône de Danemark et de Norvège en 1513. Christian II reçut Thommage comme duc, prit possession de hi portion des pays qui avait appartenu à son père, et confirma les privilèges Cl^ octobre 1513;), de concert avec son onde patemeL II serait difficile de trouver deux caractères plus opiniâtres que ceux de ces deux* princes. Le duc Frédérik avait hérité du naturel et des sentiments allemands des comtes de Holstcin. Quoique fils d'un roi de Danemark, il était Allemand pour ce qui avait rapport à la langue, aux moeurs et à la manière de penser, autant que Christian 11 était Danois et attaché à la nationalité danoise, qu*il avait héritée de son père.

et avec laquelle il s'était familiarisé dés sa jeunesse. Mais le règne de ce roi était trop court et trop turbulent, pour que le génie danois qui l'animait pilt exercer aucune influence sup le SIesvig. Ses projets, qui en Danemark même ne furent qu*à moitié mûris, purc^nt encore moins être mis à exécution dans les duchés, oA les liens de Tunion avec le ' Danemark , quoiqu'ils eussent un seul et même chef, se relâchèrent à chaque changement de souverain. Christian II, profitant de son affinité avec Charles-Quint, obtint de lui la suppression du rapport féodal qui s'était établi, plutôt par ruse que par des droits légitimes, entre les Holsleinois et révéque deLubeck. La formalité seule que l'invesliture impériale de ce duché serait conférée au roi, par i'inlerniédiaire d'un prélat dont la position parut si inféri<*iire , causa un vif ressentiment à Christian. Etant à BruAelles, en 1521, il engagea le frère de son épouse à ôter à l'évéque un droit précaire et à le conférer au roi ClO août 1532)0» où il devint plus précaire encore. En effet, le roi fit des tentati^ pour mettre son droit à exécution, en vouhmt donner Tinvestiture à son oncle comme duc de Holstein; mais il n'était plus temps pour Christian de faire une prétention à laquelle s'opposait 0 le duc Frédérik , ne connaissant que trop le mauvais état des affaires du roi en Suéde. Christian II -0 V(,ulut d'abord, à sa manière, inspirer de la terreur à son oncle, en le menaçant d'une armée considéral)le (1522, au mois d'août). Ënsuiie, après que sa posliition en

1} I.cltro (le notification de rPLiupcrour au duc FrtMléi ik, datée du 10 auûl 1521 (Frédérik n'y est qualifié que du titre de duc de Holstein). Christian!, Ilist. moderne. 1. p. 541. Lettre d'investiture de l'Empereur, par laquelle Chrittian il Ait investi de Holstein, datée de Genève, dOjuillet 1521 (même antenr. p. 542).

Christiani, niênic endroit, p. 314 — 23. ,

3) „Cet étrange caractère alliant la force avec la faiblesse, la circonspection avec la précipitation." Dahlmann, III. p. 366.

Suéde était devenue pins critique, et que Lubeck s'était déclaré ouyertement contre lui, il chercha à s'arranger avec le duc et à obtenir des secours de lui par des

moyens moins violents; mais par là il ne fit qu'empirer sa cause, au point qu'il si<^na enfin le traité humiliant de Bordcsholm (\',] août i522X Christian renonça à la prérogative que lui avait accordée l'Empereur, de conférer indirectement l'investiture du duché de Holstein, et consentit à ce qne les duchés ne prissent aucune part i son différend avec les Lubeckois, en cas qu'il ne fàt pas régulé. En outre , il signa plusieurs conditions trés-favorables au duc, entr'autres celle-ci: que, dorénavant, aucun habitant des deux duchés ne pourrait être poursuivi en justice hors du pays où il était domicilié, et n'aurait l'obligation de comparaître devant des juges danois. ïoutefoiïi, un autre article porte, que: dans le Holstein, il est loisible d'appeler à l'Empereur; dans le Slesvig, on se conformera à l'ancien usage relatif à rappel. U parait en conséquence, que dans ce dernier duché on en pouvait encore appeler à la diète danoise, on au tribunal de justice du roi. Le même article statue également, que dans le Holstein on rendra la justice, conformément aux anciens usages, statuts el ^achsenspiegeV^ Ccode saxon]); danê le Slesvig, suivant la loi de Jvihmd^^.

M. Il appartient à l'histoire du Danemark, plutôt qu'à colle des duchés, de faire connaître, comment le duc Frédérik, peu de mois après le traité de Bordesholm, posa le iiias(|ue qu'il avait porté longtemps, profita du moment qu'il avait adroitement attendu, et, en s*unissaut avec toute sa force à la noblesse séditieuse du Jutland, contribua à déposséder le fils de son frère du trône de Danemark pour y monter lui-même. Dans les duchés.

1) Hvilfcldl. II. p. 1191. 1243. Le diplôme rCnVigé en plat-allcmaiid se trouve chez Lunig. CoW. nova II. p. 1025. V. Christiani, Hbt. moderDe. I. p. 325. 329.

sa conduite était loin d'avoir l'approbation générale; dans le

Holstein même 29 gentilshommes refusèrent de lui rendre hommage comme à leur duc souverain, et de renoncer à la fidélité jurée à Christian II. Dans le duché de Slesvig (où les paysans de la partie septentrionale se disposaient même à la révolte) il n'y en eut pas beaucoup, hormis l'évéque et Tabbé du couvent de Ry, qui lui prétassent le serment de fidélité (Gottorp 14 avril 1523}; en toot, y compris les prévôts, abbés, moines, chevaliers et nobles, seulement iiO personnes 0> «Un juge im* partial n'approuvera en aucune fiiçon ce qui se faisait dans le Sîetctg et le HoUtein à Tégard de Christian, n ne s'y était rendu coupable de rien qui pût justifier la défection du pays" (Falck) '^'). Il était tout naturel, que la noblesse du Holstein fût indifférente à un changement de souverain, lequel ne pouvait alors lui porter aucune atteinte. Pendant dix ans, les duchés furent gouvernés par le fils allemand de Christian I. Le Danemark et la Norvège, dont Frédérik portait le titre de roi, furent administrés par Toligarchie des pays ou le sénat danois, avec lequel le roi n'était pas toujours d'accord, soit sur des affaires pécuniaires, soit sur l'accomplissement de ses devoirs de roi, car Frédérik n'allait en Danemark que lorsque les circonstances y exigeaient sa présence.

Le régne de Frédérik I devint d'une grande importance pour le duché de Slesvig, par la propagation et l'introduction de la religion luthérienne (1521 — 1528). Le roi }k favorisait et la protégeait avec zèle, bien qu'il eût été bon catholique dans sa jeunesse, du moins lorsqu'il était question de jeûne. Bien que l'histoire de la réforme dans le duché de Slesvig n'ait pas encore été traitée spécialement et que les sources en soient trèsincomplètes, elle nous &it pourtant voir la facilité avec

0 V. le docnment diex Christiani, Hist moderne. I. p. 547.

2) Droit privé du Slesvig-IIolstciQ. i. p. 282.

laqaeOe les nowrelles doctrines se propagèrent parmi le peuple, ainsi qae la modération et la douceur dont on osait pour abolir la liturgie et le clergé catholiques, et pour séculariser les biens de l'église et les établissements ecclésiastiques. Cependant, ni Frédérik I, ni son fils, le duc Christian, qui, en 1521, était présent à la diète de Worins, où il avait pris de l'atreclion pour Luther et sa doctrine, ne faisaient aucune démarche violente ni téméraire pour en avancer la propagation. Le roi prit la réforme sous sa protection, mais voulut qu'elle se frayât la route d'elle-^méme. Dans le Slesvig et le Holstein, excepté dans la Dithmarsie, la conTersion. du catholicisme au christianisme luthérien eut lieu plus tôt, ét encore avec moins de iriolence et de résistance que dans le Danemark.

Du point de vue politique et national, la réforme dans le Slesvig eut des suites iniporlanles, indépendamment de celles qui concernaient partieuliércmcnt la foi, le culte et la liturgie. Des chrétiens et des théologiens allemands, en partie disciples de Luther lui-même Ccomme Bugenhagen, le ma!tre-és-arts Jean Wandel, natif de Gustrov en Mecklenbourg, recteur du collège de Haderslev; Weidensee, docteur en droit, natif de Hildes* heim, prédicateur à la cour de Christian DL etc.) furent les premiers qui, par leurs doctrines et leurs prêches, concoururent à préparer et à propager les principes et les dogmes de la réforme. Ces ecclésiastiques restaient étrangers au pays et au peuple du Slesvig, au point qu'ils furent obligés de se servir d'interprétés et de prêtres danois, nommés à cet effet, pour faire leurs visites dans les paroisses 0* Far ces ecclésiastiques, et

t) Jean Wandcl, nommé évcquc de Kibc, en 1537 (où il mourut en 1541) était toujours oblitré de se faire accompagner d'un prêtre danois, qui lui servait d interprète dans ses visites (V. Bibliothèque danoise Ire Section p. 178). Weidensee, qui Tut nommé prévôt des èglitet de Hadenlev et du fief de TArning, ne pouvant faire lni~

par la lecture de la traduction de la Bible et d'autres écrits de Luther, en général, par des livres de piétéi pendant longtemps les seols, pour ainsi dire, qu'on eû^ la langue allemande, dans sa nauceUe forme telle qu'elle était reçue dans les Kvres, s'introduisit dans le Slesvig, ainsi que dans le Holstein. Le dialecte plat-allemand ou bas-saxon, qui avait bien plus do rapport avec la structure de la langue danoise, exerçait encore dans la période de la réforme et dans le XVI siècle, une grande influence sur le développement de la langue danoise. Cependant, dans le Slesvig et le Holstein, il cédait successivement la place au haut-allemand. Plus celui-ci se répandait parmi la noblesse, le clergé, les fonctionnaires et les maîtres des écoles des villes, plus il fallait que la langue parlée par le peuple du Slesvig se dégradât , ou se réduifllt à l'usage plus restreint de dialecte vulgaire. Ainsi le duché de Slesvig, dont la population danoise était à cette époque bien plus nombreuse que l'allemande, n'eut qu'une faible part au développement de la langue danoise telle qu'elle a été reçue dans les livres, et à ses premiers fruits de la période de la réforme et du XYIe siècle.

Mais, si nous avons de la peine à trouver, à cette période-là, des traces indiquant que les Slesviceis aient contribué à ennoblir leur langue maternelle danoise, la reconnaissance de Vunité nationale et poUHque du pays avec le Danemark était pourtant si loin d'élre étouffée sons le régne de Fréd^k qu'on est même surpris de voir l'évêque de Slesvig, Gotskalk d'Ahlefeld, y rendre pleine et entière justice en 1526. A cette époque ce prélat, le premier du pays et gentilhomme allemand, n'avait certainement pas de motils personnels pour étrô

même les visites ordonnées, en confia le soin m un curé de rha* que jaiMidion, ce «{ui donna lien à l'installation des prévôts de jnridiclioas eo Danenark. CRhode: Svrle bailliai^e deHadenlev, p. 144— 147. WerbiQff I. c p. 68*)

(lu côté du Danemark. Dans sa réponse à la Chambre impériale de Spire, qui voulait traiter l'évéché de Slesvjg en fief de IXmpire el prétendait à en percevoir m tribut annuel, il exprime ses regrets de ne pas avoir de relations avec l'Empire^, et témoigne le plus vif d^ir de s'attacher à l'Bmpereur; mais, ajonte-t-il-,,quoiqu'il ii*âimât pas ^ à encourir le blâme du chef de l'empire germanique, lui, dont les ancêtres étaient de famille allemande" Qnon libentor ccrtc vellem me divulgari ïmperialibus censurisj, la Chambre même le lui imputerait à crime (lamquam rem abominandam mihi imputarent}, 8*il allait imposer une obligation à son évéché, à laquelle celui-ci ne serait pas tenu de satisfaire (si contra decentiam Episcopatum meum indebite submitterem). Il déclare donc firandiement et le constate par lé témoignage de Krants, Allemand de naissance, et par d'autres chroniques saxonnes: que le Danmark el la numarchiê danoise s'étendent jusqu'à la fironOére de l'Eider; qu'ainsi son évêché est situé sur le territoire danois ^licet Episcopatus meus sit in solo danico conslilutus"); que de tout temps le Slesvig, pour ce qui concerne les affaires temporelles el spirituelles, a été sous la domination du Danemark, et que de temps immémorial, les lois danoises ont été suivies et exécutées devant tous les tribunaux temporels O- C'est peut-être la première fois, qu'un Allemand noble se soit exprimé avec tant de firanchise sur la nature danoise du dudié de Slesvig, à l'époque où il fut déjà gouvmé en platallemand par des gentilshommes holsteinois, selon des

1) „^\e celle d: Erclesiam mcam i^heu Dolor!) nulla prorsus a. S. R. Impcrio tcnere icgalia. Vtinam aliqua, quantulacanque ssltem exigua, pro loco rcfu^ii n prœfato impcrio haberemus." etc. (V. Pontoppidan: Ann. £cclcs. Dan. II. 794—96).

2) SIef ▼ieoni teaper iuh/kit mtpwriwUtti Dmim, Uan te tonporatt- . biu, tpum «piritoalibnt, paltm * pnblioe, senranlwqie pcr laioof m omnibyi jndUcib McalwilNis teg— DrnUi, a taotô tnapore eitra caiat oontrariam non eti iii ««noria hominun,* L c p. 795.

ptiTÉlégcs aDemands, et par un roi qui, sans doalei comme son père, n'a génère parlé avec facilité ipie le plat-allemand y on peut-être dans sa jeunesse un peu de latin corrompu, qu'il avait retenu de son séjour au

monastère de Cologne.

26. Après la mort de Frédérik I, on aurait dû présumer que le droit d'élection que s'était arrogé la noblesse du Holstein et du Sle.svitr^ en 4460, eût été rois à exécution pour les quatre iils que laissa le roi. Mais précisément dans cette occasion, par le concours de plusieurs circonstances, il fut mis de côté. L'espoir de Cliristian, fils aîné du roi, de succéder également à son pére au trône de Danemark, n'était point sans fondement; le désir d'obtenir une double couronne royale ne lui manquait peut-ébre pas non pins, bien qu'il ne fît aucune tentative, ni dans le Danemark ni dans les duchés, pour être mis à la léle des afTaires. Cependant, ni les états ni le duc n'avaient en vue le bien-élre et la prospérité des pays dans Vunion indivise, dont on* avait cru s'assurer en 1460. Les états renoncèrent à l'union el ne fùrent pas capables de revendiquer le droit d'élection. Christian reçut l'hommage, comme héritier, et non seul, mais en même temps pour ses frères mineurs; il confirma à son tour les privilèges donnés par son aîeul, bien que ceux-ci eussent beaucoup souffert sous le règne de Christian I. Christian III, qui, ainsi que la noblesse du Holstein , regardait un duché comme un grand domaine, était assez juste pour partager son héritage avec ses trois frères. Il en résulta qu'au lieu du partage en deux portions, le Slesvig et le Holstein, qui devaient rester indivit à perpétuité, furent démembrés en Irott portions.

Ainsi, le fils ainé de Frédérik I, grâces à la puissance et à la volonté de la noblesse, devint le successeur de son père, d'abord dans les dndiés C^^SS^* ensuite en Danemark et en Norvège; mais dans ces derniers pays, il rencontra de plus grands obstacles et une

forte résistance de la majeure partie du peuple. ^L'union perpétuelle", pacte conclu à Rendsbouro^ en 1533 C^*^ juillet et 5 décembre} entre le sénat danois et les états des duchés, devint une des premières suites de la position des pays après la mort de F^èdèrilc I, ainsi que de la dissention des états généraux du Danemark sur Télection du roi, et de la crainte de la noblesse de voir remonter sur le trône le roi fugitif.

Par cette union, le duc Christian, av«inl son élection au trône, cherchait à préserver les duchés des dangers qu'ils pourraient courir, si Christian II trouvait du secours auprès des Lubeckois ou du parti qu'il avait encore en * Danemark. Les Lubeckois, changeant de politique, et jaloux des Ifeerlandais, dont la navigation dans la Baltique commençait à entraver la leur, se déclarèrent en effet, Tannée suivante, pour Christian U, leur andeîn ennemi, et attirèrent sur le Danemark et la noblesse danoise la guerre connue sous le nom de „Grer>ens Feide^ (guerre du comte). Ainsi, l'union de Rendsbourai- était efTeclivenicnt une alliance défensive, conclue entre l'aristocratie et le sénat danois, les pays de SIesvig et de Holstein réunis sous le duc Christian. Cette alliance devait affermir la paix entre les contractants, non-seulement pendant que les descendants de Frédérik I occu^ paient le trône, mais à perpétuité; elle obligeait également les contractants à fournir nn certain nombre de cavaliers pour le service réciproque, contre les agressions des ennemis étrangers. Toute désnnion entre le roi de Danemark et le duc de Slesvig et de Holstein devait se régler à l'amiable, dans une assemblée à Holding, par huit gentilshommes choisis de part et d'autre parmi les membres de leur conseil. L'une des parties ne pouvait faire la guerre à l'insu de l'autre, et aucune des deux ne devait donner secours et retraite aux ennemis de Tautre. Dans cet accord remarquable, on reconnaît Tesprit et la teneur des pactes qui, da temps de l'Union de Calmar, furent condns entre les sénats de

Danemark et de Suède. Dans ^l'union perpétuelle", il ne manque pas non plus de ces réserves des droits des deux parties dans certains cas et points indécis, et ici ce point est précisément lo duché de Slesvig. 11 est dit à la fin de la lettre de l'untoQ perpétuelle: aucune atteinte ne sera portée de quelque manière que ce soit, de paît et d'autre, A la prétention et au prétendu droit que la couronne et le royaume, de même que les princes de SIesvig et de Holstein, devaient ou pouvaient avoir sur la principauté de Slêieig^^. Il est donc évident, que par Tunion que contracta Christian avec le Danemark, de concert avec les états des deux duchés et en leur nom, on a reconnu: que les rapports entre le Danemark et le Slesptg étaient différents de ceux de ce royaume avec le duché de Holstein. Dans le premier de ces pays, il y avait des prétentions A régler, qui fbrent ajournées et non rejetées.

Christian 111 ayant enfin été élu roi de Danemark, (juillet 1534), mais n'étant devenu maître di» toute la monarchie qu'en 1536, après la reddition de Copenhague, ce ne fut cependant qu'après le traité de Spire (23 mai 1544), conclu avec l'Empereur et la maison de Bouro^ogne, qu'il parvint à rétablir la paix dans SCS Etats, dont la position était très-précaire tant qu'ils étaient exposés aux attaques des parents de Christian II, ou que ceux-ci pouvaient attendre des secours de r£mpereur. Le roi ne voulait ni ne pouvait ajourner

^) „Ilirinr<lo skall «le tliosprake vnd vouik i inh- {îciochlicliheil, aïs de Cl (HIC vnd diilh Hyk<: tlic (loneniiu li. , ock (U'sjflùckenn <lo Fiiiiilcii to Slessvvick vnd llulsten, helibetin mudilcii cdder konndcn tko dtU Furâlendimt l^umtik von beydenn parthcnn vttuorkreiicketli jin in aller nialhe.** etc. Privil^éges dn corps équestre du Slesvig-Holsleîii. p. 137. Une singulièro faule de copiste s'est ((lissée dans ce docomeot original on l^tre éftJmom en plat-allcinand, qui de la pari des Danois fut présente aux llolstcinois, en ce qu'il porte ranncc ^Dncssciil viffliundert vnnd dre vnnd twyntich** (1523) au lieu de ld33.

le partagée des duchés avec ses trois frères, Jean, Adolphe et Frrdérik, dont l'aîné Jean avait 23 ans, le cadet Frédérik entrait dans sa 15© année. Le célèbre Jean Hantzau, qui comme général et homme d'Etat avait puissamment concouru i mettre le roi en possession de ses Etats, dissuadait envain une démarche dont il prévoyait les suites funestes. 0 H voulait rester fidèle an principe qu'avalent suivi sa famille et ses ancêtres, en 1460, en donnant leur voix à l'élection de Christian de Danemark, plutdt que de démembrer ou partager les pays; mats l'esprit du temps et la manière de penser du roi étaient contraires à Rantzau. Dans le partage qui se consomma en 1544, le 9 août, deux jours après que le roi eut confirmé les privilèges des états, le plus jeune des frères, le prince Frédérik (depuis évoque de Slesvig et de Hildesbeim), renonça à sa part; on lui promit en compensation un évéché en apanage. Les duchés eurent en conséquence trois maîtres; le roi reçut d^ Slesmg, la part de Sônderbourg, c'est-à-dire: les Iles d'Als et d'ifirrôe, avec le Sundevitt, le bailliage et la ville de Flensbourg, ainsi que -le couvent de Ry 0'ft>i<^^ Rus Régis, fondé en 1209}, où plus tard le château deGlôcksbourg fut bâti. Le duc Jean reçut la pnrt de Hadersiev, ou la ville de ce nom, avec le château de Haderslevhuus et le bailliage adjacent, le Torning-Lchn, le Lùtken- Tunder ayec Osterherred, Lygumkloslor et la ville de Tônder, ainsi que le Nordstrand. Le duc Adolphe reçut la part de GoUorp avec les bailliages de Gottorp et de Mobr-Kirlien, ainsi que Stapelholm, Husum, Eiderstedt, on les juridictions. méridionales frisonnes; en outre, dans la partie septentrionale du pays, le bailliage d'Aabenraa ou Apenrade. Le Holstein fut également partagé entre les trois frères, et le duc Jean reçut, outre sa part des deux duchés, Tîte de Fehniern. Les seigneurs, pour leurs personnes et leurs terres, les couvents Cyprès la

1) Chnstiani: Histoire moderne. IL 191.

réforme, la noblesse s'était soumis les riches convents de filles nobles, qui servent encore d'éloblissement do bienfaisance aux demoiselles nobles de certaines familles) et en partie les villes, ainsi que les revenus des douanes de Rendsbourg et de Gotlorp, resteraient de la dépendance commune des* trois souverains. Ainsi, on n^ se partagea que lei domaines de la couronne, les fiels et châteaux des princes, et les payans qui y étaient attacbés. La noblesse pouvait être indifférente à cette affaire; car, à coup sdr, elle esprit que les droits seraient plutôt agrandis que limitèi, sous des princes dont la puissance et la position étaient si diflférentes, et entre lesquels la concorde, selon toutes les apparences, ne serait pas de lonfrue durée.

W. Avec ce second partage des duchés, en 1544, commence une époque de plus de cent ans, où leur histoire n'est pas moins éparse que les pays. Elle se perd dans une foule de querelles minutieuses, de traités, de nouveaux partages, qui loi donnent le caractère d'une histoûre particulière de maisons princiéres d'aucune importance, plutôt que d'une relation de la situation politique de deux duchés, ou du développement et de la destinée de deux tribus de même origine, unies par les liens les plus étroits et vivant enseniLle. Il nous faut donc passer rapidement sur cette matière, d'autant plus que sa nature ne la rend ni susceptible d'entrer dans le cadre de ces feuilles ni propre à notre but, qui se restreint essentiellement aux rapports historiques du duché de Slesvig. Ceux-ci, pour ce qui en concerne la partie politique après 14(K), lorsqu'un roi de Danemark devint comte de Holstein, et après 1534, lorsque le duc de Slesvig et de Holstein devint roi de Danemark et de Norvège, se rattachent plus étroitement à l'histoire du Danemarit et du Holstein. Si nous joignons l'époque de 1544 à celle de 1054 à 1721, et que nous insistions sur les faits principaux par lesquels l'histoire pourrait encore se rattacher à TeAistcnce du Slesvig,

comme pays individuel» ces faits seront: Us partages politiques et le rapport féodal ainsi que la forme du

gouvernemmt; les dissentions entre les rois de Dane~ mark et les ducs de Gottorp, avec leurs conséquences; la réunion et l'unité renouvelées du duché de Slesvig, éonjointemenl avec la nationalité mixte du peuple.

Les rois de Danemark, Christian 1 et Jean, régnèrent sur le Siesvig en souverains et ducs choisis par la nation, sans qu'il fût question d'aucune investiture de la part du royaume de Danemark, puisque le suzerain luîméme était le sourerain immédiat du pays. Les Holsteinois sollicitèrent (1483) auprès du roi Jean, pour le duc Frédérik, son frère, rinyestîture de sa portion du Siesvig CHvitfeldt, II, 974). Christian II, en succédant à son père, en 1513, se regardait comme héritier de la portion des duchés qui avait appartenu à celui-ci, et donna au duc Frédérik, son oncle paternel, l'investiture de sa portion du Siesvig. Les deux seigneurs, en confirmant les privilèges et les droits des états, après avoir reçu rhommage, appellent les deux duchés des pays héréditaires qui leur étaient échus 0* Christian III, «prés avoir partagé le Siesvig avec ses frères, revendiquait la suzeraineté du Danemark sur ce pays. Dans l'accommodement conclu avec le roi captif Christian 11, 11 n'oublia pas non plus de lui faire reconnaître et confirmer le droit du Danemark sur le Slesvig'Of lorsqu'il céda son droit de succession sur le Siesvig et sur le Ilolsloin à Christian III, à Jean et à Adolphe, frères de Christian m. £q1546, au mois de janvier, Christian lU

,|AlMlena6 de funlendome Sletwigk, Holsleim vod Stornarn darch des doth vnsMr seligeiiii Hm. vnd Veder «m mif Hiwvnicf

vnd gefallen synn." ConnniiHtioQ des privilèges de Christian II et de Frédérik I, 18 oct. 1513 (Privilèges du corps éqncstre dil- Sh'svig-Ilolstcin, p. 105). l/invcsliture conférée par Cllristiaii

II au (hic Frt dérik. V. Chrisliani. ï. p. 315, note, 142. '•i) „Ac profitelur, jus in Sliaevifîiaiu Dania) vcgno rccte coin|K terc." N. Krag: Hist. Christiani. III, p. 287. Hvitfcidt II. pag. 1539.

demanda pour la première fois à ses frères, qu'ils reçussent rinvestiture de leur part du duché. Les frères reconnurent qu'ils en avaient l'obligation, uuns ou ne pouvait tomber d*accord sur les devoirs féodaux. De nouvelles négociations ouvertes à ce sujet dans une con* férenee à Kolding, en 1547, ne produisirent aucon résultat, quoiqu'on eût déjà fait des préparatib pour la solennité. Les ducs révisèrent encore de contracter , des obligations pour le service et le secours féodaux du Danemark. La querelle étant devenue plus grave de part et d'autre, le roi, malgré toute la douceur de son caractère, se fàclia contre ses frères, ([ui quittèrent KoldingO sans aucune suite. Le différend n'était pas encore réglé à la mort de Christian III, en 1559. Le roi Frédérik II, son fds, prit les rênes du gouvernement dans la portion royale des duchés, en son propre nom et en celui de Magnus et de Jean, ses frères mineurs. Mais le premier ayant été apanagé des diocèses d'Oesel et de Courlande, le roi, au partage de la succession %le 1564, garda les deux tiers de la part royale, et en céda un tiers à Jean, son frère cadet

La querelle féodale dont nous venons de ;parler, recommença sous le fds et successeur de Christian III. Le roi Frèdèrik II, pour la première fois en 1567, à la diète d'Odensée, fit renouveler la demande de son père aux ducs Jean et Adolphe, ses oncles paternels. Ceux-ci ne s'opposèrent pas à la prestation du serment de fidélité, mais, comme auparavant, ils refusèrent le service féodal; ils renouvelèrent l'ancienne prétention sur l'hérédité du fief, tant pour la ligne tnasculine que pour la ligne fétaênine. Comme on ne pouvait pas s'accorder, la décision en fut ajournée, et l'on convint de la soumettre à la médiation de trois princes: rélecteur

i) „Nonnulla cum Régis offeiuione^ Duces abs(]ue comnicatii disccdiint." Krag: //tV. CArMiiVm»///. |>.m V. Cliri«(i«iii. 11. p. 219—222. p. 230-31.

de Sixè, le dno Ulric de Meckleirikinrgr et le landgrate

de Hessc. Par les ambassadeurs de ces princes, on cnlaina de nouvelles négociations sur l'affaire féodale, à Odensée, en mais sans qu'on pût tomber d'accord, ni

Kur le devoir féodal, ni sur la manière dont rinvestiture devait se consommer 0- Enfin, dix ans après, la longue querelle féodale fut terminée par la médiation desdile princes. Les conditions principales de l'accord conclu à Odensée, le 25 mars 1579, étaieni: que le roi, dans l'espace de Tan et jour, donnerait anx dues Tlnrestiture dp la principauté de Slesvigr et de VÎU de Fekmem, en pef de kmtherî héréditaire^ appartennni au Dane-^ mark; que tous les ducs vivants de la race d'Oldenbourg qui, conformément à des traités séparés, n'auraient pas renoncé au droit de succession, participeraient à celle investiture, ainsi que leur postérité. Si le roi, après avoir demandé Tavis des princes féodaux de Slesvig, commence une guerre, ceux-rci serviront la couronne danoise, en fournissant quarante hommes à cheval et quatre-vin^ fantassins, auquel service féodal participera également le roi pour sa part des duchés. Gomme on ne pouvait pas encore ^arranger «tir to sticcessîafi au duché, la part féodale des parties contractantes, en cas que le roi ou le duc mourût sans héritiers légitimes, serait confiée à une administration provisoire, et la décision de l'affaire relative à la succession, serait abandonnée à des princes et seigneurs bien intentionnés. L'investiture eut lieu avec beaucoup de pompe et de solennité à Odensée, le 3 mai 1580; le roi fit représenter sa personne, comme duc de Slesvig, par Henri R^nzau, gouverneur de Hobtein, tandis que lui-même^ comme roi, conféra l'investiture et fit prêter le serment

1) Cliristianl. II. p. 421, 431—32 (Parmi les pièces citées dans la note, se trouve un Consiltum de rnnivcriilé de JforftMry ao figet de l'affaire féodale du Slcsvig. 1569.}

de (idélitcOî en observant loiilcs les cérémonies preïcrites à cet 'éi^ard. Cette inveslilure solciiiu'llc du Slesvig fut le premier et le seul acte de celte nature qui ait eu lieu dans le Danemark. Plus tard on se conformait à l'usage suivi en Allemagne pour les investitures, et ainsi le duo Adolphe, le duc Jean le Jeune et le roi Frédérik II, reçurent rinyestiture après la mort du duc JeanTAind, dans la grande salle du château de Holdinghuns, le 14 novembre 1582. L'investiture ducale du SlMvîg eut également lieu après hi mort de Frédérik, au château de Copenhague, le 4 juin 1589, et ainsi de suite jusqu'à la dernière investiture danoise du Slesvig pour la ligne royale et la ligne princière de Goltorp, laquelle fut conférée au château de Copenhague, le 25 novembre 1648.

La même année que Pacte solennel de Tinveslilure eut lieu àOdensée, le duc Jean l'Aîné mourut à Haderslev sans héritiers (ir octobre 1580). Le duc Adolphe, passionné pour la guerre, auteur de la soumission des libres Dithmarses, en 1559, fit des prétentions sur k part entière du duché de Slesvig qui avait appartenu é son frère défunt. Il déclara que, conformément aux lois danoises y comme frère germain du défunt, il était plus proche héritier que les fils de Christian III, frère utérin du défunt. Il ne vint pas à l'idée de Frédérik 11, eu sa qualité de suzerain, de faire retourner à la couronne la part féodale du duc Jean, mais il demanda, en vertu du droit de représentation des lois féodales, la moitié du fief du duc Jean, et celle de ses liions allô* diaux. Le duc Adolphe protesta, fit renouveler son assertion: „que toute succession sera recueillie suivant les lois qui sont en vigueur dans le pays où tombe la succession; ainsi, dans le Slesvig, suioant les lois da» noises qui y sont en vigueur, et suivant la loi juilan-

9) V. la description de cette solennité. dHns In chronique de Frédérik 11, publiéo par ReiCii.'p. 321. 322. Cbristiani 11. p. 457—60.

daise de Valdemar, dont on s'était servi pendant des siècles dans le Danemark et le Slesvig. Dans dos litiges féodaux il fallait également juger selon les lois du pays où était situé le fief; ainsi, en Allemagne, suivant le droit impérial; en Danemark, suivant le droit danois^ e'est-à-dire le code du roi Valdemar. La loi qui s'appliquait au tout devait également -s'appliquer à ses parties; et le Slesvig était à regarder comme «fie partie de la monarekie de Danemark Cpsrs regni Daniie). Ainsi, encore en 1580, un doc de Slesvig a pris la défense de la nature danoise de ce pays. Aujourd'hui on peut contester la justesse de l'application qu'il faisait de son argument définitif*}; la preuve que le duc allégua de son assertion, n'en conserve pas moins la validité historique. — Toutefois, par la médiation des susdits princes allemands, on parvint à s'arranger sur la succession; le roi céda au duc Adolphe tous les biens meubles de son frère, mais il partagea avec lui le ief de Slesvig, de façon que le duc reçut les bailliages de Tônder et de LygumUoster avecNordstrand etFehmem; le roi garda le Hadélrslev, le Tôrning-Lehn et Rendsbourg avec quelques villages adjacents. II accorda à son frère Jean C.lc Jeune), une part de l'héritage, savoir Rykioster (aujourd'hui, la juridiction de Munke-Brarup), Sundewitt, quelques enclaves dans le bailliage de Haderslev, que le roi recouvra, par échange, en 1584.

Ce frère cadet de Frédérik II , comme il est dit plus haut, avait reçu, par le partage de la succession au prfaitemps de 1564, un tiers de ki part royale^ du

^) Clirisliîiui, II. p. 469, fait observer: „quc, de nus jours, |)ersoiHic ne fera <('tm droit privé une règle à suivre dans les cas qui appartimineni au droit public* Maia précbément parce qae le droit pttblic en 1580 n'était paa an mène point de développement qu'en 1780, Tavocat du duc Adolphe pouvait bien se servir du droit privé dans des cas où, conune en Danemark, le jus scriptum et antécédents manquaient au droit Tcodal et au droit public.

^) Le roi garda les deux tiers (V. plus haut); l'un lui Tut cédé par son Trére, le duc Iflagnus, qni, potBvuivi par un sort malheureux.

Slesvig, savoir Sôndcrbourg et Norbourg (ainsi que Plôcn etc. dans le Holsteio]). Mais le roi ayant demandé ' à la diète de Flensbourg, au mois d'octobre 15G4, que les états rendissent également hommage à Jean le Jenne eomme le quatrième duc, Ils 8*y reAisèrent opiniâtrement Le roi dut se contenter de recevoir Thommage seulement pour lui et ses oncles paternels, Jean et Adolphe, comme princes régnants, et de ne pas éprouver de résistance de la part des éla(s, à ce que Jean le Jeune gardât les revenus, qui autrement devaient revenir au roi comme souverain, dans la part des i)()Ssessions royales du duché cédée au duc Jean. H s'établit donc de nouveaux rapports entre des princes régnant^ des duchés de Siesvig et de Holstcin et ceux qui ne possédaient que des parU prieé^ C^abgetkeiUe*^}^ dont les derniers étalent à regarder comme princes apanagés, et non régnants. Ainsi, les trois ducs auxquels les états avaient rendu l'hommage prirent seuls part au ftuvemement prétendu commun Cr^gemeinschapKehef'X qu'on orgîinisa en 1564. Les princes devaient alterner tous les ans dans le gouvernement, mais chacun garderait, séparément dans sa part, tout ce qui aurait rapport à l'administration intérieure, à la justice, à la police, à la nomination des fonctionnaires etc. dans les villes et les bailliages. Comme la diète fut également tenue au nom de tous les princes régnants, par des commissaires choisis en commun, de même que U cour pronindale du Slesvig el du Holsteîn, po«r chaque duché en particulier; et comme les ordonnances furent rendues au nom de tous les princes, le duc qui alternait tous les ans n'était guère investi que d'une dignité de prince représentative, bien que la noblesse ou les soi-disant ^Prdlaten und RitterschafV*' dussent être immédiatement sous son obéissance. Cependant ce gouvernement en commun dura pour le Sles-

quîtta w pAlrie, et passa en Livonie et en Conrlande où il terniM tel jours àm nn élat déplorable, en 1583.

vig jusqu'en 1713, et pour le Holslein jusqu'en 1773. . C'était un expédient trés-imparfait sous plusieurs rapports, par lequel on Toulut remédier -é la division du pays, du peuple et de leurs intérêts, entre des princes doni la. concorde ne fut jamais de longue durée; division, qni énervait la force de l'Etat el entravait la prospérité et la civilisation du pays sons bien des rapports.

Sous un régime déjà si compliqué par suite de ces circonstances, et sous les doubles rapports politiques qui existaient toujours, d'une part ciilrc l'Empire et le Ilolstein, comme une partie du cercle de la Basse-Saxe, et de i*autre entre le Danemark et le Sletvig, regardé toujours comme fief de ce royaume, dont le roi était prince régnant dans une partie du Slesvig, la constitution des «deux duchés ne pouvait que présenter des rapports particuliers entre les pays unît de cette manière, et pourtant séparés sous plusieurs souveroîm, dont les relations politiques s'accordaient si peu, soit entr'eux soit avec d'autres pays et princes. Cette constitution continuait d'être essentiellenirnt monarchique; pour la forme elle était seulement limitée par les capitulations et assurances contenues dans les privilèges de Christian I de 1460, et qu'en général les rois et ducs suivants se contentaient de confirmer, même depuis qu'on ne s'y conformait plus dans plusieurs points et qu'il était impossible de s'y conformer. Ce fut précisément parce qu'on s'en tenait à la teneur littérale de ces actes de liberté surannés, que non-senlemeni la constitution, mais le peuple fut privé d'un développement libéral et progressif 0, Ce qui se conservait le

1) Un historien slesvicois dit à ce sujet: „En comparaison des chtrief conBtitntioanelles des temj^ modernes , c'est un ouvrage informe; et quand même il fendrait atlribner cela an tem|M oA il a été eowpeflé, l'idée que le duc et lef états y raUachèrent, «'eat-à-diro qu tom lee droite da peuple ieraient eoninnés imr écrit, ^n'ea fat pae HMiint un obitade à nn déveieppenent

plus longtemps et se maintenait avec le plus de constance, c'étaient les privilèges accordés à V ordre de la noblesse; par cette raison, la loi qui défendait de yendre de§ hfkns noMes & d'antres qu'à des gentilakommes, pounût non-seulement être adoptée à la diète de 1623, msàa le serrage et le droit de la glèbe se maîntenaieni dans ees biens jusqu'à nos jours, ainsi que l'exemption des droits de douane réeemment abolie, prérogative si peu utile aux privilégiés et si préjudiciaLle au bien commun.

D'un autre côté, les paysans du duché de SIesvig, même plus tôt que dans le reste du Danemark, perdirent, par l'annexion au Holstein, les débris de la liberté de leur état et de leur indépendance. Dans le royaume, les représentants de l'ordre des paysans furent appelés aux diètes Jusqu'en 1660; dans le âesvig, au contraire, cet ordre disparut dès 1460, même jusqu'au nomO» particulièrement depuis que l'ancienne cour provinciale d'Umeboved fot abolie dans le JuUand méridional, et que le duché n'eut plus sa propre diéle'O- Von ne se contenta pas seulement d'exclure les paysans libres de la diète et de tous les autres droits appartenant à leur

plus large de la cônstltstion''. A, Forckhanmer, Hist. da Sles- ▼ig-HoItleiii dépote la rèfonMlioii, lr« livraiMo. |i. 101.

1) Au Ifott de JLmMt^ (paysan qui prend vne ferme A loyer), les Holsleinote introduisirent dans le Sicsvîg le nom de yjLansten", qni correspond i ce qu'on appelle „Fœstebonde'' (tenancier).

Cependant on ne pouvait se passer toul-à-fail dn mot danois y,Bonde" [paysan], (p. ex.: lorsqu'il éfnit queslion d'un „S</peier**: cultivateur propriêlaire). Ils s'en servent alors sans ancune altération, comme de plusieurs autres mots danois; Ein Bonde; plur. „BondeH*', „Ufue egm Bunden und Lansten'*, 1460 (Privil. p. 47).

'0 !•<& disparition de l'ordre des paysans de l'assemblée d'Umeboved n'a pn avoir Heu que lorsqu'il s'établil des relations phia étroites avee le Rolstein, et qne ï'inflnenee de la constitution dn Holstehi ooameo^it à se faire valoir. (Falck : Droit privé, il p. a07.)

Dlgitlzed by Gopgle

ordre; tous les propriétaires et seigneurs ne furent pas même appelés à la diète, mais seulement l'oligarchie noble ou le soi-disant corps équestre des duchés 0; les familles qui y ont été reçues^, formant une corpA'ation particulière, prétendeni encore au droit de représentation, suivant les anciens priTilégfes de la noblesse, et ont mène essayé de nos jours de faire valoir ce droit par des démarches oflicielleSi Les wUeê du Shteigj dés l'époque OÙ elles reçurent des privilèges, ont eu le droit d'envoyer à la diète des députés élus parmi les membres de leurs magistrats, et, en général, elles ont fait usage de ce droit. Cette prérogative ne fut pas allouée aux villes d'une épo((ue plus rcconle (Husum et Frédérikstad), ni à la ville de Sunderbourg, ni à celles situées dans les juridictions frisonnes CTônning et Garding); de même que . la seigneurie de Pinneberg et la Dithmarsie, où l'on n'avait point de prélats et de corps équestre, ne rassortirent pas de la diète tenue en commun^. Ces rapports restrictif coopérèrent à l'irrégularité de la participation des villes à la diète, (]ui se perdait successivement et qu'on finit par supprimer entièrement.

Cependant, les diètes, tant qu'elles subsistaient, furent regardées comme le corps représensatif des pays et des habitants, aux résolutions et aux concessions duquel étaient soumis les autres états non représentés, les ha-

1) Lei membres de la corporation des clievalicrs faisaient partie de la noblesse qui avait droit de siéger à la diète; il est seniemeni douteux s'ils pouTuiont être appelés i la diète sans posséder dès biens nobles. Falck. 1. c. II. p. 209.

S) 11 n'est pas besoin de fiiire observer, qne si l'on donne à cette corporation eneora do nos jours le nom de ,,prèlats et de corps équestre", le premier est seulement nn nom historique adopté après la rérormation,pâr des gentilshommes qui exercent les droite de patronage sur les couvents des filles nobles des ducliôs.

ii) Y. Falcli (Droit privé, p.2ia) (Y. p.215, où l'on voit que la ville d'JErrôeàk^ùhmg n'a pas non plus envoyé de mandataires i la dicte}.

bitants des villes et des campag^nes, les seigneurs ou propriétaires en dehors du corps équestre et du dergféO* Les prérogatives des diètes consistaient essentiellement dans le consentement aux impôts extraordinaires et aux contributions de la guerre; au XYI» siècle et dans la première moitié du XVIIe, rexercice en élait assez régulier, puisque la diùlc fut ordinairement convoquée une fois par an, quelquefois plus souvent 0- "Une déclaration des deux princes en 1630, portant que les discussions aux diètes avaient été jusqu'alors „sans ordre et tumultueuses^, fait voir qu'il régnait souvent des désordres à ces assemblées, et qu*aucun règlement ne déterminait la marche des aflTaires. Un grand nombre des membres du corps équestre ne se pr^entaient pas, quelques-uns se retiraient trop tôt, de sorte qu'il arrivail souvent qu'aucune résolution ne pouvait être prise etc. Urt nouveau recez des états devait mettre fin à ces

t) V. Dahkwerth: Dosrription Icn itoriHle. p. 21. Kali k : Droit privé, p. 218. II nous faut faire ici une uliticrvation importante quant an consenteinenl des impôts. Il ne coiicenuiil pîn liculièrcment que /fs terres nobles, les bicu^ upparlenant mtx coutents et les villes, mais ne t'itendait pas aux biens de la couronne, aux domaines, et «QZ bailliage* des princes régnanis, ni aux paysans qui y étaient attachés. Déjà dans la capitulation de Christian I de 1460, les cultivateurs propriétaires et les tenanciers du rot sont exclus dn droit qui a été accordé aux privilégiés. Il parait que l'opinion de Faick n'a pas été bien formée sur eet objet, lorsqu'il a écrit son Droit privé. Conf. T. H. p. 220. avec îses paroles II. p. 244, qui ronfirnicut ce que nous avons avaucc plus haut. Selon les paroles dont il s'est servi (htiis le Droit privé, III. p. 556, note 1, et 577, il parait que la chose lui est devenue parfaitement claire^

2} Par exemple, sous le rèjfne de Christian IV. pendant l'espace de 55 ans (de 1593 à 1648), le nombre des diètes monte à 53. De 1625 jusqu à la tn de 1629, il Ait tenu 5 diètes; 27 dans les 13 années de 1630 à 1643; et dans «pielques-nnes de ces années frest dans l'espace d'nn an, ce qa'il faut particnllérement attrihner i la guerre en Allemagne. (Hegewisch: Continnation de Christian! III. p. 64. 81. 333. 306 etc.)

ido

sibus. On convint d'un par(Ml acte, et des amendes furent fixées pour des désordres de cette nature, qui cependant continuèrent même après ce temps. Sur la proposition des princes, on résolut en même temps d'établir on amiié permanent composé des membres du corps équestre, lequel, dans des afiaires qui ne pouvaient être ajournées, aurait la faculté de remplacer la diète assemblée etc^O- ^ dî^te n'avait aucune participation à li^ législation, bien qu'on trouve quelquefois «que les ducs soumettaient à leur gré de nouvelles ordonnances A la délibération consultative de rassemblée". Ainsi il fallait que les diètes, à juger de leur caractère principal, fussent considérées comme des tentatives de la part des princes pour obtenir des subsides et des impôts, et des tentatives de la part des états généraux pour s'alTranchir de l'un et de l'autre (Falck. 11, p. 221> Pour ce qui concerne encore les diètes, nous nous bornons à faire observer ici, que sous Frédérik 111 elles se succédaient constamment (31 assemblées de 1648 à 1670), mais qu'il n'était par rare d'y voir siéger le corps équestre d'une manière si irroguliére et en si petit nombre qu'on ne pouvait rien arrêter. Les princes se virent quelquefois obligés CP' ex. dans les années de 1649 et 1650) de convoquer de nouvelles assemblées, 4 et même 5 fois en une année. Aussi firent-ils en 1641) de fortes remontrances aux états pour le peu de part qu'ils prenaient au bien-être du pays^). Sous Christian V les nouvelles relations et les inimitiés entre les deux maisons amenèrent le résultat, qu'aux diètes de 1672—1674 la décision ordinaire relative au consentement à l'impôt ne fut pas * prise, puisque les commissaires du duc s'opposaient constamment à ceux du roi. D'autres dilférends avec les élali sur divers poinis, entr'autres sur l'inposition

^} Hegcwisch: Continuatioa de Christinni. p. 308. 309.

2) Hcgcwisch. T. c. VI. p. 36. 37. En 1649 oa fiil oUiffé de eoBvo* qiier cnt^^ en 16ô0 qtuUre diètes.

des droits de douane et des droits d'accise, contre laquelle lo corps équestre protestait plusieurs fois, mais en vuin, aug^menlaieiit Ip mécontentement réciproque et «ccéléraieiil la dissolution des rapports jusqu'alors existants entre les princes et les états, dissolution (jui était déjà commencée sous Christian Y. Il est aisé de concevoir que cette situation hostile entre deux princes, appelés à régner et à agir en commun avec les états, ne pouvait subsister à côté des rapports qui Jusqu'alors avaient été établis. L'opposition et la résistance de la part de la maison de Gottorp, et la disposition hostile entre les deux souverains étaient si vives à la diète de 1675, qu'elle fut interrompue avant qu'elle eût commencé ses travaux, et, dans la suite, les événements et les chan* geiucuts politiques devinrent d'une nature telle, que de part et d'autre on avait la même répug^nance à convoquer les états. Ainsi dés 1675 il ne fut tenu de diète qu'en 1711, et celle-ci a mis fin, il y a 135 ans, à ces assemblées, dont les dernières forent seulement composées des membres du corps équestre.

89» Un autre point principal de la constitution des deux duchés, c'était le droit ^éleclian des états, qui, dés l'origine, avait été usurpé 0» et ne fut jamais exercé dans tonte son étendue. Il fhlhit que ce droit rencontrât des obstacles et dis difficultés, depuis qu'on eut divisé, en 1460, les pays destinés ià une unité indissoluble, et qu'on eut confirmé plus tard le droit de successiofi des princes, en ne s'opposant pas à ce qu'ils partageassent toujours le pays en plusieurs portions. Ainsi, on fit valoir ici un principe de succession du droit privé, qui devait nécessairement être en contradiction avec le principe énoncé en 1460: que le Slesvig et le Holstein, de

1} dIa prérogative extraordkiaire et jusqn'id inouTe en Allemagne**,

c'est ninsi qu'elle est appelée dans les relations historiques (d'Ainthor) de l'élnt préccdont et neluci du eorps équestre du SIesvig- Holstein et de ses privilèges etc., 1714. 4o- p. 5.

xù/kM qu'ils forent réunis sous b domination de durislian I, comme duc électif, de même ils passeraient à

ses successeurs par le libre choix dès états parmi les descendants et les parents du chef de la dynastie. Quant au Holstein^ comme fief de l'Empire, le droit d'élection ne pouvait être d'aucune validité politique. Par des investitures impériales, ainsi que par le mandat de l'empereur Rodolphe II CibW)^ ce droit fut déclaré de nul effet, puisqu'il était contraire aux lois fondamentales de r£mpire. Mais on sait que, par une conséquence natnreUe de la constitution de l'Empire, beaucoup de décrets impériaux ne fiiren) jamais mis à exécution. On donna aux princes la faculté de maintenir ou d'abolir le droit d'élection dans le Holstein. Cependant ce droit était si peu respecté et maintenu dans les pays mêmes, que déjà en 1533, à la mort de Frédérik I, il fut laissé de côté, en ce que son fds aîné, comme héritier, prit les rênes du gouvernement des deux duchés en son nom et en celui de ses frères mineurs, reçut l'hommage à la diète de Kicl, et confirma les privilèges de la noblesse (15 juin 1533> Après la mort de Christian III, en 1559, il ne fut pas non plus question d'une élection. Frédérik II, comme héritier de son père, se chargea du gouvernement de la part royale du Slesvig et du Holstein. A la mort du duc Jean l'Aîné, en 1580, ses pays, comme nous l'avons dit plus haut, forent partagés entre le roi Frédérik II, son neveu, et le duc Adolphe, son frère 0* Après la mort de ce dernier (1» octobre 1586), son fds aîné Frédérik parvint au gouvernement de la portion des deux duchés qui avait appartenu à son père, sans

1} V. Christiani, Hist. moderne, II. p. 58— 64, et son trf^té dans le Magasin allemand d'Eggcrs, VU. 1794. p. 601. C'est donc un fait sans aucun fondement historique ^lorsqu'il est dit, après la mort de Frédérik II, ou en 1588: que les états généraux duSlestig et du Holstein penâtmi j^ut de cent an* avaient dudsi leur prince. Hcgewiiclu III. p. 3.

convoquer aucune diète et sans en recevoir l'hommage; mais ce prince qui avait reçu une excellente éducation et qui promettait beaucoup, mourut déjà Tannée suivante, à râge de 20 ans Cl 5 juin 1587). Sa mère, la daclic^e douairière, Christine de Hesse»CasscI, demanda alors riiommagc pour Philippe, son second fils, âgfé de 17 ans. CcpeiidaiU, ni la duchesse ni son fils ne pouvaient venir à bout de leurs préleiilions à la diète (septembre 1588)0, après que la reine-mère de Danemark, Sophie de Meeklenbourg, incitée peut-être par le sénat danois, était passée inopinément du coté des états généraux, en reconnaissant leur droit d'élection. Enfin, le duc Philippe* se désista de ses prétentions, et fut nommé duc de la portion du Slesvig relevant de la maison de Gottorp, à la place de son frère Cselon Tavis des états, au contraire, comme successeur du duc Adolphe, son frère, parce que le frère aîné, le ducFrédérik, n'avait pas été choisi et n'avait pas non plus reçu l'hommage). En même temps, le jeune roi Christian IV fut choisi pour la part royale des duchés (17 septembre 1588). Bien qu'un mandat de l'empereur Rodolphe II aux étals de Holstcin (iO avril 1590) letur ordonnât, de rendre foi et hommage aux deux ducs comme à leurs prineeê hérédi^

1) Le duc Piiihppc se servit pour ses néguciatioiis de deux tiahiles jurisconsultes de liesse, que lui avait envoyés le landgrave Guillaume de Hosie, ion oncle maternel. Ceux-ci présentèrent une requête, qui ne contenait rien moins que f wonmle preuves historiques et politiques contre le prétemiu droit d'élection des états. Les consefllers holsteinds trouvaient ces preuves si concluantes qu'Us n'essayèrent même pas de les réfuter; mais ils firent observer aux commissaires de la duchesse: „qiic par rapport aux circonsta tires et nnx personnes, ils ne jugèrent pas à propos de fiiirc de [(iireilk's objections aux ëlnls. Sa Grâce le Prince ferait mieux (1*5 se présenter a réicctioi). (IIc<;ewiscli. I. c. p. 10— 12)". Les quarante preuves des Jurisconsultes se trouvent également an même endroit, p^ 483-88. On se convaincra facilement que les Holsteinois avaient bien raison de ne pas essayer de les combattrf.

taires, et déclarât que le procédé à la diète de 1588 * était à regarder comme une ^rébellion contre TEmpire romain^ le duc Philippe, ou ses conseillers, le jugea ôependant plus convenable , puisqu'il s'était fiiit choisir, de ne pas faire usage de la lettre impériale; el les deux princes reçurent l'hommage, le 30 mai 1590.

Philippe molirut déjà le 18 octobre 1590, et Jean Adolphe, troisième fils du duc Adolphe, alors archevêque de Brème el évéque de Lubeck, fut choisi et reçut rhommage comme le successeur de Philippe, à 1» diète de Flensbourg, en 1592. Christian IV, par la concession do l'Empereur, en 1593, ayant atteint l'âge de majorilo comme duc de Holstein, et connnencé son régne <Ians les deux duchés, sa mère, la reine douairière Sophie, demanda mois de juillet 1593) un nouveau partage des pays, en fayenr de ses deux fils cadets* Cependant, Christian lY, guidé par les conseils du gouverneur Henri Rantzau, ainsi que les états s'opposèrent à cette pré- . tention qui, à l'égard du Holstein, fut rejetée, en vertu d*une sentence impériale (1595). Les états essayèrent encore en 1603 de revendiquer leur droit d'élection, en protestant contre l'invcslilure que Christian IV, comme suzerain du duché de Slesvig, avait conférée aux ducs Jean le Jeu no do Sondorbouror, et à Jean Frédérik, pour leur part du Slesvig et pour Tile de Fehmern. Le roi, après avoir demandé Tavis du sénat danois, renvoya cette protestation. Peu d'années après, le duc Jean fit le premier pas pour abolir le droit d'élection par un statut C9 janvier 1606), en vertu duquel il établissait, dans cette ligne ducale, la succession héréditaire et le droit d'atnesse pour ses descendants mâles, sans aucun partage du pays. L'empereur Rodolphe II ratifia cette loi de succession, le 28 février 1608, et Christian IV égalcinont pour le duché de Slesvig, le 13 juillet 1609. Jean Adolphe mourut le 31 mars 1616. Le duc Frédérik 111, son fils aîné, conformément au statut de famille donné par son père, parvint au gouvernement après la

11101 1 d'Adolphe. Il reçut de Chrislian IV rinvestiturc de la part qui lui revenait du Slesvig, le 2 décembre de la même année, ensuite de qaoi, il demanda aux états de lui rendre foi et hommage. Ceux-ci a*y refusèrent au commencement, et en disant diverses propositions de changer les termes de Thommagp, ils essayèrent de sauver la reconnaissance de leur droit d'élection. Enfin, ils furent obligés de se contenter de se servir des termes suivants: ^quMls reeannaiêsaienf et admeltaient pour leur suzera^fi le duc Frédérik, comme fils aîné du duc défunt", et, après J)eaucoup de pourparlers de part et d'autre, un changement analogue fut fait dans la confirmation du duc des privilég^es du corps équestre 0-

Un semblable statut de famille relatif à la succession fut donné par le roi FrédérilL lil, le 24 juillet 1650, pour la part royale des duchés et confirmé, pour ce qui concernait le Holstetn, par l'empereur Ferdinand III, le 9 décembre 1650. Ce statut^ restreignait bi succession à la ligne masculine suivant le droit d'aînesse; et fixa la majorité du prince à la 18e année. Ainsi le droit d'élection réclamé dès 1460, par le corps équestre et la noblesse des duchés, fut aboli, et depuis 1616 il n'en a plus été question.

80. Sous le régne de Frédérik III commence la dernière période de l'histoire politique des deux duchés. Les .événements qui se sont passés dans cette période étaient d'une haute importance, et finirent par décider du sort du Slesvig. Ce n'est guère avec un sentiment de

1) V. Lackmann: Ilist. des dachés de Slcffvi|( et d« Holstein. II. p. 400—430. Hegewisch, I. c. II!, p. 130—128 0« confirmation des priviléi^es par le due Frédérik ne «e trouve paa dans le recueil pnUié en 1797).

S) En voioi le titre: «Statut de SncceMion Jnria primogenitor» 4 migorennitatb** (Hegewuch. 1. c. III. p. 128). »1l n*a jamaif été appelé ffLex RegUif^ et ne se trouve nulle part sous cette dénomination. Il a été imprimé pour la preinic-i c fui;; dans le Ma^pMÎn allemand publié par £ggera en 1791. vol. 1. p. fi24 etc.

satisfaction qu'on suit ces contestations qui, pendant un si long espace de temps, divisèrent deux maisons princièrcs liées par une si proche parenté, contestations . qui ne s'interrompirent que pour recommencer avec une violence toujours croissante; mais, d'un autre côté, U ' faut convenir que, déjà depuis le partage des pays par Christian 111 , la lutte était devenue inévitable. Certes, on avait en la meilleure intention, lorsqu'on eut recours à ce moyen pour mettre fin aux troubles et aux désordres; mais il se fit bientôt Yoir qu'à la longrue ce ^oyen était non-seulement trop faible, mats qu'il produisait un elTct contraire à celui qu'on avait espéré. Un gouvernement appelé à régner en coimnun ne pouvait subsister qu'entre des princes toujours d'accord et pacifiques; la querelle qui, au XVIe siècle, était plutôt une querelle de famille sur quelque héritage ou sur des biens et des revenus, devint politique au XYIle, aussitôt que le duc de Gottorp eut renouvelé la démarche du duc Abci, dont les conséquences avaient ébranlé le Danemark et tout le Nord pendant deux cents ans. Une puissance étrangère et hostile trouva moyen, par un mariage, de se créer 1 elle une force alliée, et d'attirer au Danemark un adversaire secret, plus dang^ereux que l'ennemi ouvert. La position de la maison de Gottorp n'était pas non plus digne d'envie, le sort une fois jeté et dés que le duc se proposait de transformer son Gottorp en un Etal complet et indépendant, et qu'il voulait avoir au coeur des possessions du roi de Danemark une armée, des forteresses, des alliances avec des puissances étrangères etc. De même que les ducs danois dans le Slesvig, depuis le duc Eric jusqu'au dernier Valdemar, n'étaient au fond que vassaux holsteinois, et que le Slesvig, soûs les comtes de Schauenbourg, dépendait toujours du Holstein, de même les ducs de Ck>ttorp de la dynastie des Oldenbourg, forent mis en quelque façon, dès 1654, sous la tutelle de la Suède; et, par

la poiiti(iue de Charles-Gustave et de Charles Xli, la hostilités avec le Danemark devinrent inévitables.

Les contestations entre les ducs régnants de la ligne royale et de celle de Gottorp, dont nous exposerons rapidemenl la marche et rissue, trouvèrent leur prendéire origine sous le régne de Christian IV, et dans la guerre défensive que ce roi Ait obligé de faire, pendant les années de 1627 à 1629, après que les forces supérieures de l'Emporeur eurent envahi et conquis les duchés et le Julland. Déjà du milieu de Tannée 1627, après une correspondance avec Tilly et la visite personnelle de Wallenslein, le duc Frédérik III, neveu de Christian lY, entretenait des relations avec les généraux impériaux. C'était non -seulement une complète alliance de neutralité qu'il avait faite avec les Impériaux, mais presque une rupture ouverte avec le roi. Le duc fit à Wallenstein des protestations verbales de sa fidélité i l'Empereur, rappela ses troupes de la participation à la commune défense des pays, défendit é ses sujets de prendre part à la guerre^ et livra même aux Impériaux ses forteresses et ses redoutes. Par là il viola luimême la neutralité qu'il avait déclaré vouloir observer pendant la durée de la guerre, de sorte que Clirisliiui IV avait assez de raisons pour traiter le duc comme un ennemi ouvert, qui avait rompu l'union et enfreint son devoir de vassal. Aussi le roi fit- il voir pendant la guerre, partout oà il en avait l'occasion, qu'il regardait la part ducale du Slesvig comme un fief forfait 11 s'empara de Fehmern et de Nordstrand, où les habitants étaient mécontents de la défection du duc, et s'y fit rendre foi et hommage. Une des redoutes du duc fut assaillie par le orénéral Morgan, commandant des troupes royales. Christian IV entra même dans le Slesvig avec une force considérable, renferma le duc à Gottorp, et se préparait à donner l'assaut au château, lorsque la paix de Lubek fut conclue, le 22 mai 1629. Le duc Frédérik fut amnistié et recouvra ses pays.

Tout ce que le duc avait gagné par sa neutralité, c'était que SCS pays avaient été épuisés par d'énonnes charges qa*aTaieiit pressurées Tilly et Walicnstein.

Les autres princes de Gottorp n*étaient pas moins liostiles contre le roL Adolphe, frère du dtto, entra même au senriee de PEmporeur, leva à ses propres frais un régiment, à la tète duquel il combattit en Allemagne contre son oncle paternel, qu*il traitait de la manière la pins ofTensante dans des lettres adressées à TEmpereur. Ciirislian IV essuya la même perfidie et inimitié do la part de Jean Frédérik, oncle du duc et

• arclievéqnt' de Brème, qui d'ailleuri» fit suffisamment connaître son caractère politique, en se déclarant publiquement, en 1631, pour Gustave-Adolphe, après que TEmpereur, même pendant la guerre contre Christian IV, eut refusé la demande de Tarchevéque de rinvestir du Holstein. L'intelligence entre le roi et le duc Frédérik se refroidit dés 1629; la défiance et Tanimosité régnaient de part et d'autre. Le duc refusa de contribuer an renforcement des fortifications de Rendsbonrg, mais fortifia lui-même Tônningen et Stapelliolm, tandis qu'il voulut s'opposer ù ce qiie le roi fit bâtir le fort de Christianspriis prés du efolfe de Kiel, et refusa de prendre part aux frais de cette entreprise. Ainsi la • maison de Gotlorp commença déjà à se regarder comme une puissance politique, bien que Tunion de Rendsbonrg, conclue antérieurement entre le royaume et les duchés, eût été renouvelée, étendue et ultérieurement déterminée, non-seulement en 1623, mais, pour la seconde fois, à la diète de Kiel, au mois d'avril 1634 Le roi par-

. tagea avec le doc de Gottorp la seigneurie de Pinneberg, qu'il avait prise en possession novembre 1640)

après la mort «i'Othon, dernier comte de Schaucnbourg-. * Ceci était pourtant plutôt une affairo de famille qu'un acte politique. Mais la conduite du duc, pendant la guerre malheureuse de Christian IV avec la Suéde (1643--45>, dans laquelle il acheta une espé(^ de neu-

Iralité en livrant ses places aux Suédois, fit voir de nouveau comment il envisageait les rapports de l'union. En compensation des services que le duc avait rendus i la Suède, il Ait compris dans la paix conclue àBrômsebro Cart. 39). ^

Les relalions d'amitié entre la maison royale ei celle de Gottorp, qui s^étaient ainsi refroidies dans plusieurs occasions , s'ébranlèrent encore davantage par le mariage de Charly -Gustave, roi de Suéde, avec Edvigre Eléonore, fille du duc Frédérik. On a beau ne vouloir attribuer à ce mariage dans la maison da Gottorp aucun motif puliliqu(î de la part des Suédois, et ne pas reconnaître de la part du duc le désir de eliercher un puissant protecteur dans l'ennemi naturel de Danemark 0* Le duc Frédérik, déjà depuis les alTaires qui s'étaient passées sous Christian lY, n*était guère disposé en faveur de la cour danoise; et le ministre Kielmansegge, bomme plein de talents, mais ambitieux et dévoré de la soif des richesses, sut écarter tous les scrupules politiques du duc quant à Taffinité des deux maisons ou à la situation de ses pays. Edvige Eléonore avait déjà été promise en mariage à un duc de Mecklenbourg; mais ce parti fut rompu, et la princesse de • Gottorp devint reine de Suède QHîb^).

0 Uegewisch (Continuilion de l'histoire de Christian!. IV.p.29d:c.) prétend 1^ ^^^^ Y donna son consentement seiilemenl par

la raison que ce niarinji^c faisait le hunheur de sa lillc/' Mais ceci est en contradiction avec ce que dit l'aulctir plus tard à eu sujet. Kryxell (comme <lcjà PuAFendcuir, de rcbiis ( iiioli (îust* I. c. 7} a envisagé la chose d'un point de vue plus juste. „Toul IliMit voir qm do part et d'antre ce mariage ^tait plutôt une aAIre de ealcal que de coeur. U devait servir k resserrer pins élroitenent les liens de l'alliance entre la nuuson de Uolstein- Gottor^ et la Suède, laquelle avait été fondée par le mariage de CSiariesIX avec la princesse Cliristine de la maison de (loltorp... et qui dnra jus(|iren 1719.^ Fryxell; Uisl. de Charles X. Hêcits de l'hist. de Suède. XL p. 84.

H ne serait pas difficile de faire voir, en puisant dans des sources spéciales, que, pendant les guerres les plus malheureuses qu'eût jamais faites le Danemark Çi^7— IGGO), le duc if'rédérik 111 était au fond du coeur du côté du roi de Suéde, son beau-fils. Certes, en dépéchant, déjà en 1657, son secrétaire Pauli à Charles- Gustave en Pologne, il n'a pas eu en vue dé disposer ce roi pour la paix, mais de veiller, autant que possible, à sa propre sûreté pendant la guerre, qu'il savait mieux que qui que ce fût sur le point d'éclater La double proposition , contenue dans l'instruction (3 août i 657) des négociateurs envoyés à Cromvol, que Charles essaya d'inlérei^ser à ses projets de conquête et de partage en lui offrant une partie des dépouilles du Danemark, nous fait voir quelle était la partie du Danemark que Gustave avait d'abord destinée à son beau-père ^. U est

0 Terlon, ■mbsssftdenr de Louis XIV auprès de Cberies-Giistave, dit que Fkmtt avait 6lé envoyé m roi «pour lai apporter les avis de tout ce qui se passait cbes les Danois, lui ayant été dépêché expressément pour cela.!* (Uémoires, Ed. de 1682. p. $3.) Hegewisch ne vent pas y lyonter foi. IV. p. 177.

3t) Le duc de CSottorp aurait avec pleine sonveraineté tout le SIesrig ^ et le*llolstein , ainsi que les bailliages de Kolding et de Horsens Ctoutefois Charies-Gustave voulut se réserver le Plnneberg, les districts appartenant au marA de Wilster et de Krenipe}. Ensuite, la Fionie loi serait peut-être cédée, pour qu'il renonçât à son droit de succession sur l'Oldcnbouro^ et le Delmenhorst etc. Cromvel aurait pour sa pari ou les deux comtés d'Oldenbourg et de Delnienhorst, ainsi cjuc l'Osl-Frise, Munster et |»lnsiciirs districts en Westplialic, ou, ce que Charles X aurait [iiéfére, lo Jutland sqitentrxonal (excepté les bailliages précités), ainsi que 111e de Sylt et les autres lies de la mer occidentale. Mais si Cromvel ne voulait acquiesce à anenne de ces propositions relatives an partage du Danemark, Charles^Gustave, dans le cas où 11 smit naître de ce royaume, serait pourtant disposé à rabandonncr à un antre souverain, particulièrement aux princes de Ilolslein-Gottorp , à la réser^'e de la Scanîc, du Haliand et de la Blekingie, du Baliuuslelin et d'une partie de la Norvège qu'il

vrai que le duc, sominC' par le Danemark (avril 1657) de prendre part à la guerre, oui recours à sa politique habituelle, en déclarant qu'il garderait la neutralilé; mais Frédérik fit occuper, au mois de mai, les forteresses du duc. Ceux-là mêmes qui sont disposés à défendre ou à excuser la conduite du duc, conviennent que le roi en avait le droit, la guerre ayant rendu cette démarche indispensable 0- Pendant la durée de la guerre, le duc 8*ab8tenait d'hostilités ouvertes contre le Danemark; mais, d'un autre côté, il n'avait aucun sujet ni les forces nécessaires d'en commencer. Charles-Gustave n'oublia pas non plus ce qu'il devait à son beau-pére, ni ce qu'il pouvait attendre de la maison de Gottorp, comme puissance plus indépendante. 11 força le roi Frédérik III d'accorder au duc et à ses descendants mâles la souveraineté sur la portion ducale du SIesvig (par une convention du 2 mai 1C58). Cependant, le duc FrédérilL n'a peut-être pas été informé d'avance des agressions perfides de Charles- Gustave sur le Danemark, de même qu'il ne prenait pas immédiatement part aux entreprises de Charles -Gustave. Lorsque le Brandebourg et l'empereur d'Allemagne , alliés du Danemark, volèrent au secours du roi Frédérik III, le duc dut encore se contenter de ce qu'on lui accorda la neutralité et la forteresse de Tonningen pour retraite, à con- * dition de céder le reste de ses pays aux alliés.

81. La paix de Copenhague, en 1660, confirma la souveraineté de la maison de Gottorp dans le Slesvig, et le duc recouvra ses villes et bailliages comme ils avaient été épuisés et ravagés par amis et ennemis, malgré la prétendue neutralité du prince et du pays. Ced, joint à une situation toujours malheureuse et peu

(garderait pour lui-même, ([nstruction secrète pour Jean Frédéric deFrifiendorff et ses collègues etc. Nouveau Magasin danois, m. 1810. p. 78-84.)

0 llegewisch. Uist. moderne. iV. p. 135.

naturelle Tis-è*-^ de la maisoif royale danoise, fut le

seul fruit que recueillît le Holstein-Gotlorp du mariage d'Ecivige Eléonore, de l'alliance du duc Frédérik avec Charles-Gustave, et des intrigues politiques du ministre Kielmansegge. Le duc mourut au milieu de la guerre (10 août 1659), pendant que son fils et successeur, Christian Albert, se trouvait au camp de son beau-frère devant Copenhague. Quoique déjà âgé de 18 ans,, il fallut que Christian Albert se laissât toujours gouYèmer par Kielmans^e, homme prudent, ambitieux et atare; ce fot l'onvrage de celui-ci que* le duc ne maintenait pas seulement Talliance de son père avec la cour de Suéde, mais qu'il la resserra plus étroitement encore par un traité conclu le 24 mai 1661. Par ce traité, la Suéde assurait au duc de Goltorp la protection et le secours des armes, toutes les fois qu'il en aurait besoin, et d'ailleurs la neutralité non-seulement pour ses propres pays, mais pour les deux duchés, en cas de guerre entre le Danemark et la Suède. En outre, un artide secret Capn ne fet connu qu'en 1684) avait môme pour objet, en cas que le Danemark succombât dans une telle guerre, de garantir au duc l'acquisilion de la portion royale do Slesvig et du Holstein. Bien que cet article fût tenu caché, et peut-être rédigé dans des termes tant soil peu équivoques'), toujours est- il que ralliance défensive, conclue avec le Danemark, était de nature à faire disparaître toute chance de réconciliation entre la cour de Danemark et celle de GoUorp.

De nouveaux sujets de discorde provoqués par le gouvernement en commun, et d'autres mésintelligences

0 On oonnalt Mokment cet article td qa'9 fîit paUié par la maiMii

de Hoktein-Gottorp, 28 ans après, lorsque la discorde entre les dcnx maisons était à son comble. (V. Hcgewisch. IV. il. 190.)

Mais le sens en est iléji'i rsscz clair dans l'expression: que si le Danemark donnait lieu à une nouvelle piirrrc „el qu'il y succombât'', le duc demarftle que la ptul royale des duchés lui soit réservée ù lui et à ses descendants.

entre les princes, ne lardèrent pas à éclater. Frédérik 111 (peut-être à l'instigation de Schumacher) croyait cependant trouver un contrepoids à l'inlhience de la Suède, et un remède de rétablir la paix entre deux maisons si ctroitemenfc lices, en proposant un nouveau mariage dans les deux lignes. Les négociations entreprises à ce sujet, eurent une issue trés-heureuse; un accommodement provisoire (condu à Gluckstadt, 12 octobre 16^ devait régler quelques points, sur lesquels on n'avait pu s'arranger. Le duc Christian- Albert épousa, le 24 octobre 1667, la princesse Frédérique Amélie, seconde fille du roi Frédérik III. On ne peut disconvenir qu'il ne s'établît une meilleure intelligence entre les deux maisons , qui continua même après la mort de Frédérik 111 (1670), sous le règne de Christian V, son fiÉ^ mais cinq années se passèrent à peine que l'amitié des deux beaux-fréres , en apparence sincère et cordiale, devint rinisiitié la plus amére qui se fût jamais manifestée entre la maison royale et celle de Gottorp. On n'eut aucun égard aux relations de famille. Une politique hostile au Danemark d'une part, fbt payée par une dureté non ménagée de l'autre. La monarchie danoise, * qui, après l'introduction de la souveraineté, avait gagné d'unité et de force, avait été engagée, par suite des alliances avec le Brandebourg et l'Angleterre, dans les . aflaires et les intérêts politiques des puissances étrangères. Par là, le crédit et l'influence du Danemark dans la politique de l'Europe se relevèrent, mais, d*un autre côté, il fallait de l'esprit et de la sagesse pour bien profiter d'nne situation difficile et souvent dangereuse. Le plus grand péril menaçait encore du côté do la Suéde, bien que cette puissance penchant vers son déclin ne fût plus ce qu'elle avait été sous Gustave- Adolphe et Oxenstiema, ni ce quelle voulut être sous Charles-Gustave. La cour de Gottorp, ayant lié son existence et sa sûreté politiques à la Suéde, cette puissance „se servait en toute occasion de la maison de

Holstoin-Gollorp comme d'une épine au lalon du Danemark" (Fryxcll). L'affinilé qu'on* avait réussi à établir sous Frédérik III entre les deux maisons princières, de» vait paraître à quiconque jetterait un plus profond ooup d'oeil politique sur les dioses, un lien qui, à la longue, ne serait que faible et facilement rompu, tant que le Danemark s'efforçait de regagner les provinces perdues an delà du Sund, que la Suède dirigeait ses yues snr la Norvège et la Baltique, et que la noblesse du Holstein n*avait pas encore oublié le temps des Schauenbourg, ni la maison d'Oldenbor^-Gottorp sa jalousie politique contre la ligne royale, qui lui était supérieure en puissance.

A peine Frédérik III eut -il terminé sa carrière, que la querelle politique se renouvela entre les deux beaux-%ères. Antoine Gunther, le dernier duc régnant d'Oldenbourg, après avoir conclu plusieurs pactes de succession avec le Danemark et le Holstein -Gottorp (1646, 1648, 1649), avait stipulé, par son testament de 1663, que, de ses possessions, les deux comtés d'Oldenbourg et de Delmènhorst seraienî partages, après sa mort, en deux portions égales entre le roi et le duc. Antoine Gunther avait en quelque laçon cédé ses comtés, déjà en ir>f)4, bien qu'il s'en réservât l'administration et les revenus jusqu'à sa mort (1667). Le ducd'alors de Holstein-Plôen prétendit cependant avoir plus i\v. droits sur la succession aux comtés, droits que le testament d'Antoine Gunther ne pouvait annuler. Le duc de Gottorp lui intenta un procès devant le tribunal du conseil aulique .de l'Empire. La cour danoise comprenant bien que les titres du duc de Plôen n'étaient pas sans fondement, préféra négocier avec lui pour qu'il cédât ses droits. On y réussit parfiiitement Déjà en 1671, le duc de Plôen céda à Christian V, moyennant d'autres indemnités, la moitié d'Oldenbourg et de Delmènhorst. Le duc de Gottorp continua le procès et le perdit en 1676; sur quoi le duc de Ploen en céda l'autre moitié au Danemark. Mais déjà plus , tôt (1671

et 1672), après avoir conclu le premier trailé avec- le dnc de Plôen» Christian Y avait proposé à son beau-frère d*édiangfer contre TOldenbonrg^ sa part dv Slet»ig el, en partie, celle do Holsteia, et le dnc avait été prêt é accepter cet arrangement. La régence qiri alors était à ia tète des affaires en Suède, s'opposait vivement à ce projet et faisait tout pour engager le duc à ne pas accepter la proposition. On y réussit enfin 0- Cette aflaire relative à la succession d'Oldenbourg fut la première cause d'une rupture entre le Uolstein-Gottorp et le Danemark, dont la plaie ne se cicatrisa jamais. Christian-Albert avait le dessein^ par le secours de la Suéde, de braver la sentence prononcée par le tribunal du conseil aulique de l'Empire, et, en cas qu'elle ne ftt pas en sa fSiveur, de s'emparer de la moitié d'Oldenbourg par la force des armes. On prétend même qu'en 1672 il est entré dans une ligue formée par la Suéde et l'Angleterre. Le Danemark au contraire s'allia avec le Brandebourg, l'Empereur, la Holrinde. l'Espagne, contre la France, qui avait menacé là' flollande d'une ruine totale. Au lieu de se conformer aux principes d'Annibal Sehested el aux conseils que celui-ci avait donnés à Frédérik 111, neuf ans auparavant Oy et apparemment contre le déi^ de

i> „liiM|«*à f que la propotiliM lût rej«lée moyen dtf tou les téÊÊVrta qa'oo faisait mouvoir.** Fryxell. I. c.XIV. p. 192. il eilc

les procès-verbaux du sénat de Suède, do 23 mai, du 8 août

1671 et du 21 février 1672. A ces ressorts appartenait, sans doute, In promesse de la Suède d accorder au duc les secours des armes qu il avait demandés, afin d'être mis en possession de la moitié d'Oldenbourg (,II^§^<^^i^cl>> IV. p. 247}.

^} Annibal Sehested, qui mourut à Paris, en 1666, comme ambassadeur du roi do Danemark, a\ail coninuiniqué , peu de temps avant sa mort, plusieurs conseils rciiini (juahlos (ou „son testament politique") a son confident, l'abbé Paulmier, pour que celui-ci les transmit au roi Frédérik III. Voici comment il s'exprime a« s^|et de le Suède: «Cela ceneidéré, sa pensée estoit, qu'il n'y ayeil rien de phis mile peur V. M« el peer laSnèdc, que de TWre ensemble avec le fias d'union et de bonne eorrespon-

to

GriiTenfeldt, Christian Y commença en 1675 la guerre contre la Suède. Christian Albert, sommé de se joimiie au Danemark et de livrer i cette puissance ses troupes et toutes ses places, s'y reftisa. On ne savait que trop à la cour danoise » que le refus du duc de Gottorp équivalait à une alliance secrète avec la Suéde; et, pendant les opérations militaires en Allemagfne contre la Suéde, le roi de Danemark ne pouvait ni ne voulait avoir un ennemi neutre au milieu de ses propres pays. Le duc de Gottorp étant regardé comme l'allié naturel du Danemark , on lui laissa seulement le choix entre une alliance ou le désarmement. 11 en résulta (Juillet 1675} la scène à Rendsbourg, où, après qu'on se fut assuré de la personne du duc, on le força de faire un accord, par lequel il n'adhéra pas seulranent à cette prétention, mais ri»andonna même la saucerakuiU du SUprig^ que la Suéde, en 1658 et en 1060, avait forcé le Daneinark de céder au duc. Ce procédé était Touvrage de Grifienfeldt. On a voulu justifier cette démarche par la nécessité où l'on avait été réduit , pour sa propre défense, d'user de ruse et de violence. La passion immodérée de Christian V pour la guerre et les conjonctures qui en résultèrent, le rendaient en quelque façon nécessaire d'avoir recours à des moyens que, certes, la loyauté d'un homme d'Ëtat ne saurait approuver 0- On persista à suivre avec une opi*

dence qu'il scroil possible"... „Le seul moyen de miner cette batterie et de iHiic plus chérir et respecter les deux puissances du Nord, c'cstuit qu'elles s'unissent sincèrement, puisque leur commun intereti le requerroit.* — „1I disoit, qu'alonles deux Bois dn Iford de recherchants deaiendroyent rechercbés.... lear nnion leroil capable de faire pancher la balance de quel outé ils vondroyeot, lors qn'il y aaroil des guerres maritimes en Europe*

I) Il faul pourtant observer que la rdatioB des aflhiret qui s'étaient passées à Rfendsbourg offre une grande diffite«uce dan^ les écrits pditiques, ou acta pnblica, éUMués du duc, et dans ceux publiés

nifltreté inflexible le chemin qu'on avait commencé. La forteresse du duc (Tônningen) et la redoute de Stapeliiolm furent rasées, ses troupes désarmées, des contributions levées, comme dans un pays ennemi; le ministre

Kîelmansegge fut arrêté et conduit à Copenhatjue avec ses fils. On exigea du duc que, dans le délai de 6 semaines, il reçût l'investiture renouvelée de sa part du Slesvig, et comme il s'y refusait, tant que le roi n'aurait pas indemnisé le duc de la perte qu'il avait essuyée par la démolition de Tônningen, par l'enlèvement de l'artill^e et par les contributions imposées au pays, Christian. V, en vertu d'une patente du Ir décembre 1676, fit séquestrer la part du Slesvig relevant de la maison de Cîottorp, et signifier au duc que si, dans le délai de 6 semaines, il n*eût pas reçu l'investiture qu'on lui avait offerte, la part séquestrée du duché serait déclarée un fief forfait. En attendant, plusieurs mois auparavant, on avait négocié avec le duc, qui, par sa réponse à une lettre de Christian V, du 11 juillet 1076, s'était déclaré disposé à recevoir l'investiture, sans réserve, quand il fJairait au roi de la lui conférer, et à faire examiner et décider ses griefs par médiation. Le même automne, le duc envoya deux ambassadeurs ou commissaires à Copenhague; mais ceux-ci traînaient seulement l'alfaire en longueur, et partirent à la fin sans avoir rien effectué. Christian Albert, qui déjà en • 1075 avait quitté son pays pour se rendre à Hambourg, ne laissa échapper aucune occasion d'engager nonseulement la Suéde, mais l'Empereur, l'Angleterre et plusieurs autres puissances à embrasser sa cause, dont

de la pari du roi. Dau les écrits polémiques publiés plus tard sur cette matière, nous trouvons cgolcmcnt une {rrande difTirencc dans la manière dont l'afiTairc est rîipportce des deux parties. Ilegcwisch, qui a publié beaucoup d'extraits desdits iîcriU (IV. p. 249 — 296) , convient lui-même qu'un historien impartial ne peut pas se conformer uniquement à ceux émanés du due, mais qu'il hni entendre let deux parties sur pluienrspoints.

rissuc fut plus heureuse qu'il n'avait pu s'y attendre. Durant le congrès de Niméguc, 1677—79, le Danemark et le Braadebonrg furent abandonnés de leurs alliés; lé Brandebourg même fit une paix séparée avec la France, le 19 juillet 1679. Christian V fut le dernier à céder à Tascendant de Louis XlV, et fit k paix aree En France, le 3 septembre 1679, i Fontainebleau, et avec la Suéde, à Lund, le 9 septembre. Conformément à un article séparé de la paix de Fontainebleau, on restitua à Cbristian-Albert ses droits de souveraineté sur sa part du Slestig, et, par le même article, on confirma tous les traités , unions et pactes d'héritage entre la maison royale et cdie des ducs de Gottorp; mais il s'en fallait de beaucoup que ce traité de paix ne mit fin à la querelle entre les deux princes et parents, et, même après la paix, le duc ne fut pas mis en possession de ses Etats. La France fit une alliance avec le Danemark en 1682. Louis XIV ayant oiTensé le jeune roi Charles XI de Suéde (qui avait épousé la soeur de Christian Y), celui-ci abandonna les intérêts de la France et contracta une alliance avec l'Empereur, l'Esp^ne et la Hollande* 11 en résulta que le duc de Gottorp fut de nouveau abandonné à lui-même. Les relations entre lui et le roi restèrent dans le même état, ou devinrent peut-être encore plus hostiles. Christian-Albert refusant toujours d'accéder aux prétentions du roi, et déclarant enfin ne vouloir remplir les conditions qui lui avaient été proposées, le 22 avril 1684, qu*à la réserve de les soumettre an préalable à Tarbitrage de l'Empereur et à celui d'autres princes, Christian V déclara enfin, le 30 mai 1684, la part du Slesvig relevant de la maison de Gottorp pour un fief forfait, et la fit occuper. Le due, privé de toute assistance, se conlenla de protester contre le décret du roi; la guerre ne fut point faite en rase campagne, mais dans une quantité d'écrits de controverse et d'actes politiques. Cependant, ce qui était plus important encore, c'est que Christian Y fit plusieurs

(Icinarchcs pour tirer rKiupcreur et les états de l'Empire de l'erreur où ils paraissaient quelquefois se trouver, de bonne ou de mauvaise foi, quant au Slesvig, qu'ils continuaient de regarder comme un pays allemand. Le roi fit convoquer séparément, en 1685, le corps équestre da Slesvig et lui fit signer un diplôme, par lequel, comme - corporation appartenant an royaume de Danemark, il se détachait de la noblesse du Holstein et reconnaissait le roi de Danemark pour son seul seigneur souverain 0-

Christian Y n'avait pourtant ni Ténergie ni la prudence nécessaires à raecomplisscment de l'ouvrage comuu iicé. Depuis 1676, il reirrettait l'homme qui avait été lu gloire et l'appui de son régne. Ce que le roi avait perdu dans GrilTcnfeldt, il l'apprit déjà par l'issue de la guerre de Suède, qu'il vivait commencée contre les conseils de son ministre. On ne tarda pas à se persuader que, depuis le temps de Gustave-Adolphe et les gaeires malheureuses de Christian lY, les grandes puissances de l'Europe regardèrent le Danemark comme un Btat, des forces duquel on pourrait bien tirer parti, mais qui, par la perte des provinces de la Scanle, avait beaucoup perdu de son crédit politique. Christian s'opposa à rinlervcnlion de l'Empereur dans ses affaires, et refusa, à cause de l'union du Slesvig à l'Etat de Danemark, de reconnaître la commission nommée par l'Empereur pour examiner la querelle entre le Danemark et la maison de Holstein-Gottorp; mais il ofTrit des négociations. Celles-ci furent en taïnées par la médiation de la Saxe, du Brandebourg et de TËmpereur, en 1687. Après que deux événements de l'année 1688, c'est-à-dire la mort de Frédérik Chilllaume, Acteur de Brandebourg, et l'avènement de Guillaume d'Orange au trône d'Anglc-

0 Hegewiach, Hiti moderne. IV. p. 299. Un tribunal etnncoiifiitoira «npérienn, vni^ement poor le Slesvig, rnrcnt établis en même temps RU château de Gottorp. GolUiardi, llist.- danoise, il. (liisl. oniverseUe. T. 33. p. 616.)

terre, avaient ai aabîr des changements notables à la aituatton politique dn Danemark, les négociations se terminèrent par le traité d'Allona (20 juin 1689), qui restitua pour la seconde fois à Christian Albert sa part du SIesvig, comme prince souverain. D'ailleurs, les rapports politiques des duchés restèrent à peu près dans le même état, ou la décision délmitive de quelques points particuliers fut ajournée.

92* Ce traité condtt, la paix se rétablit entre le Danemark el les dnchés pour . quelques années. Mais Christian-Albert mourut en 1694, et le roi Christian V, en 1699. Sous leurs successeurs les querelles et les hostilités se renouvelèrent entre les deux maisons prlnciéres, avec une égale violence, et provoquées par les mêmes causes qu'autrefois. Les dissentions étaient déjà commencées avant la mort de Christian V. Le duc Frédérik IV de Gottorp, fds aîné de Christian- Albert, était • âgé de 24 ans à la mort de son père. 11 commença son régne en prenant à son service 500 hommes de troupes suédoises, et en faisant relever lea redotU^ê gottorpoises. En 1696 il fit une alliance avec Ernest- Auguste, électeur de Hanovre, qui promit de lui fournir 6000 hommes de troupes auxiliaires, et le duc lui-même créa deux régiments. Après ta mort de Charles XI, en 1697, il se rendit en Suéde, où Charles XII, son ami d'enfance, était monté sur le trône déjà à Tàge de 15 ans. Le duc ayant épousé, le 12 décembre 1698, la princesse de Suéde, Edvig^e Sophie, ses goûts belliqueux tendaient uniquement au but de braver le Danemark, d'affermir son indépendance et d'accroître sa puissance dans les duchés. Les hostilités commencées déjà pen-. dant les derniérea années du régne . de Christian V Oe roi fit encore prendre et raser les redoutes du duc, qui les fit relever en 1699 et augmenter de deux autres), aHaient éctater dans une guerre entre le Danemark^ le Gottorp et la Suède, lorsque Christian Y termina ses jours (21 août 1699}. Frédérik IV commença son régne

polHi(|ii6 en fairant des alliances aree le roi Auguste de

Pologne et avec le czar Pierre I (25 septembre 1699 cl 30 avril 1700). Tandis que l'armée du roi, sous les ordres du duc Ferdinand de Wurtemberg, entrait dans les Etats du duc, s'emparait pour la troisième fois des redoutes slesvicoises et prenait le château de GoUorp Cavril 17003, Charles XII opérait, sans trouver de résistance, nae descente dans i'iie de Seeknd, et, menaçant Copenhague, de concert avec une flotte anglo-hoitandaise, Il força Firédérik IV, sans coup férir, de signer la paix de Travendal, le 17 août 1700. Elle confirmait la souveraineté du duc, et lui assurait, comme souverain, le Jtts armorum et le droit d'entretenir une armée permanente de 6000 hommes, dont 3(XX) enrôlés à l'étranger; en outre, il aurait le droit d'élever des forteresses et de conclure des alliances avec des puissances étrangères. Les autres conditions de la paix étaient moins onéreuses (Frédérik lY devait à la prudence du vieux chancelier Lilienkron qu'elles ne furent pas plus dures}, excepté TarU m, qoi supprimait la communauté dtt*eo-gouvernement des villes. Le duc, étant trés-mécontent de la paix, * conclut en 1701, par la médiation de la Suéde, une alliance secrète avec la France contre le Danemaric. Cependant, avant qu'il eût trouvé occasion de réaliser ses desseins et ses rêves politiques, cédant à son ardeur pour la guerre, il s'était rendu au camp de Charles XII, qui avait commencé sa guerre russo-polonaise; un boulet de cauon termina les jours du duc à la bataiUe de aissow, le 19 juiUet 1702.

11 ne laissait qu'un fils, Charles Frédérik, encore en bas âge, qui, dés sa deuxième année, était en Suéde avec sa mére. Sous la régence établie pendant sa mhnorité, Toenvre du feu duc fut consommée. Christian- Auguste, firére du duc, coadjuteur.et depuis évéque de Lubeck, fut nommé administrateur des pays. Un sénat lui fut adjoint, dont le fameux baron de Gôrts devint l ame. Cet houmic d'Etat, prudent et rusé, était rcnncniL

le plus achanié da DiuieiMirk. Le vieux Wed4erkop, honûne plrâ^de raison, intéregsé, avafe, mais éoonome - des ressources de l'Btatt el servileur fidèle du pays el de la famille régnante, avail été nommé président du eonseiL

Il était naturellement l'adversaire de Gorlz et de l'administration prodigue, ruineuse et déréglée du coadjuteur, le protecteur de Gorlz. En 1 708, la duchesse douairière fit venir à Stockholm l'adminislratcur et tous les membres de la régence de CoUorp, pour rendre compte de leur mauvaise administration. L'irritation deGdrtz contre Wedderiiop Cqni avait engagé la diidiessé i cette démarche), se changea en une haine implacable, qui, plus tard QiTO^X valnt an prérident un procès criminel, son arrestation et k eonfiseation de tous ses biens. L'intervention deFVédérîklV sauva seule Wedderkop de mourir à TônniDgen sous la hache du bourreau. Gortz, ne se croyant pas à l'abri des dangers qui l'entouraient, avait entamé des négociations secrètes avec le roi Frédérik. Sur ces entrefaites, une mort subite enleva la duchesse douairière Edvige> à Stockholm Oe 21 décembre 17083; pour la seconde fois dans sa vie, Charles Ali versa des larmes sur la tombe de la duchesse; la régence de Gottorp retourna aux duchés, et Gêrls recouvra sa puissance el . son autorité*

Gôrts et radministrateur ayant commencé de se rapprocher du Danmark par l'intermédiaire de la iamille de Reventlow, qui jouissait d*un grand crédit auprès de Frédérik IV, on parvint enfin à apaiser les dissentions élevées depuis plusieurs années (1701 — 17093 entre la cour de Danemark et celle de Gotlorp, sur le coadjutorat du diocèse de Lubeck , sur le comté de Rantzau, sur Tabolition du gouvernement en commun, hiquelle radministrateur voulut opérer contre le corps équestre, qui fut secondé par le Danemark; ensuite, si le nom du due, dans les ordonnances rendues en oommun, devait être imprimé avec des caractères aussi grands que ceux du nom du roi (la querelle sur les ^lettres gothiques**;

elle était cioae que la diète Ait ajournée pendant 6 ans). Le recez d'Altona Cou proprement de Rendsbourg) , du 21 mars et 17 juillet 1709, fut plus remarquable par les articles secrets, que par ceux qui furent [)ubliés. Conformément à ceux-là, les deux souverains conviurent de supprimer les diètes („Die Fomialitet eines Landtages^), et de convoquer dé^ormaia seulement nn comité du eorps équestre, miqud &n ne voulait accorder que Im . 9ùia eansuUaiiM 0* Le recez de Rendf bour^ fut ratîié, le 20 avril, par le duc Christian^Auguste. Le 8 juillet 1709, Charlea XII avait perdu la bataille de Pullava — catastrophe qui init la première ère de la vie béroft|ne de ce roi et de l'histoire du Nord du XVIII© siècle. Le 16 juillet 1709, le roi FrédériklV était revenu de son voyage .en Italie; en retournant il était allé à Dresde renouer C28 juin) Talliance conclue en 1G99, avec le roi de Pologne et l'électeur de Saxe. Mais, après la catastrophe de Charles Xli^ le czar, qui, encore dans l'automne de 1708, avait promis des secours d'ar&rent et de troupes, et fait son possible pour engager Frédérik lY à attaquer bi Suéde, s'était ravisé et était moins empressé à reebereber des secours du Danemark. En attendant, on n'ignorait pas à la cour de Copenbague les projets de Charles Xll, qu'il poursuivait constamment jusqu'à sa' mort: c'est-à-dire la conquête de hi Norvège pour la couronne de Suéde, et la cession du Slesvig et du Holstein jusqu'à Holding-, au favori de Charles, le duc de Gottorp. Frédérik IV hésita longtemps avant de conclure avec Pierre l'alliance du 22 octobre, et de déclarer la guerre à la Suéde, le 9 novembre 1709. La cour de Gottorp

*) Sa Majesté Royale et son AltesseSércDissime se promettent réciproquement, qu'en couToquant les prélats et le corps équestre, cHes ne leur accordcDt atifrs eAosa fn'tm punnn «oIimi conml" fAftram, et qu'elles ne tolèrent ni ne pardonnent que les Jura

terril orialia, attnclirs n la souverainclé des prinrcs ré^anls, soient violés ni nitsupics. Dahlniniin: Sur les états généraux du duché de llul&lciu c(e. Ib22. p. 79.

6A Gdrtz pour ainsi dire régnait senl a|NPéa la chute

de Wedderkop, cherchait A cacher, autant que possible, les promessea et les Obligations secrètes <|Q*elle avait

à remplir envers la Suède. Une nouvelle transaction avec le roi de Danemark relative à des avances d'argent (de la fortune de Wedderkop) et à d'autres afTaires, fut même conclue à Hambourg C5 janvier 1710) , et ultérieurement confirmée par la convention de Rendsbourg) du 30 avril 1712. L'année suivante, après U perte de la bataille de Gadebusch, Gôrtz se rendit auprès de Frèdèrik lY, à Flensbourg C12 janvier 1713^, fit les protestations les plus solennelles de vouloir garder la neutralité, promettant que Tônningen, la forteresse principale de la maison de Gottorp, ne serait jamais ouverte à des troupes suédoises. Hais, au mois de février de la même année, le comte suédois Steenbock, après avoir brûlé la ville d'Allona, se jeta dans Tônningen sans rencontrer aucune résistance, le counnaiulant de la forteresse, le général Wolf, ayant reçu des ordres secrets par le duc d'ouvrir les portes à Steenbock, dés qu'il en aurait besoin ou qu'il le demanderait 0* Steenbock fut enfermé à Tônningen par une armée supérieure en nombre, et Frédérik lY s'empara de l'évéché de Lubedc et des pays de la maison de Gottorp, qu'il prit en possession par une patente, du 13 mars 1713. Gôrts alla trouver le roi à Husum, où il promit d'engager Steenbock à se rendre; cl le roi à son tour promit de faire la paix avec le duc et de le réintégrer dans ses pays. Gortz courut à Tônningen (30 iiians), mais afrcniiit au contraire Steenbock dans sa résolution de tenir ferme jusqu'à l'extrémité, dahs l'espoir d'un prompt secours;

^) Cet ordre avait été donné non-sctiicmcnt par une lettre du duc niincnr Charles-Frcdérik au pcnri sil Wolf (23 juillet 1712), uiais par nue convention secrète, entre l'administrateur, le duc Clirisliiid-Auguslc et le général Steenbock, conclue le 21 janvier 1713 (Hansen: Description du Slesvig, p. 783). *

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mats 6 semaines «près, le secours promis ^ ne lui ayant pas été donné, Stocnbock fut forcé do capituler avec toute son année mai). Gortz n'avait pas encore levé le masque; il denjanda, suivant la promesse du roi, la restitution du duc; le roi de Prusse se rendit médiateur dans les négociations, et Frédérik lY, désirant rétablir la paix dans les duchés, céda à Tadministrateur nonsenlement le territoire qui constitoail le diocèse de Lttbecky mais fit Toir qu'il était disposé à restitner tous les. pays conqvis smr le duc, à la condition que la forteresse de Tônningen serait occupée par des troupes neutres. Gôrtz s'y opposa de tontes ses forces, et parvint à empêcher l'accomplissement de celle condition. La forteresse, assiégée de nouveau et défendue par les troupes du duc, sous les ordres du général Wolf, fut enfin obligée de capituler, le 7 février 1714. Le président Wedderkop, retenu malgré son grand âge, pendant plus de quatre ans, dans une prison très-rigoureuse, recouvra la liberté; Tônningen fut rasé pour la dernière fois. On trouva chez le commandant des ordres et d'autres papiers du duc et de Tadministrateur, qui firent dairement voir les relations de la cour deCk»ttor|^ avec les ennemis du -Danemark 0- Alors Frédérik lY n'eut plus aucun sujet de révoquer Toccupation qu'il avait décrétée, par la patente du 13 mars 1713. La portion ducale du Slesvig demeura, pendant toute la • durée de la guerre, entre les mains du roi. Le duc Charles -Frédérik, restant toujours en Suéde, prit les rênes du gouvernement après avoii^ atteint Tage de majorité, mais sans être en possession d'aucun pays C28 janvier 1716). Deux ans après CH décembre 1718),

1) GOrtz se croyait sûr de ce càiéy parce qu'il •*él«it fait donner

par le général Wolf les originaux de ces lettres; mais celui-ci avait été plus prudent que le rusé Gôvli. Le «général s'élail procuré, pour sa propre si^ reté, dos copies vcriliécs «ju'il avait gardées (F.Kubbc: llisl.duiilcsvig-lluistein, de 1694à l8U8.|).71.

Charles XII teritiina sa earriére soas les mm de fVé-

dérikshald. Le faible duc de Gottorp, tout abattu par la mort de Charles, n'eut pas le courage de se mettre à la tète de l'année pour s'assurer de la couronne de Suède, à laquelle cependant il aspirait plus tard pendant uo long espace de temps, et Gôrtz fut obligé, après ua procès scandaleux, de payer de sa vie sa fidélité eoveni le roi Charles.

Frédérik IV avait perds ses deux ennemis les pins dangereux. Après la mort de Charles XII et l'avénement d'Ulrique Eléonore, il ne fut pas difficile de conclure la paix qu'on désirait également de part et d'antre^

n faut passer sous silence ici tout ce qui pourrait se rattacher à la relation détaillée de la politique russe de Pierre le Grand: comment il tirait parti, tantôt de la volonté de fer de Charles XII, tantôt de la position critique de Frédérik, IV, laquelle, malgré les succès obtenus dans la guerre, était devenue très-embarrassante par 4es alliances compliquées et des rapports politiques; en comment les grandes puissances de l'Europe réglèrent également dans cette occasion les conditions que k Suède et le Danemark devaient signer dans la paix. Elle fut CDndue à Stockholm, par k médiation de l'Angleterre et de la France, le 14* Juin 1720, et ratifiée enfin, avec, quelqués clauses additionnelles, au château de Frédériks- •bourg, le 14 juillet de la même année. Le roi de Danemark rendit à la Suéde la part qu'il possédait de la Poniéranie jusqu'à la rivière de Peene, ainsi que l'île de Rugen. Après Ja reddition de Straisund C^3 décembre 1723), cette conquête avait été cédée i Frédérik lY en ▼ertu d'une convention avec la Prusse. La Suéde renouai à l'exemption des droits du Sund, et s'engagea à ne jamais gêner le» Danemark dans la possession du Slesvig Cc'était uniquement à cette condition expresse que Frédérik IV voulut acquiescer à la cession de la Foméranîe}. La possession du duché avait déjà été garantie au Danemark, par un traite, conclu le 14 juillet

1710, avec l'élcclour George de Hanovre. En outre, Frédérik lY avait cédé, par le traité du 26 juin 1715, moyennant des indemnités pécuniaires, A Télectenr, comme roi de la Grande-Bretagfne sons le nom de ^leorge 1, le territoire qui eoBstttnait les diocèses de Brème et de Verden, pris sur la Stiéde; et George I aratt confirmé sa garantie antérieure, par un nourel acte d'assurance du 12 octobre 1719 0- La possession du duché de Slesvig et tout le traité de paix avec la Suùde, furent garantis, par des actes séparés, de la Grande-Bretagne^ le 26 juillet, et de la France, le 18 août 1720. Par une alliance défensive, conclue entre Frédérik IV, Louis XV et George 1, du 16 avril 1727, les deux dernières puissancnes, conformément aux garanties antérieures, accordèrent an roi de Danemark des sulwides annuels, pendant 4 années, afin qu'il pût rassembler une armée de 30,000 hommes, pour la défuue dm duché et de la Basse-Saxe, contre des hostilités éyentuèttes de la Russie et de ses alliés. Un traité d'alliance el de subsides, conclu entre le Danemark et la France, le 15 mars 1742, renouvela et confirma la garantie de cette puissance du duché de Slesvig.

9S* En attendant, Frédérik IV, s'étant assuré, par des traités de paix, du 14 juin et du 14 juillet 1720, la neutralité de la Suède, et la garantie des deux grandes puissances de hi possession du duché, comme une partie de la couronne de Danemark, jugea à propos de proclamer, comme souverain, cette acquisition dans le pays même, de la manière ordinaire, c'est-à-dire par une lettre patente et un acte d'hommage. Ce ftit en 1721, par la patente du 22 août, que le roi dégagea tons les habitants de la partie ducale du Slesvig, du serment de fidélité prêté à leur souverain précédent, el somma le corps équestre du Slesvig et les députés du clergé, de prêter au roi le serment de fidélité, ce qui eut lieu

1} Gebhardi en Tait mention dans son Hisl. univenelle* V.3d. p. 750.

(l*une manière solennelle au château de Goltorp , le 4 septennbrey en présence du prince royal Christian. Ensuite, Thommage des états et des habitants des campagnes fiit reçu par des* oonunissaires et des baillis, nommés à cet effet dans Tancienne part du dàché relevant de la maison de Gottorp.*

Dans ladite patente et dans le formulaire ordinaire du serment de fidélité, le roi a explieitement désigné la part ducale du Slcsvig comme „une appartenance illégitimement détachée de la couronne de Danemark dans des temps de calamité", et dont il se remet maintenant en possession; et ^.puisque la possession perpétuelle et paisible, et la souveraineté du duché entier de Slesvig'', et, en conséquence de Tancienne part ducale de ce duché, lui ont été assurées par le traité avec la Suède de 1720, et par les garanties de deux puissances médiatrices, le roi a résolu, comme il est dit dans le formulaire pour l'hommage: ^de réunir cette pari du duché de iSle$9ig à la eiemu^ et ^(ie la réineorporer à perpé^ tuité à sa couronne, comme un ancien fragment détaché par l'injure des temps (injuria temporum)'^ Par ces termes, le roi a expressément déclaré: qu'en sa qualité de souverain du pays, il réunissait le duché entier, comme une partie de VEiat, à sa couronne, c'est-à-dire à son empire, ou au corps entier des pays qui étaient sous sa domination. Par le droit de la guerre^ il avait pris la part ducale du SlesTig, dont le maître devait être regardé et se regardait fau-méme comme prince souverain et régnant dans cette part raison de la guerre Cratio belli) était: les procédés, les actes et attentats hostiles des ducs de Gottorp contre le Danemark, et, notamment, ceux de la régence, de Tadminis-

i) Ces passages sont littèralemeat traduits d'après le teite anthentiqve de la patenta de l'honmage, comnie on le tronve imprimé dans le rapport de I» commission chargée d'eiamlner la qnestion de la succession an SlesTig (Bnlletin des lois, 1840. no. 31. p. 538 et 565).

tratpur ci du duc Charics-Frédérik , ainsi que leur alliance avec les ennemis du roi. L'occupation de la I»art ducale du SIesvig, elTectuée par la force dei armes el par des opérations militaires Cp. ex. le aiége et la prise de Tôilningen), les événements postérieures et la possession du pays conquis, qui lui avait été garantie par des puissances étrangères, donnèrent au roi des raisons et des droits ultérieurs de disposer de cette partie du pays. C'est ce quMI faisait^ en la réunissant de nouveau au reste du Slesvig, sur lequel les rois de Danemark régnaient déjà comme souverains, depuis que la sénat danois (à peu près en 1658) accorda à Frédérik 111 ce droit pour lui et ses successeurs.

Ainsi, le roi ne déclara pas le Slesvig entier, qui venait d*étre réuni , pour une profnnee danoise (comme le- Seeland, le Jutland etc.)» mais pour un dmcké danois, on incorporé i la couronne de Danemark. Ce rapport politique qui se manifeste d'une manière si évidente, n'a jamais donné lieu i des contestations ni à des mal-entendus dans le droit public de l'Europe, jusque dans les derniers temps où l'on s'est avisé de l'interpréter d'une autre manière. Aujourd'hui on dit; ^le roi se mit seulement en possession de la part relevant de la maison de Gottorp, et la réunit à la part qui lui appartenait." En effet, le roi le fit; mais, par cela même, le roi de Danemark et de Norvège, qui régnait déjà sur une portion du Slesvig, devint doc souverain du Slesvig eniier; et il rétmU ce duché — non à l'empire germanique, ni à sa part du dudié de Holstein, qui était un fief de l'Empire, mais à ta couronne ^ ou à toute sa monarchie, et a ses autres pays héréditaires 0> U reçut également

0 Ceci Mt nprenéniMt ^ dast les paaiagM eilét da fomnlaire pour riioniiuige, qai, legtMlé coaune ado politise, a aécetmiremeiil la mène validité qae la paleale. Ceux qai, fuir des ialerprélatioBS salitilM de la patente, et de la aiaaière dortt le mot itteorportr a été employé, venleal ialëffcr, que la patente

dtm le Siwvig* Vhtmmage héréiUairê^ on un homage

^pour lui et ses successeurs héréditaires au gouvernement, secundum tenorem legis Reyiœ." Comme on n'a jamais entendu par lex Regia que la loi fondamentale de Frédérik III, de 1065, connue sous le nom de loi royaUy le sens de ce passage ne peut être que celui-ci: le roi se fit rendre foi et hommage^ suivant la succession prescrite par la lot royale; ou, le serment de fidélité fut prêté â cet égard, dans le Slesvig, suivant cette loi, de la même manière que cela s'était lait auparavant en Danemark et en Norrége. Nous n*aYons à no«s occuper ici que de la relation historique d'un fiiit; examiner et exposer les effets et les suites politiques de ce fait, ce serait nous écarter du but que nous nous sommes proposé.

Cependant, il nous faut encore ajouter quelques mots, pour montrer comment la réunion du duché entier de Slesvig, que Frédérik lY avait effectuée, comme une partie de sa monarchie ou de la couronne de Danemark, se consonuna entièrement par rincorporatîott des petites

pour objet ipi'vtte simple réaaioii entre la |Mirt royale et le' part ducale du duché de Sesvig, omeUent à tort le pasiage du sennent pour l'hommage, oA il est ajouté d'une manière plna

complète: „et de rcincorporer à perpétuité à »a couronne comme un ancien fragment détaché injuria teniporum.*' Il y est dit assez clairement: la part ducale a été autrefois sous la cunronnc danoise; actuellement, aprèsTavoir réunie à sa propre part, dont lo roi était déjà seigneur souverain^ il incorpore de nouveau la part ducale à la couronne, c'est-à-dire an royaume ou à fEtat. Si, indépendamment de ces vaines subtilités, on vent encore employer l'analogie de la langue danoise dans une dispute snr les mots, il Aindralt an moins connaître l'usage de cette langue mieux que Mr. Samwcr, qui prétend faire passer l'usage de la langne française dans la langue danoise. „Chi dit en français", prétend Mr.Snmwer, ^incorporer un peuple avec un outre", et en danois „indleinme med^^. (Evénements de l arinte 1721, par K. Samwer. p. 33}. Celte dernière façon de parler n'est pas danoise; on dit en danois ^al indlenane i^.

parties en dehors de la part rcMeviuit du duc de Gollorp. Ces parties appartenaient encore aux autres linrnos ducales qui descendaient des quatre fils du duc Jean le Jeune (mort le 9 octobre 1622>, fiifi de Christian lil, et chef de la ligne de Sônderbourg. De ce nombre étail d*abord la part ducale de Norbourg, dans Tlle d*Al8, dontFrédérikIV avait feit Tacquisition, en vertn de deux traités C^723 et 1729), conclus avec la maison de Plôen, qui alors possédait Norbourg. Ensuite, le roi Frédcrik V acheta, en 1729, la part de l'île d'^rrcie, avec la ville d'^Erroeskiobing , qui avait appartenu au duc Frédérik de Holslein-Glucksbourg. Ainsi , il ne restait dans le duché de Slesvig que la petite portion féodale qui était en la puissance de la ligne de Glucksbourg. En 1756, la ligne d'Augustenbourg abandonna à Frédérik V son droit de succession sur lès pays de la maison de .Gliicksbourg C^insi que sur ceux de la maison de Plôen), en compensation de quelques domaines royaux de 111e d'Als, qui furent abandonnés au duc d'alors, Frédérik Christian d'Augustenbourg (toutefois sous la souveraineté du roi, en fiefs ou biens de fidéicommis dévolus aux môles), et, eu conséquence, la portion du Slesvig relevant de la maison de Glucksbourg (Nybôll-Herred dans le Sundcwitt, et Hyhloster ou Munkbrarup-Herred dans l'Anglie) échut au roi Christian VII, la mort ayant enlevé en 1779 le dernier duc Frédérik Guillaume de Uolstein- Glucksbourg 0* Ainsi, 289 ans après le premier démembrement du duché de Slesvig, les rois de Danemark » en poursuivant constamment leur but politique depuis l'occupation de 17139 étaient enfin parvenus i réunir le pays tout entier sous un seul et même souverain.

t) La ligne de Gtacksboiirf «ctnelle est la ligne de Holstein-Beck (du nom d'an bien en Wettpballe), descendant d'un prince de Sônderboorg, Au<;uste Philippe, mort en 1675. Frédérik VI donna aux princes de cette ligne, en 1825, le titre de ducs de Uolstcin-Gluckâbourg.

34. Le roi Frédérik IV, en réunissant, en 1721, les deux parties principales qui divisaient le Slesvig, et en incorporant le duché entier à la monarchie, laissa subsister la lég^islation , l'administration judiciaire, TorganisaUon ecclésiastique et communale, enfin, tout ce qui avait rapport à Torganisation et à l'administration intérieures des pays. Ainsi, ce qoe le Siesvig, dans ces rapports, avait de commun avec le Holstein retfta intact; et, sauf quelques dispositions pailiculiéres et locales, les chan^ments opérés par les princes, dans le cours des temps, ont essentiellement été les mêmes pour les deux pays dans les cas les plus importants. Ainsi, les rois de Danemark n'ont pas contraint le duché de SIesvig d'accepter des institutions danoises où il n'en restait plus; ils n'ont empêché ni détruit des liaisons sociales avec le Holstein où elles avaient réellement eu lieu ni travaillé à une fusion nationale entre le Sies* vig et le Danemaric.

Tant s'en faut que le gouvememékit danois, après l'année 1721, ait protégé le langage populaire danois qui règne encore dans une si grande partie de SIesvig, qu'au contraire la langué allematide a été conservée nonseulement comme la seule langue officielle pour les lois, ordonnances et autres communications du gouvernement et des autorités, mais aux tribunaux supérieurs et aux

Q Christian VI consentit, le 27 juin 1732, à ce (\\ic le „nexns social lis'', existant entre le corps t^jurstrc du Slesvip et relui du Ilylslein, continuât de subsister. ,,pour peu qu un pareil nexu6 ne fût pai an préjudice du roi, comme aenl souverain de Sleavig.** D'ailleiyv ce nexui «mmiJm t'éteadait sealemenl à la participation i certaina droits avec le corps équestre du Hdstein (priodpalement an drdt de participer ans convents des filles noMes). Christian VI avait eonflrmé ««IporaMoM, 1% mars 1731, les privilèges dn corps équestre du Slesvi^ sons la restriction précitée. Il en est ainsi de toutes les conGrniations royales desdits privi- Icpcs (I une époque postérieure; elles sont conformes les unes aux autres (Wuitpfen: llul. du Siesvig, 1839, p. 286. 341}.

tribunaux inférieurs dans tout le pays. On continuait «également * de se servir de la langue allemantç, pour l'enseignement aux collèges et à la seule univeiMté des deux duchés; le haut-allemand était même reçu en chaire et dans les écoles de beaucoup de paroisses, où le danois est la langue maternelle du peuple. Nous Toyms qu'en efPel Christian VI Cquoiq'J^^ ce ro» parlât et écriv^i toujours ralleniand) s'était proposé de réintégrer la langue danoise dans ses droits naturels, parmi ceux des habitants du Slesvig qui parlaient danois 0; à ce sujet il ordonna en 1739, que toutes les cures et les places de maîtres d'école seraient données de préférence à ceux qui, possédant les langues danoise et allemande eussent la capacité d'enseigner les deux langues; mais la volonté du roi ne fot pas exécutée, et il en a été ainsi de toutes les ordonnances <t de toutes les mesures du gouvernement prises à ce sujet dans les temps récents.

Quant aux affaires rektives à l'iidministralion intérieure, le duché restait séparé du royaume et était toujours réputé province allemande. Ainsi , pendant longtemps on n'a j)as voulu, et, plus tard, on n'a pas pu empêcher (pie la suprématie holsteinoise sur le Slesvig ne conservât son ancienne influence, et qu'elle n'oppriipât même plus encore les restes de la nationalité danoise, oppression qui était d'autant plus facile, que 4a population danoise du dÊtché ne par-, ticipât pas au développement, de k civilisation en

1) „Sa Majesté ayant l'intention d'introduire succeMÎvenient de nouveau danf le dnché de Slesvig, la langue danoise qui commence à déchoir, etc**. (Résolution du Conseil, 26 octobre 1739.)

2J Werlauir: Uist. de la langue daiioisc dans le Slcsvifr, p. 1(K) — 124; on y trouve la relation et les actes importants et iiUércssanls relatifs à cette affaire. (Sous Frédérik V, un rescrit do 1758 à la faculté de théologie statuait que nSlesviconces", comme vrais Daiwis, jouiraient des bénéfices de Tuniversité de Copenhagno}. VTerianir. p. 125.

Danemark C'est pourquoi on a dû voir que, tandis qu'au mlieu du XVlIe siècle des livres danois furent iniprinvs, de temps en temps, dans la ville de Slestng^ le duché ne prenait presque aucune part à la littérature dançAo au commencement du XIX<^ siècle. Quoique les pafsans da Slesvig, peut-être dans plus de 150 paroisses 9? 260, parlent encore le dialecte sudjutlandais-^danois, /bn appelle le Slesvig, an suA de TEider, «un pays ortgênairemeni aUemamd, où une propagande s'efforce d'in-r troduire clandestinement la langue danoise;^ et c'est ce qu'on a pu, car c'est seulement dans les derniers temps de (roubles et d'agitations, que le reste opprimé de la ^.nationalité danoise dans le Slesvig, a commencé de se relever de son état d'abaissement et de faire retentir sa voix hautement et librement. Il se fera voir si, au milieu des fermentations et des développements politiques, elle gagnera assez de fofce pour se faire entendre dans toute Tfiurope. Alors on entendra également répéter |jar des voix vigoureuses de la population danoise vivant encore dans le Slesvtg: Pendant 125 anSj le duché, tous la protedian du droit publie el du droit des gene de l'Europe, a formé ufte partie indé^ pendante et organique de la monarchie danoise. Une dissolution politique , des violences ou des cc^ujuétes étrangères pourront seules détaclier encore une fois le Slesvig du Danemark, ou une moitié de la péninsule juUandaise de Tautre.

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