‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 12 sur 122 · C6LI1L · texte numérisé non relu

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On se battait encore à Lépante, et le Pape savait que les chrétiens étaient vainqueurs.

ccuv.

u César^ ne va pas au sénat ; je l'y ai vu c< frappé par Brutus, et je t'ai vu tomber aux « pieds de la statue de Pompée^ lui disait sa u femme (1). »

(1) Et le songe d'Armand Garrel !

 la bataille d'Âboukir, le colonel Fugière, du 18"' de ligne, eut les deux bras emportés par un boulet de canon. «Vous perdez un et de vos soldats les plift dévoués , dit-il à <c Napoléon ; un jour, vous regretterez de ne <# pas mourir comme moi au champ des « braves. «

Et Napoléon a regretté à Longwood, de n'être pas mort au champ des braves.

Le petit homme rouge de Napoléon.

La pjthonisse d'Egypte.

Le songe de Louis XIIL

— 220 ~ La prédiction du père Campanelle. Et CazoUe.

Un jour viendra, demain, peut-être, sera

ce jour où l'homme aura conscience de tout ce que Dieu a mis en lui^ et cependant l'on court, enfiélé et cruel, tremper ses mains dans son sangl... Mais ce sang est un dur oreiller pour mourir (1). Les antres de Caprée ont-ils

(1) « Sa Majesté (Charles IX) aimait beaucoup sa nourrice, « encore qu'elle fût huguenote. Gomme elle se fut mise sur un M coffre, elle commençait à sommeiller ; ayant entendu le roi « se plaindre, pleurer et soupirer, s'approcha tout doucement « du lit, et, tirant sa custode, le roi commença à lui dire, jec( tant un grand soupir et larmoyant si fort, que les sanglots « lui coupaient la parole : — Âh I ma nourrice , ma mie , ma « nourrice, que de sang et que de meurtres I Oh I que j'ai suivi (» un méchant conseil ! Ohl mon Dieul pardonnele-moi, s'il « te plaît!... Que ferai-je?... Je suis perdu, je le vois bien.

a Ce roi, qui tirait par les fenêtres sur ses sujets, ce mo- « narque catholique se reprochant ses meurtres, rendant

oublié les cris de Tibère, avouant que ses crimes se levaient sur son.passage, et que sa conscience lui faisait un supplice que lui, Tibère, n'avait fait éprouver à personne! Et les morsures du remords n'allèrent-elles pas jusqu'à produire la démence chez Néron, dix fois parricide , en proie , dans son esprit troublé, aux vengeances anticipées de celui devant lequel régasier et l'empereur sont égaux !

Encore une fois et mille, répétons avec Davies : « 0 païA^re homme ignorant, que porles- « lu, enfermé dans les profondeurs de ton

« l'âme au milieu des remords, en vomissant son sang, en |

« poussant des sanglots, en versant des torrents de larmes, !

M abandonné de tout le monde, seulement secouru et consolé « par une nourrice huguenote. \

« N'y aurait- il pas quelque pitié pour ce monarque de « vingt-trois ans, né avec des talents heureux, le goût des I

« lettres et des arts, un caractère naturellement généreux, « qu'une exécrable mère s'était plu h dépraver par tous les « abus de la débauche et de la puissance?

a Heureux si ce prince n'avait jamais reçu une couronne « doublement souillée de son propre sang et de celui des |

« Français , ornement incommode pour s'endormir sur l'o- |

« reiller de la mort. » |

(Etudes historiques.) \

« sein? Quels joyaux, quelles richesses y sont < contenus? Quels célestes trésors dans une si w faible enveloppe?»

Depuis trois mille ans, les cris de Moïse (1) au pays de Moab, près de sa tombe, en la montagne de Nébo, ne retentissent-ils pas encore dans le cœur de son peuple ? et sa parole a-t-elle été menteuse?

« Et tu seras là un sujet d'étonnement, de a raillerie et d^invectives parmi tous les peu- « pies vers lesquelles l'Éternel t'aura envoyé. (c Tu serviras dans la faim, dans la soif, dans « la nudité et dans la disette de toutes choses, « ton ennemi, que l'Éternel enverra contre toi; « et il mettra un joug de fer sur ton cou, jus- « qu'à ce qu'il t'ait exterminé. »

(1) 1574 avant J.-C, naissance de Moïse.

Et ]a plus grande portion de cette noble race, courbe encore le front sous le poids de la malédiction. Ce peuple dont Bossuet dit :

(n On ne voit plus aucun reste des anciens « Assyriens, ni des anciens Mèdes, ni des anc( ciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même « des anciens Romains. Les Juifs, qui ont été « la proie (1) de ces nations célèbres dans les « histoires, leur ont survécu, et Dieu, en les « conservant, nous tient en attente de ce qu'il « veut faire encore des malheureux restes « d'un peuple autrefois si favorisé (2 — 3).

«BOSSDET. »

(1) Dix raille Israélites, sous Vespasien, entrèrent dans une semaine, par la porte de la vie, au Golysée, et en sortirent par la porte de la mort.

(2) « Le peuple juif, dit M. le cardinal de Fleury , possède « la seule noblesse bien prouvée. »

(3) « Le peuple juif, dit M. Lacordaire, sera toujours le « premier des peuples par l'idée, par ses mœurs et par ses « lois.

Si Dieu départ à quelques hommes le don de prévoir dans l'actualité les événements de l'avenir (1), etceci^ pour nous, est un fait sans

(1) Entre mille versions nous en prenons une.

Gazotte. « Or, vers ce temps, une scène eut lieu, qu'il fau- « drait passer sous silence, si des témoins graves ne l'avaient « solennellement attestée. Un dîner splendide ayant été offert « par un académicien h beaucoup de gens de cour et de philo- « sophes, il se trouva parmi les convives un écrivain qui, des- «« tiné à combattre la révolution et à y périr , comptait alors « au nombre des illuminés. C'était Jacques Cazotte. Le repas « fut très gai : on y parla des progrès de la raison, des événe- « ments qui s'annonçaient, et chacun de saluer le règne prou chain de Tintelligence affranchie.

« Un seul, Cazotte, gardait le silence. Interrogé, il répondit a qu'il apercevait dans l'avenir des choses terribles, et comme « Condoroet le prenait sur un ton railleur : « Vous, monsieur « de Condorcet , lui dit-il , vous vous empoisonnerez pour « échapperau bourreau. «Des rires joyeux se firent entendre, « Cazotte continua. Il répondit à Cham fort qu'on le conduirait < à se couper les veines; à Bailly, à Malesherbes, à Boucher, tf qu'ils mourraient sur réchafaud.

« Mais notre sexe, du moins, sera épargné, s'écria en riant t( madame la duchesse de Grammont?

tt Votre sexe ?.,. Vous, madame, et bien d'autres dames avec

~ 226 réplique ; si un somnambulisme éveillé, si des lois psychologiques ignorées confèrent à certains hommes une puissance qui peut avoir des conséquences incalculables sur les desti- ^ nées de l'humanité, ne nous exposons pas à tuer cet homme en duel !

« vous, TOUS serez conduites en charrette à la place des exé- <c cutions, les mains liées derrière. 7

« En parlant ainsi, Cazotte avait le visage attéré ; ses yeux ' « bleus étaient remplis de tristesse, et ses soixante-dix-huit / <£ ans, sa chevelure blanche, sa physionomie patriarcale, im- / « primaient à ses paroles une gravité lugubre. Les convives/ « tressaillirent. — Vous verrez , dit madame de Grammont i « qu'il ne me laissera pas un confesseur. — Non, madame, Ve « dernier supplicié qui en aura un, ce sera...., il hésii « ce sera le Roi de France 1 Saisis d'une invincible émotii « tous les convives se levèrent. Quant à Gazotte, il allait /se « retirer, lorsque, s'approchant de lui, et voulant de moins « sombres présages, madame de Grammont lui dit : —7 Et « vous, monsieur le prophète, quel sera votre sort? Il jfesta « quelque temps la tête penchée, le regard pensif, pui « Pendant le siège de Jérusalem , répondit-il , un homine fit « sept jours le tour des remparts , en criant d'unye voix « sinistre

« Malheur à Jérusalem 1 » et dans ce moment, vole pierre « énorme » lancée par les machines ennemies , ratteignit , le « mit en pièces, » A ces mots, Cazotte salua et sor^t. »

« Louis Blan

Le prophète de bonheur peut nous venir demain, ne le tuons pas aujourd'hui! Cet homme nous apporte peut-être les trésors caf chés de notre nature, le dévoilement de secrets immenses, la démonstration psychologique de tous les mystères qui nous environnent. C'est un fait bien digne d'appeler l'attention des hommes qui pensent que cette vérité historique : Tout ce qui a été grand et saint depuis Fohi et Bélus, a été égorgé, proscrit, persécuté par la colère humaine, et son implacabilité renverse toutes les notions du cœur, tout es les lois de la morale et de l'humanité ! Au n lilieu de ces abominations, il est consolant de vo ir la haine que Moïse inspirait à son peuple contre le meurtre. Il y a dans le Deutérc >Dome un poème d'une sublimité inG-

nie (1). Pourquoi nos lois n'ont-elles pas été calquées sur des lois larges et religieuses comme celles de Moïse, lois qui ne se bornaient

(1) a 1. Quand il se trouvera sur la terre que rÉternel, ton M Dieu» te donne pour la posséder, un homme qui a été tué, « étendu dans un champ, et qu'on ne saura pas qui Faura tué ;

a 2. Alors tes anciens et tes juges Sortiront, et mesureront « depuis l'homme qui a été tué jusqu'aux villes qui sont au- « tour de lui;

« 3. Puis les anciens de la ville la plus proche de Thomme « qui aura été tué, prendront une vache du troupeau, de la- « quelle on ne se soit point servi, et qui n'ait point tiré sous « le joug;

« 4. Et les anciens de cette villelaferontdescendre, la jeune « vache , en une vallée rude , dans laquelle on ne laboure » ni « on ne sème, et là, ils couperont le cou à la jeune vache dans « la vallée ;

« 5. Et les sacrificateurs, fils de Lévy , s'approcheront, car tt l'Éternel, ton Dieu, les a choisis pour faire son service et « pour bénir au nom de l'Éternel; et afin qu'à leur parole, « toute cause et toute place soient définies;

« 6. Et tous les anciens de cette ville là, qui seront les plus • près &e l'homme qui aura été tué, laveront leurs mains sur « la jeune vache, à laquelle on aura coupé le cou dans la vallée.

a 7. Et prenant la parole, ils diront : Nos mains n'ont point « répandu le sang, nos yeux aussi ne l'ont point vu répandre.

« 8. 0 Éternel 1 sois propice à ton peuple d'Israël que tu as « racheté, et ne lui impute point le sang innocent qui a été « répandu au milieu de ton peuple d'Israël, et le meurtre sera « expié par eux.

« 9. Et tu ôteras le sang innocent du milieu de toi, parce « que tu auras fait ce que l'Éternel approuve et trouve juste.»

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