‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 122 sur 122 · LÀ PEINE DE MORT · texte numérisé non relu

LÀ PEINE DE MORT

Quand abolirez-vous cette loi sacril^e > Cette loi de sang et de deuil ?— Enveloppés dans votre orgueil.

Vous prétendez qu'elle protège ! . , .

Vous dites que la hache est le plus sûr garant Contre les ravages du crime ! — Est-ce en tuant que l'on réprime?

Si Ton guérit la plaie. . . est-ce en la déchirant ?

Vous voulez rassurer contre une aveugle rage

Et la faiblesse et la vertu ;

Le crime est par vous combattu,

Comme Fautan combat Forage.

La sagesse de Fhomme, oh ! quel miroir trompeur !

Dans leurs cruelles exigences ,

Ses arrêts semblent des vengeances, Et sa force inflexible est presque de la peur.

Législateurs, ô vous dont le bras implacable Courbe sur le hideux billot, Sans ouïr son amer sanglot « La tête d'un frère coupable,

Saintement indignés d'un lâche assassinat, C'est au flambeau de la colère, Hélas ! que votre esprit s'éclaire,

Et TOUS le punissez par un autre attentat«

N'avez-Yous donc jamais fait périr l'innocence

Qui jetait son cri suppliant?

Avez-vous d'un œil clairvoyant

Toujours regardé la balance?.. .

Mais lorsque d'une vie on éteint le flambeau ,

On ne craint rien d'un peu de cûndre !

La victime ne fait entendre Ses malédictions que du fond du tombeau !

Eh ! qui vous a donné ce droit fatal, horrible?

Est-ce le Dieu de charité?

En décimant Thumanité

Vous parlez de force paisible.

Plutôt que de semer la haine et la terreur,

Semez des vertus consolantes !

Eteignez vos torches brûlantes!

Changez vos lois de honte et de fureur !

Que l'expiation se fasse sur la terre !

C'est à Dieu de juger ailleurs !

Rendez les criminels meilleurs,

Ne les jetez pas au cratère.

Celui seul qui créa peut seul anéantir !. . .

Mais non, votre gibet infâme,

Étendant son droit jusqu'à l'âme, Arrête le remords, éteint le repentir 1

Insensés ! pensez^viius quatout ce peuple iiomonde,

Béant au pied de Téc^afaud»

' Du couteau qui tombe d'en haut

^Reçoive unelaçop profonde?

Ck)mme il court au théâtre, avide et se4)ressant,

Il vient sur la place publique ,

Gomme il cherche un plaisir lubrique, Il veut la volupté de la mort et du sang.

Voyez de tous côtés cette foule accourue ,

Teinte du limop des ruisseaux.

Vous lui couperez les morceaux

De la chair palpitante et crue.

Elle veut son repas, car c'est là son banquet ;

Et les femmes ! . . . délire étrange!

Elles se poussent dans la fange Pour voir le panier rouge et l'humide baquet ! . . .

Puis quand viennent ses jours de haine et de vengeance Le peuple aussi se fait bourreau, Il traîne un large tombereau, Il ne connaît point d'indulgence.

Il frappe les vivants, il entasse les morts ; Bien instruit par vos lois atroces.

En raidissant ses bras féroces, Dans le charnier putride il fait rouler les corps.

Cachez, cachez du moins vos échafauds avides, Cachez-les à tous les regards; Entourez-les de boulevards ! ' Que leurs alentours restent vides !

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