‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 71 sur 122 · CHAPITRE XXXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXn

Comme noiis l'avons dit, nous appelleronjs à nous toutes les protestations qui se sont produites contre la peine de mort! nous continuerons à suivre la méthode que nous avons adoptée ; elle nous semble la plus claire, la plus loyale.

« Que rinjustice de la peine de mort se dé- « montre donc, et bientôt on verra tomber les « échafauds. Le jour où cette démonstration de- « viendrait claire et évidente pour tous> est-il une « tribune libre en Europe, et serait-ce celle de « France, où un ministre osât, au nom du pouvoir, « dispenser d'un devoir de morale naturelle , les « douze jurés, les cinq juges et le bourreau, néces- « saires à chaque exécution de la loi.

(Ch. Lucas*)

Et à Tappii de celte judicieuse remarque , Tau*teur met en note ce que nous transcrivons daas le ^Fp9 déA ce Inrre.

11 h0 ^0 »oU 11^, Marie-Qaire, négresse, fet u cotMiamnée, pourem|M)isoniiea)eiit desamattresse,

Ci de victimes daifs lea Pays^Ba^, ^'i7 n'eût été reçu « dam les ùpiniom du tempSy que Vhérisie éUtii un « délit punissable de mort. Biren, non moins cruel a que le duc d'AIbe, Biren, qui peupla d'exilés les « déserts de la Sibérie, les faisait mutilet, pardd que « la mutilation était une peine usitée ; il n'osa que « rarement les faire mourir , parce que ta peine de « tnôrt ne ¥é(àit point. Tel est Fempiï^e des fcafbic tudes, jusque sur les honftne^ lés plu^ elfréiiéâ; et « voilà une grande raison de profiter des temps pai- ^ sibles pour détruire ces armes tranchantes qu'on « cesse de craindre quand la rouille les a couce vertes,, mais qu'il est trop facile d'aiguiser de (( nouveau , quand les passions veulent e» faire « usage. »

(JÉRÉMiE BENTHAk.)

(( C'est par la nécessité seule que la peine capitale « peut» être justifiée. On ne peut la défendre que « comme on justifie la guerre et toute antre attaque « ouvertement dirigée contre la vie de l'homme, c( c'est-à-dire en soutenant que le droit de défense (( naturelle l'exige.

a Avant d'ôter la vie à un homme, même en cob"- « séquence, il doit être prouvé qu'il n'existe pals (( d'autre moyen de prévenir la violation de la sûreté (( publique, que le sacrifice du coupable.

c<Le fardeau de cette représentation retoqibe « donc sur ceux qui prétendent maintenir le fré- « qnent usage de ce sacrifice. »

(Sn MâGBiNâON.)

m Un homme m'attaque, je ne peux me défendre « qu'en le tuant, je le tue ; pour que la société fasse « de même, il £aut qu'elle ne puisse faire autre- « ment. >»

(Pastorèt.)

« Pèut-on dire, en conscience, que Torsqu'on (( guillotine un faux monnajeur ou un assassin, il « n'y a pas d'autre moyen de préserver la société ? « G)mment/yous pouvez l'empêcher de nuire, même c( pour toujours, en le privant de sa liberté^ et en- « suite Te réformer, etc. »

(De Gerando.)

(( Il serait inutile d'insister sur ce point : il est c< par trop évident que le droit qu'exerce la société c en place de Grève, n'est nullement celui de la H légitime défense. »

(Ch. Lucas.)

c Chose remarquable, nos lois* actaelle» se con^ « damnent elles-mêmes de la manière la plus for-

« melle ; car si, avant que la nécessité de tuer votre « meurtrier soit devenue inévitable, il vous arrive a du secours ; si votre adversaire est désarmé et « saisi, et que néanmoins vous le tuiez, la loi vous « punit comme meurtrier. Et n'est-ce pas ce que la « loi fait presque toujours elle-même, quand elle « tratne le coupable à l'échafaud, et n'est-elle pas (( alors aussi vraiment meurtrière. »

(Le Pelletier Sàint-Fàrgeau.)

« Pendant le règne tranquille des lois, et sous « une forme de gouvernement approuvée par les • (c vœux réunis de la nation, dans un État défendu a contre les ennemis du dehors, et soutenu au dec< dans par la force et par Topinion, il ne peut y « avoir aucune nécessité d'ôter la vie à un citoyen. » (L'autocratrice de Russie, Catherine.)

« Honte éternelle à cette maxime : que les États * (( ou les rois sont autorisés à tout pour se conserver! « Non, le salut du peuple n'est pas la suprême loi : cela suprême loi, c'est la vertu; la suprême loi, « c'est la dignité morale de l'homme. >

(Le Duc de Broglie.)

a Que Caïn ne soit pas tué, mais qu'il conserve « aux yeux des hommes un signe de réprobation. »

(DiEu!...j

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