L'ABBÉ MITRAUD
(( L'homme n'a pu devenir législateur que par
(1) Dans la législation de Mahomet, on prélève la dtme.sar la fortune des riches en faveur des pauvres. -
[NotedePAuieur.)
<i UD crime, et il l'a si bien senti^ qu'il n'est pas un « seul législateur primitif qui n'ait cherché à faire « croire que ses lois venaient du ciel, tant il était « convaincu de l'audace de son usurpation, et de la c( répulsion générale qui devait l'accueillir. Mnevis « et Amasis, législateurs égyptiens, avaient reçu « leurs lois de Mercure; Zoroastre, législateur des \( Bactriens, Zamolkis, législateur desGètes, avaient « reçu les leurs de Yesta; Zathraustes, législateur tf des Arimaspes, avait un génie familier, Radha- (( mante et Minos ne transmirent aux Cretois que « les ordres de Jupiter ; Ariptolème, chez les Cro- « toniates^ et ZaTeucus, chez les Syriens^ attri- (( huaient leurs lois à Minerve ; Lycurgue, chez les c< Lacédémoniens, attribuait les siennes à Apollon ; u Cécrops, législateur d'Athènes, à Minerve et à « Jupiter ; Romulus et Numa consultèrent, l'un le « dieu Cousus, l'autre la déesse Égérie ; Fun-fou, c fondateur de l'empire de là Chine, était fils du « soleil ; Mango-Capac et Ciya*Mama, fondateurs « du royaume des Incas,- étaient aussi, l'un fils, « l'autre fille du soleil ; Thor et Odin, législateurs ^ « des Vîsigoths , étaient dieux ou inspirés des « dieux ; Mahomet fut le grand prophète ; Gengis- « Kan, fondateur de l'empire des Mogols, termine « cette longue série des rois ou des législateurs dic< vins ; ses adulateurs l'appelaient Dieu. Non! ré-
« pondait modestement sa mère, il n'est que le 61s c du soleil.»
n est aux yeux des philosophes, aux yeux des penseurs humanitaires , bien impossible que rhomme puisse obéir au priqcipe ancien sans la révolte de sa nature^ sans ce que Tabbé Mitraud appelle ses droits de création, ne protestent toujours contre ce principe. L'homme qui arrive dépouillé dans la vie^ n'a que le travail et la charité. Le travail, celui du pauvre, ne l'arrache pas à la misère , à l'ignorance. C'est beaucoup s'il assure le pain; très souvent il ne l'assure pas, et très souvent ce travail manque. La charité^ quelque ardente qu'elle soit, panse la plaie mais ne la guérit pas. Aux cris de sa mère qui a faim et froid, se joignent les cris de sa femme et de ses enfants qui ont faim et froid ! La nature, complice de ces tristes agitations, crie plus fort encore I... Sa tète tourne^ il devient fou, il devient voleur et assassin, et le bourreau le tue !.. Nous n'hésitons pas à le dire, le vice du principe ancien est tellement senti en France, qu!il n'y a pas une seule mesure gouvernementale qui ne tende à en amoindrir l'amertume, qui ne tende à replacer # l'homme dans sa condition naturelle, et à arriver progressivement à la réalisation des idées que nous émettons ici.