‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 93 sur 122 · L'ABBÉ MITRAUD · texte numérisé non relu

L'ABBÉ MITRAUD

(( L'homme n'a pu devenir législateur que par

(1) Dans la législation de Mahomet, on prélève la dtme.sar la fortune des riches en faveur des pauvres. -

[NotedePAuieur.)

<i UD crime, et il l'a si bien senti^ qu'il n'est pas un « seul législateur primitif qui n'ait cherché à faire « croire que ses lois venaient du ciel, tant il était « convaincu de l'audace de son usurpation, et de la c( répulsion générale qui devait l'accueillir. Mnevis « et Amasis, législateurs égyptiens, avaient reçu « leurs lois de Mercure; Zoroastre, législateur des \( Bactriens, Zamolkis, législateur desGètes, avaient « reçu les leurs de Yesta; Zathraustes, législateur tf des Arimaspes, avait un génie familier, Radha- (( mante et Minos ne transmirent aux Cretois que « les ordres de Jupiter ; Ariptolème, chez les Cro- « toniates^ et ZaTeucus, chez les Syriens^ attri- (( huaient leurs lois à Minerve ; Lycurgue, chez les c< Lacédémoniens, attribuait les siennes à Apollon ; u Cécrops, législateur d'Athènes, à Minerve et à « Jupiter ; Romulus et Numa consultèrent, l'un le « dieu Cousus, l'autre la déesse Égérie ; Fun-fou, c fondateur de l'empire de là Chine, était fils du « soleil ; Mango-Capac et Ciya*Mama, fondateurs « du royaume des Incas,- étaient aussi, l'un fils, « l'autre fille du soleil ; Thor et Odin, législateurs ^ « des Vîsigoths , étaient dieux ou inspirés des « dieux ; Mahomet fut le grand prophète ; Gengis- « Kan, fondateur de l'empire des Mogols, termine « cette longue série des rois ou des législateurs dic< vins ; ses adulateurs l'appelaient Dieu. Non! ré-

« pondait modestement sa mère, il n'est que le 61s c du soleil.»

n est aux yeux des philosophes, aux yeux des penseurs humanitaires , bien impossible que rhomme puisse obéir au priqcipe ancien sans la révolte de sa nature^ sans ce que Tabbé Mitraud appelle ses droits de création, ne protestent toujours contre ce principe. L'homme qui arrive dépouillé dans la vie^ n'a que le travail et la charité. Le travail, celui du pauvre, ne l'arrache pas à la misère , à l'ignorance. C'est beaucoup s'il assure le pain; très souvent il ne l'assure pas, et très souvent ce travail manque. La charité^ quelque ardente qu'elle soit, panse la plaie mais ne la guérit pas. Aux cris de sa mère qui a faim et froid, se joignent les cris de sa femme et de ses enfants qui ont faim et froid ! La nature, complice de ces tristes agitations, crie plus fort encore I... Sa tète tourne^ il devient fou, il devient voleur et assassin, et le bourreau le tue !.. Nous n'hésitons pas à le dire, le vice du principe ancien est tellement senti en France, qu!il n'y a pas une seule mesure gouvernementale qui ne tende à en amoindrir l'amertume, qui ne tende à replacer # l'homme dans sa condition naturelle, et à arriver progressivement à la réalisation des idées que nous émettons ici.

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