‹ Le duel du commandeur operacomique en un acteChapitre 6 sur 35 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Semble en me riant au liez Exercer ma bile, l/amour me tourne le dos Et me montre à tout propos Sa vieille rancune...

Au lans(|ucnet plus d’alout!..

Aussi je crains plus que tout L’écrqise de lune l

Pour le nioment, il y a éclipse totale. Écoule et frémis. Je tic pensais à rien l’autre jour, et voilà cju’il me tombe sur la tète...

ARMAND

Une tuile?..

ROGER

Un héritage ! Tu as connu Sabine de Boufeville?..

ARMAND

Ta cousine?.. Oui, sans doute, pourquoi est-elle restée fille?

ROGER

Elle ne Ta jamais su. C’était une femme de poids... huit pieds de circonférence!.. J'allais la voir souvent... par curiosité... et je faisais une petite promenade autour d’elle, ce dévouement l’avait exaltée et...

ARMAND

Elle t’a laissé son bien ? .

ROGER

‘ t;ï>cu:i cent mille livres de rente; mais à la condition d’épouser une fille charmante... pas' trop spirituelle, pas trop innocente... une perfection!

ARMAND

Je te trouve à plaindre!..

ROGER, naÏTcmeat.

N’cst-ce pas?., d’autant plus qu’il y a une clause dans le testament de Sabine. 11 faut que je voie la jeune fide; si je refuse, je suis déshérité; si l’on me refuse, j’hérite, et c’est ce qui me tue !

ARMAND

Comment?..

ROGER

Tu ne comprends donc pas ?

ARMAND

Non.

ROGER

C’est qu’il faut le dire que je ne sais pas trop ce que c’est que d’èlre refusé. Or, je veux qu’on refuse pour épouser l’autre. Comment trouves-tu ce parc?

ARMAND

Fort beau; mais quel rapport?..

ROGER

Nous sommes chez ma future.

lu LE DUEL DU COMMANDEUR.

ARMAND, effrayé.

Miséricorde!..

ROGER, froidêment.

Tu vas prendre mon nom; tu vas entrer dans ce château; tu déplairas, on te refusera, et j’hériterai.

C’est là ce que tu avais à nie dire?.. (Roger fait aigue que oui.) Repartons vite et viens te mettre au lit; tu es malade.

Ri)GEn.

Tu refuses donc?

ARMAND

Positivement, cela t’étonne?..

ROGER

Non, certes; à ta place j’agirais de môme. Seulement, puisqu’on ne veut pas se mêler de mes affaires, je vais les mener à ma guise. J’entre dans ce château, je crie, je bats... et je repars déshérité.

ARMAND

Et la G n de tout cela, lu l’oublies!., c'est la Bastille !

ROGER

Je ne l’oublie pas; mais comme en tout cas j’y dois entrer ce soir...

ARMAND

Antre folie!

ROGER

Je ne mens jamais. 11 parait que mon duel a fait umceriàin bruit... j’ai des limiers à mes trousses...

ARMAND, inquiet.

Mais il faut te cacher... il ne sera pas dit...

ROGER, froidement.

Ce sera!., puisque ma lune et ta sagesse le veulent.

ARMAND, après avoir réfléchi.

Donc, si j’avais accepté ta folle proposition?..

ROGER

J’aurais couru chez le duc de Bourbon, qui demeure à deux pas; je lui aurais demandé ma grâce, cl je serais revenu pour te serrer la main.

ARMAND , très-troublé.

Comment sortir de là!., (a Roger.) Voyons, reviens à toi, ré- Géchis... Non! ne réGéchis pas!., et puisque avec toi je perds mon temps et ma peine ..

ROGER

Tu pars, n’cst-ce pas?..

ARMAND

Je reste!., je reste pour le sauver!., je reste. . parce que, folie pour folie, j’aime mieux la mienne (|uc la tienne ; sonlomcnt j'y mets une condition.

RCCEU.

D'avance je l’accepte.

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