ACTE I, SCÈNE VI SI
l'abbé Ma visite ne t'étonne pas après dix ans de séparation?
LE DOCTEUR
Je ne peux pas te dire que je Tespérais!
l'abBÊ ^:
Qu'en penses-tu?
le docteur -^
Qu'apparemment tu as besoin de moi.
l'abbé 5 Tu ne te trompes pas.
LE DOCTEUR
Je t'écoute.
J'ai deux choses à te demander, deux services. Je suis vicaire à Sainte-Marie-des-Marteaux! ... Le savais-tu?
LE DOCTEUIR
lo Non.
l'abbé
Je te l'apprends. La population y est très misérable, dans d'affreuses conditions d'hygiène. Je m'occupe, avec l'appui de quelques hautes personnalités du monde catholique, de créer un établissement — oh! très mo-
deste! — mi-dispensaire, mi-patronage, où les enfants pauvres et malades pourraient, selon nos ressources, recevoir gratuitement des soins, du lait, des médicaments. Je t'expose tout cela très mal, d'autant qu'il y a là des questions d'organisation pratique et d'admi- s nistration qui m'échappent et ne sont pas de ma compétence mais auxquelles on a sérieusement songé . . . tu te rends cependant compte de l'idée?
LE DOCTEUR, froid
Elle est excellente.
• l'abbé
Tu trouves? J'en suis bien aise et cela m'enhardit. lo Avant de devenir le célèbre aliéniste dont le nom. . • .
LE DOCTEUR
Pas d'eau bénite!
Tu te méprends. Je sais que tu n'es pas de ceux que l'on flaggxne et telle n'était pas ma pensée. Je voulais dire qu'au début de ta carrière tu t'étais fait, pendant 15 trois à quatre ans, une spécialité des maladies de l'enfance. Tu as abandonné bientôt ce genre de travaux, mais sans les oublier. Tu vas encore dire que je te flatte? Tu passes pour être secourable aux misères humaines. ... 20
LE DOCTEUR
Aboutis!