ACTE III 2x
le moyen de me le faire encore mieux comprendre, sentir, aimer!... Oui, vous, l'éternel isolé, le captif du célibat, du renoncement, des chastes vœux, c'est vous qui m'avez poussé la porte des paradis terrestres... qui vous sont défendus I
L'ABBÉ
Qui vous sont grands ouverts !
Et cela, vous l'avez fait avec une sublime simplicité. Je vous en remercie.
L'ABBÉ
Je ne le mérite pas.
LA DUCHESSE
Si. Je suis aôranchie ! Par vous ! J'étais une folle... Je m'acharnais à me duper.
Depuis que vous me parlez, une inconnue, une femme nouvelle, altérée de joie, de lumière, d'espoir, m'envahit, me soulève toute... Quelle révélation ! Eh bien, à pré-
2l6 LE DUEL
sent, je le crie et il faut que vous le sachiez ! Jamais je n'ai cessé d'aimer votre frère.
L'ABBÉ
Ah!
LA DUCHESSE
Jamais ! quand je croyais le détester, je l'aimais! Quand je me repentais... jusque sous votre absolution ! je l'aimais ! D'ailleurs, vous aviez raison. Noir ou blanc, le voile n'est pas pour moi ! Je n'en suis pas digne. Non! Je ne suis décidément pas une détachée des choses de ce monde. Je ne suis qu'une femme ! rien que cela ! tout cela!... une femme attachée à ses sens et à son cœur, et glorieuse de l'être ! Mais...
non!... ah!... qu'avez-vous fait?
Que voulez-vous dire?
LA DUCHESSE
Qu'à l'instant où je vous suis à jamais reconnaissante de m'avoir restituée à moi-