ACTE II
pas préféré vous surprendre ailleurs, dans les bras d'un amant !
LA DUCHESSE
Vous m'outragez !
LE DOCTEUR
C'eût été plus vrai 1 plus humain ! Moins déloyal, surtout! Vous m'accusiez hier de vous avoir trompée? Qui donc a manqué de franchise? Vous me faisiez gratuitement des déclarations d'athéisme et ce faux étalage d'indépendance ne servait qu'à masquer de pauvres petites pratiques religieuses expédiées datës l'ombre, en tremblant, comme une mauvaise action !
Vous vous seriez moins cachée pour aller chez moi ... et c'est la visite à l'église qui devient le rendez-vous ! En me quittant, l'esprit troublé, la bouche sans paroles, le cœur à ipoitié investi par l'amour que je m'efforce d'y faire entrer... vous vous précipitez toute chaude encore de ces
émois et de ces luttes, chez l'homme du paradis, le marchand d'éternité, pour lui raconter l'histoire!.,. En sa présence, vous retrouvez vos mots... et nos secrets, nos abandons, nos tendresses, nos résistances.» vous jetez sans regrets toute cette moisson dans le pli de sa soutane !... Ah !
non ! Jamais je n'aurais cru cela de vous 1 Sans doute, j'aurais dû me méfier, quand vous avez, hier, baisé la main de cet évêque ? Il avait vu clair, lui ! Moi, j'ai les yeux crevés, je vous aime !... Enfin, en jouant ce double jeu, vous avez commis une profanation, madame! et qui reste inexcusable!... Si vous m'estimiez, vous me deviez la vérité! Il fallait me dire :
<c Taisez-vous! J'ai une religion qui me défend de vous aimer. Je ne la quitterai pas pour vous. Quittez-moi 1 »
LA DUCHESSE
M'eussiez-vous quittée?