‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 2)Chapitre 65 sur 106 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

LB DOCTEUR

Et voilà donc pourquoi vous faisiez l'esprit fort ?

LA DUCHESSE

Je croyais que cela me donnait de la force 1 Insensée ! Cela m'en retirait 1 Et maintenant, plus de mensonge 1 Plutôt que de passer à vos yeux pour une Célimène dévote, je préfère me montrer telle que je suis. Tant pis si je me fais du tort!

Eh bien, oui, sous ma fierté, je suis faible, tendre, incertaine, ballottée par l'orage de l'amour terrestre à l'amour divin. Ils méprennent, me reprennent... Aucun ne me garde. Mon cœur est l'éternel champ de bataille où, saccagée par eux deux, je suis toujours vaincue... et je ne cesse pas de souffrir.

Et c'est pour éviter la souffrance que vous souffrez dix fois plus !

n'obéit qu'à des curiosités de femme et c'est une sorte de perversité mystique et impie qui vous jette à genoux contre la grille derrière laquelle quelqu'un — qui n'est pas Dieu ! — vous écoute et vous plaint !

LA DUCHESSE

... Me traite plus durement que vous!

LE DOCTEUR

Oui, pour vous faire revenir ! Et vous, c'est votre enchantement de vous accuser de la faute avant même de l'avoir commise ! Innocente ou coupable, il vous est si doux de parler du péché 1 Quand vous dites : « Je l'ai fait... je ne le ferai plus »... vous le faites encore! Vous le faites toujours! Les mots : « C'est ma faute »... ne réprouvent pas, ils revendiquent! Et tous les mea culpa dont vous vous frappez la poitrine, au lieu d'en arracher l'amour, l'y enfoncent, à coups de

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