‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 2)Chapitre 74 sur 106 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

garantissais la veille l'éternité de ta tendresse.

LE DOCTEUR

Tu confonds. Ce n'est pas moi qui joue de l'éternité... C'est toi qui la promets !

... Et Dieu qui la tient. Et tu t'imagines que ce crime je vais te laisser le réaliser ? que je te permettrai de ressaisir cette âme qui vient de si loin, que longuement, au prix de lents efforts, j'ai pu tirer et sortir à moitié des mailles rompues de ton filet?

LE DOCTEUR

Je ne l'ai pas prise au piège. Elle m'aime !

L'ABBÉ

Tu t'illusionnes ! Non, ce qui, au fond, t'irrite et t'humilie et te fait délirer, je vais te le dire, c'est que je sois ton frère ! Voilà le drame !

LE DOCTEUR

Cela ne te fait donc rien que je sois le tien?

L'ABBÉ

Nullement. Dans un pareil conflit, veux-tu me dire ce que ça pèse ? Mais je marcherais sur mon père !...

LK DOCTEUR

C'est beau, la religion !

... Nous sommes frères? Après? Tant pis ! ... ou tant mieux ! C'est bien fait ! Ah ! tu es athée ? tu es savant ? Tu ne crois pas aux miracles? et sans doute tu as quelquefois ricané : « J'en demande un? »

Tu es exaucé. Il y a ici, à Paris, des centaines de prêtres... Le seul que n'aurait pas dû découvrir M m * de Chailles, c'est celui-là même que, sans le vouloir, sans le savoir, elle discerne et choisit!... celui

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