‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 2)Chapitre 87 sur 106 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

L'ÉVÊQUE

Moins de zèle.

LA DUCHESSE

Je devine? Vous ne me croyez pas sincère?

L'ÉVÊQUE

Si. Du moins maintenant. Je suis persuadé qu'en effet si M. le duc de Chailles venait à mourir... aujourd'hui, vous tiendriez votre promesse.

LA DUCHESSE

Toujours je la tiendrai.

JC/ÉVÊQUB

Mais je pense aussi qu'il suffit peutêtre que vous ayez cette convoitise ardente et immédiate du cloître pour que votre mari vive longtemps... Et alors ?

Alors, cela voudra dire que Dieu n'aura pas voulu de moi.

L'ÉVÊQUE

Et que vous ne voudrez plus de lui! Et v ,

que vous finirez par tomber dans les bras de M. Morey ! Car vous avez beau vous en défendre, vous l'aimez! Vous l'aimez toujours, je ne m'y trompe pas. (a ce moment on

frappe à la porte du fond. Il l'arrête du geste, comme elle allait parler. Il Ta à la porte qu'il entr'ouvro. Un domestique lui tend une carte. Il la prend, la lit. Au domestique.) V OUS

n'avez pas dit que j'étais avec quelqu'un?

LE DOMESTIQUE

Non, monseigneur.

L'ÉVÊQUE, au domestique.

Bien. Dans un instant. (Le domestique sort et I

referme la porte. A la duchesse.) C'est l'abbé Daniel. v

LA DUCHESSE, très troublée, se levant.

Il va venir ? Ici ?

L'ÉVÊQUE 1

Sans doute. (Eue fait un mouvement) Mais ne I

vous hâtez pas!...

Page 1