ACTE PREMIER
LU nocTRin M h* le désir exclusif, éternel, devient la pire des souffrances. Avoir soif et ne paa boire!
LA DUCHI5SI
Et n'avoir plus soif après qu'on a bu sans joie ! Être désaltéré dès qu'on trempe sa lèvre, mourir de sécheresse et de désillusion près de la fontaine où Ton brûlait de s'abreuver, d'aspirer le bonheur, et dont l'onde amère ne vous laisse qu'un goût de larmes ! Non ! non ! Tout, excepté cela! Jamais l'amour ne m'asservira! Le désir est parfois cruel, mais l'amour a un joug. Je ne veux pas de joug !
LE DOCTIVK
Trop tard, madame na le portez,
ce joug ! Vous pliez sous son poids. Ces derniers cris sont de vains appels... Tenez ! . . . Vous tremblez î . . . Vous chancelez !.. vous aimez ! Vous m'aimez !
g6 LE DUEL
LA DUCHESSE, toute troublée, à voix basse,
Monsieur ! . . .
Vous m'aimez î Ne dites rien, ne dites pas non. Nous sommes emportés par quelque chose de plus fort que nous, qui va plus vite que nos regards et nos paroles... Ne le sentez-vous pas ? Depuis un quart d'heure c'est un torrent d'années!... de l'irréparable!... En cinq minutes nous avons éprouvé au centuple...
LA DUCHESSE
De nouvelles douleurs !...
LE DOCTEUR
Des joies inconnues !... Le destin s'accomplit. Ne me repoussez pas, ou vous allez me désespérer.
LA DUCHESSE
Laissez-moi, je vous en prie, laissezmoi !...