ACTE III
L'ABBÉ
Où donc alors?
L'ÉVÊQUE
Dans l^s prisons du sacrifice et sous les verrous du devoir. Le devoir de M" e de Chailles est de vivre la vie de la femme, de toute la femme, et le vôtre la vie du prêtre, et rien de plus.
L'ABBÉ
Soit. J'obéirai. Je resterai l'enfant soumis. Mais autrement ! Ce facile habit ne me satisfait plus. Je veux porter alors l'âpre robe du moine, fuir le tumulte des cités, m'ensevelir dans la vallée funéraire d'une trappe, et là, pleurer, lire V Imitation, m'enivrer de néant, l'œil fixé sur le sablier, m'exténuer de prières en étreignant les tempes d'une tête de mort et, la bêche à la main, creuser ma tombe, à la sueur de mon front.
L'ÉVÊQUE
Égoïste! Voluptueux!
L'ABBÉ
Vous ne le voulez pas ?
L'ÉVÊQUE
Non.
L'ABBÉ
Vous ne m'en jugez pas digne ?
Ce n'est pas votre devoir.
L'ABBÉ
Alors... vous partez dans quelques jours pour l'Asie... Emmenez-moi?
L'ÉVÊQUE
Vous?
L'ABBÉ
Ne me laissez pas seul! Arrachez-moi de mes tourments. Vous avez fondé làbas une léproserie ? Vous m'y attache-