‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 105 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

L'ÉVÊQUE

Je l'exige.

L'ABBÉ

Mais nous ne saurons plus nous parler. . .

nous regarder.

L'ÉVÊQUE

Quoi que vous puissiez vous dire, ne prononceriez-vbus que d'insignifiantes paroles, resteriez-vous muets l'un en face de l'autre... cette dernière entrevue est indispensable, nécessaire, pour dissiper à jamais l'équivoque où tous deux vous vous enfoncez. Vous venez me raconter qu'une vipère s'est glissée et lovée dans vos cœurs, eh bien, il faut l'en faire sortir ou lui broyer la tête. Je ne veux pas, pour le repos de vos consciences, que vous emportiez chacun demain un souvenir trouble et douteux.

L'ABBÉ

Moins néfaste qu'un bon !

L'ÉVÊQUE

Cent fois pire ! Vous savez bien que les plaies où on laisse le fer qui a causé la blessure ne guérissent jamais ? Il faut l'arracher, sinon elles se gangrènent ! Vous allez revoir M me de Chailles et il suffira — c'est moi qui vous le dis ! — que vous vous retrouviez face à face pour qu'aussitôt le charme mauvais soit pour toujours rompu.

L'ABBÉ

Et si c'est le contraire qui se produit?

L'ÉVÊQUE

Nous verrons bien.

L'ABBÉ

Épargnez-moi cette épreuve? Je ne suis pas sûr de moi.

L'ÉVÊQUE

Moi, je suis sûr de vous deux. Je vais la chercher.

Il fait un pas.

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