‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 115 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

le moyen de me le faire encore mieux comprendre, sentir, aimer h.. Oui, vous, l'éternel isolé, le captif du célibat, du renoncement, des chastes vœux, c'estvous qui m'avez poussé la porte des paradis terrestres... qui vous sont défendus !

L'ABBÉ

Qui vous sont grands ouverts I

LA DUCHESSE

Et cela, vous l'avez fait avec une sufelime simplicité. Je vous en remercie.

Je ne le mérite pas.

LA DUCHESSE

Si. Je suis affranchie ! Par vous ! J'étais une folle... Je m'acharnais à me duper.

Depuis que vous me parlez, une inconnue, une femme nouvelle, altérée de joie, de lumière, d'espoir, m'envahit, me soulève toute... Quelle révélation ! Eh bien, à pré-

2l6 LE DUEL

sent, je le crie et il faut que vous le sachiez ! Jamais je n'ai cessé d'aimer votre frère*

L'ABBÉ

Ah!

LA DUCHESSE

Jamais ! quand je croyais le détester, je l'aimais ! Quand je me repentais... jusque sous votre absolution 1 je l'aimais ! D'ailleurs, vous aviez raison. Noir ou blanc, le voile n'est pas pour moi ! Je n'en suis pas digne. Non ! Je ne suis décidément pas une détachée des choses de ce monde. Je ne suis qu'une femme 1 rien que cela ! tout cela!... une femme attachée à ses sens et à son cœur, et glorieuse de l'être ! Mais...

non!... ah!... qu'avez-vous fait?

L'ABBÉ

Que voulez-vous dire ?

LA DUCHESSE

Qu'à l'instant où je vous suis à jamais reconnaissante de m avoir restituée à moi-

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