‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 22 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE DOCTEUR

Un amant ? Certes !

L'ÉVÊQUE

En ce cas, pourquoi cherchez-vous à devenir le sien ?

LE DOCTEUR

Moi?

L'ÉVÊQUE

Sans doute. Voyons? Nous sommes des hommes à qui les mots propres ou non ne font pas peur. Mais à quoi bon? Vous allez me dire que je me mêle de ce qui ne me regarde pas. (Changeant de ton.) J'étais venu, docteur, pour...

LE DOCTEUR

Non. Parlez? Qu'est-ce qui vous fait supposer pareille folie ?

L'ÉVÊQUE

Tout, cher ami. Votre attitude. Vous

avez la convoitise de cette femme. Devant elle, vous n'êtes plus gardien de vos pensées, qui, du fond de vous-même, se ruent à la surface de ce visage et s'y impriment couramment. On les lit comme une affiche. Le regard pétille, la voix frémit. Si Ton appliquait le sphygmomètre sur votre artère radiale, quand la duchesse est là, il marquerait au moins quinze pulsations de plus... Voulez-vous en faire l'expérience? Lorsque, tout à l'heure, elle a, dans un mouvement de grâce et de bonté charmante, porté ma main à ses lèvres, cela vous a choqué.

(Faible geste de dénégation.) Je l'ai VU de COÎn, et

un peu de jalousie et de dégoût se sont combinés-là... (ii désigne sa lèvre.) en un amer sourire. A peine l'idole avait-elle franchi la porte, vous l'exaltiez!

LE DOCTEUR

Est-ce tout ?

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