ACTE PREMIER
L'ABBÉ
Un peu, autrefois...
LE DOCTEUR
Tout petits, oui, sans le faire exprès.
Mais depuis?... A présent?... Il m'est impossible de séparer les personnes des idées! Or, que veux-tu, je hais tes idées comme toi les miennes. Maijitenant. . .
nos personnes... évidemment que tu es un peu plus pour moi qu'un étranger...
L'ABBÉ
Ou un peu moins.
Tu crois que je te déteste ? Pas du tout! C'est un autre sentiment que ta présence me fait éprouver. Une colère mêlée de pitié. ., oui. . . quand je songe à la médiocrité et au néant de ton existence. Tu ne vis pas. Tu ne sers à rien !...
L'ABBÉ
Je n'aurai pas l'injustice de penser la même chose de toi!
LE DOCTEUR
Tu y es bien forcé par l'évidence. Je bataille, moi, je lutte avec la maladie et la douleur, et quelquefois je les fais prisonnières et je les désarme. Il n'y a que cela de passionnant et qui vaille la peine d'être homme : ce duel de toute minute avec la souffrance et la mort. Aussi, je pleurerais de voir une jeune et belle force comme la tienne qui se gâche à confesser des cuisinières.
L'ABBÉ
Essuie tes yeuxl Pour un savant, tu m'étonnes ! Tu viens de prononcer le mot de confession. Tu n'as donc jamais réfléchi qu'un simple petit abbé, au bout d'un an de confessionnal, en sait plus long sur l'humanité que tous les philosophes. Tu