‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 47 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Vous ?... si vaillante !

LA DUCHESSE

Je ne le suis plus. Pendant ces trois mois passés presque continuellement ici, près de vous... (ii ae rapproche d'elle.) dont l'infatigable amitié me ranimait sans cesse, j'avais accepté mes misères. Penchés au chevet de mon mari, nous soutenions contre son mal une lutte qui me soutenait.

Aujourd'hui, c'est fini, tout me manque...

Jamais je n'ai eu l'impression de ma solitude comme en montant tout à l'heure l'escalier de notre grand hôtel noir et glacé.

LE DOCTEUR

Je vous comprends mieux que personne.

Cette afireuse mélancolie que vous subissez, je l'éprouve moi-même.

LA DUCHESSE

Vous ?. .. Depuis quand ?

Depuis votre départ !... Et je m'en réjouis.

LA DUCHESSE

Pourquoi ?

LE DOCTEUR

Parce que cela signifie que vous n'êtes pas seule, du moment que je me sens seul.

Nos deux tristesses se tiennent et nos cœurs correspondent. Vous m'avez dit tantôt, madame, que je vous inspirais pleine confiance ?

LA DUCHESSE

Jusqu'à présent !

LE DOCTEUR

Prouvez-le-moi ?. . .

LA DUCHESSE

Comment ?

LE DOCTEUR

Et disposant de moi, pour tout !

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