ACTE PREMIER
Vous ?... si vaillante !
LA DUCHESSE
Je ne le suis plus. Pendant ces trois mois passés presque continuellement ici, près de vous... (ii ae rapproche d'elle.) dont l'infatigable amitié me ranimait sans cesse, j'avais accepté mes misères. Penchés au chevet de mon mari, nous soutenions contre son mal une lutte qui me soutenait.
Aujourd'hui, c'est fini, tout me manque...
Jamais je n'ai eu l'impression de ma solitude comme en montant tout à l'heure l'escalier de notre grand hôtel noir et glacé.
LE DOCTEUR
Je vous comprends mieux que personne.
Cette afireuse mélancolie que vous subissez, je l'éprouve moi-même.
LA DUCHESSE
Vous ?. .. Depuis quand ?
Depuis votre départ !... Et je m'en réjouis.
LA DUCHESSE
Pourquoi ?
LE DOCTEUR
Parce que cela signifie que vous n'êtes pas seule, du moment que je me sens seul.
Nos deux tristesses se tiennent et nos cœurs correspondent. Vous m'avez dit tantôt, madame, que je vous inspirais pleine confiance ?
LA DUCHESSE
Jusqu'à présent !
LE DOCTEUR
Prouvez-le-moi ?. . .
LA DUCHESSE
Comment ?
LE DOCTEUR
Et disposant de moi, pour tout !