ACTE II
que je fusse, je sentais près de vous, autour de vous, comme une résistance en travers de mes espoirs, de mes désirs...
La joie où m'avait laissé notre dernier entretien restait, malgré tout, empoisonnée d'inquiétude. Je songeais : « Viendra-t-elle? — Oui, elle m'a donné sa parole! »
LA DUCHESSE
Je ne vous l'avais pas donnée, vous l'aviez prise !
LE DOCTEUR
Et à la même minute, un instinct m'avertissait : Non ! Elle ne viendra pas. Elle viendrait bien! Mais quelqu'un l'empêchera. Qui. Je cherchais... J'étais jaloux.
LA DUCHESSE
Déjà.
LE DOCTEUR
Avant l'heure de votre départ, j'ai-
lai me poster aux environs de chez vous. ' ■ Je • vous vis 'sortir ,' voilée , prendre un chemin opposé à celui de mon dorai- ' cilë..*. Ce fut une première angoisse... Où pouviez-vous aller ainsi ? Je vous suivis, * je'vous vie aller à l'église, puis en sortir. • Et, quand votre voiture vous eut conduite et déposée à la porte de chez mon -frère, je compris tout : C'est lui qui la dirige, elle croit en Dieu, elle m'a joué ! J'éprouvai alors une douleur et une révolte telles... que je ne pus résister à l'envie de voir, de mes yeux, la terrible chose !
LA DUCHESSE
• Eh bien? Vous l'avez vue? . - . . . t
LE DOCTEUR
Oui... La duchesse de Chailles!... en posture d'oraison ! là, sur oe prie-Dieu !
Quel spectacle ! Il me fit pour vous tant de peine que je ne sais pas si je n'aurais
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