‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 76 sur 118 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

gines que tu as des droits sur M me de Chailles?

L'ABBÉ

Certes. Et plus que toi.

LE DOCTEUR

Lesquels ?

L'ABBÉ

Ceux qu'elle m'a donnés.

LE DOCTEUR

Que tu t'es arrogés !

L'ABBÉ

Nullement. Je ne la connaissais pas. Tu le sais bien ? Je n'ai pas été la chercher.

C'est elle qui est venue à moi, librement.

Devais-je la repousser ? Quand un malade va te trouver, tu le soignes ?

LE DOCTEUR

C'est possible , il ne s'agit pas de cela !

ni de devoir, de morale et de messe ! Il

s'agit d'une chose devant laquelle tout se prosterne et tout plie...

L'ABBÉ

De quoi donc ?

LE DOCTEUR

D'amour. Tu ne peux comprendre...

L'ABBÉ

Mai si ! L'amour n'est pas un mot profane...

LE DOCTEUR

Ah? Pardon?... Je croyais...

L'ABBÉ

... C'est un mot profané.

LE DOCTEUR

Comprends donc, alors? Ce n'est pas, comme tu te l'imagines, un caprice de séducteur, la passion charnelle d'un jour que j'ai pour M me de Chailles, c'est l'amour le plus noble et le plus profond, l'amour de toute ma vie.

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