ACTE I, SCÈNE VI
d^avoir dû si longtemps s'attendre et tu n'auras travaillé au bout du compte qu'à la perfection et au raflSnement de leur félicité.
l'abbé Elle reviendra à moi!
LE DOCTEUR
5 Trop tard. Elle n'en sera pas moins tombée.
Je la relèverai!
Elle retombera!
l'abbé
LE DOCTEUR
l'abbé Le Christ est tombé trois fois. J'aurai le dernier mot.
LE DOCTEUR
Oui. Quand elle sera vieille. Et, à supposer que tu 10 l'arraches définitivement des bras de l'amour, tu ne l'auras pas empêchée d'aimer? C'est tout ce que j'ai voulu soutenir. Tous les hommes, toutes les femmes sont au moins une fois la proie de cette flamme dévorante et nécessaire. Tu te persuades avec candeur que IS ton histoire de pêche est miraculeuse! Tiens! (Use rapproche.) Pardonne-moi cette confidence en retoiu: de la tienne, j'aime, moi aussi ...
l'abbê Toi?
LE DOCTEUR
Sans doute? Je suis libre et n'ai pas prononcé de vœux! Une femme . . . mariée aussi . . . ime créature d'orgueil et de volonté, qui résiste et se raidit contre l'ineffable douleur. Nous avons beau ne nous être s jamais dit le secret, nos yeux l'ont lâché, nous nous sommes déjà toisés et menacés et fatalement, merveilleusement, nous avançons, nous marchons l'un sur l'autre. Mille obstacles sont entre nous, pires que ceux qui séparent ta scrupuleuse dévote de son soupirant lo timoré. . . . Malgré tout, comme eux, avant eux, nous en viendrons aux mains et nous nous posséderons! Ce n'est plus qu'une question d'heures.
l'abbê L'heure n'est à personne.
LE DOCTEUR
Oui ... je sais . . . \m poète: « Et chaque fois que 15 l'heure sonne. ...»
l'abbé Tout id bas nous dit adieu!
LE DOCTEUR
Raison de plus pour se presser!