ACTE ni, SCÈNE m
l'ÉVÊQUE, au domestique
Bien. Dans un instant. . (Le domestique sort et referme la porte. A la duchesse.) C'est l'abbé Daniel. .
LA DUCHESSE, très troublée, se levant Il va venir? Ici?
l'évêque
Sans doute. (Elle fait un mouvement.) Mais ne vous S hâtez pas! . . .
LA DUCHESSE
Permettez-moi de me retirer. Je ne veux même pas m'exposer à le voir.
l'évêque
Vous craignez à ce point de vous trouver en face de lui? Même après ce que je vous ai dit?
LA DUCHESSE
lo Surtout après.
l'ÊVÊQUE, ouvrant la porte à la cour, !•» plan
En ce cas, passez par ici. Cette porte, au bout de la
galerie, donne accès dans une tribune de la chapelle.
^ J'a,urais encore à vous parler, madame, quand j'aurai
. terminé avec l'abbé. Daniel. Je ne pense pa§ que ce
15 soit long? Si vous m'y autorisez, j'irai vous chercher..
136 LE DjJEL
LA DUCHESSE, faisant signe qu'elle consent, fait un pas
JfeV6us attends. (Se ravisant.) Mais, que vais-je faire dans cette chapelle?
l'évéque Vous prierez.
LA DUCHESSE
C'est qtie je prie bien mal! Je ne sais pas.
l'évéque Mais personne ne sait. Moi non plus. 5
LA duchesse Et puis, pour quoi? pour qui prier?
l'évéque Les su jets ne manquent pas. Vous . . .votre mari!
la duchesse Les vivants ne m'intéressent plus.
l'évéque Alors, priez pour les morts.
Elle sort. Il sonne. Le domestique paraît par la porte entr'ouverte. n lui fait signe, en lui montrant la carte qu'il a gardée à la main, qu'il peut introduire l'abbé Danid. L'abbé est introduit