ACTE I, SCÈNE III
THÉRÈSE
Et malheureux, donc!... Ils ne sauraient plus que faire de leur temps.
MADAME MERCADET
Il est inutile de vous cacher l'inquiétude excessive que me causent les affaires de mon mari. Nous aurons sans doute besoin de votre discrétion ; car nous pouvons compter sur vous, n'est-ce pas ?
TOUS
Ah! madame!...
MADAME MERCADET
Monsieur ne veut que gagner du temps, il a tant de ressources dans l'esprit!!.. Suivez bien ses instructions.
THÉRÈSE
Ah! oui, madame! Virginie et moi nous passerions dans le feu pour vous!...
VIRGINIE
Je disais tout à l'heure que nous avions de bons maîtres; et que, dans leur prospérité, ils se souviendraient de la manière dont nous nous condui- ^ sons dans leur malheur,
JUSTIN
Moi, je disais que tant que j'aurais de quoi vivre je servirais monsieur j je l'aime, et je suis sur que le jour où il aura une affaire vraiment bonne, il nous en fera profiter. [Mercadet se montre.) MADÂMK MERCADET.
Il doit vous donner une place dans sa première entreprise solide... il ne s'agit plus que d'un dernier effort. Hélas ! nous ne devons pas laisser voir notre gêne momentanée, il se présente un riche parti pour mademoiselle Julie.
THÉRÈSE
Mademoiselle mérite bien d'être heureuse ; pauvre fille! elle est si bonne, si instruite, si bien élevée...
VIRGINIE
Et quels talents ! un vrai rossignol !
JUSTIN
C'est un assassinat que d'ôter à une jeune personne tous ses moyens en lui refusant ses robes, ses chapeaux. Thérèse, vous vous y serez mal prise! Si madame veut me dire le nom du prétendu, j'irai chez tous ces gens-là, je leur ferai sous-entendre que je puis envoyer chez eux ce monsieur. .. monsieur..,