‹ Le FaiseurChapitre 131 sur 147 · A.CTE IV, SCENE XVII · texte numérisé non relu

A.CTE IV, SCENE XVII

fi^mmc, mais faites-moi la grâce de les écouter! J'ai peut-être encore deux cent mille francs de forlune, prenez -les pour satisfaire tous vos créanciers.

MERCADET

Et après? nous serons aussi pauvres que l'Espagne !

MADAME MERCADET

Nous serons riches de considération.

MERCADET

Et puis ?

MADAME MERCADET

Votre fille et votre gendre, votre femme et vous, monsieur, ch bien! nous travaillerons!... Oui, nous recommencerons la vie avec le petit capital d'Adolphe, et nous gagnerons la fortune nécessaire à vivre dans une honnête médiocrité, sans chances, mais heureux... En spéculant, monsieur,, il y a mille manières de faire fortune, mais je n'en connais qu'une seule de bonne, que la brave bourgeoisie n'aurait jamais dû quitter : c'est d'amasser l'argent par le travail et parla loyauté, non par des ruses. . . La patience, la sagesse, l'économie, sont trois vertus domestiques qui conservent tout ce qu'elles don-

nent. N'hésitez pas, monsieur. Vous êtes entre une femme qui vous aime, qui vous estime, et des enfants qui vous chérissent : laissez-nous vénérer toujours ce que nous aimons... Quittons cette atmosphère de mensonges, de finesses, cette fausse opulence qui n'en impose plus à personne. N'eussionsnous que du pain, nous le mangerons gaîment, et il ne lous restera pas dans le gosier comme les délicatesses de ces festins où l'on égorge des fortunes, où l'on se rit des actionnaires ruinés.

MERCAdet (a part).

Donnez raison une fois à votre femme, et vous êtes à jamais annulé dans votre ménage. Les femmes se disent généreuses , mais leur générosité a des intermittences, comme les fièvres quartes.

MADAME MERCADET

Vous hésiteriez!...

MERCADET

Vous venez de renverser, avec d'excellentes intentions, la fortune que j'avais enfin trouvée... et vous voulez que je vous remercie! Vous vous mêlez de me juger?...

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