ACTE I, SCÈNE X. h
MERCADET
Et il se nomme Adolphe!... Ce monde, que des imbécilles nous disent en progrès et qui prennent des déplacements pour des perfectionnements, tourne donc sur lui-même? Enfants, vous croyez moins que jamais à l'expérience de vos pères... Apprenez , mademoiselle , qu'un employé à douze cents francs ne sait pas aimer, il n'en a pas le temps, il se doit au travail. Il n'y a que les propriétaires, les gens à tilbury, enfin les oisifs, qui peuvent et sachent aimer.
MADAME MERCADET
Mais, malheureuse enfant!....
mercadet (à sa femme).
Laissez-moi lui parler. (A Julie.) Julie, je te marie à ton monsieur Minard... {Mouvement de Julie) . Attends! Tu n'as pas le premier sou, tu le sais : que devenez-vous le lendemain de votre mariage? Y avcz-vous songé!...
JULIE
Oui, mon père.
MADAME MEUCADUT.
Elle est folle!
iiercadet (à sa femme).
Elle aime, la pauvre fille!-., laissez-la dire. (A Julie.) Parle, Julie, je ne suis plus ton père, mais ton confident, je t'éeoute.
JULIE
Nous nous aimerons.
MERCAOET.
Mais l'amour vous enverra-t-il des coupons de rentes au bout de ses flèches?
JULIE
Oh ! mon père, nous nous logerons dans un petit appartement, au fond d'un faubourg, à un quatrième étage, s'il le faut! Au besoin , je serais sa servante... Ah! je m'occuperai des soins du ménage avec un plaisir infini, en songeant qu'en toute chose il s'agira de lui... Je travaillerai pour lui pendant qu'il travaillera pour moi! Je lui sauverai bien des ennuis, il ne s'apercevra jamais de. notre gène. Notre ménage sera propre , élégant même. Alun Dieu ! l'élégance tient à si peu de chose, elle vient de l'àme et le bonheur, en est à la fois la cause et l'effet. Je puis gagner assez avec ma peinture sur porcelaine pour ne rien lui coûter et même