ACTE III, SCÈNE H
pour vous bien attacher à moi, tant j'avais besoin d'un point d'appui. Mais, en vous connaissant, j'ai ressenti pour vous une sérieuse affection, et ce que votre père m'a dit ne Ta pas éteinte.. .
JULIE
Vrai!...
M1NARD
Oui, Julie, je sens que je vous aime; et, si j'avais autant de croyance en moi que d'amour pour vous, nous affronterions ensemble les malheurs de la vie!...
JULIE
Assez! assez! cet aveu suffit. Il m'en coûtait de vous savoir intéressé... Pas un mot de plus. Je suis heureuse.
MINARI).
En vérité, Julie, il me serait possible de beaucoup souffrir ; mais vous? et s-vous aguerrie contre le malheur? Nous n'aurions d'abord que des peines à échanger...
JULIE
Je vous pardonne votre ambition, vos calculs, pardonnez-moi ma persistance. Puisque vous m'ai- ,mez, tout me semble possible...
MINARD
C'est donc moi qui suis le doute; et vous, vous êtes l'espérance.
JULIE
Je tâcherai de rester libre encore quelque temps. J'ai dans le cœur une voix qui me dit que nous serons heureux. Vous avez reçu dernièrement une lettre de votre mère, qui ne vous a, dit-elle, abandonné que pour veiller à vos intérêts, et qui vous annonce des jours meilleurs! Peut-être votre sort changera-t-il.